‹ Histoire du commerce et de la marine en Belgique (volume 2)Chapitre 63 sur 74 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

IteteporU et octrois commerduix. — Nwigation des Uines. — Commerce ft?eo l'Esp^ne. — ïTroi de Liage. — Accord avec l'Angleterre. — Qndi belge. — Tempête de 1607. — Beigta et HolUi les Fajs-BaB esptgnob et les provinoes-imies. pèche lutioiiale. — Les pilotes cAtien. — Onkr dustrie et an commerce. — Iiistit,ution des moot» cation des toiles. — Les mines de Vediin. — Ud — Anvers en 1613. — Quelqnes mote suc le règi

Les archiducs, eo prohibant toutes reli entre la Belgique et la Zélande, n'avaient | lièrement. II y avait eu, de part et d'autre, proque à cet égard, moyennant le paiemer On accordait des passeports spéciaux à ce ce commerce, passeports dont les cons( nécessairement le prix. Les Hollandais ven environ neuf mille lasi de harengs aux c'est à dire, en calculant le last k raison une somme de 4,050,000 francs (1). Comi néerlandaises nous arrivaient génëraleou trafic fit, en 1602; l'objet d'un règlement s

11 Tut décidé que tout bateau arrivant i avec cliargement, s'arrêterait à Lillo pou j,Tiison, qui y sérail transbordée aussitôt. (

|11 Aiulûisoii. Ilisl- ofcnimiierce. lom. Il, p. iSI,

exception en faveur des bâtiments portant des harengs frais ou mis en tonneaux, des pierres de moulin, des foudres de vin et quelques autres objets, de nature à rendre cette opération onéreuse. Lillo était également le point d'arrêt des navifes belges allant d'Anvers vers la Hollande. Ils devaient même fournir caution avant de mettre à la voile « d'aultant que soubs ombre (c d'aller au dit endroit, aucun des dits navieurs ou maronniers « de par deçà, peu constans en la religion catholique, aposto- <c lique et romaine, la fidélité qu'ils debvoient à leurs princes, <c passoient avec leurs bateaux pour faire leur demeure es villes ce rebelles. » A. leur retour de Lillo, ils subissaient une visite à Anvers, au fort la Croix. Tout passager venant des Provinces- Unies, qui n'était point muni de papiers en règle, était rançonné. Le produit des amendes était partagé entre Leurs Altesses, et ceux qui arrêtaient les délinquants. Ces précautions étaient loin d'être inutiles, car la plupart de nos marins ne demandaient pas mieux que de se transporter dans le Nord, où ils*avaient l'espoir de faire de gros bénéfices. Il y avait eu de nombreuses séditions parmi eux, particulièrement en 1601.

Les Anversois, que ce négoce restreint ne pouvait satisfaire, intriguaient à cette époque, afin d'enlever aux Brugeois l'étape des laines, dont ces derniers avaient joui jusqu'en ce moment. Les archiducs appuyèrent la ville de Bruges dans sa résistance, et décrétèrent, le 12 septembre 1602, que nul ne pourrait vendre des laines à moins qu'elles n'eussent été présentées à l'étape (1).

Le 27 février 1603, Philippe III autorisa les habitants des Pays-Bas espagnols à faire le commerce avec l'Espagne, sans toutefois leur permettre de se rendre aux Indes, et à charge de ne point payer de droits aux rebelles. Les marchandises exportées d'Espagne étaient frappées, au profit de la couronne, d'une taxe générale de 30 p. c, sauf les fers de Guipuscoa et de Biscaie. Les sujets d'Albert et d'Isabelle obtinrent des conditions plus favorables. L'entrée des tapis, des toiles, des passementeries et de quelques autres articles resta néanmoins prohibée.

Cet édil fut révoqué, en 1605, à cause des fraudes auxquelles

(1) GaiUiard, Ambachten, p. 44 ; Vanden Bogarde, déjà cilé, t. U, p. 136.

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il itoniiaillieu df; la part des Bollandais. !l fallut (iésormstse munir de certificats d'origine, et obtenir des lettres spËciil» d'Aruoine de Jauregui, résidant ii Dunkerque, agent uspapnl pour les Pays-Bas.

La principauté de Liège, moins éprouvée jusqu'alors qw la Flandre et le Brabaut, eut aussi, eu 1603, ses ftertarWtions On se rappelle que, suivant l'ordonnance de Jean de Heinstierg, publiée en 14â4, l'élection des magistrats de Li^ se faisait par irenie-deux délégués, choisis parmi tous les corps de métitirs, et désignés eux-mêmes par vingt-deux commissaires, dont douze étaient nommés par le prince-évéqoe, et les autres par les paroisses. Ernest de Bavière, csptjraûl déraciner les abus qui lésuilaieut de cet étal de chose^t, et meun un lerme aux intrigues qui assiégeaient les trenCe-dcus doriol i l'tsspace de temps qui précédait l'éleclion, promulgua une ocuvelle ordonnance, qui la conlialt direclemoni fiux métiers II). ' Ce règlement resta en vigueur jusqu'à l'avéneTneiU de Feriii- | nand de Bavière. Celui-ci obtint un mandement de l'empereir Matliias, annulant la forme électorale établie par son prédécesseur, ordonnant d'obsei-ver strictement les statut!) de Heiiuberg, sauf quelques légères modilicalions, sous peine d'un* amende de cinquante marcs d'or pur, et déclarant nulles les élections qui se ferai^tà l'avenir d'une auti'e manière. Cm mesures, qui tendaient à diminuer les prisiléges des corpt' métiers, déplurent à la population liégeoise. L'établissemeal' d'un impôt de cinq sols par fenêtre, proposé îi quelque temps delà, servit de prétexte à une violente émeute, qui fut apaisèu il est vrai, mais qui contribua à augmenter l'impopularité im l'évêque. Les partisans de ce dernier, ou les Chiroui, eurMi dès lors à lutter fréquemment contre les Grignoux — noiik donné à la faction liégeoise — et leurs dissensions nuisire«l beaucoup au développement de l'industiie locale ÇQ.

