‹ Histoire du commerce et de la marine en Belgique (volume 2)Chapitre 62 sur 74 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

De rarchitecture nautique au xvi* siècle. — Dernières expéditions du duo de Parme. — Réorganisation de Tamirauté. — Marins et voyageurs beiges.

— Situation politique à la mort d'Alexandre Farnèse. — Du commerce du diarbon de terre à Liège. — Décadence générale. — Avènement d'Albert et d'Isabelle. — Nouvelles ordonnances maritimes. — Édits commerciaux.

— Nouvelles luttes dans l'Escaut. — Bataille de Nieuport. — Situation financière. — Innovations industrielles. — Siège d'Ostende. — Combats maritimes. - Continuation du siège d'Ostende. — Fondation de la Compagnie néerlandaise des Grandes-Indes. — Part qu'y prennent les Belges.

— Emigrés flamands et wallons en Allemagne et en France. — Prise de l'Écluse. — Capitulation d'Ostende.

Nous avons constaté, dans le chapitre précédent, les succès obtenus par les Anglais sur les marins espagnols. Leur victoire ne résultait pas seulement de la précision de leurs manœuvres, mais aussi de la forme de leurs navires, beaucoup plus légers et plus faciles à gouverner que les galions d'Espagne. Des modifications importantes s'étaient introduites dans l'art nautique depuis le xv^ siècle. On s'était efforcé, sous Charles-Quint et sous François P% de reproduire à bord des vaisseaux les merveilleux ornements qui décoraient les palais à cette époque, et leur construction était des plus dispendieuses. François P^ avait en Normandie une carraque si belle, si richement ornée, si haute de ponts et de châteaux, qu'on la nommait la « grande carraque » ou le carraquon. Ce superbe navire, qui était de 800 tonneaux, prit feu au moment où il allait recevoir, avec la bannière de France, celle de l'amiral Claude d'Annebaut, nommé comman-

anTOIRB DO COMMBRCB, T. III. ^

dant d*une tlotle contre les Anglais. Il portait cent canoos. M. Jal, dans son glossaire nautique, cite un navire flamand, qui ne le cédait en rien, par sa surprenante beauté, au caniquon du roi de France. II portait cette inscription, placée entre des sculptures d'un goût exquis : Ick varre met Neptutma Boreas : lie hulpen me tôt die haven daer mi anker valt^ anno ISS.

A la fin du xvi^ siècle, les carraques de Portugal, faites pour le négoce, avaient dépassé de beaucoup en grandeur le earniquon de 1545. Elles étaient ordinairement du port del,5OOà2,000 tonneaux, voire même plus, et ne pouvaient naviguer à moinsde dix brasses (1). Ces grandes carraques avaient quatre pontsos étages, et chaque étage plus de sept pieds d'élévation. Lear poupe et leur proue étaient plus hautes, de 18 à 20 pieds, que le tillac supérieur, et formaient en réalité deux châteaux qû portaient trente-cinq à quarante pièces d'artillerie. Gbacandes grands canons qui se trouvaient à bord pesaient de quatre 1 cinq mille livres. On plaçait en outre quelques bouches ifeu, de médiocre calibre, dans les hunes. Les carraques portugaises avaient de six cents à mille trois cents hommes d'équipage, et étaient montées par un certain nombre de soldats de marine. Elles servaient exclusivement au commerce.

Les galions^ dans l'origine, étaient des vaisseaux hybrides, dont les formes rappelaient celles de la nef et de la grosse galère. Quelques-uns allaient à la rame, mais la plupart marchaient 5 la voile. La poupe du galion, à la différence de celle de la nef, toujours plate, était arrondie et avait deux lobes Iiémisphériques, séparés par Télambot, fondement de l'arrière et support du gouvernail. Les galions ordinaires avaient deux ponts ; les plus grands en possédaient trois.

Les palandries, les hourques, les bertoiiSy les marsilianes, te potaches, les maones, étaient des variantes de la nef, et inférieurs aux précédents, tout en ayant encore de l'importance. La mivelle, étroite à Tarrière, assez large à la proue, peu haute (te côté, Tarrière chargé d'un double château, l'avant élancé et portant un seul château d'un étage, était fréquemment employée. Celle que commandait Colomb, lors de son premier voyage en

(1) Cintiuanle pieds d'eau.

