‹ Histoire du commerce et de la marine en Belgique (volume 2)Chapitre 44 sur 74 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

^couvertes maritimes des Portugais et des Espagnols. — Yasquez de Gama ®t Christophe Colomb. — Premiers voyages en Amérique. — Martin ^©haim. — Usages maritimes flamands recommandés par Colomb. — La uulle d'Alexandre VI. — Vices du système colonial adopté par les Européens. — Conséquences économiques de la découverte de l'Amérique. — ï^êcadence de Bruges et prospérité d'Anvers. — Un livre -journal au ^^^ siècle. — Rupture avec l'Angleterre. — Traité commercial avec ^«ttri VII. — Mariage de Philippe le Beau. — Le liuge damassé de ^urtrai. — Du commerce de l'alun. — Philippe de Clcves en Orient.

Us Flamands, après s'être imposé tant de sacrifices pour ^^lenir la paix, désiraient ardemment renouer leurs relations ^namerciales, si longtemps interrompues par la guerre. Le I Port de Bruges, bien que moins accessible d'année en année ': Wr suite du rétrécissement du Zwyn, était encore ouvert à *^uies les nations ; les villes de Gand et d'Ypres possédaient J^ujoursleur nombreuse et vaillante population ouvrière : tout *^it espérer en effet que les marchands étrangers afflueraient ^ nouveau vers la Flandre, et cicatriseraient, par leur indus- ^ft et leur activité, les blessures qu'elle avait reçues.

Ces vœux ne devaient point se réaliser. De brillantes décou-

^^^s, se succédant avec rapidité durant les dernières années

^^ XV* siècle, allaient ouvrir des voies nouvelles au négoce et

^ niodifier complètement les usages.

I^ Italiens ou Lombards, familiarisés de bonne heure à la

navigation de la Méditerranée, étaient restés jusqi possession presque exclusive du commerce avec avaient maintenu leurs établissements à Constantin que sur les côtes de la mer Noire, et, se mettant c avec les Brugeois, fournissaient à toute TEurope les t duits des tles, les soieries, les gommes, les parfums, I précieuses, qu*ils faisaient recueillir par leurs ag marchandises de l'Inde, ainsi que nous l'avons déjà arrivaient par le golfe Persique, TEuphrate, Tlndus, étaient dirigées vers les mers Caspienne et Méditerr elles se répandaient dans nos pays. Après la défaite c par le Soudan, ces voyages avaient été abrégés, si cependant d'occasionner de longs délais et des dép( sidérables. Les denrées d'Orient avaient ét^ convoy» lors par la mer Rouge , et de là à dos de chameaux rives du Nil, pour être débarquées enfin en Égj'pte, ( aux Génois et aux Vénitiens.

Tel était encore l'état des affaires, lorsque le prine Portugal, ayant reçu par les Maures quelques rense sur la Guinée, conçut le projet d'ordonner une exp' ce côté. Les ouvrages des anciens semblaient fourni qu'on pouvait faire le tour de l'Afrique pour arriver Eudoxus de Cyzique avait navigué, affirmait-on. Rouge dans l'Océan. L'expédition du Carthaginois partant de Gibraltar, était parvenu, d'après queir Arabie, se présentait également aux esprits. On o faits douteux l'opinion d'Hipparque, adoptée i Ptolomée, qui considérait les contrées africain vaste continent, se prolongeant vers le pôle sud mer des Indes de manière à joindre l'Asie par àt

Le prince Henri, mal secondé par ceux qu'i recueillit point le fruit de ses travaux. Les u côtoyaient le rivage et se hasardaient raremen distance en mer. Le cap Nord était ordinaire? leurs entreprises. On croyait encore, d'aillei était entourée à l'équatcur par une zone torr laquelle le soleil poursuivait sa terrible coun rant les deux hémisphères par une région

d*un collège naval, la révision des cartes marines et la création d'un observatoire à Sagres firent faire cependant de grands progrès à la navigation, et, quelques années après la mort du prince, Vasquez de Gama mettait les plans de celui-ci à exécution et, doublant le cap de Bonne-Espérance, voguait à pleines voiles dans l'Océan.

Tandis que les Portugais cherchaient à se frayer un passage vers les Moluques, Christophe Colomb, encore obscur et inconnu, arrivait à la cour de Lisbonne pour l'engager à faire les frais d'une expédition qui devait prendre une voie toute différente pour parvenir au même but. II s'agissait de cingler sans cesse vers rOuest, et de débarquer ainsi en Asie par un endroit où per- ^nne ne pouvait encore avoir abordé. Cette idée audacieuse, soumise en 1474 au savant astronome florentin Toscanelli, 3ivait été vivement soutenue par ce dernier, qui prétendait qu'on rencontrerait d'abord, en suivant cette route, l'île Antille, puis le Cipangu ou Japon, et qu'on parviendrait de là inévitablement au littoral indien (1).

