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.^ » . : Tti-iv. loni. 1, p. 185, prê- > . . • .:> i«arai<>«"nl immi sûres, qui» » : i -:-... > Isiiimeols. Voir sur le même ''^'' j \ . .^ » •» . . À :^:\ ^i !*^■:it. Jimo 10G5; Kofîcrdr
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ET DE LA VAIUNE EN BELGIQUE. il»
(c vent favorable. » Guillaume doubla les rations, fit distribuer du vin à ses équipages, mais les mêmes sentiments de découragement continuaient à se manifester. Les soldats, fatigués de leur inaction, étaient prêts à se révolter, lorsqu'on promena solennellement le reliquaire de Saint- Valei7 autour du camp. Le vent, jusqu*alors au nord-ouest, changea durant la nuit, et il n*en fallut pas davantage pour modifier entièrement les' idées des compagnons du duc, qui crurent à un miracle, et s'embarquèrent le 27 septembre 1066, pleins de confiance dans le succès de l'entreprise.
Le vaisseau du duc allait en tête, portant à l'extrémité de son grand mât une bannière blanche bordée d'azur, et ornée d'une croix d'or envoyée par le pape. On distinguait au loin ses voiles multicolores, blasonnées des trois lions d'or de la Normandie, et sa proue ornée de la figure d'un enfant déchargeant une flèche. Une lanterne, suspendue parmi les cordages, fut allumée vers le soir pour servir de signal au reste de l'escadre et, durant toute la nuit, la puissante flotte glissa sur les vagues, dont chac[ue ondulation la rapprochait du rivage anglais. Aux premières lueurs de l'aurore, le chef normand, s'apercevant qu'il avait dépassé les autres navires, envoya un des hommes de son équipage dans la mâture, mais celui-ci interrogea vainement l'espace, rien ne paraissait dans cette immense étendue de ciel et d'eau; il avait encore les regards fixés vers l'horizon, lorsqu'il s'écria tout à coup : « Je vois une forêt de mats et des voiles sans nombre ! » Guillaume jeta l'ancre, attendit ses compagnons, et quelques heures plus tard tous débarquaient en sûreté dans la baie de Pevensey. Le duc n'avait perdu durant la traversée qu'un ou deux de ses navires, et parmi les naufragés se trouvait un fameux astrologue, qui avait prédit que le voyage se terminerait sans accidents.
L'armée alla s'établir près de la ville deHastings, et son camp fut protégé par trois citadelles, construites à la hâte avec des pièces de bois taillées à l'avance. Ensuite les bandes de Normandie « avides de gaigner, » dit le roman du Rou, se mirent ;"! saccager les environs.
Pendant que les Normands menaçaient la partie méridionale du pays, le roi de Norwége, uni à Tostig, envahissait le
L'escadre qui porta le duc Guillaume eu Angl
posait, d'après les uus, de mille, et d'après d'
mille voiles. Josei)h Strutt, le savant antiquait
le nombre à SlUî, tandis (|ue le poète normand
rain de la eoïKjuele, et dont le père avait
Guillaume, évalue les forces navales de c
res(l). Culte diversité de calcul provient •
ne tenait pas compte des petits bâtiments.
d'ailleurs, de connaître le chiffre exacl
néc(tssaireni(M)t plus de mille embarcai
les [irélats de Normandie lui en Iburi
nombre sui^érieur. Un ancien manusc;
qui nous ap[)rend cette particularité,
des donataires avec le nombre des
et ajoute que le conquérant recul
dillérenles i)ersonnes. Le chiflre <
laume de Jumiè^^es ne paraîtra \k
dère que Guillaume avait réuni
fallait faire traverser le détroit,
vaux, des armes et desmacliin> L'expédition commença souarmement se trouvait rasseni!
pour le départ, lorsque de-
Hotte de mettre à la voile, •
mois à l'embouchure de 1
jetés à la côte non loin d«.'
cherchait à cacher l'étii:
rapidement. Quelques !•
superstitieuse, abandoi.
lardèrent pas h éclatei ■ ""
« prétendre h la lerr - - ^^ , ra.-:i:i:ie de Gand (1). Le
.1^ c-t- .^* ^^' *î obtint en outre les
* »lla.:^ -V lutiiou, ainsl qu'un
> av> plusieurs provin-
.: V >:ii de Bridlîngton,
-.1.^. :i>tv d'autres biens
sur
:«!, qui
I ment de
" résista plus
lut couronné à
lievêque d'York.