Amérique, avait quatre mâts verticaux, et un cinquième incliné sur l'étravère dressée. Au mât de proue se déployaient deux voiles carrées, le trinquet et la gabbie. Une voile triangulaire se hissait au sommet du grand mât, planté au milieu du navire. Dans les magnifiques nefs de ce temps, la galerie ouverte ou couverte placée à l'arrière pour abriter les passagers, recevait parfois des fleurs, et prenait le nom de « Jardin. »

Dans le nord de l'Europe, on construisait peu de galions, et on préférait, en général , des navires moins massifs et plus rapides. D'après des passages d'auteurs du xvi« siècle, on appelait alors buysefiy dans les Pays-Bas, de petits bâtiments qu'il faut se garder de confondre avec les anciennes busses, que nous avons eu souvent occasion de citer. Les buysen flamands et hollandais n'avaient d'autre tillac que quelques planches, par dessus lesquelles flottait une voile. Reygersbergen, dans sa Chronique de Zélande, dit qu'on commença à les couvrir vers

En résumé, le caractère général des constructions navales de cette époque se détermine par un arrière démesurément haut, deux étages sur la première dunette, une galerie latérale et des canons de retraite. Au milieu du xvii® siècle, on en revint à des formes plus simples; on abaissa l'arrière, et le contour des vaisseaux se rapprocha de celui d'une lyre : ils paraissaient plus lourds, mais ils étaient plus stables, et tenaient mieux la mer. LesAnglais, les Belges, les Hollandais, les Allemands, les Danois et les Suédois donnèrent les premiers l'exemple de cette réforme.

Retournons à notre récit. Tandis qu'on se battait sur TOcéan, la guerre continentale continuait toujours, sans résultats importants. Alexandre Farnèse prit quelques places dans la Gueldre, mais rencontra dans le prince Maurice un antagoniste digne de lui. Philippe II lui ordonna, en 1589, d'entrer en France, afin d'y protéger la ligue catholique contre les efforts de Henri FV. Farnèse obligea ce prince à lever le siège de Paris et de Rouen.

Sur ces entrefaites, Emmanuel Philibert de Lalaing, marquis de Renty, commandant d'une escadre hispanico-belge, décidait

Philippe II à réorganiser complètement l'amirauté de Dunkerque, et à publier une ordonnance générale sur la navigation, contenant tout ce quMl était utile d'emprunter aux anciens r^lements maritimes, sauf à les compléter et à les coordonner d*one manière plus systématique. Le duc de Parme, instruit de ee projet, Tavait hautement approuvé, et avait chargé les membres du conseil d'État et du conseil privé de faire un travail à œ sujet. Il fut terminé en 1590, et c'est alors que parut le décret du 2 août, monument remarquable de l'esprit de Tépoque, qui eut force de loi jusqu'au commencement du 7cvii« siècle.

Les différentes dispositions de cette ordonnance peuvent se diviser en quatre classes, concernant : !<> les droits, Fantorité, les privilèges et la juridiction de l'amiral ; i9 l'armement des vaisseaux de guerre; 3^ les prises faites en mer, et toutes les questions ou débats qui s'y rattachent ; i^ les sauf-conduits, les congés, les lettres de sûreté et les passeports délivrés an nom du souverain.

L'amiral en chef de l'armée navale avait joui, jusqu'en ce moment, d'une autorité presque indépendante : il était Aésmmais subordonné au lieutenant général, ou gouverneur des Pays-Bas. On lui laissa le droit de nommer un certain nombe d'officiers, chargés de vaquer à la connaissance des causes maritimes; mais ceux-ci, au lieu de se transporter d'un lieu à un autre comme ils le faisaient autrefois, devaient former un conseil fixe et stable, dans quelque localité à désigner par l'amiral. Ces officiers prêtaient serment en entrant en fonctions, et s'engajçeaient îi rendre justice sans faveur ni cormptien, selon le style du grand conseil et du conseil privé. Ils tenaient audience trois fois la semaine pour les personnes habitant au lieu de leur résidence, et tous les jours pour les étrangers, afin de ne pas retarder le départ des vaisseaux. Le produit des amendes qu'ils prononçaient était partagé entre l'amiral et l'administration des domaines. Nul individu ne pouvait se soustraire à leur juridiction, sous prétexte d'incompétence; les soldats eux-mêmes étaient leurs justiciables, pour tout crime ou délit commis à bord d'un navire, à condition toutefois (le communiquer les pièces du procès h l'autorité militaire. Tout cas non prévu dans les ordonnances de\'ait être

jugé d'après les usages de Tamirauté ou , à leur défaut, suivant le droit commun. La révision des causes, en cas d'appel, appartenait au conseil privé.

D'après l'article 15 de l'ordonnance du 2 août, nul ne pouvait armer en course sans permission du souverain. Cette permission obtenue, le solliciteur se présentait à l'amiral, qui réglait, par voie d'arbitrage, la caution à fournir par celui-ci, et recevait le serment exigé du supercargo , du capitaine et des principaux o£Bciers du navire. L'amiral prescrivait la discipline à observer à bord des vaisseaux de guerre , qui devaient porter, indépendamment de leur pavillon particulier, celui du roi et le sien propre. Il recevait le dixième des prises, et jouissait du privilège de donner des passeports ou des lettres de sûreté aux prisonniers (c à moins que ceux-ci ne fussent de haute rançon <c et de grande qualité, ou qu'ils eussent fait grand desservice <t au prince, » auquel cas il fallait les garder soigneusement, et ne les relâcher qu'après avoir pris l'avis de l'autorité supérieure.