La reine Elisabeth, sous l'administration de laquelle la i anglaise s'était élevée à un si haut degré de gloire ^ de pi rilé,mouruten 1603, laissant pour successeur le fils.de

(!) Louvrei.pp, 59 et 69.

\i) Voy. «D article de M. Polaln, dans la Rnue bdge, 1. 1, p. 1S7.

Stuart, Jacques ^^ Ce prince, plus versé dans la théologie que dans la politique, abandonna le rôle d'adversaire de TEspagne et de chef des protestants en Europe. II conclut un traité avec Tarcbiduc Albert, s'engageant à ne point assister les sujets rebellés de celui-ci, et bientôt des rapports fféquents s'établirent entre eux (1). A cette occasion il fut convenu que les navires de guerre de Tarchiduc pourraient entrer librement dans les ports d'Angleterre et en sortir à leur gré. S'ils y menaient des prisonniers ou des biens capturés sur l'ennemi, nul n'avait le droit de les leur enlever. En cas de réclamations de la part de puissances neutres, il devait y avoir jugement, dans toutes les Cormes légales. Les pirates anglais, arrêtés en mer par les navires belges, étaient remis aux autorités britanniques. Les marchandises anglaises, saisies à bord de bâtiments hollandais, zélandais ou frisons, étaient de bonne prise, de même que les propriétés appartenant à des habitants des Provinces- Unies trouvées dans la cargaison d'un vaisseau anglais (2).

Malgré la déplorable situation des affaires, la renommée des n^rcbauds des Pays-Bas survivait à leur prospérité. Jacques I^ acheta, en janvier 1603, au bijoutier Pierre Van Lore, un magnifique joyau, formé d'un gros diamant et d'une perle pendante, dont la valeur était considérable. Il lui commanda encore une riche bague, ornée de rubis (3). Le roi de Danemark, vers le même temps, se fournit à Liège et dans quelques autres localités de deux mille quatre cents harnais de guerre (4). En 1606, le duc d'Aumale fit venir d'Anvers six cents pièces d'armoisin et de damas des Indes, cinquante pièces de brocatelles d'or, trois lits dorés en bois de chêne, quatre <( escriptoires » du même pays, et plusieurs beaux services en porcelaine. Un négociant anversois, Jéronirae Laoust, recevait ordre d'expédier vers la Hollande, en un voyage, treize mille pièces de loile de Cambrai, pour lesquelles il paya 9,000 livres de

(1) Is9ues of the eucchequer, p. %3.

(i) Cet acTiord esl da 8 août 1604. Voy. manuscrit 251, bibl. Lansdown, Musée britannique.

(3) Issues ofthe Exchequer Frédéric Devon, London, 1836, p. 19.

(4) Archives gén. duroyaume. Patentes et commissions, liasse 1171.

]S8 HISTOIRE DU COHHERCB

droits, au prix de 40 gros, monnaie de Flandre, la livre (1 Quelques auteurs attribuent à un navigateur belge, Domn Leroy, la découverte de l'Ile de Madagascar, et placent e> événement au commencement du xvii* siècle, en 1603 (^.

Le 12 avril 1607, une tempête terrible ravagea une partie i littoral flamand et produisit de grands dégAts à Ostende, doi les digues et les ouvrages furent en partie emportés par li flots. La ville, ruinée qu'elle était par les longues luttes doi elle avait été le théâtre-, envoya aussitôt réclamer des sobsidi aux trois membres de Flandre, ses ressources ne lui peme tant pas d'exécuter à ses frais les travaux nécessités par li circonstances (3). Les Hollandais, dans l'intervalle, rempoi taient de nouveaux avantages sur leurs ennemis, achevaient 1 conquête des Holuques sur les Portugais, et battaient la floO espagnole aux environs de Cadix. Une foule de Belges oont nuaientàs'associer à leurs entreprises. Llin de ceux-^,WilMii deWerwicq, ayant été envoyé aux Indes avec deux navires, se v assailli à son retour par une bourrasque qui le mit liors d'étl de tenir la mer. Il relâcha à l'tle Maurice, y fit établir une totp répara ses avaries, et, à force de courage et d'éneifje, parril à regagner l'Europe (4). Deux Brugeois, Joseph et Jacqnea d Gurte, s'étaient fixés dans les colonies, et y firent une fbrtoa considérable (5). Simon Stévin, l'illustre matbématicien, s'éua attaché au prince Maurice, fut nommé ingénieur des digues A Hollande.

La victoire navale de Van Heemskerk, à Cadix, rabaissa eoBi l'orgueil et les prétentions du cabinet de Madrid. La guetK avait déjii duré quarante ans, et les insurgés, loin d'être réduit à lii soumission, avaient envahi de toutes parts les possessiott

11) AnhiKS gin. da royaume. Pairntes et commissions, liasse llîl.

lii Voy. Delepierre, la Belgique iUvnrit, p. IM.

|3l HsDuscril 64U, ancien Tonds Van Hulthem, StM. de Bourgogut. LeseM de cet ouragans flrcnt seiilir jusque dans l'Intérieur du pays.elameDira )e ili'Lurdomcnl de plusieurs rivîËrcii. Voy. Vîiichant. manuscrit, p. 1111 Uaclie/, Kotice hiuoriqne sitr ta novigatio» de Von) à l'Etravt, Bnix,. br. in^

isno.

il) (irotius, Hùl.. libr. XVI, p. 6!8.