ijute méthodique,
:i;;nons d'armes. On
.:: Je toutes les pro-
.< <ti biens furent con-
^nêrale, qui réduisait
^:sarTbuë aux aventuriers
- :^ius ia bannière de Nor-
^MmHU^ ioot^ qui renferme
^ a*us eutraîneraît trop loin :
. rt .ortie fut la part des Belges
^,ç5^ ;;îl)t;rt de Gand, allié à la
^-<».ri.' Je Foikingham avec
iTçTâUi y .^riiont attachés; c'était
a •-; .'^ l'.tv de vive force, et
(c desseins, et nous t ^
(1) Bouvet de CrcsM* lend, en s'appiiyant rarmemont du cniupit' sujet : Ucnr. Uuntind Hoveden, la Chron. ii« " anno 106$.
.■.M'ctit îice massacre
lin espérait une foile
fjiptivité, fit rebïltir \p.
H'iTitoirede Lincoln, qui
[lar les Danois. Il le dota di;
ii'i'res labourables en grande
iLù le même que 'Walter le Fla- ,.i conquête et s'établit en Angle- Iles propriétés en Flandre. Il fui lomté de Lincoln, et de différentes iiitliierde Douai est également nommé uns : il était seigneur de Bampton et épousa Richard Paganeli, riche et puis-
ijîoii de Beveren, reçut pour sa part l'tle de
il bâtit le cbâlcau de Skipse. II avait épousé
iîuillaume le Conquérant, qu'il tua, on ne sait
:ie cause. Ci'aignant le ressentiment du roi, il se
>ulguer son crime, et sollicita la permission do
.<age en Flandre, où il désirait, disait-il, amener sa
le^^ut une forte somme d'argent, se dirigea aussitôt
'Me, et avait déjà mis à la voile lorsque le roi, mieux
, envoya à sa poursuite, mais sans réussir à s'emparer
iii HISTOIRE DU COMMERCE
Ce prince avait confié h un autre Flamand, du nom de Gberbaud, le soin de défendre le comté de Chester, dont il fut le premier comte. Gberbaud y soutint une lutte incessante contre les Anglo-Saxons et les Gallois. Rappelé en Flandre par une députation de ceux auxquels il avait laissé la garde de ses liçfs béréditaires, il fut autorisé par le roi à quitter le pays, et promit de revenir promptement. Il se mit en route, mais ne revit jamais sa terre natale, car sa mauvaise fortune l'ayant fait tomber dans une embuscade préparée par les Gallois, il périt dans la captivité, après avoir enduré de longues souffrances. Hugues d'Avranches lui succéda comme comte de Cbester (1).
Indépendamment des vassaux du comte de Flandre, les cbi*oniques mentionnent encore parmi les conquérants un Gérard de Tournai, qui donna tout un village aux moines de Salope ; un Ricliard d'Anvers, et enfin Gotbelin de Louvain, frère du duc de Lotbier. Un clerc de la cathédrale de Liège, nommé Walcher, fort aimé du roi Guillaume, devint en 1072 évêque de Durliam, et peu après comte de Northumberland (2). Cette nouvelle dignité, en augmentant son crédit, fut aussi la cause de sa ruine. Dans sa partialité pour ses compatriotes, Walcber leur permit de fouler sans ménagements les populations indigènes, auxquelles son nom fut bientôt en exécration. Les plus coupables d'entre ces agents étaient l'archidiacre Leobwin, chargé de l'administration ecclésiastique, et le chef militaire Gilbert, qui était belge comme son patron. Ces deux hommes abusèrent de leur autorité, et firent peser le joug le plus tyi^annique sur les Northumbriens. Liulf, noble anglais dépouillé par les Normands, s'étant retiré à Durham, plaidait souvent la cause de ses compatriotes auprès de l'évéque, et finit par encourir la haine du vicomte Gilbert, qui, instigué par Leobwin, le fit assassiner. Le peuple, en apprenant la mort de son défenseur, réclama à grands cris la punition des coupables et, n*ayant pu l'obtenir, assiégea févéque Walcher dans une église, où ce prélat s'était réfugié avec les siens au bruit du tumulte. Les insurgés ayant déclaré qu'ils ne quitteraient pas la place avant
(1) Ordéric Vital, 1. IV.