Le roi Jean de Portugal ayant repoussé les propositions de a^ Colomb, celui-ci se rendit en Espagne, s'assura la protection ^ Mendoza, archevêque de Tolède, et obtint enfin, après de pénibles négociations, le commandement de trois petits navires, ^vec lesquels il quitta les environs de Huelva le 3 août 1492. I^ux des bâtiments qui lui avaient été confiés, la Santa Maria ^la Pmta, étaient des caravelles, fort hautes à la proue et à la poupe, non pontées; le troisième, d'un tonnage encore plus Diédiocre, marchait à l'aide des grandes voiles latines en usage ir:l dans la Méditerranée. On connaît les résultats de ce merveil- 3S| 'eux voyage, dont les difQcultés furent encore aggravées par '^alarmantes variations de la boussole, ainsi que par les ^^niyantes clameurs d'un équipage mutiné, le 12 octobre 1492, ^ lever du jour, le vaillant marin génois arrivait à San Salvador, et plantait le drapeau castillan de l'autre côté de l'Atlantique.

ïT-l Cet événement occupe une place si importante dans l'histoire

0) ToscaneUi traça même cette route sur une carte. Voy. Forsler, Bist, ^iicowerteiet des voyages faits dans le Nord, tom. II, liv. III.

,t .', ;'\'':>ation, que nous croyons ne pouvoir nous dispense ;c «^'vvîcr briiîvement les controverses auxquelles il a donm :tu. IV nombreux auteurs, s'appuyant sur des témoignage .*ius m moins rccommantlables, ont contesté à Colomb .♦iiouio do sa découverte. Sans parler des migrations des Cl lois, que le savant de Guignes a essayé de démontrer, et q ^raisstMit avoir été dirigées plutôt vers le Japon que \ rViuênque (1), Adam de Brème et Ortelius revendiquai l'honneur, pour les peuples du nord de l'Europe, d'av débarqué les premiers dans le nouveau monde (2). Leur opini corroborée aujourd'hui par la publication d'une foule de do ments, est d'autant plus probable qu'il est établi que le Gr(^ land et l'Islande furent visités de bonne heure par les Nor^^^ giens et les Danois (3). Les légendes indiennes, recueillies par les Espagnols, confirment d'ailleurs ces suppositions (4). Quoi qu'il en soit, ces tentatives étaient restées sans fruits et n'avaient guère laissé de trace dans les annales des nat/afls européennes. Elles n'obscurcissent nullement la gloire de Colomb, si noblement justifiée par son génie et ses malheurs. Kiit-il été précédé sur les plages du lointain Ouest, il n'en serait pas moins vrai qu'il donna le signal des grandes entreprises maritimes, si brillantes au xv** et au xvr siècles.

Les prétentions des Danois et des Xorwégiens à la découverte du nouveau monde, ne sont pas les seules qui aient été présentées ii l'opinion publique. M. Otto, de New-York, dans une lettre adressée au D'' Franklin (5), alTirme que Martin

{\\ Voy. nno dissorlalion pul>Hoo à oo sujol par M. Klaproth, dans \esS<f^

^t^ Adam do BrCMiii* dans son Uisioria ecclesia.^tûa Fcclesiarum HambuT$f^ j r j ,,, j r( ^Yr^.M(•H^'iS.ot Oili»liiî<dans W Tlu^Uiuin Oihis tcrrarum:\o\. aussi Iflr»"* /V AMfMUfMf.* lir.'ju^r B'ÏQicœ, do M\lins. Lc\den, 1611; la di.sscrlalioo "* Hu^orirolius Dr (^n-iri-^ Ct-nti^nr. Kmrriniuarum, Paris, lb4î, 8 V, Cl l'C*f''' lonl ouvraco du profossour Rafn sur los \nH'ptiu:u^ Amcricanœ.

ù^ R H. Ma\or. n -r, t Ir'Jrrs rf r/i':>( <; .V*v C'-î-mbu^, inlrod., p. 13.

\V Los .VI .ô-iuos. par oxompîo, prolondaionl avoir reçu lourcivilisali*'^" { - ..^ . douv p<MSv^:r\uo> n\>s',oriou\. h'uimo ol femme, apparteaaQl à 1* "^ i ■'- : Maiu he . lo'.;r^ Iîum<. iî:>»;:o:\l i'.>. en de.vondaient.

\:i Vo\ U> \-:r'îi\î'; rh.: •< }.h,^d : : :<i;::Kn5, an. 1786.

