‹ Histoire du commerce et de la marine en Belgique (volume 2)Chapitre 40 sur 74 · HISTOIRE BU C0M3I · texte numérisé non relu

HISTOIRE BU C0M3I

Tournai, pour se procurer l'argt. . = .^05 deBerne, le :i.*oî

d'émettre des titres de rentes h c' -.^liice du chevalier» et

Le roi, loin de les indemniser, ' ^:. ^ mir étroitement a^- ^c charges, en réclamant aux acqn ' . .r a même faire la i>£iix nouvel acquêt, levé en Franco . atè de Ferrettc, ce J tint siens lui opposèrent leurs pv" .^. j-.aLJucSijçismond reprit ordres itératifs du monarqn ,. .c Saijenbach périt pa m^ la

état des biens achetés par **

Le duc Charles, tout en .,.^ . îjc de Bourgogne d<3 vesongeait plus que jamais- ^ .,:^- j France. Le roi A'Xw ;^ledepuis si longtemps, cV^ ^^. r-. -^ mille archers dan=^ les

royaume de Bourgogn** ^.. i.nTerser bientôt la Manche

mente les ressources • ^^.TL.r. niii de tirer vengeance ^e il envoyait ses agent' "^ .::, rriienl trouve autrefois asile sa réputation était r ^:.ncc::e en possession de TiVciuiil en disposait d'au» *^ .^ . ^^: ju duc Charles, en échange Tadministratiou, : . "" ^. j. ;:i ..mmpagne qui allait s'ouvrir,

en 1458, Philippe ' ^ '^.^.n^^c. •r Nivernais, le comté de Ri décentralisé racli- "" . ^^ ..Û.T d'aulres seigneuries.

son de fi- — * ' ... . .::e û ses sujets de coniraerC^^';

renne r* .*- . ;^:re manière avec les vassa*^^

Les < ^^ ^ . \^ - ::, ainsi qu'avec les habilan^^

tieuso -:.'-^' " L! . ., :.-.-, le Ferrelte, sous peine o^ de la ■— "\ \. : :■ . ■: . "i ;c:o de son armée, qui était

mor -•s-*"'""' " J .. ^ "I---: raî, vint mettre le siégc ci ' ^-^** \ -.^ ^^. : . . :^.: -ir Hermann deHesse. nr -«^ - ■ ..- ..i :.:::u::aa:ion plus défavorable i

d' ■ *'*" ' .. ' :u:.:a:iJaienl de ménager, pour

^ ^ ^ '.>>:ui\'es dont il disposait. Un

,. -. ....ss:', malgré les efforts de sir

.. : .:< .-::ts chevaliers anglais, le duc

^ \ ^ -^ :.l: ii essaya d'interrompre les

■ iî.::'urnanl le cours de TErft.

' ^ . . ::useillaient en vain d'aban-

i' «lont le succès était douteux et qui devait

.1 s éijormes : il se refusait à les écouler, et

.iiiijcre son obstination.

■\ m:s ennemis travaillaient îi multiplier autour

Ii'S et les dangers. Louis XI, resserrant son

. Suisses, les encourageait a attaquer les troupes

liuniont, et accordait des subsides au jeune duc

;:.nir Taire la guerre aux Bourguignons. Des troupes

i^i nuiraient en Picardie, tandis qu une armée alle-

'iinnandée par Frédéric III, accourait au secours de

.i <lo liesse.

:Il'>, forcé de se rendre à Tévidence du péril, harcelé de

•Mes, leva enfin le siège deNeuss, après avoir passé onze

■'^ sous les armes. Ce fut en ce moment que le roi d'Angleterre,

■ 'n, Marquant avec ses hommes de guerre à bord d'une flotte

l'Ourguignonne decinq cents navires, rassemblés précédemment

*^^ns les ports de Flandre et de Hollande, mettait à la voile pour

f*îiilais. Il ne trouva, en arrivant dans cette ville, ni vivres, ni

approvisionnements. Le trésor du duc était épuisé ; ses soldats,

Mécontents et fatigués d'une longue et pénible campagne : Les

^ïïglais, au nombre quinze cents chevaliers et quinze mille

^ï'chers, se voyaient seuls en présence de l'ennemi.