(i) Anglia Sacra, tom. I, p. 703. Londres, 1691.
ET DE LA KARIlfE EN BELGIQUE. 195
de s'être emparé de Leobwin et de Gilbert, celui-ci se dévoua dans l'espoir de sauver ses amis, se présenta à la foule, et tomba aussitôt percé de coups. Leobwin ayant refusé de s'exposer à de tels dangers, Walcher sortit à son tour, afin de faire une dernière tentative de conciliation, en s'adressant personnellement aux rebelles. Ceux-ci, qui semblaient avoir voulu le respecter jusqu'alors, se jetèrent sur lui, le foulèrent aux pieds, et regorgèrent sans pitié. Ils mirent ensuite le feu à l'église, en retirèrent Leobwin à demi mort, et l'achevèrent à coups de lances (1).
Si quelques Belges, enivrés par la haute fortune à laquelle ils étaient parvenus, commirent en Angleterre de véritables excès, d'autres s'y rendirent utiles, et méritèrent la reconnaissance de leur patrie d'adoption. Aldred , archevêque d'York, mort en 1069, employa des ouvriers flamands à construire un jubé en cuivre, en or et argent, dont un ancien historien vante beaucoup le travail, qu'il qualifie d'incomparable (:2). En outre, après la victoire, les proscrits saxons furent généreusement accueillis en Belgique. Un grand nombre de femmes, parmi lesqpielles se trouvait la mère d'Harold, se réfugièrent auprès de Baudouin de Lille, qui les reçut honorablement, et leur accorda Iliospitalité.
Quelque temps avant le départ des vaisseaux flamands pour Saint-Valery, le comte de Flandre s'était séparé de son fils Robert, qui, ne pouvant compter sur l'héritage paternel, voulait se conquérir un domaine à la pointe de l'épée. Robert, dont la jeunesse aventureuse rappelle celles des anciens vikings, avait donc armé quelques navires et s'était dirigé vers l'Espagne, afin d'y combattre les Sarrasins. Il débarqua en Galice, s'avança vers l'intérieur, mais se voyant entouré par des forces considérables, il battit en retraite (3), rejoignit avec peine la flottille qui l'avait amené, et se vit obligé de retourner en Flandre. Le
{\) Angka Sacra, tom. I, p. 703. Londres, 1691.
(i) Aetw jKnUif. Eborac. aut. Thoma Slubbs, apud Roger Twysden, Hist. angl, Serift., X, lom. II, col. 1704, Hb. LV.
()) Lambert Scbaf. , apod Bouqaet, XI, €7. Voy. aussi Leglay, Hist. de Atire, tom. I, p. 173-174; Kervyn de Lettenbove, Hist, de Flandre, tom. I, Ihr. lU.
vieux comte sUndigna de son retour, mais le prince n'entendait point faire un long séjour dans le pays, et n'était venu que pour y chercher des renforts. Il venait de mettre à la voile, lorsqu'une terrible tempête dissipa ses armements, engloutit ses navires, et le rejeta presque seul sur le rivage flamand. Désespéré de tant de revers, il se mêle à une troupe de pèlerins et se rend à Jérusalem. Quelques aventuriers, fixés en Orient, lui avaient promis leur appui, et voulaient fonder en sa faveur, sur les rives du Bosphore, une nouvelle monarchie. L'empereur de Constantinople, instruit de ces projets, ordonna que dès que le prince flamand paraîtrait, on le mit aussitôt à mort. Ces échecs répétés firent renoncer ce dernier aux entreprises lointaines, sans le détourner néanmoins de ses projets ambitieux. Il débarqua en Frise, s'y établit par la force des armes, et épousa, en 1064, Gertrude de Saxe, veuve du comte Florent P'.