Behaim, le beau-fîls du sire de Moerkerke, Josse Van Huerter, croisa dans Tocéan Atlantique pendant plusieurs années , parvint jusqu'au détroit qui porte aujourd'hui le nom de Magellan, et fit part de ses observations au roi de Portugal, avant le départ de la Santa Maria et de la Pinta. Cette allégation a été vivement combattue par plusieurs écrivains, qui prétendent que Behaim se borna à visiter la côte d'Afrique. Un chroniqueur contemporain, Hartman Schedel, rapporte que le célèbre cosmographe, étant dans l'océan du Sud, non loin de la côte, après avoir passé la Ligne, arriva dans un autre hémisphère, où, en regardant à l'Est, on voyait l'ombre des différents objets se projeter à main droite, vers le Midi. « Les navigateurs, ajoute-t-il, découvrirent alors une terre inconnue, que les Génois avaient vainement cherchée jusqu'à ce jour (1). » Ce passage, au premier examen, ne parait pas concluant, car les circonstances qu'il signale peuvent en effet s'être manifestées sur le littoral africain, mais il acquiert une grande valeur si Von en rapproche diverses circonstances particulières, dont il nous reste à dire quelques mots.

La plupart des biographes de Colomb, parmi lesquels il nous suffira de citer l'habile et consciencieux Washington Irving, reconnaissent qu'il reçut d'utiles indications des habitants des Açores (2), et se trouva même en relations avec Martin Behaim. Dn historien espagnol, Ant. de Tordesillas-Herrera, nous apprend d'un autre côté que, lorsque Magellan s'en vint à la cour de Castille, en 1518, afin d'en obtenir les moyens de faire de nouvelles recherches, il s'appuya principalement sur les ^vaux du célèbre cosmographe, et principalement sur cer-

(1) Hîi duo, bono deorum auspicio, mare méridionale sulcantes, a littoro ^^ longe evagantes, superato circulo cquinocciali, in aUerum orbem ^^pU sunt. Ubi ip sis stantibus orientem versus, umbra ad meridiem et ^tram projiciebatur. Aperuêre igitur suâ industrie aUum orbem hactenus ^l>i8 iocognilum et multis annis, a nullis quam Januensibus, licet frustra ^PUlum. •

(^) Des colons flamands et portugais, établis dans ces Iles, avaient recueilli, différentes reprises des épaves jetées sur le rivage par la mer, et ^i^t la nature singulière leur avait fait soupçonner Texlstence , dans ^^Q Atlantique, de vastes contrée^ encore inexplorées.

taine carte tracée par ce dernier et envoyée jadis au roidcPwtugal (1).

On doit bien reconnaître que l'ensemble de ces faits — »TI| n'établissent pas d'une manière péremptoirc les droits deBehùtt à la découverte de TAmérique — sont assez clairement démoih très pour rendre toute question de priorité Tort douteuse. Nooi avons cru devoir les exposer avec quelques détails, car le sa^ Rurembourgeois appartient, sinon par sa naissance, au moi par son mariage, à la Flandre. Il y fit un séjour assez long 149i, par ordre du roi Jean II, et visita Anvers et Brugek Colomb lui-même, d'ailleurs, rendit justice à l'habileté desnaiî» gateurs flamands, en recommandant aux princes espagnol d'adopter quelques-unes de leurs coutumes maritimes (2). L^ des ouvrages qu'il étudia avec le plus de soin, le TractaUnk^ imagine muudi, de Pierre d'Ailly, aujourd'hui conservé dansk cathédrale de Séville, sortait des presses de Jean de Weslphalî^ qui l'avait édité à Louvain vers 1480 (3).

(1) Les ministres espaf^nols ayant interrogé Magellan sur le chemin (pi: prétendait suivre : « dezia que avia de ir à tomar e1 cabo de Santslbril, ' < que es cl rio de la Plata, y de alli seguir por la coMa arriba, hastaloptf • « con cl estrccho ; iva muy cierto de hallar elestrecho, parque atia tisiôWi « carta de marear que hizo }fartin de Bohemia, natural de la isla del Fffjf(rf,c# « mogrnfo degran op'nion, adonde se lomava nuicha luz del estrccho. * Voy. Herrera. Dec. 11., iib. II, p. ^94. On peut encor(T consulter, sur celte queslifli, indépcndammeiil des ouvrages dt^à cIIlVs, J. Janson, dans Pigafella, Frmf voyage nulour du monde, Paris, 1812; A. de ITumboIdl, E.ramen crWqw,éit\ Daniel 0mm, Dissertatio de claris quibusdam yorimhergen^ibas, Albcl, l'^i in-4*; Pierre Bergeron, Tvailé de navigation, cliap. Vlll, p. îî, Leyde, 1^; Murr, Diplomatische geschichte desberiihmten ritters Behaim, Nurenborg.lTiS Roberlson, Hist. de Charles-Quint ; CAadcru, Jnvestigationes histon'ro', MadrU 1794; Pieler Vander Aa, Voyagicn der Spanjaarden na West Indien, Leyie, in- fol., etc.