L'article 52 défendait strictement à l'amiral d'accorder des passeports de commerce, soit aux ennemis pour négocier dans les Pays-Bas espagnols, soit aux indigènes pour fréquenter les marchés des États hostiles. Le roi se réservait cette faculté, en imposant néanmoins aux impétrants, avant de se servir de leur octroi, de se pourvoir auprès de l'amiral de a lettres d'attache » qa*il fallait payer en raison de la valeur des marchandises expédiées. C'est de cette époque que date une taxe, établie pour la protection de la marine marchande, et connue sous le nom de « droit de convoi. » Ce droit était de huit escalins artois par last de deux tonneaux de mer, sans y comprendre le lest. La perception en fut confiée aux officiers de l'amirauté. Il servait à l'équipement des navires de guerre, et unit par peser lourdement sur le commerce et l'industrie. Il n'éprouva que de légères variations de 1590 à 1666 (1).

Quelques Belges, parmi lesquels nous citerons le comte d'Arenberg, obtinrent des grades élevés dans la marine royale, vers le

(1) Manuscrit 338, Bibl. de Bourgogne, Histoire de V amirauté des Pays-Bas; Revue belge, t II, p. 162, an. 1835.

xvr siècle, et s'y distinguèrent. D'Arenberg commandait l'escatiit de Séville, et battit le vice amifal anglais Granville, dans leseftvirons des îles Açores, en 1590(1). On découvrit le télescope, It même année, à Middelbourg,et le Brugeois Simon Stévin a|^ qua, pour la première fois en Europe, les principes de la coa|K tabilité commerciale aux finances de TÉtat (2). Un Alhois, J. Quallart, publiait vers le même temps, en italien, les obser* vations qu'il avait recueillies durant un voyage en Orient ffi. Un Courtraisien, nommé Pasquier Lammertin, dont la famille existe encpre de nos jours, introduisait en Hollande la fabrication du linge damassé, pour laquelle il obtenait, de nosTUsins du Nord, un octroi exclusif.

Nous ne pourrions, sans devenir oiseux par excès de dâaib, rappeler le souvenir de tous ceux de nos compatriotes qui eatreprirent, durant les dernières années du xvr* siècle, deloop et pénibles voyages. Nous remarquerons cependant qtfin Bruxellois, Nicolas Blieck, faisait partie de Texpédition fUift par Sébald de Weerth, en 1598, pour chercher de nouvelles voies commerciales vers les Indes, par le détroit de MagelUn. Un Tournaisien, Nicolas de Smid, se fixa à Géra, en iS95, âfse quelques-uns des siens. Il avait l'intention d'y fabriquer des

(1) Naval chronide of England ; Hist. génér. des voyages, t. I, etc. Parmi les capitaines belles appartenant à la marine de guerre, de 1586 à 1597. noos

•citerons Corneille Ghccrts, commandant le Saint- Pierre , de 52 bomme? d'équipafj:e ; Jacques Janssen Zoel, capitaine du Saint- Jacques, 56 hommes d'équipage; Rénier Franssen, capitaine du Saiwf-frflHçoiS; Pierre ComelL«sen, du Saint-Iîoch ; McrTnann Adriaenssen, du Saint-Alexandre; ?knetÈthyssen, du Saint-Laurent; Marcus Adriaenssen, du Saint-André: Anloiof Janssens, du Saint-Joseph; Corneille WiUems, du Saint -Christophe : Rénier Van Dalc, commandant la gaiiote Sainte-Lucie, 24 hommes d'équipage; Mahicu Blont, capitaine du Saint-Martin ; Antoine de Meestere, capitaine dn Saint-Jean ; Michel Janssens, capitaine du Saint-Cosme; Jacques Ghile^Tissen, chef de la galiole Sainle-irsule; Corneille Janssens, commandant le Sffiil- Lucas ; Sébastien Janssens cap. du Saint- Estienne; Jacques Baen, capitaine do Saint- Augustin.

(2) En Hollande, à la requête de Maurice de Nassau. Beckman, Bist. ï»/ inventions.

(3) Son ouvrage est intitulé : Devotissimo viaggio de Gerusalemme, et panil à Rome, en i:>87, in-8*. On lui doit aussi une descri|»lion de la ville d'Atb. éditée en lC10,in-12.

•le laine. Son projet fut d'abord mal accueilli parles ha-

... .'- <îu pays, qui lui objectèrent sa religion, prétendirent . ^ ■ -orail cause d'unç hausse générale des salaires, et lui i?^rpnl mille autres raisons spécieuses. Lç prince Posthu- , ijui venait de prendre les rênes du gouvernement de Reuss, ■•-'lonna une enquête, et Ton découvrit que les intrigues du '"!«^r^ê local avaient été la cause première de toutes ces réclamai ions. On passa outre et, dès Tannée suivante, les draps de Nicolas de Smid trouvaient un débouché facile à la foire de Leipzig.