Baudouin le Pieux attribua à Robert le pays des quatre métiers, le comté d'Alost, et les îles méridionales de la Zélande. Le comte de Flandre étant mort en 1067, Baudouin VI, dit de Mons, lui succéda sans opposition. On lui attribue la gloire d'avoir maintenu une paix si profonde sous son gouvernement, que nul n'osait ni ne croyait nécessaire de sortir en armes, de se précautionner contre les voleurs en fermant sa maison durant la nuit, ou de détacher les socs et les contres des charrues pour les porter chez soi. C'est à l'aide de cette sévère justice que les descendants de Baudouin Bras de Fer attiraient chez eux les marchands étrangers, dont ils savaient respecter les propriétés et encourager les efforts. En assurant l'ordre, la paix et la sécurité intérieurs, ils jetaient les bases de la prospérité commerciale et industrielle. C'est sous le règne de Baudouin VI que nous découvrons la première charte communale, accordée à la ville de Grammont en 1068 (1). Les anciennes gildes germaniques, ces redoutables associations si vivement combattues par Charlemagne, avaient préparé depuis longtemps
(1) Le texte, original de la charte de Baudouin VI est perdu , mais il se trouve reproduit dans un acte de l'an 1200, par lequel ses statuts sont confirmés.
nos ancêtres à la liberté politique : les chartes ou keures, en établissant d'une manière stable les droits et les obligations de tout citoyen, en complétaient la consécration.
Baudouin VI mourut le 17 juillet 1074, après avoir partagé ses États entre ses deux fils : Arnoul, Taîné, fut appelé à gouverner la Flandre sous la tutelle de Robert, frère de Baudouin ; le cadet, nommé Baudouin comme son père, devait hériter du Hainaut, sous la tutelle de sa mère Richilde. Cette princesse, d'un caractère impérieux et fier, refusa de se conformer h cet arrangement, prétendit exclure le comte Robert de la régence, lui enleva la Flandre impériale, et fit décapiter quelques grands qui le favorisaient. Entourée d'étrangers, parmi lesquels elle choisit son troisième époux, Guillaume, fils d'Osbern, qui gouvernait la Normandie en l'absence du roi Guillaume, elle s'aliéna bientôt les populations flamandes, ces vaillants karls dont elle ne comprenait ni les institutions ni le génie. Une lutte ne tarda pas à s'engager entre la comtesse et ses vassaux, qui envoyèrent une députation à Robert, qu'on surnommait alors « le Frison. » Ce dernier, longtemps en guerre avec Tévéque d*Utrecht, venait d'être mis en déroute par Godefroid le Bossu, duc de Brabant, allié du prélat, et semblait condamné à l'inaction. Le roi de France, dont Richilde avait réclamé le secours, et le sénéchal de Normandie s'avancèrent précipitamment en Flandre, ne comptant pas y rencontrer de résistance sérieuse ; tout îi coup, au moment où ils étaient engagés dans une plaine entrecoupée de fossés et de canaux, ils furent assaillis et complètement battus auprès de Cassel, le 20 février 1071. Guillaume, fils d'Osbem, et le jeune Arnoul de Flandre périrent les armes h la main; le roi s'enfuit de toute la vitesse de son coursier, et la Flandre, prix du combat, resta au pouvoir de Robert le Frison.
Les cités flamandes de langue tudesque, Gand, Bruges, Courtrai, Ypres, avaient pris parti dans cette guerre en faveur de Robert, et les villes de langue wallonne ou française, Lille, Douai, Arras, s'étaient déclarées pour la cause que soutenait le roi de France. Le comté de Hainaut, patrimoine de Richilde, demeura seul au jeune Baudouin, frère puîné du malheureux Arnoul. Le roi Philippe, la même année, ayant fait la paix
«96 HISTOIRE DU COMMERGB
avec Robert le Frison, épousa Berthe de Hollande, fille du premier mari de cette Gertrude qui était devenue la femme de Robert.
Le nouveau comte de Flandre était encore en guerre avec Baudouin de Hainaut lorsqu'un Anglo-Saxon, Edgar Etheling, se réfugia en Belgique, dans l'espoir d'y organiser une expédition contre Guillaume le Conquérant. Il fut d'autant mieux accueilli que le roi d'Angleterre n'avait pas voulu reconnaître les titres de Robert le Frison, et refusait de lui payer la rente de 300 mares d'argent qui avait été allouée h Baudouin de Lille et à ses successeurs. Robert fit aussitôt un traité avec l'exilé, accorda un asile, en 1080, à Robert Courteheuse, l'aîné des fils du roi Guillaume, qui voulait se mettre en possession de It Normandie du vivant de son père, et se ligua avec Knude, nn de Danemark, prétendant à la couronne d'Angleterre. Six cents vaisseaux bien équipés, réunis dans les ports de Flandre» devaient se joindre h un nombre beaucoup plus considérable de bâtiments danois, se rendre maîtres de la mer, et débarquer des troupes de l'autre côté de la Manche (4).