Louis XI, profitant habilement delà surprise et du désappointement d'Edouard IV, lui fit proposer une trêve aux condi- ^ons les plus favorables et, malgré les représentations du duc Qiarles, qui était accouru auprès de son allié, réussit à la faire accepter : Edouard repassa la mer, après avoir eu une entrevue ïvecle monarque fran^»ais et s'être réconcilié avec lui.

Le 13 septembre i-475, le duc de Bourgogne signait h son

tour une suspension d'armes avec son heureux rival. Chacun

àes contractants gardait les villes et pays qu'il tenait à l'époque

des conférences de Bouvigne; le commerce et la libre conmiu-

flfcation entre les sujets des deux princes étaient garantis.

Celte dernière clause, malheureusement fort mal observée,

ii*avait d'autre objet que de donner quelque satisfaction aux

classes populaires. Il eut fallu, pour rendre quelque activité aux

transactions commerciales, plusieurs années de calme et de

paix, ce que nul n'osait espérer. Le négoce languissait, l'argent

était rare, et le malaise général. Beaucoup de chefs d'atelie se voyant sans travail, quittaient les Pays-Bas pour dierch un meilleur sort à l'étranger (1). Parmi ceux-ci se trouvait fabricant de tapisserie de haute-lisse, natif de Bruges, dont jiom était destiné à devenir célèbre : nous voulons parler Jean Van Gobeelen, le fondateur des Gobelins (2).

Plusieurs navires belges et hollandais étant tombés entre mains des corsaires, en se rendant dans le Levant, le duc.

(1) Plusieurs d'entre eux se fixèrent en Angleterre, à Ipswich, où Ton j^ , établi un marché aux laines en 1i64, et y ouvrirent des auberges. Comr»^ ^bï plupart des étrangers, attirés à Ipswich pour faire leurs achats, se reiid^ S ^yi, chez eux, Edouard IV, faisant droit aux réclamations des habitants d^» /i ville, soumit d'abord les nouveaux venus à une taxe spéciale et annuelle i$ vingt deniers, puis finit par leur défendre de loger des marchands, sc^05 peine d'amende. Voy. Memorials of Ipswich y fol. 196.

(i) M. Lacour, dans un article publié dans la Nouvelle Biographie génén^^» éditée par Firmin Didot, suppose que la famille Gobelin était de Reims, tm ^^ il est hors de doute aujourd'hui qu'elle était originaire de Bruges. En ^0^ deux voyageurs hollandais qui visitèrent Paris au mois de janvier 1657, ctf^"" Arment sous ce rapport le témoignage des écrivains belges : « L'onzième j<^ ^^ « de janvier, écrivenl-ils, nous fusmcs promener fauxbourg St-MarcM ^' « qui aboutit aux Gobelins. On passe une petite rivière qui en porte leno^^' « dont les eaux sont les meilleures du monde pour teindre en escarlate.C^^ « la nomme ainsi de ces fameux teinturiers flamands , qui se nommalfl^^ « Gobeelen, et par corruption de langue on en a fait Gobelins. Ils y ont établi « une fabrique de tapisseries qui , pour la finesse, la bonne teinture et 10 « beau meslange des couleurs, des soyes et des laines, surpassent celles d0 « Flandres et d'Angleterre, mais aussy sont-elles de beaucoup plus chères: « ceux qui y travaillent sont encore pour la plupart d'Anvers, de Bruges ou « d'Audcnarde. » Voy. Jubinal, Lettre à M. de Salvandy, p. 80, d'après on extrait d'un MS. de la Bibl. de La Haye, portant le n' 1186. Rabelais, rapportant, liv. II, chap. XXII, une espièglerie de Panurge, lui attribue « icellaf ruisseau qui, de présent, passe à Sainct Victor, auquel Gobelin taincl Tescarlattc, et Ronsard, rendant à son tour hommage à l'habileté des descendants de notre compatriote, dit, dans une ode à Gaspar d'Auvergne :

Les moissons je ne quiers pas.