De Smid, dont la ville de Géra célébra, il y a quelques années, le troisième jubilé centenaire, v mourut le 7 mars 1623 (1).

Sept Flamands arrivèrent à Edimbourg — qui était encore tributaire des drapiers anglais en 1597 — et tentèrent d'y importer la manufacture des saies et des draps. On leur y suscita également des difficultés, et moins heureux que De Smid, ils ne parvinrent point à les surmonter. Cet essai fut renouvelé plus tard, mais sans résultats (2). On commençait à imiter, en 1595, les satins de Bruges et les étoffées de damas dits capharts, à Troyes en Champagne, où quelques Belges se fixèrent à cette occasion (3). Ajoutons, pour terminer cette longue énumération, (|ue Conrad Gaussan, né en Flandre, entreprit en 1599 le dessèchement de certains marais situés dans les environs de Bordeaux (4). Beaucoup de flamands habitaient déjà le midi de la France, car "nous y trouvons deux localités du nom de Bruges, l'une dans le département de la Gironde, arrondissement de Bordeaux, canton de Bordeaux, l'autre dans les Basses-Pyrénées, arrondissement de Pau. Il existe en France six localités nommées Tournai.

Le départ pour l'étranger d'un si grand nombre de Belges, se produisant dans des circonstances normales, n'eût contribué qu*à étendre nos relations commerciales. Il n'en était pas ainsi

(1) Archives tournaisiennes.i. I,p. 65.

(9) Cbambers, déjà cité, p. ÎO.

(3) Barth de Laffemas, Règlement général pour dresser les manufactures, Paris, in7, in-8*.

(4) Chronique bourdeloise, etc. Bourdeaux, 1672, in-4% p. 101.

MX.IQIE. 141

les membres de la cor- :i.-urs sentences au conseil

, 'portait annuellement au pays

lieécus. Les Liégeois disaient

.;«.'S : du pain meilleur que le pain,

. (ou plus chaud que le feu. Les ou-

^i\ heures par jour dans la mine, et

:ti édit défendant l'importation de cer-

Uoilande et d'Angleterre. Une ordon-

; nous fournit quelques détails sur le

linéiques villes. Il y est question des

lie Bruges, des tapis de Tournai, des tapis-

. d'Audenarde, de Saint-Trond, d'Enghien

Audenarde, des draps deMenin, dcssayettes

; .s soieries d'flonschot et d'Ypres.

l's était délaissé pour celui d'Amsterdam, dont

.santé excitait déjà la verve des poètes natio-

<)is, vaincus et humiliés, n'en firent pas moins

'lennelle ù l'archiduc Ernest, successeur du duc

/«imigration avait épuisé les forces vives de la na-

iivrait, passive et inerte, à l'influence étrangère. La

\' des Provinces-Unies, au contraire, commençait à

::ie grande considération au dehors, et plusieurs puis-

. entre autres l'Ecosse et le Danemark, avaient déjà fait

le des traités de commerce.

(1) Gemcen ver^ondcring betaemt myn wondercn niet, De vreeindeUng behoort te zwymcn die my ziet. Zwymi vreemdeling, en zeg : hoe koinen al de magie Van al dat magtig Ls, besloten in uw gracliten? Hoe komt zy guide veen, aan hemels overdaal? Packhuys van Oost en West, heel water en heel straat Twee maal Venetie, waar i$ l'end van uwe malien ? Zeg : meer, zegl vreemdeling, zeg liever nlel met allen ; RoemtRomen, pryst Parys, kraait Gairo's heerlyckeit Die dieplykst van my zwygt : heeft allerbest gczeid.

Pavs-

navire,

\ souve-

. collier de

>i'*es en sau-

•, ei la renon-

• •, n'avaient point

s de continuer la

■ ressentirent de cet

.om, en février 1599,

;.orler, directement ou

i;s districts occupés par

il jusqu'à cette époque des

lient chercher des denrées

liilippe III, dans Tespoir de

ferma brusquement ses ports,

évolution dans le commerce.

t/ qu'ils regardaient comme rui-

•lais prirent bientôt la résolution

;;s marchandises qu'on leur refusait

isule.

associèrent à eux, bien que la cour

^ anciens États de la maison de Bour-

iterdit à leurs habitants tout négoce avec

isatlantiques. Les contrevenants furent

innés aux galères. D'autres Belges, plus

riches, s'étant rendus coupables du même

lit à désarmer la rigueur du gouvernement

; amende de plus de soixante mille ducats.

(Ile, l'Escaut était le théâtre de nouvelles luttes.

ivice de Nassau, partant pour la Flandre, débar-

s environs de Philippine, et se préparait h marcher

•mi.

>ata; Jean- Baptiste de Tassis avait le titre de commissaire ^énés de Flandre.

Vrtéius, fol. 293.