<!i) Kibl. Egerlon, manuscrit 1133, fol. fS. Vaiée frrii.

espagnoles. Philippe II se vit enfin forcé de solliciter lui-même un armistice, en traitant avec les Provinces-Unies comme États indépendants et souverains. Le prince Maurice s*opposait à la paix, qui ne pouvait qu'amoindrir son pouvoir, mais le parti républicain, à la tête duquel se trouvait Oldenbarnevelt, y poussait vivement. Des négociations s'ouvrirent à La Haye, en présence des ambassadeurs de toutes les grandes puissances. Aux manœuvres savantes des meilleurs capitaines de l'époque succédaient les intrigues diplomatiques. Le célèbre Jeannin, ambassadeur de Henri IV, voulait établir dans les Provinces-Unies Ja suprématie de son mattre : les députés de l'empire vinrent faire valoir d'anciens droits de suzeraineté; Jacques I«' s'efforçait d'obtenir la cession de quelques ports de Zélande. Oldenbarnevelt eut à lutter contre toutes ces prétentions, les fit rejeter les unes après les autres, et contint la faction militaire dont le prince Maurice s'était déclaré le chef. Enfin, après des débats qui durèrent près de deux ans, les états généraux conclurent avec le roi d'Espagne et avec l'archiduc Albert un armistice de douze ans. Leur indépendance et leur liberté ftjrent pleinement réconnues. Ils obtinrent le droit de commercer aux Indes et en Espagne aux conditions accordées précédemment à la France et à l'Angleterre, qui souscrivirent au traité. La constitution républicaine fut maintenue, bien que Henri IV et Jacques l^ eussent cherché à la rendre plus monarchique.

La Belgique ayait été entièrement sacrifiée dans toutes ces transactions. On ne stipula rien en sa faveur, pas même la suppression du péage levé, en Zélande, sur les vaisseaux qui entraient dans l'Escaut pour transporter des marchandises à Anvers. La discussion de ce point, d'une importance vitale pour nos provinces, fut renvoyé à d'autres temps. Les hostilités avaient d'abord été suspendues sur terre, mais non sur mer. On finit cependant par étendre les bénéfices de l'armistice aux navires marchands, mais pour autant qu'ils fussent sous voiles et non dans le port. Le littoral belge étant bloqué, tout l'avantage de cette concession revenait aux Hollandais.

L'archiduc Albert, qui avait accordé aux mariniers de Hollande et de Zélande, dès l'année 1608, la permission de trafi-

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Les ordonnances prohibitives abondent à celte époque. Le 31 janvier 1610, les archiducs défendirent de transporter hors do pays les laines écrues et non travaillées, les fils de laines ou de lin. Ces mesures' avaient pour but de relever la fabrication de la draperie, alors en pleine décadence. Comme on introduisait les draps anglais par Calais, Boulogne et Âbbeville, il fut réglé qu'ils ne seraient plus reçus désormais qu'à Dunkerque ou à Anvers, afin d'éviter la fraude. Beaucoup de négociants ayant réclamé une exclusion absolue de ces produits étrangers, le gouvernement fit procéder, en 1611 et en 1612, à une enquête sur l'opportunité d'une telle résolution. M. Gachard, dans son rapport sur l'exposition de l'industrie, de 183S, a fait mention de celle enquête. Les villes de Gand, de Weert, de Lille, d'Armentières, de Poperinghe, de Werwicq, de Bailleul, de Hautbourdin, de Neuf-Église, de Limbourg et d'Ensival y prirent part. La ville de Limbourg, en ce temps-là, possédait cent métiers à fabriquer le drap, et Ensival en comptait trois cents, c'est à dire que près de six mille personnes y vivaient de cette industrie (1). Chaque métier pouvait produire, étant en pleineactivité, une pièce J'étoffe de 40 aunes, par semaine. Le nombre des tisserands avait beaucoup diminué en Flandre. Pour ne citer que quelques-unes des villes que nous avons nommées, Armentières n'avait plus que trois cents métiers, Bailleul n'en possédait que trente, Haubourdin cent cinquante, Neuf-Église cinquante, Werwicq six cents, et Poperinghe mille quatre cents.

Les Écossais, jusqu'en ce moment, avaient tiré leurs savons des Pays-Bas. Un anglais, M. Nathaniel Utwart, monta une savonnerie à Leith, et réclama, à titre d'encouragement, l'exdusion des articles étrangers. Sa demande lui fut accordée, mais on se vit bientôt obligé de revenir sur cette décision. Le savon de Leith était de mauvaise qualité, et les habitants des comtés éloignés trouvaient plus avantageux de recevoir leurs marchandises par eau que par terre. La Belgique perdit néanmoins ce négoce, dont la ville de Campver, en Hollande, devint le centre (1). L'établissement régulier des monts-de-piété date

(1) À raison de quinze ouvriers par métier.

(2) Cbambers, Edinbwghpapers, 1859, pp. 12, 13.

Ml BIBTOIRB DD CONHOCB

des premières années du xvi* siècle, et futsai en 1616. Ils existaient déjà, mais sanscons one époque assez reculée. On avait créé d qui avançaient de l'argent sur gages à 66, *! en existait à Gand, en 1296. Les prêteurs di dant un an et un jour les objets sur lesquel prêt, et si ces gages étaient d'or ou d'argen le poincoD de la ville. Il n'était pas permi: objets servant au culte. Ces comptoirs pai tionnent encore en Angleterre sous le no Aopt, disparurent en Belgique lors de l'ins de-piété, dont le taux fut réduit ï 15, puis j 10 p. c, pour remonter de nouveau à IS p. < duchesse y recourut dès l'abord pour obten de ses joyaux, une somme d'argent qu'elle bourser. Le prêt à intérêt n'avait d'abord et marchands ; la coutume d'Ajivers le pem même aux personnes qui ne s'occupaient | et bientôt elle devint la loi commune du pa

Des monts-de-piété provisoires avaient éi k Huy vers l'année 1620. Ferdinand de Bavi pie des archiducs, publia en 16S6, les réglai tion générale de ces comptoi rs « avec approbai du pays. » La même année le sieur Pierre Huy, fut nommé administrateur du mont-denière \ille. Les fonds nécessaires à ses opéra par des particuliers, moyennant un intérêt a nement exigé des administrateurs dépendait capital engagé. Celui de Pierre Bons était de de Brabaut; le clief du bureau de Saint-Tro rins. ei celui du bureau de Tongres une soi Torte. Le taux de l'inlérét, dans la princJpau St IS p. c.

