I. Fondation des colonies commerciales
Nous avons déjà parlé de la ville cTHalmyros (Almyro, Armiro); 1 située au nord de nie d'Eubée, dans le golfe de Volo: c'était le débouché des blés de la Thessalie.2 Dans le traité de partage, elle ne faisait pas partie du lot de Venise non plus que sa voisine et homonyme (duo Aîmyri);3 quand le marquis de Montferrat s'empara de la Thessalie, elle fit partie du fief donné par lui à un noble lombard nommé Guglielmo de Larsa; de Larsa est une altération du nom de Larisse (Larissa), résidence de ce personnage.4 Nous savons que les Vénitiens avaient une colonie à Almyro longtemps avant la quatrième croisade: pendant tout le temps de la domination franque, ils y restèrent tranquillement en possession de leurs propriétés et de leur église.6
Pour achever cette revue, il faut maintenant traverser l'Archipel en ligne droite et passer dans la Chersonnèse de Thrace: ici, le partage s'était exécuté conformément au texte du traité. On en trouve la meilleure preuve dans une convention6 arrêtée vers 1206 entre les délégués de l'empereur Henri d'une part et le podestat de Venise d'autre part, à propos d'une délimitation de territoires. Les Vénitiens occupant Gallipoli, Muntinianse et Sigopotamos avaient de fréquentes contestations avec les "Francigenœi\ maîtres de Sisto, Plagia et Potamia,7 et il s'agissait de déterminer les territoires afférents aux principales localités; or, dans le grand traité de partage, les trois premières font partie du lot des Vénitiens; les dernières8, Iplagia (fj nXayia)9 et Potamia, de celui des croisés ; Sestos seule manque, mais, à sa place, on trouve le nom de sa voisine, Madytos.10 De toutes ces villes, Gallipoli seule avait de l'importance pour Venise. Elle en avait besoin pour assurer sa prépondérance dans les Dardanelles. Cependant, elle la céda d'abord en fief à deux nobles, Marco Dandolo et Giacomo Viaro qui, comprenant la valeur de ce point, avaient eu la précaution de l'occuper et de la fortifier;11 par la suite, ils y renoncèrent; Viaro s'en alla fonder une baronnie dans l'île de Cérigotto, Dandolo retourna à Venise; Gallipoli fut alors rattachée aux territoires directement administrés par le podestat de la
1 Tafel, De Thessalottica, p. 495 et s.; Taf. et Thom. I, 266, 488.
! Sanut, Secr. fidel. crue. p. 68.
3 Taf. et Thom. I, 487.
4 Hopf, Griechenland, op. cit. LXXXV, p. 210.
6 Taf. et Thom. II, 15; m, 23; Doc uni. suite relax, tase. p. 89.
6 Muratori, Antiq. mcd. œri, III, 233 et s.
' "Et eusuite. dans l'intérieur du cap (de Gallipoli)" dit Muntauer, trad. II, 160)
"est la cité de Potemo et Cesto (Sestos) et Medico (Madytos). Chacun de ces endroits est un bon lieu, etc.*
8 Taf. et Thom. I, 468.
9 Actuellement encore, le plus grand nombre des habitants de race grecque donnent à cette localité le nom de Plagiari; les turcs l'appellent Roulaïr (communiqué par M. H. Kiepert).
10 Taf. et Thom. I, 483.
« Dandolo, p. 334.