144 HISTOIRE DU GOMMERCB

Il avait laissé en Zélande une cinquantaine de bateaux^ charge cle vivres et de bagages, avec ordre de le suivre. Cette flottille, escortée par un navire de guerre, mit k la voile le 25 juin 1600 et, arrivée à la hauteur de Blankenbergbe, se vit tout à coup arrêtée par un calme complet. La garnison de TÉcliiBe, profitant de cette circonstance, se jeta dans quatre gal6reii, vint attaquer le convoi, et s'empara d'un grand nombre des bsrqoes qui le composaient. Les soldats, encouragés par cet ezphâL assaillirent le lendemain une escadre plus considémble» coflh mandée par un amiral, et comprenant douze bâtiments de goem et quatre transports. Cette fois, néanmoins, les marias da Nord eurent leur revanche, et défirent entièrement leurs jdvosaires.

Parmi les vaisseaux hollandais qui combattirent en celle occasion, s'en trouvait un appelé la Ga2^*e Noire ^ (irdté.par toi bourgeois de Dordrecht, et portant dix ou douxe canona.. D ébA commandé par un brave et habile marin, qui avait pour (ieote* nant un Turc, échappé aux fers de l'Espagne, Ce navire, remontant l'Escaut, captura deux bateaux devant Anvers Aif rant le mois de novembre, et s'empara de l'amiral de cett^vOli^ qu'il fit prisonnier.

Tandis que ces scènes sanglantes désolaient le littoral, Hnrice de Nassau, secondé par deVère, qui commandait mille six cents Anglais, deux mille cinq cents Frisons et un corpi de cinq cents cavaliers, marchait vers Ecloo, arrivait à Ardeabourg, en délogeait les Espagnols, et commençait le siège de Nieuport. L'ennemi vint bientôt l'y attaquer, sous la conduite de l'archiduc Albert en personne. Maurice se trountt d'abord dans une position assez désavantageuse, mais il chu* gea son ordre de bataille sur les conseils de François de Vèrc. Il avait, en commençant le combat, la mer à sa ganoke et l'Yperlée à sa droite. Les deux armées s'étendaient antie la paroisse de West-Ende et l'église de Willekom, 4 aoe Um environ de Nieuport. Les belligérants se rencontrèrent le S juillet 1600, entre trois ei quatre heures de l'après midi. La mêlée fui affreuse, de Vère y fut blessé, et le prince Maurice y remporta une victoire complète. La perte fut à peu près égale de part et d*autre. Les Espagnols y laissèrent plus de cent vingt

étendards (1), leur artillerie et leurs bagages. L*archiduc paya bravement de sa personne durant Taction, et courut de véritables dangers. Il avait failli être pris par un sergent allemand. Un soldat, qui ne le connaissait pas, avait saisi la bride de son cheval et lui criait de se rendre , lorsqu'un des siens vint à son aide et le dégagea. Un gentilhomme flamand, le capitaine Cabbeliau, écarta tous les ennemis qui s'approchèrent de Tarchiduc, et en tua cinq ou six de sa main. Le prince s'informa de ce vaillant officier après le combat, et eut le regret d'apprendre qu'il était tombé victime de son dévoûment.

Cet échec était d'autant plus sensible que le nouveau gouvernement ne disposait que de ressources extrêmement restreintes. Les provinces soumises, en y ajoutant l'Artois et le Gambrésis, ne rapportaient à cette époque, en aides et subsides de toutes natures, qu'une somme de quatre millions deux cent mille florins. Cette somme même étant devenue trop difficile à lever, il fallut encore la réduire, quelques années plus tard, d'un million quatre cent mille florins (2). De pareils faits n'ont pas besoin de commentaires.

Le désir de frauder les droits du flsc développa quelques industries nouvelles. C'est vers l'an 1600 que l'on commença à distiller en Belgique des grains, des poires et des pommes. Les distilleries n'avaient employé jusqu'alors' que de la levure de bière. Une ordonnance du 30 mars 1601 défendit cette innovation (3).

Les Hollandais ne conservèrent pas longtemps leursconquëtes

(1) Dewez, dans son Histoire de Bdgique, t. V, pp. 3i4, %%6, parle de 1,000 drapeaux, chiffre évidemment exagéré. De Vere lui-même a laissé une description de la bataiUe, qu*0D trouvera dans la collection Lansdowne, au MiLBée britannique, et nous avons préféré adopter sa version.

(t) Briavoine, p. 1%%.