(2^ Item : Tambien dirois îi Sus Allezas que mas provechoso es, y m»» Costa flelar los navios como los flétan los mereaderes para Flandespor toneladas que non de olra manera ; por ende que yo vos di cargo de llrtif a este respeclo las dos carabclas que habeis de cuviar; y asi se podrabaccr de todas las olras que Sus Ailezas enviaren... Voy. Mémorial que par» ta Reyes Catolicos din cl Almirante D. Cristobal Colon, à 30 de Ewro de 14S4.

(3) Nous avons adoi)té la date indiqui^c par Scrna Santandcr; Mmage^wMt d'après Lambinct, ne parut qu'en 1483.

L'heureuse issue des efforts héroïques de Vasquez de Gama et de Colomb, en lançant l'Europe dans la voie des conquêtes coloniales, soulevait une question de droit public des plus graves.

D'après une doctrine que les croisades avaient rendu populaire, les princes chrétiens se croyaient autorisés à envahir tout État occupé par des« infidèles. On considérait comme un acte méritoire de prendre les armes contre les ennemis du Christ, et de contribuer, en forçant ces derniers à lui rendre hommage, à étendre la domination de TÉglise. On reconnaissait au pape, en vertu de ce principe, la Taculté absolue de disposer de toute contrée payenne.

Usant de ce pouvoir, Martin V et ses successeurs avaient concédé à la couronne de Portugal toutes les terres existantes entre le cap Bajador et les Indes, donation dont les souverains catholiques d'Espagne, dans un traité conclu en 1479 avec les Portugais, avaient admis la validité. Ferdinand et Isabelle, au nom desquels Christophe Colomb tenait sa commission d*amiral, songèrent donc, immédiatement après son retour, à obtenir la sanction du pape Alexandre VI. Celui-ci, né sujet aragonais, se trouva dans une position difficile, car il n*était pas aisé de concilier cette demande avec les droits confélés précédemment. Il y parvint cependant, en traçant une ligne idéale du pôle nord au pôle sud, à cent lieues à l'ouest des Açores et des îles du Cap Vert, et en décidant que les terres découvertes à l'occident de cette ligne, et qui n'avaient pas été occupées par une puissance chrétienne avant la Noël précédente, seraient accordées à l'Espagne, tandis que toutes celles comprises dans la direction opposée demeureraient aux Portugais (1).

Quel système colonial les conquérants allaient-ils appliquer à ce monde nouveau, ouvert à leur activité, et dont les merveilles séduisaient déjà toutes les imaginations?

Les Grecs et les Romains avaient également fondé de nombreux établissements à l'étranger, mais dans des conditions bien différentes. Les colonies grecques étaient peuplées» en effet,

(1) Toy. une bulle du 2 mai 1493.

■UT. DO COMMBICI, T. U. iS

de citoyens forcés de s'expatrier par la violence des faclions « l'impossibilité de trouver une existence suffisante dans leof pays. Elles jouissaient, par conséquent, d'une certaine indépendance, et plusieurs d'entre elles s'étaient développées point de former de véritables empires. Les colonies romaineii tout en n'obtenant pas des libertés aussi étendues, n*étûeÉt point soumises à une législation spéciale, mais aux rëglemadi appliqués dans la Métropole, qui les considérait comme da asiles pour les pauvres ou les mécontents, et des avant-poste» militaires sur les frontières ennemies.

Les contemporains de Vasquez de Gama et de Colomb, en a préparant à prendre possession des vastes contrées dont remtence venait de leur être révélée, étaient loin d'être aniioJl^ d'un pareil esprit. Ils ne songeaient qu'à faire fortune, nonojl fructifiant les ressources naturelles de leurs domaines transitai lantiqucs, mais en dépouillant les populations indigènes, mise! hors la loi à cause de leurs croyances religieuses. La rapacM: déployée par les aventuriers espagnols et portugais fut bienUt^ imitée par les gouvernements dont ils dépendaient, et tandj que les colons exploitaient les aborigènes en les traitant ami la plus grande cruauté, les administrateurs publics inaa{nraient, au profit de l'État, le régime du monopole et derarth": traire pour mieux pressurer les colons. Cette déplorable erreur, ] trop longtemps accréditée en Europe, nous donne la raison da l'extrême lenteur avec laquelle les colonies espagnoles pa^ vinrent h tirer parti de leurs immenses ressources (1). Unécn-; vain distingué, appartenant par sa naissance à la péninsule ibérique, don Bernard de Ulloa, a signalé, avec une grande lucidité, les conséquences qu'exercèrent, sur les destinéesde ses compatriotes, leurs idées erronées concernant la production de la richesse :

<c Quand nous nous vîmes maîtres, dit-il, du nouveau monde « et de ses mines, nous crûmes avec confiance que ce vaintitt

(1) Les colonies dépendantes, dit J. B. Say, ont été toujours aussi nul habitées que mal gouvernées; on n'y va qu'avec Tesprit de retour, c'csll dire pour revenir dans la mère-pairie avec une fortune bien ou ml acquise.