N'y le riche acrousirement D'unH laine qui dément La teinture naturelle Es poisles du Gobelin, S'yvrant d'un rouge Tcnia Pour se desgoiser plus belle.

Lir. HI, 0(1. XXL

prévenir de pareilles infortunes, ordonna aux armateurs, en 1475, de n'entreprendre ce voyage qu'à condition de former une flotte, pourvue d'armes et de munitions de guerre, et placée sous le commandement d'un amiral. Les vaisseaux qui la composaient ne devaient plus arborer, comme autrefois, le lion rouge néerlandais ou le lion noir de Flandre, mais la bannière de Bourgogne. L'escadre, avant de partir pour l'Orient, devait être passée en revue par des gens compétents, el toute embarcation qui n'avait pas été munie de moyens suffisants de défense, était mise sous séquestre. Un tiers des confiscations qui résultaient de Tapplication de cette loi, revenait au prince (1).

Un procès assez important se jugeait, vers la même époque, en Hollande. Les Anversois avaient fait arrêter, durant l'une dei^ leurs foires, un certain nombre de marchands brémois, pour les forcer à payer le montant de diverses créances arriérées. Les magistrats de Brème réclamèrent leurs concitoyens, en contestant la légalité de cette capture, et soumirent l'affaire à Tarbi- ^^ge des bourgeois d'Amsterdam, qui donnèrent gain de cause ^ux Brémois. Les Anversois s'exécutèrent de bonne grâce, et ^^ni remettre une indemnité à leurs adversaires, qui, de leur ^té, rendirent les biens dont ils s'étaient emparés par représailles (2).

Le duc de Bourgogne, auquel l'adversité n'avait rien appris, venait à peine de signer un armistice avec la France, qu'il s'apprêtait déjà à reprendre le glaive : il prétendait tirer vengeance de René de Lorraine, qui lui avait envoyé des lettres de défi, et punir les Suisses, qui avaient fait mourir sur Téchafaud le gouverneur de Ferrette, Pierre de Hagenbach. L'effet suivit de près /a menace. Nancy, attaquée par les troupes bourguignonnes, se rendit le 29 novembre 1475, et l'armée ducale, en belle ordonnance, pénétra dans les vallées du Jura, passa par Jougne, que les Suisses avaient renoncé à défendre, mit le feu à la ville dTverdun, et vint camper devant Granson qu'elle investit. Les assiégés résistèrent d'abord vaillamment, mais comme l'artillerie ennemie battait jour et nuit les remparts, la garnison

(1) Commelin, Beschryving van Amsterdam, bl. 915, 916. (3) Papebroch, Annales Antverjnenses, tom. II, p. 156.

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crut enfin devoir capituler. Cédant aux conseils d*un ga homme allemand, nommé Ramschwag, les soldats suisses tirent tout à coup de la place, désarmés, et se présenté devant le duc, afin de se recommander à sa merci. On ne ( béra guère sur leur sort; attachés par dix, par qainie, vingt, les mains derrière le dos, ils ibrent livrés aux e» teurs, et pendus aux arbres voisins.

Leurs compatriotes allaient bientôt réclamer, Tépée au po Texpiation de cette inhumanité. Déjà les Bernois avaient • les armes, sous le commandement de leur avoyer, Nicolas Scharnachtal ; ils rallièrent d'abord les bourgeois de Zurict Baden, de TArgovie et des libres bailliages, puis, ayant rejoints par les contingents de Bâle, de Luceme, de Goli de Schelestadt et d'une foule d'autres localités, marchèrent i Granson, au nombre de vingt mille combattants.