(8) Les raisons sur lesquelles on s'appuyapour condamner Teau-de-vie, ou àriiiiihoiii sont curieuses. « On ne pourra vendre du vin bruslé hormis chez les apothicaires, partie pour remédier à la cbertté du bled, partie aussy pour Tabus que commettent ceux qui s'en servent comme de boisson, s*en enny- Trant au grand préjudice de leurs ménages et de leur vie, et avec extrême dangier de leurs âmes, plusieurs estans morts sans confession, tant aux Tilles qu*aax villages. Yoy. Cousin, Hist. de Tournai, t. lY, p. 313,

ixnbre 1601, releva encore le courage des assiégés, qui se entraient pleins d'énergie et de résolution. Les Espagnols figeaient un feu terrible contre la place, et y avaient déjà ncé 136,000 boulets, le 7 janvier 1602. Ils lui livrèrent plu* eurs assauts ce jour-là, sous la conduite des comtes de Triilce et de Bucquoy, et du gouverneur de Dixmude. La garniiUj grâce aux secours envoyés du dehors, s'accroissait sans isse, et s'éleva bientôt à 16,000 hommes. Sir Francis de Vère quitta définitivement Ostende, le 6 mars, en laissa le commandement au colonel Frédéric Van Dorp, li se conforma au plan de défense de son prédécesseur, armée assiégeante ^tait déjà fort démoralisée, lorsque la )Sie éclata tout à coup dans ses rangs, et y fit un grand )mbre de victimes. Un annaliste de l'époque, effrayé de l'in- Dsité de cette terrible maladie, et de la rapidité avec laquelle le se répandait, en rend toute l'horreur par une image saisisuate : « Les oiseaux, écrit-il, les oiseaux même en tombaient teints au milieu de leur vol. »

Sur ces entrefaites, les confédérés faisaient de grands préiratifs de guerre, afin d'obliger les Espagnols à lever le mp. Spinola , de son côté, se livrait à la course, et cherlait toutes les occasions de venger l'honneur compromis du ivillon royal. Enhardi par ses succès, il se décide à partir ^ur l'Espagne, y obtient huit nouvelles galères et une levée

I 8,000 hommes, que son frère Ambroise se charge de recrur dans le Milanais, et retourne vers les Pays-Bas avec sa flotte.

II était déjà arrivé en vue de Calais, lorsqu'il Ait aperçu r quelques navires de guerre anglais,, commandés par l'ami- 1 Robert Mansel. Celui-ci envoya aussitôt avertir ses alliés, i croisaient sur les côtes de Flandre, répandit au loin l'alarme If la détonation de quelques pièces d'artillerie et leva Tancre. latre bâtiments des confédérés étant venus, vers le soir, se iqdre à lui, il commença à donner la chasse à l'escadre enneia. La nuit était obscure, mais la lune se montrait par inter- Ues entre les nuages, et illuminait l'horizon. Cette circonluce permit à l'amiral anglais de suivre Spinola jusque près Douvres, et d'échanger quelques coups de canon avec ses

tmuait a lorce oe voue, lorsqu eue lui vioiemme le vice-amiral Gant, dont le b&tîment était armi éperon tranchant. Cette collision amena U grande vergue , brisa son arrière et son gouverni décimait son équipage, lorsqu'un nouveau ehoc rond. Vingt de ses liommes, qui se débattaient furent sauvés par le capitaine Janssens, d'Ënchu]

Une autre galère fut attaquée par le capitaioi rompit d'abord six avirons avec la poupe de son ensuite une partie de son gréement, et lui tira ( de canon. Le vice-amiral Gant la prit alors entre rière, et la mit hors de combat.

Spinola avait déjà perdu trois vaisseaux et, l'horizon s'éclaircissait, la poursuite devenait i acharnée. Le reste de son escadre alla échouer port et dans les environs de Dunkerque. Il n navire qu'il montait, et parvint à grand'peiae fit mettre en liberté les forçats et les esclaves qt l'équipage, et se rendit à .Bruxelles par terre, i quelques-uns de ses gentilshommes, afin d'y reii sa défaite. On avait, moins que jamais, l'espoir ravitaillement de la gamison d'Ûstende.

Il fallait cependant en finir, car le prince Ma leBrabant, et les troupes espagnoles étaient sur révolter, fiiute de paie. Tandis qu'Ambroise Spii rAllemagne et l'Italie, son frère Frédéric se rea afin d'y chercherde nouvelles aventures.

arquebusiers. Son but était d'offrir le combat à une escadre néerlandaise, composée de trois gros vaisseaux et d'autant de gailères, arrêtée à la hauteur du Zwyn. La mer était calme et lui promettait la victoire, attendu qu'il avait à lutter contre des navires à voiles, dont l'absence de vent contrariait les manœuvres. Il s'avançait à toutes rames pour les prendre à l'abordage, lorsqu'une forte brise s'éleva tout à coup, et vint meUre Tavantage du côté des confédérés. Spinola était trop près de l'ennemi pour reculer, et fut forcé d'accepter la bataille. Elle ne tarda pas à lui être défavorable; plusieurs de ses galères furent coulées, et bientôt on vit les débris de la flotte espagnole cingler vers l'Écluse, le pavillon à mi-oiât en signe de deuil. Son vaillant chef venait d'être tué par un boulet, au moment d'obtenir le grade de grand-amiral, qui lui avait été conféré à son insu.

