Venipire latin
s'immiscer dans les affaires de 111e et ce fut un malheur pour Venise. La grande préoccupation des bailes vénitiens était de paralyser dans 111e l'influence de leurs puissants voisins. Cette lutte sourde finit par éclater en hostilités ouvertes; la guerre dura deux années (1256—1258) avec des fortunes diverses, et se termina par la défaite des alliés que Venise possédait sur le continent grec; la République pouvait encore négocier, mais tout espoir de succès était dès lors perdu. On finit par faire la paix en 1262, mais une des conditions du traité était la démolition du château de Négrepont; cette forteresse commandait le pont jeté entre Pile et le continent et protégeait par conséquent à la fois la ville et l'île contre toute attaque venant de ce côté; la République conservait sur l'île ses droits acquis en vertu des traités antérieurs, mais elle dut consentir à confirmer elle-même la suzeraineté des princes de Morée sur les tierciers, obstacle permanent à l'exercice de ses droits à elle.1 Il fallait remettre à d'autres temps l'espoir de rester seule maîtresse de 111e ; d'ailleurs, le moment n'était plus aux dissensions intestines; les Grecs venaient de renverser l'empire latin et d'élever sur le trône Michel Paléologue ; il s'agissait pour les Francs de tenir ferme ensemble et de faire tête à l'ennemi commun. En attendant, les marchands vénitiens trafiquaient dans l'île d'Eubée avec autant de liberté que dans leur propre pays, sans droits à payer et même avec le privilège de se servir, pour vendre, de leurs propres poids et mesures.» Les droits payés à la douane par les marchands étrangers entraient dans les caisses de la République; la censive que les tierciers devaient payer annuellement en exécution du traité primitif,8 avait été supprimée en 1256 et remplacée par les revenus des douanes sur les marchandises étrangères.4 L'île était d'une grande fertilité; parmi les articles d'exportation, on cite le blé,5 le vin, l'huile/ la cire et le miel,7 la soie;8 pour cette dernière, il paraît qu'on la travaillait dans 111c même; car, d'après les traités de 1209 et de 1216, les tierciers avaient à fournir annuellement au doge une pièce de brocart d'or, et, d'un autre côté, il ressort de ces mêmes documents que la soie grège et la soie ouvrée (sda et setœ opéra) constituaient une partie de la fortune dont ils avaient la jouissance, sous la garantie de la République.9
' Taf. et Thom. m, 46—55. • Taf. et Thora. H, 177, 181, 183;
' Ibid. n, 177, 182; m, 15 , 48, 54. m, 15.
1 Ibid. II, 90, 93, 176, 181. 1 Pegol. 1. c; Piloti, p. 376.
4 Ibid. m, 14, 47, 53. 8 Pegol. L c
* Pegol. p. 145. • Taf. et Thom. U, 93, 95, 176, 179.
284 Deuxième période. —