Nous avons vu que lesfiortation du lin av niôiiii' tomps quo oello des laines écrues. Le n'('i\>M':ii:itUrs des étais de Flandre, cherc 1er ;,i .,■.•.;',•.■; o:: «îos iiiîos, alin d'en assure Toi;: ;..^i A-a! t O.e pei^tu" s ou de lances à lis;

faire connaître par nom et prénoms aux autorités communales du lieu de sa résidence, et à leur communiquer sa marque de fabrique, qu'il ne pouvait se dispenser d'appliquer. Défense fut faite aux tisserands de se servir, durant l'opération du tissage, d'aucun ingrédient servant à coller le tissu, ou h en cacher les parties claires et trop peu étoffées. L'emploi de la chaux, en quelque quantité que ce fut, était formellement interdit aux blanchisseurs de toile. Toute contravention était punie de confiscation ou d'amende.

Deux frères, Gilles et Jean Fastrez, découvrirent, en 1610, l'importante mine de plomb deVédrin, dans le comté de Namur, Ils en obtinrent la concession, en 1610, à charge de payer un dixième du produit des extractions à l'Ëtat. Plus tard ces gîtes métallurgiques furent exploités par une société, avec l'autorisation du conseil des finances (1). On exportait également de Namur des marbres de diverses couleurs. Cette ville n'eut sa première imprimerie qu'en 1617.

Un de nos compatriotes, Louis de Geer, contribua puissamment à faire connaître les richesses minéralogiques de la Suède. La vie de cet homme illustre est des plus remarquables, et mérite que nous lui consacrions quelques mots.

Louis de Geer était Liégeois (2). Son père, allié aux de Hamale, l'amena fort jeune en Hollande, et nous le trouvons à Amsterdam, vers 1615. Le commerce du nord attira de bonne heure l'attention de Louis de Geer, dont les premières relations avec la Suède datent de 1617. Il loua deux ans après, moyennant une redevance annuelle de 5,675 rixdalers, la forge de Finspong, dans la province d'Ostrogothie. Cet établissement, situé à peu de distance de la ville de Norkôping, était entouré de forêts, et se présentait dans les conditions les plus favorables. Il s'en assura bientôt la pleine propriété et y installa un grand nombre d'ouvriers. Ceux-ci y fabriquèrent des cuirasses, des fusils et

(1) Reiffenberg. Nouv. mém.acad., lom. Vil, sur la statistique ancienne deUi B^que; Natalis Briavoine, Mém. sur l'état de la population, des (aJiniques, des manufactures et du commei'ce, dans les Pays-Bas, Mém. cour., tom. XIV, p. 11.

(S) 11 naquit à Liège le 17 novembre 1587, et non pas en Hollande, ainsi qo^on le lit dans la Biographie universelle, publiée par Firmin Didot.

d^utres annea, dont la bonne Onstave-Adolphe, qui rendît pli Tîser cette nouvelle industrie, el de Geer. Celui-ci Toarnit des < suédoise, et enrdla sept cents S( les Pays-Bas, au nom du roi, av n étendit ensuite ses opération) Nykûping et à Danwick de nouv cuivre. Il se At bâtir une habitat!

de ces localités, puis, encoura) prises précédentes, prit à Teni Gîmo et Osterby, dans la proviii

I^ mort de Gustave-Adolphe, aucun changement dans la aitu conserva les meilleures relatii pays, dont il continna & appro' suédois Svedenslierna rend hot wallons travaillant sous les ordi leur arrivée, un Toumeau ne To de fter dans les vingt-quatre he huit semaines ; depuis lors on e et on le maintenait en activité d

La ville de Norkôpîng s'a^ran tures fournirent enfin une telle ( risa l'exportalion. De Geer, p y introduisit la fabrication de l'i blit en outre des laminoirs à Sk< clouterie et une fabrique de fers gotliie. D'autres ateliers s'élevèi vince de Wermeland, et il augm Lôfsta et d'Osterby. Il engagea, i de familles belges, émigrées com pour cause de religion, à venir avait déjà formée. Il parvint, :

grandes quantités de fers en bai méthode liégeoise de préparer U

(I) Le ïfefTHind suédois est de quatre

Suédois, son plus beau titre de gloire, et ils en consacrèrent le souvenir, en 1829, en faisant frapper une médaille en son honneur.

Le fameux chancellier Oxensliern , dont la famille s'allia à celle de de Geer, prit part à quelques-unes de ses entreprises, notamment à la création d'un chantier maritime à Westerwyck, et à une expédition ayant pour objet Texploration de la côte occidentale de TAfrique. Une des saillies de cette côte, placée entre le 30'' et le 31® degré de latitude septentrionale, reçut à cette occasion le nom de « cap de Geer. »

En 1642, rhabile industriel liégeois, désormais admis aux privilèges de Tordre équestre de Suède, fut chargé de rassembler une flotte dans les ports de Hollande. Il remplit ^ ses frais le mandat qui lui avait été confié par le gouvernement, et son escadre, ayant opéré sa jonction avec Tarmée navale suédoise, remporta une victoire décisive sur les Danois, et obligea ces derniers h fair&la paix. De Geer, mourut le 19 juillet 1652, à Amsterdam, au moment de se rendre à Finspong, dont son fils ' était devenu seigneur. Il laissa beaucoup d'argent à Thospice des orphelins wallons, à Amsterdam. Il avait fait traduire la Bible en langue slave, et en fit répandre des milliers d'exemplaires en Hongrie. Maestricht lui doit sa première imprimerie, dont il avait confié la direction à Samuel Desmarets (1).

Revenons en Belgique, où nous attendent des tableaux bien différents. Le duc de Saxe, qui parcourut le pays, en 1613, fut frappé de l'abandon d'Anvers à cette époque. « Il n'y aborde « plus de grands vaisseaux, écrivait-il, mais seulement des « bateaux à un mât, et encore ceux-ci sont-ils en petit nombre. « Le commerce y est presque totalement anéanti. Là où se a pressaient autrefois une foule de gens aflTairés, on n'aperçoit a plus que quelques Espagnols, se pavanant dans les rues. »

Le duc cite cependant avec éloge l'imprimerie de Plantin, qu'il visita en détail, et parle avec enthousiasme des belles tapisseries qu'on liii fit voir ensuite, représentant des paysages, des

(1) Yoy. sur Louis de Geer, sa biographie publiée à Amsterdam, en 1834, chez les frères Van Cleef, et un discotirs prononce^ le ta décembre à l'Académie suédoise, par le secrétaire Frauzen.