Cet armement était d'autant plus menaçant pour le roi, dont le pouvoir était à peine consolidé, que beaucoup de nobles flamands, établis dans la Grande-Bretagne, n'attendaient que l'arrivée de leurs compatriotes pour prendre les armes, et leur prêter main forte (2). Guillaume comprit le danger qu'il courait et quitta en toute hâte la Normandie, où il se trouvait à cette époque, amenant avec lui des auxiliaires normands, français et bretons (S). Ses intrigues le servirent mieux cependant qu'un appel îi la force ouverte : le roi Knude trouva la mort durant une sédition, habilement fomentée par les agents du roi, et It flotte flamande fut dispersée par la tempête.
Robert le Frison, qui tout en préparant son expédition contre l'Angleterre avait fait la guerre en Hollande contre le duc de Brabant, assassiné à Anvers en 1076, était d'une humeur trop inquiète pour rester longtemps dans l'inaction. Toute l'Europe
il) Will. Malmesb., lib. 111, de WiU. primo. (i)SimeonDiinelin.. 1085.
(3) lIcDr. Uuntind., llisi., 1. VI.
R DE Là MARINE EN BELGIQUE. 127
était plongée, à cette époque, dans le désordre et ranarchie, à la suite des débats qui avaient éclaté entre le pape Grégoire VII et l'empereur d'Allemagne, auquel le pontife voulait enlever le droit de conférer Tinvestiture des dignités ecclésiastiques. Grégoire, doué d'un génie altier et d'une persévérance indomptable, proclamait hardiment la supériorité du pouvoir spirituel sar le pouvoir temporel, et se déclarait le chef d'une théocratie devant laquelle empereurs et rois devaient s'incliner, s'attribuant le droit de disposer des couronnes, et de délier les sujets de leurs serments de fidélité. Tandis que la Belgique subissait le contre-coup de ces querelles, Robert, qui se rappelait encore les premières impressions de sa jeunesse, confiait le gouvernement de la Flandre à son fils, qui portait le même nom que lui, et se dirigeait vers la Syrie, accompagné de plusieurs chevaliers, parmi lesquels on remarquait, Baudouin de Gand, Walner de Courtrai, Burchard de Commines, Gratien d'Eccloo, Herman d'Ârdenbourg et Josseran de Knesselaer (1). Anne Comnëne donne quelques détails sur le séjour du comte de Flandre à Constantinople au retour de son pèlerinage d'outremer :
« Comme l'empereur, dit-il, était campé près de Beroë, et
a qu'il distribuait des armes aux soldats, le comte de Flandre
« arriva de Jérusalem, lui prêta serment de fidélité à la manière
« des Francs, et promit de lui envoyer 500 chevaliers lorsqu'il
a serait de retour dans son pays (2). » Robert le Frison, que ce
pèlerinage réconcilia avec le clergé, dont il n'avait pas toujours
respecté les propriétés temporelles, avait été précédé en Orient
par Lietbert, évêque de Cambrai, qui était parti pour la Terre
Sainte, en 10S4, avec plus de trois mille pèlerins des provinces
de Picardie et de Flandre, et n'avait revu son diocèse qu'après
avoir couru les plus grands dangers, tant sur terre que sur
mer (3).
Le comte de Flandre termina sa carrière en 4093, après avoir
(t) Voy. CJbnm. Alâenb., 1085.
(S) y. Michaod, Bibl. des croisades, tom. III, p. 387 ; Dom Bouquet, Recueil des ^ùtoriem dss GaiOes, vol. XIII.
W Mta SoMct., tom. lY du mois de juin, p. 595.
fait prêter serment de fidélité h son fils Robert II, qui devait lui succéder. Quelques années auparavant, en parcourant le littoral, il arriva dans un hameau, encore fort pauvre, et habité par quelques familles de pécheurs. Le prince s*y arrêta quelque temps, et y fit bâtir une église paroissiale. Ce hameau, à peine connu, devait devenir plus tard la ville d'Ostende.