Tandis que l'archiduc Albert repoussait les attaques du prince Maurice, les travaux de siège, à Ostende, continuaient sans interruption. On s'attachait à rendre l'accès du port dejplus en plus difficile, et à achever une plate-forme établie en face du Santhil. Cette plate-forme, qui ressemblait à une citadelle, dominait la vieille et la nouvelle ville, et fut bientôt garnie de grosses pièces d'artillerie. Le comte de Bucquoy ayant réussi à mener ses approches jusqu'à peu de distance du havre d'est, les assiégés s'ouvrirent une autre voie vers la mer, entre les bastions le Menteur et la Table de Moïse. Après de nombreux assauts, durant lesquels le colonel Catris et les Belges qui servaient dans l'armée de l'archiduc se distinguèrent particulièrement, une partie des ouvrages de défense tomba enfin au pouvoir des assiégeants. Leurs adversaires qui ne combattaient plus qu entre des murailles croulantes et des décombres, parvinrent cependant à mettre le feu à la plate-forme dont nous avons parlé plus haut, et h l'incendier complètement.

Les Hollandais, tout en continuant vigoureusement la guerre, n'avaient point négligé leurs intérêts commerciaux. Dès le 30 mars 1603, les états généraux approuvaient les statuts d'une association ayant pour objet le commerce avec les Indes, et disposant d'un capital de 6,4S9,840 florins (1). Un Belge, Pierre

(I) 14,919,680 livres à raison de 40 sols le florin. On avait émis «,153 ac-

RIST. DO COMMERCKi T. IIU ^0

Ji t50 HISTOIRE DU COMMBRGB

'^ Vanden Brouck, né à Aavers en 1584 ou 1585, contribua sur-

tout aux succès de la nouvelle compagnie. Ge fkit lui qui planta le premier le drapeau des Provinces - Unies sur las cAtts de Guinée, en Arabie, en Perse, et créa ces puissantes fiictoreries dont les Anglais et les Portugais redoutèrent si longtemps l'écrasante concurrence. D*abord, simple commis chez un négociant d'Amsterdam, Vanden Brouck s'embarqua, le 10 novembre 1605, pour aller faire le trafic des pelleteries au cap Tért, comme agent d'Elias Trip et consortsf Après avoir voyagé durant quelques années pour les intérêts privés de ses oommettants, il s'engagea dans la Compagnie des Indes orientales, qu'il servit pendant dix-sept ans, et pour laquelle il visita soor ^. . cessivement l'Angola, la Guinée, le Congo, la Perse, rArabie al

1; - j les Indes, tantôt comme agent commercial, tantôt comme dief

d'escadre ou ambassadeur. Il unissait la bravoure d'un marin à l'habileté et à la finesse d'un marchand. Les états généraui le comblèrent de faveurs et lui firent faire une brillante récepâ» à son retour, en 1630. Il devint, par la suite, directeur général du commerce de la compagnie des Indes dans rindonsrM tan(l).

"■■''> Déjà plusieurs flamands avaient fiait le voyage de Guinée. U

relation publiée sous le nom de Gothard Arthus, de Dantoek, dans la collection de Bry, est Tœuvre d*un de nos compatriotes. Elle comprend une description de la ville de Bénin, et celle des côtes africaines jusqu'au cap Lopez Gonzalvo (2). i Beaucoup de Belges s'étaient retirés à Cologne durant les

lions, souscrites à Amsterdam, en Zélande, à Eackhuyzen, à Deiriet à Bnd. Voy. Raynal, Hist. phil. des deux Indes, t. I, p. 280.

(1) La relation qu'il nous a laissée de ses voyages, imprimée avec |}Q^ trait est connue sous ce titre : « de Journadsche aentyckenning van fgeu9§ op mynerysensoo van Caho-Verdo, Angola, Guineaen, Oosî^Indien^ vompvaUen ïs, etc.

(2) Arlluis dans son Épître dédicatoire à l'électeur de Mayenee, avoue liimême que son (puvre n'est qu'une traduction : exbdgico sermone latine conS" criplam in Ine.em emittimus. Voy. la 6«" partie de VIndia orientalis : Mémoirt pour la collection des grands et petits voyages, 1802, in-4" p. 219 et suiv. ; Walkenacr, Ilisi gni. des voyages, t. XI, p. 2; Univers pittoresque, Guinée, Saint-(iénois, voyageurs belges.