La bataille se livra le 1^ mars 1476, dans les environs ch&teau de Vaux-Marcus, qui commandait le chemin de Grau à Neufchâtel, position que le duc avait choisie et fortiflée. I Suisses, s'avançant en bataillons carrés, en se faisant un ra part de leurs longues piques et de leurs hallebardes, r^poi sèrentles Bourguignons, le fer dans les reins, jusque dans k camp. Ces derniers espérèrent d'abord s'y maintenir, mais à les collines de Bouvillars et de Ghampigny étaient tombées pouvoir des gens de Glaris et de SchafThouse, qui achevèn la déroute des troupes ducales. Charles , après avoir esss vainement de rallier ses gens, fut entraîné lui-même dans déb&cle générale , prit la fuite suivi d'un petit nombre de i serviteurs, et ne s'arrêta qu'à six lieues de là, à Jougne, laisB) son artillerie, ses bagages et d'immenses richesses entre mains des vainqueurs.

Parmi les dépouilles recueillies après la lutte se trouvait bijou éminemment précieux, tant par sa valeur intrinsèque i par les souvenirs qui s'y rattachaient. Nous en dirons qoelq mots, pour consigner en passant une nouvelle invention do l'industrie belge.

Les anciens ignoraient Tart de tailler le diamant. Ils rect cliaient, en conséquence, ceux qui présentaient naturellem une forme pyramidale, et les montaient aussi avantageusem

que les circonstances le permettaient. Louis de Berquem (1),

bourgeois de Bruges, décou\Tit en 1476, les moyens de tailler

et de polir les diamants en les frottant Tun contre l'autre et en

employant leur propre poussière, connue aujourd'hui sous le

nom d'égrisée. La première pierre façonnée par ce procédé avait

été offerte au duc de Bourgogne (2), et fut perdue par lui à la

bataille de Granson (3).

Nous ne rapporterons pas, dans tous leurs détails, les derniers épisodes de cette terrible guerre. Le règne du duc Charles, ^ partir de la dispersion de son armée devant le château de Vaux-Marcus, n'offre plus aucun iniérêt au point de vue de nos relations commerciales. Le malheureux prince, blessé dans son ^ï'gueil, voyant s'écrouler une à une toutes ses espérances, ^*^ie en vain de ramener la victoire sous ses drapeaux. Reje- ^W les avis de ses conseillers, sourd aux représentations de ^s Sujets, il s'acharne, avec une énergie fébrile à consommer ^ propre perte. Abandonné par la plupart de ses alliés, trahi P^** ses serviteurs, il rassemble une nouvelle armée, la voit fuir "^vant l'ennemi à Morat, fait un dernier effort, et vient se heur- ^^ à Nancy contre les Lorrains et les Suisses, pour périr enfin *^^ le champ de bataille, léguant son infortune à sa fille, Marie *c Bourgogne.

U) D^aulres écrivent Berken ou Berquen. Voy. Bull. d€ la commission royale ^kttCoirc, l", lom. XV, p. 319.

S) U duc accorda trois rniHe ducats de récompense à l'inventeur. M. Bar- ^K Bibl Protyp., p. 331, ayant trouvé dans un inventaire de joyaux d'Isa- Wlcde Portugal, femme de Philippe le Bon, les mois « diaments appointez » ï^Mirque que cette expression semble dénoter une taille, ce qui tendrait à ftire remonter cette découverte de vingt à vingt-six ans. Son observation n'a cependant guère d'importance, car il est évident qu'il s'agit là de dia- ■MDlsàpoin/w naïveSf c'est à dire, disposés d'après Tarrangement de leurs ftees naturelles, ou appointez, comme l'écrivait l'auteur de l'inventaire. Les iniatre diamants qui ornaient l'agrafe du manteau royal de Saint-Louis, étlJentdes pointes naïves à quatre faces.

(3) H la fit monter au milieu de trois rubis balais, et la portait au cou.

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