■UT. M GOUntCI, T. II. il

, des scènes tirëes de l'histoire, le tout tne (ta an ^ifah en or. en argeot, en soie, et ea d'autres B. Cœ âbrique de glaces, dont les produits égalaient s de la célèbre manufacture de Murano, près de L êsaleoient son attenlion. lia autre voyageur, , de Paris, corrobore tous ces l^its par son té- ;. A les rend encore plus éloquents en y opposant .TBq£B«w la jpleadeur d'Anvers durant sa prospérité conuDe^ cauv Pwi l«s édifices particuliers qui décoraieot encore jHBe nu*., ea 1617, il mentionne le palais Ximéaès. dans X :m -kt Se«r. et celui de Simon Rodriguez, auquel ses HMBStt» rùtusses avaient liait donner le nom de « petit roi

UftuvlUiiiKsâreat quelques efforts pour améliorer la sîlua- .Ml pntaia. Ite projets utiles furent conçus et exécutés. On mot iawL t.'MU mille livres, en 1614, pour le creusement d'an ^m Mm Oaad et Bruges (2). Les arts et les lettres fureot jMwniwnirnii'B' encouragés, etRubens reçut un noble accueil k :« «MIT J» Bruxelles, k son retour d'Italie. Aux audacieuses ijwu gril MU tie nos commerçants et de nos marins, allaioit sKiWinr 1x6 miH^'eilles de nos peintres flamands. Le génie Htiowil,. l>re$i)u^ueat arrêté dans son premier essor, se trxjtH **. -'.'uw* aouwlles vers la gloire, et ne devait point cesser ;i»yii- !*;* Liîiiîaîesrs et ses tributaires.

S «f rv^e u Albert et d'Isabelle offre quelques pbases bril- :Mti.^:i ,!rv:K'a:e aus^i des parties dramatiques et sombres. >y4f*Tsi:t:w.v « it'vols, les nouveaux souverains élevaient des .««■.«.dui*^ iu\ $t.<rx;iers. multipliaient les couvents, introduisaient ,4uï. cwi* /dL.*.* vie véritables pratiques monacales, et favori- 'Nut.iK M ?.v^ -eur («ouvoir les fondations religieuses. Les u\><k-.'> io.;a<fai:«*:it d'immenses fortunes territoriales, tandis iwv v xii;:*».' i<^* '.-ampagucs , sans espoir d'affranchissement, Aui'V 'fus .a .iïiviidan^-e de son seigneur ecclésiasUque, se .^;'.-.:;! ■ T<ii# v' iv-''!i^ ''»'* dîmes et des corvées. Laviecoa- :■ . : . -■. ■.vvnîsee, et le travail considéré comme une

souillure. Les plus légères offenses contre les prescriptions du culte faisaient Tobjet de poursuites judiciaires (1).

Malgré tant d'entraves , Tagriculture faisait des progrès. La pomme de terre fut introduite en Flandre au xvi* siècle, par Charles de l'Écluse, et on commença à la cultiver en 1620, dans les environs de Nieuport. Son usage s'étant répandu, le clergé voulut en avoir la dîme, et cette prétention donna lieu à une quantité de procès. La question ayant été soumise au tiers état, celui-ci fit observer « que le pauvre peuple avoit déjà assez de « mal de trouver de quoi vivre, et qu'il sembloit trop dur d'exiger ce la dîme sur ce qui lui était indispensable pour sa subsistance.» Ces discussions, dont les tribunaux eurent souvent à décider, se prolongèrent jusqu'en 1790.

(1) Citons en un exemple : un marin d'Ostende, Hans Carel, fut cliassé de la ville et exilé, en 1616, pour avoir fait gras avec affectation durant le carême. Bibi. de Bourgogne, MS. 640. Itf. Potvin, dans son Hist. d'Albert et d'Isabelle, a réuni un grand nombre de faits qui démontrent combien Tintolérance religieuse était grande à cette époque.

CHAFITR

IfoTt dn L'inkidiie Albert et wénBiieiit di des hoetiliUi. — Lee flnuon pnblîqnee AimenieBlB maritiiiHe k BagtMi. — Ju la faon. — Lee ooimîim wtwmtoi», ' mort. — Nota* mu qndqnee mari» belj an xm* nïole. — Baptnre de noa leUtù et la HoUinde, — Aliénation dea biena — Tnûti da omunen» arec Chariai '.

L'aminuiti de Dnnkeniae. — Nonreas mr fEsotat. — Capturée faite* pai lea < tuiea.

La trêve de 1608, prolongée pour de prendre fin, lorsque la souveraii au jeune roiPliilippelV, parsuitedu mort snas postérité. Déjà, depuis pi de paix ou de guerre avait soûles Hollande, où les partisans du stadh nevelt, continuaient à se trouver en taire l'ayant emporté en 1619, l'infai donner des ordres pour la reprise p

Le prince Maurice, dès son entré une vive résistance. Les Espagnol avantages, envahirent l'Oost-Frise , rent Bréda et plusieurs autres places compenser leurs pertes en tentant u

mais la flotte qu'ils avaient rassemblée à Berg-op-Zoom fut en partie détruite par la tempête, et il leur fallut renoncer à cette expédition.

Les frais de la guerre dans les Pays-Bas s'élevaient à une somme considérable. L'Espagne y consacra , en 16âl, plus de trois cent mille couronnes par mois, indépendamment des aides et subsides que lui fournirent les provinces belges (1). Ces ressources étant insuffisantes , le gouvernement permit à plusieurs villes, et entre autres à celle de Bruxelles, de racheter, moyennant finances, les péages dont elles étaient encore grevées. Une ordonnance royale, du 1*' juillet 1623, réorganisa le tonlieu d'Anvers.

Il y est fréquemment question des draps de Weert et de Turnhout, qui étaient assez recherchés à cette époque. Les droits perçus, au nom de l'État, sur les navires entrant et sortant d'Anvers, variaient de vingt à trois gros, monnaie du pays, selon leur tonnage. Les taxes sur le sel furent augmentés en vertu d'un décret du 33 juillet d623.