« nous assurait à jamais la jouissance de ces trésors; il nous a sembla voir les nations, dans une humble dépendance, venir « chercher chez nous le superflu de nos biens. Abusés par cette a flatteuse perspective, et satisfaits de la beauté et du bon mar- « ohé des étofles étrangères, nous abandonnâmes le soin de « nos manufactures ; l'étranger profita d'une négligence si favo- « rable h ses intérêts, et nous enleva bientôt, en augmentant le a prix de ses produits, non seulement tout ce que les Indes « nous avaient envoyé d'or et d'argent pendant plusieurs années, ce mais même les matières précieuses de notre crû dont les « manufactures ne pouvaient se passer (1). »

La hausse générale indiquée par M. Ulloa comme conséquence de la découverte de l'Amérique, était toute naturelle. Le nombre des espèces métalliques, à partir du règne d'Auguste jusqu'en 1482, avaient diminué — d'après des calculs faits avec soin — dans la proportion de neuf^^ milliards à deux milliards de francs. La déperdition du numéraire ne s'arrêta pas là, car le capital en circulation, au ix^ siècle, s'abaissa jusqu'à moins d'un milliard de francs, ou huit cent vingt-cinq millions. L'in- Tasion des Arabes avait interrompu l'exploitation des principaux gîtes aurifères, et une grande quantité de métaux précieux allait^ chaque année, grossir le trésor des églises. La colonisation du nouveau monde arrêta cette diminution. Les i&asses métalliques qui en furent exportées élevèrent, en peu tf années , le capital social à douze fois sa valeur primitive, surtout après l'ouverture des mines du Potose. L'industrie en reçut une vive impulsion, dont les Espagnols, toutefois, profitèrent l>eaucoup moins que les autres peuples.

Les Génois et les Vénitiens, en perdant le monopole du com- Btterce avec les Indes, entraînaient les Brugeois, leurs princi- I^ux /acteurs, dans leur ruine. Une foule de riches marchands se décidèrent alors à quitter Bruges, pour n'y plus revenir. La puissante famille des Fockers ou Fuggers, donna Tune des préfères le signal du départ. Leur hôtel existait encore naguère.

U) Don Bernard dtVWodi, Du rétablissement des manufactures et du commerce ^ '^«poi^w, p 3.

HISTOIRE DU GOMlfERGE

dans la rue dite Steenhouwers-vest (1). Elle flit bientôt m^] dans rémigration, par les Welsers^ dont les relations comaO'jl ciales étaient des plus étendues, et par les négodants Livourne et de Lucques, qui tous se rendirent à ÂnveniQkj les Portugais se proposaient d'ouvrir leurs entrepôts. Lesi chands espagnols eux-mêmes tentèrent d'aller se fixer cette dernière ville, mais, sur les réclamations desBrageoiS' qui envoyèrent Adrien Drabbe auprès de Ferdinand Si afin de solliciter leur retour — ils se virent forcés de me leur décision. Ils n'y consentirent pas cependant sans munoi car Anvers avait des titres puissants à la préférence des ciants, tant par son heureuse situation que par les droits et privilèges dont on y jouissait. L'un des plus remarqua d'entre ces derniers accordait à la femme d'un commerçant,! cas où celui-ci se trouvait dans l'impossibilité de satisfkirt ses obligations, la faculté de prélever sa dot sur les biens son mari, avant le paiement de toute autre créance. Cette position, source d'ailleurs de nombreux abus, contribua coup à augmenter la population anversoise (2).

Bien que menacé dans son existence future, un coi aussi considérable que celui qui s'était fait à Bruges jusqQ'ttj ce moment devait garder longtemps une certaine activité.

On conserve en Ecosse, au General Register Ilouse, unmùOtl ment des plus curieux des échanges qui s'opéraient entre celll| contrée et la Flandre, dans les dernières années du vr sièck Il consiste .en un registre, ou livre journal, tenu autrefois p* André Halyburton, marchand écossais, de 1493 à loOS, rentemant d*inlércssanls détails sur les habitudes commerciales! celte époque. Chaque compte y commence pieusement parh nom de Jésus, et porte la marque particulière du marchiii auquel il est destiné. Halyburton se livrait au commerce* commission, et nous envoyait des laines, du saumon etdtf

(1) Remparl des tailleurs de Pierre. La Fuggers-iruis, ou t maison des Fo^ gers » fut iranfonuée plus lard en atelier de menuiserie.

