III. L'empire latin
empereur grec de Nicée, fit encore don à Geremia Ghisi de la partie orientale d'Amourgos. Dans la partie méridionale de l'Archipel, Leonardo Foscolo eut la petite île de Namfio (Anaphé), Jacopo Barozzi la grande île de Santorin.1 Mais Sanudo et ses compagnons ne s'étaient pas bornés aux Cyclades, ils avaient poussé des pointes dans les régions voisines; c'est ainsi que Giovanni Quirini s'empara de Stampalia* (Astropalaea), l'une des Sporades, tandis que Marco* Venier et Jacopo Viaro allaient au sudouest occuper l'un Cérigo, l'autre Cérigotto dont ils faisaient deux marquisats.8 Nos aventuriers ne s'étaient d'ailleurs pas gênés pour empiéter sur le domaine de l'empereur de Constantinople ; il lui était échu dans le nord et dans l'est de l'Archipel un grand nombre dlles dont quelques unes assez grandes: mais comme ses chevaliers flamands et français préféraient des fiefs de terre ferme, il ne lui était probablement pas désagréable que des citoyens de Venise habitués à la mer se chargeassent de les occuper. Filocalo Navigajoso s'établit dans la grande île de Lemnos* et les frères Ghisi déjà nommés ajoutèrent aux îles qu'ils possédaient déjà dans les Cyclades celles de Skyros, Skopeloa, Skyathos et Khelidromi dans les Sporades septentrionales, à l'est de 111e d'Eubée.6 Les deux plus importants de ces princes insulaires de race vénitienne, le duc de Naxos6 et le grand-duc de Lernnos avaient pour suzerain non pas leur mère patrie, mais l'empereur, de sorte que la plupart des seigneurs de moindre importance qui tenaient leurs fiefs du duc de Naxos se trouvaient être arrière-vassaux de l'empereur. Venise aurait été en droit d'exiger l'hommage de ceux qui possédaient des îles de son ressort; mais son gouvernement était trop sensé pour soulever un litige à ce propos: il comptait sur sa propre politique et sur la force des circonstances pour faire rentrer les deux princes dans les rangs des vassaux de Venise. En attendant, il avait tout lieu de se féliciter; la grande majorité des îles grecques étaient échues à des citoyens de Venise: c'était le point essentiel. En effet, partout où ces Vénitiens fondaient une principauté, leur résidence s'entourait de colonies italiennes ; là où l'on ne rencontrait autrefois que des nids de pirates, terreur du commerce de Venise, on trouvait maintenant des ports amis, des asiles fortifiés et surs où les capitaines et les marchands Vénitiens, certains d'un bon accueil, pou-
1 Hopf, Veneto-byx. Anakctcn, op. cit.
499 et 88., 378 et su.
• Hopf, ibid. p. 461 et s.
* Hopf, Griec/ienland , dans Ersch et Gruber, LXXXV, 223; cf. Archir. Venet.