Nos négociants, voyant leur commerce avec les Provinces- Unies interrompu, songèrent à activer leurs relations avec l'Espagne. Quelques-uns d'entre eux firent la proposition d'établir une société à Séville, ayant ses statuts et ses règlements, et dont ferait partie tout Belge intéressé à ce genre d'affaires, soit qu'il se fût fixé par delà les Pyrénées, soit qu'il eût conservé son domicile en Flandre. Cette idée fut mise à exécution, et on étendit bientôt aux Allemands les privilèges dont jouissaient nos nationaux. Les administrateurs de la compagnie veillaient aux importations et aux exportations, s'occupaient de l'arrivée et du départ des convois maritimes , recevaient les marchandises appartenant à leurs commettants, et opéraient paiements et recettes au nom de ces derniers. Ils étaient chargés de les protéger en cas de nécessité, et de juger sommairement les différends qui s'élevaient entre eux.

La ville de Bergues étant devenue le siège d'une chambre d*amirauté, en 1624, on y équipa une douzaine de corsaires,

(1) Gazette universde des maents Augusti, t'Antwerpen, by Abraham Ver* boeven.

no HlSTOlkE DU COMMEEGB

qui causèrent de grandes pertes aux armateurs ludlaiidaii. Deux de ces bAtiments, le SabU-Jaùptes et le SiM-ZiMr, étaient particulièrement redoutés des navires marchaiids. DÎ étaient commandés par Mathieu Roels et Jacques Goliert. Hi» avons peu de détails biographiques sur Rœls, mais la vie la Golaert est mieux connue. Né à Dunkerque en 1884, d'usé ^ mille qui s'était déjà rendue célèbre par ses services maritiBNii il avait commencé sa carrièreàl? ans, et s'était bieotôt signalé par d'éclatants services. Devenu capitaine ûa Saba^Xmgr^i captura sur les ennemis cent neuf bateaux de comment leur enleva plus de mille cinq cents pièces de oaaon dans 1m divers combats qu'il leur livra, et y reçut dix-sept blessom.' Philippe IV, appréciant ses talents, son intrépidité et sa valea; le fit chevalier de l'ordre militaire de SainirJacques, et aaM de l'armée navale de Flandre (1). On cite encore, parmi itt corsaires de Bergues, le Saim-Winnoe et le SabU'DmMfÊi^ armés en 1624 (2).

Le prince Frédéric-Henri d'Orange, élu stadbouder à la mit de Maurice de Nassau, essaya de réparer les échecs éprooiÉ par ce dernier. Il marcha rapidement sur Hulst, dans respôr de s'en saisir par surprise, mais ses troupes furent repo» sées. Sur ces entrefaites, les Espagnols cherchaient à reprendra TEciuse. Les Hollandais y faisaient bonne garde, et mainlinreol leurs positions. La Flandre ne possédait plus, en réalité, que trois ports de quelque importance : ceux de Bergues, d'Ostende et de Dunkerque.

Il avait fallu plusieurs années aux Ostendais pour réparer leurs pertes. Leur nom reparaît toutefois dans les annales iBtritimes en 1633, h Toccasion des exploits d'un des leurs, le capitaine Jean Jacobsen. Cet ofGcier, auquel on avait confié le commandement d'un navire armé en course, venait de franchir la ligne de blocus accompagné de deux autres bâtiments, lorsque Tennemi les aperçut et leur donna la chasse. Il tint ferme, se défendit seul contre la flottille hollandaise, dont il coula le vaisseau amiral, puis, se voyant assailli par des forces supé-

(1) Yoy. Biographie dunkerquoise, \%±1.

(2) Debaecker, Recherches historiques surlaviUe de Bergues, p. 96.

rieures, mil le feu h son navire et périt avec tous les siens (1). Dès ce moment, les marins d'Ostende rivalisèrent avec ceux de Dunkerque et, comme ceux-ci, firent de fréquentes captures. Les Hollandais ayant contracté une alliance avec le roi d'Angleterre, Charles P% résolurent de diriger une expédition menaçante contre la Flandre, mais cette autre armada n'eut pas plus de succès que la première.

Les Flamands continuèrent leurs excursions. Chaque jour les Câpres d'Ostende et de Dunkerque allaient croiser sur les côtes d'Angleterre et de Hollande, et ils rentraient le plus souvent chargés de butin. Leurs adversaires, d'ailleurs, usaient de représailles, et l'amiral hollandais Pierre Heyn s'empara, en 1628, des galions espagnols revenant des Indes, chargés d'argent. Ce convoi valait douze millions de florins (3). Deux ans après, le même amiral croisait avec son escadre en vue du littoral belge, lorsqu'il aperçut trois corsaires ostendais, vers lesquels il fit aussitôt force de voiles. Les Ostendais se préparèrent à le combattre, et Pierre Heyn se trouva bientôt aux prises avec Jacques Besage. Ce dernier, manœuvrant avec habileté, balaya le pont de l'ennemi, et tua leur chef. Il allait sauter à bord du vaisseau amiral, lorsqu'il fut à son tour renversé par un boulet. Son lieutenant le remplaça aussitôt, vira de bord sous le feu de Tescadre hollandaise, puis recommença la lutte pour venger la mort de son commandant.

Les deux autres corsaires, complètement dématés, étaient réduits à l'inaction. Après l'échange de nouvelles bordées, le navire de Besage rentra à Ostende, où il ramenait le corps inanimé de ce vaillant officier, dont les obsèques y furent célébrées quelques jours plus tard. Quelques Belges, auxquels le fanatisme religieux faisait oublier ce qu'ils devaient à leur patrie, combattaient encore sous le pavillon néerlandais. Nous citerons parmi eux Bournon, qui reçut en 1624, de l'amirauté d'Amsterdam, une chaîne en or et une médaille pour s'être battu contre deux navires dunkerquois; Goelhals, qui obtint la même récompense en 1627 ; Van Oyen, attaché à la flotte du

(1) Pasquini, Hist. de la viUe et du port d'Ostende, (i) Vingt-cinq millions de francs.