(2) Van den Bogacrde de 1er Brugge, Essai sur l'importance du fonawli de la navigation et de Vindustrie dans les provinces formant le royaume inHfll^ Bas, là llaye et Bruxelles, 1844.

cuirs, en retour de nos produits. Nous y lisons, entre autres choses, que Jean de Pennyeuik lui fit parvenir un portrait de Thomas Becket, exécuté par un peintre brabançon (1).

Les relations de la Flandre avec l'Angleterre étaient toujours fort Tréquentes, lorsque les intrigues de la duchesse douairière de Bourgogne, en faveur de Peterkin Werbecque, qui — prétendant être le duc d'York et avo'ir échappé miraculeusement au poignard de James Tyrell — disputait la couronne à Henri VII, amena une rupture entre les deux pays.

Uétape des laines anglaises Tut transférée de Bruges à Calais, les marchands exilés de part et d'autre, et nos marins se virent de nouveau exposés h toutes les attaques. On chercha un remède à cette situation préjudiciable, et on le trouva en chargeant les négociants allemands du Steel-Yard, à Londres, de la vente des marchandises belges (2). Cette intervention, qui ne paraissait

(1) Chambcrs, EdinhurghpaperSf p. % 1859.

(S) Pour avoir une idée de la valeur des importations en Angleterre à cette époque, on n*a qu'à consulter le tableau suivant, extrait des documents officiels :

Imfoit. L. Sh. D.

Odc thousand eight hundrcd and thirty two cloths after

liv. 6 value the cloth 10,99« 0 0

Whereof the custom amounts to 91 12 0

Three hundred and nlnetcs seven quintals and thrce quarlers of wax, after the value of 40 sh. the hundred, of

quinUl 795 10 0

Wbereof the custom is 19 17 0

One thousand, eight hundred and twcnty nine tunns and a baif of wine, after 40 sh. value per tun ^ . . . . 3,659 0 0

Whereof the custom is 182 0 0

Ilnen, cloth, mercery and grocery wares and ail other

manner of merchandize 22,943 6 10

Wbereof the custom is 285 18 3

Som of the imbrought commodities in value and customs

Les exportations de TAnglcterre à Télranger étaient beaucoup plus considérables, mais consistaient principalement en matières premières. EUe nous envoyait déjà cependant beaucoup de draps.

pas de nature à soulever des diffîcultés, fut sur le point d'amener de sanglants conflits. Il s'était formé en Grande-Bretagne, dès le temps d'Edouard III, une compagnie de gens appartenant au haut négoce, qui ne s'occupaient que du trafic avec les conirêes d'Outre-Manche. Comblés de faveurs par le roi Edouard, Us avaient reçus de nouveaux privilèges sous Henri IV, Henri V, Edouard IV, Richard III et Henri VII, durant le règne duquel ils étaient connus sous l'appellation de marchands aventuriers. Ceux-ci, craignant que les Allemands ne les supplantassent, excitèrent la populace de Londres, qui se rua sur les entrepôts étrangers et les mit au pillage. On parvint heureusement à réprimer ces désordres, et à en punir les auteurs (1).

Ce fut dans ces circonstances, le 26 décembre 1494, que l'héritier de Marie de Bourgogne, Philippe d'Autriche, dit le Beau, fut inauguré en qualité de comte de Flandre. Fiancé Tannée suivante h Jeanne d'Aragon, le souverain des Pays-Bas allait devenir, par ce mariage, lo gendre de Ferdinand d'Aragon et d'Isabelle de Castillc, les maîtres de ce vaste empire transatlantique, auquel on ne connaissait pas encore de bornes.

Les diflcrends avec l'Angleterre réclamaient cependant un^ solution. Une ambassade solennelle, composée de Paul àe Baenst, Jean de Courtewille, Thomas Portinari, Florent Hauweel et d'autres, fut envoyée h Londres, et y conclut, le 24 février 1493, une alliance commerciale entre les deux États.

Ce traité, appelé inlercursus inagnus ou « grand entrecours» à cause de son importance, était plus complet que tous ceux qui avaient été débattus précédemment. Il permettait aux sujets de l'archiduc et îi ceux du roi de trafiquer librement, en Angleterre et dans les Pays-Bas, sans, être soumis h se pourvoir de passavants ou de passeports ; d'y importer toute espèce de marchandises, soit des laines, des cuirs, des vivres, des armes, des chevaux, des bijoux ou tous autres objets, en tous temps; d'j charger et d'y décharger leurs cargaisons sans obstacles, dans certains ports désignés. On y stipula que les marchands et mariniers auraient le droit, de part et d'autre, de se munir d'armes de guerre pour la défense de leurs navires, et môme de débar-

(1) Mai'iilicrson, Annah o{ commerce^ tom. II, p. 6.

quer lesdiles armes, pour en garnir leur domicile, avec défense néanmoins de porter sur eux, durant leur séjour à terre, Tépée et le poignard.