ET DE LA MARINE EN BELGIQUE. i5t

troubles, et y habitèrent pendant quelque temps. Nous y trouvons d'abord Georges Cassander, qui y mourut le 3 février 1566, après avoir aidé l'électeur Herman de Weid à vaincre la résistance de son haut clergé; Jean Rubens, dont le fils devait acquérir tant de gloire et de renommée; l'Anversois Van Vossenholle, médecin particulier de la princesse d'Orange; Jean Bets, également d*Anvers, Tun des plus doctes jurisconsultes du XVI» siècle; Gaspard Van der Noot, seigneur de Carloo; Guillaume Zuylen Van Nyvelt, occupé alors à une traduction flamande de la Chronica Carionis; Marc Vander Sti*aeten, qui avait accompagné en Espagne, en qualité de secrétaire, le comte d'Egmont; Jean de Hinckart, l'ancien maître général des postes aux Pays-Bas ; Antoine de Bailleul et de Hardy-Planches, calviniste exalté eLfougueux. Boisotyavail été avant d'accepter la patente de capitaine des Gueux de mer ; Guillaume de Maulde, sieur de Mansart, y avait acquis le fief d'EigeIschoben. Nous citerons encore Nicolas de Corty, sieur d'Ansoul ; Louis Célébrant, qui passait pour l'un de nos gentilshommes confédérés; Nicolas d'Ennetières, de Tournai, dont la signature se trouve sur le compromis des nobles de 1566.

L'émigration belge ne s'arrêta pas à Cologne , mais descendit le Rhin, s'épancha sur Bonn, Wesel, Lembeck, Koesfeld, Steinfurt, Bentheim, Leer, Emden, Brème, Stade, Hambourg, Dantzig, et ne s'arrêta qu'à Copenhague. Un autre courant remonta le fleuve, et gagna le comté de Nassau, Francfort sur le Mein, Mannheim, Heidelberg et les autres villes du palatinat (1).

Ces voyageurs, ces marchands, ces proscrits, étaient de véritables pionniers, répandant au loin les traditions commerciales et industrielles qu'ils avaient acquises dans la mère patrie. Cest à ce titre surtout que nous croyons utile de suivre leurs traces et d'indiquer sommairement leurs différentes étapes.

Henri IV, dans son ardeur de doter la France de manufactures

(1) Voy. le travail de M. Charles Rahlenbeck sur les bannis du dur d'Albe à Cologne, Revue trimesirielley t' série, î vol., avril, 1861.

I pr HISTOIRE DU CONM£KGE

Qouvelles, appela des t'abricaats de porcelaine belge ea,Fniu:eil), et iastalla toute une colonie d'ouvriârs flamands aux G(^ini^, Ds s'y mii-ent bientôt îi l'œuvre, el leurs travaux excilèroul m admiration générale : u On ne peut rien veoir de mîeu};, écrit* auteur du temps, ny |>our les personnages , ausquels il seitt qu'il ne leur reste plus que la parole, ny pour les pai%istl bi&loires qui soûl représentés d'après le naturel. uLeroin'anil pas coiisullé ses ressources en réorganlsani ce vasle élalills»ment, ot bientôt nos tapissiers parlèrent de s'en relounti. Deux délibérations de la commission consultative du cunnerce et des manufactures nous les montrent dans uue attitude de révolte, comme des gens mécontents, et qui ne it mandent pas mieux que de rompre leurs eogagements. Coé mille écus leur furent payés par ordre d'Henri IV, qui désira vivement les voir rester en France {?>). On tenta de nouTeu en 1604, d'introduire la fabrication des salins de Bniga,! Troyes (4).

Nous avons interrompu notre récit du siège d'Oslende, n moment où la garnison mettait le feu ^ la grande redoiU construite par les Espagnols, et creusait un nouveau tum pour se rouvrir une route vers la mer. Les états généraux, ili d'opéret une diversion, se décidèrent, au commencemeal fe l'année 1604, à faire attaquer l'Écluse. Le prince Maurice» sembla dix-buit mille liommes, se rendit maître de loiiîl* forts voisins, et bloqua ce port célèbre, qu'il serra tolK de très près. Le 20 août, la garnison d'Osteude apprit # l'Écluse était occupée par les Hollandais, au monieol oiiells" préparait elle-même à capituler. Cet acte impoitantfutsigMl' 32 septembre 1604. Deux jours après, le â4, les arcliiducs^'

Il I Benri tKefourth tJUrodw-ed (he manvfattwe of fine earikfn ipan fm»* Nftluriandi in France, Andcrson, Bisî. of eommerci, t. Il, p. 311.

13) ChroH. itpunaire, toi. 3S6, anoo IG03; Caor. Jac. Aug Tkuam SU». lib. COtX,cap.iiii,édit. Land..l. VI.

l3)iVAnoirM ou acmiomUs royalts d'eslai... de Benry U Grand, el(-.i-"' Paris, Aiig Courbé, 166S, In-fol., p. 88; voy. aussi les docamenU bi"» rfques inédlls publiés par ChampoUioa-Figcac, I. IV. Paris, Finiiiii I^ dot frères, 1848, In-i», p. 19B el 187.

\K) Documents iiist. inédits, di^à cités, l. IV, p. 181.

saient leur entrée à Ostende , ravagée par la mitraille et les boulets. Il leur avait fallu trois ans de luttes et d'efforts pour vaincre la résistance des confédérés. Plus de cinquante mille hommes avaient perdu la vie durant ce siège mémorable, jus* qu'alors sans précédent dans les annales des Pays-Bas.

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