\1t HISTOIRE DU COMMERCE

vice-amiral Movi Lambert, qui sortit victorieux d'un comtAt contre les Ostendais ; Liedekerke, qui fit trois prises en 16S6.

D'autres, tout en rerusant de se soumettre au régime espa- $;noI, évitaient de prendre les armes contre leurs compatriotes, et préféraient se consacrer à la navigation lointaine. L'un d'eux, nommé Louis Pieterz, né à Anvers, fut massacré sur les oAta de nie Formose, en 1623, par des pirates venant de Manille, il se trouvait à bord de Y Elisabeth (1). Vers le même temps, te capitaine anglais Hudson, commandant le navire néerlandais la Demi-Lune, monté par un équipage mixte, donnait le noa de (c Nouvelle Bergique » à l'immense territoire occupé aujovr* d'hui par iesEtals-Unis,etjetait l'ancre non loin de remplacemett actuel de New-York. Ce fut un Anversois, Jean de Laet, defeoi plus tard directeur de la compagnie des Indes, en HollaDde, qui publia les premières descriptions de cette partie du nouveM monde, jusqu'alors inconnue. Sa fille, Jeanne de Laet, mariée à Jérôme Ebbingh, s'y établit avec son mari. Celui-ci acquit beaucoup d'influence dans la colonie, en fut Tun des m^gisUals jusquen 1673, et y amassa une fortune considérable (2). Ite Laet mourut à Anvers, en 1649 (3). Il put y voir le magnifiqse hôtel des Osterlings, autrefois fréquenté par tant de riches négociants, transformé en caserne, et servant de quartier géoénl à une partie de la garnison espagnole (4).

Un autre Bel^^e, Nicolas du Toict, connu par les Espagnols

(1) Rcycr Gysbertsz, Hist. der martelaren, die in Japan om de Roomschi ctàolyke rHigie ghedoot syn. Deschr. van Japan, doorFr. Caron, Amsterdam, IWl fol. 37.

(2) Cnllect. of the yew-York hislorical Society , deuxième série. On pcat cncoro consultor Smith, Hist. of New-York; Burke, Hist. des rolonin nropéennes en Amérique: Van Meteren, Ned. hist ^ p. 626; Sprenffel, GwàiHklr der Européens in America; Luzac, ïïoUand's riches; Schellema, Russia, andlki iSederlands; Moullon's, New-Orange, 13, en note, etc.

(3) Son ouvrage, intitulé Novus Orbis, fut publié à Leyde, en 1633, in-fol. avec un grand nombre de caries cl de figures. Il le traduisit lui-même « français. Cette version, assez fidèle mais peu élégante, parut à Leyde en ISW. iD-fol. sous le titre d'Histoire du nouveau monde. Les géographe^! qui 5onl venus après lui se sont beaucoup servis de ses écrits.

(4) Barlet, Essai sur Vhisioire du commerce et de VindiAStrie e% r,eigique, lO. p. 40.

SOUS le nom de del Techo, fut Thistorien des établissements fondés au Paraguay, parles jésuites (1). Il appartenait lui-même ' à .cet ordre, et passa de longues années en Amérique. II fait mention de plusieurs de ses compatriotes, qui, à son exemple* avaient accepté la mission de civiliser les Indiens. Nous citerons, d'après lui. Juste Van Surck, d'Anvers; Pierre de Bosschere, né en Flandre; André de la Rue, et le Malinois Didacus Ranconier. Ces religieux se trouvaient tous dans les présides du Paraguay, où se rendirent également Mathias Goesman, Balduin de Wachter, Philippe -François de Norman, Laurent Schryen, Pierre Moron, Égide Liefghetal et Gérard de Becker. Le père Ignace Toebast, né à Gand, fut martyrisé sur les bords derOrénoque, dans la Nouvelle Grenade; Jacob Doye, Jean- Baptiste de Visscher, Jean Lardennois, Guillaume Carius, Corneille Beudin, Jean Huttens et André Egidien, parcoururent le Mexique; Louis de Camargo, Guillaume Munnich, Corneille Van Thuyl, Simon Lacourt, Daniel Vander Borcht et Jacques GofRn se fixèrent au Chili. Le père Guillaume Hotton, Luxembourgeois, ne craignit point de s'engager dans les régions les plus inexplorées du nouveau monde, et pénétra jusqu'en Californie. Le Tournaisien Jean Vasseau, et le Flamand Pierre Bossche, furent envoyés à Buénos-Ayres, tandis que Jean de Coninck, Verbiest, Verdonck, Pierre "Zueval acceptaient la tâche de répandre le christianisme au Pérou.

Les Belges, comme on le voit, sont loin d'être restés étrangers au développement des colonies américaines. Nous pourrions multiplier les détails à cet égard, mais ce serait donner trop d'importance à ce qui ne doit former qu'un épisode dans notre récit.

Les relations commerciales des Pays-Bas espagnols se resserrent de plus en plus de 1625 à 1632. Charles I^, roi d'Angleterre, nous défend l'entrée de ses États à la sollicitation des Hollandais (2) qui, de leur côté, nous ferment strictement leurs frontières. Les communications entre la Belgique et les Pro-

(1) Yoy. son BM, Prwinciœ Paraquariœ, qui remontée 1586, bien que les Jésuites ne soient aUés au Brésil qu'en 1586 ; elle se termine en 1645. (t) Rymer^Fœdera, vol. XVlll, pp. 251, 25i.

ilt BISTOinE DC COHMBaCR

^taoes-UaÏM se trouvaient non seulement intcrrompi iner, mais étoieat devenues impossibles par la lieuse, ri ou le Bfain. Toaie contravention était punie de la contiscaiiM du sixième des marcliandises introduites en fraude, ou d'une uneode de 300 rêaux d'or (1). En cas de non-paiement, les délinqnasts ëUdent condamnés ans galères ou exilés. On coniiaui t k recevoir, par voie indirecte, des laines anglaises et . ïas Brugeois qui avaient toujours eu l'étape d« laines d'Espagne, se plaigni^ent de ce que les expédilions faites sur Rouen par Pont-k-Wendin demeuraient à Lille sans passff par ofaen eux. L'inTante flt justice h leurs réclamations, et mt- DSça les ft*aml8nrs de les poursuivre pour forfaiture.