La pèche était permise aux Belges comme aux Anglais, sur toute rétendue des côtes; la piraterie, sévèrement défendue, tout asile devant être refusé aux écumeurs de mer. Pour diminuer autant que possible le nombre de ceux-ci, les deux gouvernements s'engagèrent à exiger une caution de tout capitaine de barque, comme garantie de bonne conduite.

Les vaisseaux naviguant sous l'un et l'autre pavillon, forcés de chercher refuge dans tout autre port que ceux ouverts au commerce, ne pouvaient y être molestés : il leur était défendu cependant d'y débarquer des marchandises, à moins d'absolue nécessité, sans en avoir fait prévenir les employés de la douane, et avoir obtenu leur consentement. Il fut convenu que les marchands et mariniers, sujets de l'archiduc ou du roi, recevraient l'injonction, en cas de guerre, de ne pas se charger du transport de marchandises appartenant aux ennemis de l'un ou de l'autre prince, sous peine de confiscation et d'autres pénalités.

En cas de bris ou de naufrage, la cargaison du navire perdu appartenait au domaine, h moins que ses armateurs ne pussent prouver qu'un être vivant, soit même un animal domestique (1), eût survécu à la catastrophe; dans ce cas les objets trouvés devaient être restitués dans l'année.

Des locaux convenables étaient garantis aux trafiquants, dans chaque ville où ils avaient l'habitude de se rendre, avec jouissance des privilèges et des immunités dont ils s'y trouvaient en possession depuis cinquante ans. Il était enjoint aux agents douaniers, de l'un et de l'autre côté du détroit, de remplir leur cbarge avec discrétion, sans gâter les marchandises présentées à inspection, ou rompre les caisses, les barils, les paquets ou les sacs qui les contenaient. Leur propriétaire ne pouvait être astreint à les vendre contre son gré.

Si un Anglais, établi dans les Pays-Bas, soupçonnait l'un de ses débiteurs de vouloir se soustraire, par la fuite, à des obligations dûment contractées, il avait le droit de réclamer cau-

(1) Either man, woman, cat, dog or cock.

tien de la partie adverse, et des avantages semblables étaient assurés aux Belges séjournant en Angleterre, à Fégard des nationaux.

En cas de violences exercées en mer, de l'un ou de Tautre côté, les individus lésés ne devaient point se faire justice euxmêmes, solliciter des lettres de marque, user de représailles, et s'emparer de la personne ou des biens de leurs adversaires, les princes se réservant la connaissance de pareils procès. Les lettres de marque et de représailles étaient même supprimées, jusqu'à la réunion d'un nouveau congrès.

Les Anglais réclamaient le droit, par l'article XV du traité, de transporter librement, en transit, toute espèce de monnaies d'or et d'argent, et stipulaient enfin qu'on ne ferait usage, dans les transactions mercantiles, que des anciens poids, bien connus des marchands. La joie fut générale dans les Pays-Bas en apprenant l'heureuse issue de ces négociations. Quelques mois plus tard, en septembre 1496, la royale fiancée de Philippe le Beau débarquait en Zclande, avec une flotte de cent quatrevingts vaisseaux, faisait son entrée à Anvers, où un grand concours entre les chambres de rhétorique avait attiré une foule d'étrangers (1), et acceptait la main de Tarchiduc, le 18 octobre, à Lierre, où les fêtes de leur mariage furent célébrées avec éclat (2).

L'activité commerciale se réveillait comme toujours avec le rétablissement de la tranquillité publique. Le plus ancien document où il soit question du linge damassé de Flandre, si rema^ quable par l'élégance et la beauté de son tissu, date de 1496. C'est un permis, octroyé par l'archiduc, d'élever une nouvelle fabrique de Un ouvragé, à Courtrai. Il est probable cependant qu'on n'y faisait encore que des dessins appelés en flamand

(t) Vingt-deux sociétés s'y étaient rendues. Elles eurent à résoudre II question suivante : Quel est le plus grand mystère ou la plus grande grice que Dieu (U aux hommes pour leur salut? La Rose de Louvain y r(5pondil en représentant rincarnation, et obtint un prix d'honneur qui consistait ea quatre bassins en argent, un arbre du même métal, un saint Luàî cl un chlpoau (le losos. Voy. Serrure, yederduyl. letleroeffy W 3, p. 216.

(i) MS. 17,î3G, Bibl. de Bourgogne.

ET DE Là marine EN BELGIQUE 3S7

trek-werk : on ne sera parvenu que plus tard à reproduire sur la toile des fleurs et des figures (1).

Une question de rivalité industrielle faillit amener des débats, vers ce temps, avec le Saint-Siège, à propos de la fabrication de Talun. L'Europe n'avait eu longtemps d'autres aluns pour la teinture que ceux qui lui venaient d'Orient, tels que l'alun de roche, ceux de Focée ou Foya, des environs de Smyrne, de Goltaî, de Lupai.et de Castiglio. Un marchand italien, Jean de Castro, qui avait fait à Gonstantinople le commerce des draps et des couleurs, avait eu l'occasion d'observer, dans cette contrée, la manière de préparer ce produit. Tout son avoir lui ayant été enlevé par les Turcs, il revint dans les États romains, dont il était originaire, et y obtint un emploi à la cour pontificale. Se trouvant un jour à Tofla, il y remarqua une plante qu'il avait souvent aperçue auprès des alunières d'Orient, Yilex aqui- Arftum, et conçut l'idée de voir si les pierres au milieu desquelles elle croissait ne contenaient pas de l'alun. Ses premières expériences justifièrent ses conjectures, et il annonça avec joie au Pape qu'il allait lui procurer le moyen de triompher des Turcs, en lui assurant le monopole de ce commerce.

On fit venir des Génois qui avaient travaillé aux alunières du Levant, et l'alun qu'ils fabriquèrent ayant été envoyé à Venise et ù Florence, y fut trouvé d'une qualité excellente. Les Génois ea achetèrent tout de suite pour 20,000 pièces d'or, et Cosme de Médicis en procura aux teinturiers de Florence pour la somme te 78,000 florins. Pie II fit ériger une statue à Jean de Castro, créateur de cette industrie, et le récompensa richement. Une tois en possession de ce commerce, les papes fixèrent arbitrairement le prix de l'alun, et défendirent, sous les peines ecclésiastiques les plus sévères, de se fournir de cette marchandise en Turquie. Charles le Hardi avait consenti, en 1468, à ne recevoir que de l'alun romain (2); mais la valeur de ce produit

i^) A. Voisin, Notice sur le damassé de Flandre, tom. 1, Messager des arts et '««cienwi, Gand, 1833, p. «95.

(^) n ne s'y était décidé qu'avec difficulté, ayant permis à tous ses sujets, <ID^l(tQe temps auparavant « de povoir amener et conduire en ses pays et seigneuries toutes manières d'aluns, de quelque part, climat, ou région

ayant été élevée encore, Philippe le Beau se vit enfla oblige faire déclarer, par un comité de bourgeois de Bruges, qae état de choses ne pouvait durer, et qu'il fallait retourner marchés d'Orient. On y fit donc quelques achats, malgré le Jules II, qui menaça les facteurs belges d'excommunication. W chambre apostolique ne put néanmoins maintenir un privilè(l contre lequel toutes les nations industrielles avaient intértik protester, et elle finit par abandonner ses prétentions. L'atai abonda bientôt en Flandre, où les Anglais vinrent désormais» acheter (1).

Avant de quitter l'Orient, où la querelle que nousvenom d'exposer nous a ramené, il ne sera pas sans intérêt de rappeler que l'illustre défenseur de l'Écluse, Philippe de Clèves, y acqu^ rait vers ce temps la plus brillante réputation. Après sêtie rendu à l'assemblée de Ratisbonne, en 1496, pour y entend» les propositions de l'empereur Maximilien, qui eut un momeÉ l'idée de se mettre à la tête d'une croisade contre les Turcs, Philippe de Clèves s'attacha à Louis XII, et marcha avec lui ait conquête de l'Italie. Nommé gouverneur de Gênes, il ne quiltl cette charjçe importante que pour recevoir la capitulation de Naples.[,BajazctII, instruit des projets qu'on avait formés contre lui, réunissait une vaste armée. Venise, inquiète, équippa une floUc qui fut vaincue près des îles Sporades. Bientôt Bajazel parut avec une llolte de loO navires : les infidèles triompliaienl! Dans ce péril éminent, deux héros, Gonzalve de Cordoue el Philippe do Clèves, se dévouèrent pour la chrétienté. Gonzalve reconquit Cûphalonie el s'empara de Leucade, tandis que Philippe, pénétrant plus avant dans l'Archipel, se dirigeait avec Antoine de Lalaing et un grand nombre de jeunes gens de Flandre vers Tîle de Metelin, Il espérait rétablir, dans ces terres lointaines, la dynastie de ces riches barons francs, qui avaient fêté jadis Jean sans Peur, après la prise de Nicopolis. Mal

qu'ils soient, )» Voy. aux archives générales du royaume, chambre des comptes, le compte n* 23,083.

(1) Kymer, Fœdera, XIII, p. lo9. Henri VII permet à un marchand toscan, nommé Augustin Chigi , d'importer de Flandre en Angleterre 1300 quintaux d'alun.

idé par les Vénitiens, il fut forcé, après avoir subi de les privations, de renoncer à son entreprise, et une épouble tempête dispersa ses vaisseaux. Il regagna Tarente à r peine et, de retour dans les Pays-Bas, acheva sa vie agitée les ombrages paisibles d'Enghien et de Winendale.

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