'L'aliénation-des biens du domaine, en paiement des frais de la guerre, coatinuait sur une grande échelle. Le roi d'Espagne se servit du crédit des villes les plus considérables des Pays-Bis. en iîS6, poar Aire de nouveaux emprunts, en leur engageaot des terres, des bois, des moulins, et d'autres propriétés seigneuriales. Le droit de main-morte, qui n'avait pas encore été aboli dans le Hainaat, y fut acquis k cette époque par la mal.«OD d'Etant. Il consistait, comme on le sait, h prendre dans U ■ succession de tout roturier demeurant dans les localités soQ mises à cet usage, le meilleur meuble qu'il possédait â décès. La ville de Mons, en vertu des engagères dont il vie* d'être question, versa au trésor, de )6â6 à 1644, la somme* 415,000 livres monnyie de France. Les domaines qui lui fureB cédés valaient, année commune, 2S,000 livres de revenus (3). Malgré le mauvais état des finances publiques, on consul b projet, en 1627, de construire un canal destiné h servirdecoamunication entre l'Escaut et le Rhin. Ce canal, désigné sousk nom de « fosse eugénienne » — en l'honneur de l'infanlc — devait avoir son embouchure dans la Meuse, à Venloo, ei passa: à Gueldres, oii était le point de partage. Alimenté par 1« delaNiers, il rejoignait le Rhin au dessous de la petite ville ft Rlieînberg. Les déblais étaient déjà commencés, et se trot-

(I) Calculés a ralstin de S tlorins, deux âols la piâce. Voy. tscolIectioBi plaçant».

(S) Musée brllann que, HS. 186, Bibl. Uosdown.

vaient même exécutés en totalité sur certains points (1), quand les Hollandais intervinrent pour empêcher les travaux.

Bois-le-Duc et Wesel venaient de tomber entre les mains du prince Frédéric-Henri, lorsque Charles I*% qui était déjà en lutte avec son parlement, fit la paix avec la France et avec l'Espagne. Cet événement rouvrit les ports anglais aux armateurs belges, et un traité de commerce fut conclu, en 1630, entre TAngleterre et les Pays-Bas espagnols. Déjà Tinfante Isabelle s'était vue obligée de revenir sur les mesures rigoureuses qu'elle avait prise à l'égard de la Hollande. Elle avait fait publier, le 4 février 1629, que les marchandises venant des territoires ennemis seraient reçues en Belgique, pourvu qu'elles y fussent introduites par eau, et non par terre. L'exportation des grains continua néanmoins à rester prohibée (2).

Les hostilités maritimes n'en continuaient pas moins entre les deux États. La flotte royale, commandée par Tamiral comte deWacken, unie à quelques vaisseaux dunkerquois appartenant à l'armateur Van de Walle, fut battue, en 1630, par une escadre néerlandaise. Le siège de l'amirauté flamande, transporté de Bergues à Ostende, après la prise de la première de ces deux villes par les Français, se trouvait en ce moment établi à Dunkerque. Antoine de Vylder, du conseil de Flandre, le docteur Rebello et Adrien Carius y jugeaient des prises faites par nos marins, sur lesquels ils avaient pleine et entière autorité, tant civile que criminelle. Ils prononçaient sommairement, sans procédure écrite lorsqu'il ne s'agissait point d'une somme trop forte. Il avait été défendu, par décret du 4 mai 1627, de piller en mer les navires capturés.

Le besoin de paix était général. Des conférences s'étaient ouvertes et présageaient les plus heureux résultats, lorsqu'un ambassadeur de Louis XIII vint les rompre en promettant à ta Hollande l'appui de ce monarque. Le cardinal de Richelieu, qui dirigeait alors la politique de la France, avait repris les vastes desseins de Henri IV, et entendait les réaliser.

(1) Statistique de la Meuse inférieure, an. X.

(î) Voy. les ordonnances du 4 février et du 8 mai 1629 ; celle du 13 et du 16 novembre 1630.

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HISTOIRE DU GOMMERCB

Cette intervention accrut les forces de la république né landaise, mais augmenta en même temps rautorité des st houders. La noblesse fit élire les fils de Frédéric-Henri d*Ernest Casimir, comme successeurs au stadhoudérat, du viv de ces deux princes, et ce fut le premier pas vers Tétablissem de l'hérédité de cette fonction.

La guerre recommença avec vigueur dans les Pays Bas. marquis de Santa-Croce venait d'arriver d'Espagne pour prendre la direction, lorsque Frédéric-Henri, traversant X caut avec une armée, aborda tout à coup à Watervliet, et dirigea vers Bruges. Le duc de Vendôme, son lieutenant, son cette ville de capituler, le 2 juin 1631. Il fut obligé de se reti au bout de quelques jours, après avoir ravagé les campagi voisines. Plus heureux dans son attaque contre Maestricht prit cette place importante en 1632, en présence de deux srmi ennemies, qui ne purent la secourir. Tout le duché de Li bourg tomba au pouvoir du vainqueur. Les tonlieuz holland de Lith et de Cuyck furent levés, à la suite de cette eonquéu Genep et à Venloo. ,

Les Espagnols avaient tenté, de leur côté, à porter la dévi tation sur le territoire des Provinces-Unies. Us avaient réi dans ce but un grand nombre de barques, armées de pièces six et de douze, au port d'Anvers, afin d'envahir la Zélande. marquis Aytona, le vice-amiral de Dunkerque, le comte Je de Nassau et le prince de Barbançon devaient être les chefs cette expédition. Ils mirent à la voile le 8 septembre 163i, échappèrent d'abord aux poursuites des Hollandais. Attaqa brusquement dans la nuit du 12 septembre, par l'amiral Hollâi ils furent complètement battus et laissèrent plusieurs navii et beaucoup de prisonniers entre les mains de l'ennemi (1).

En 1633, les Provinces Unies envoyèrent à leur tour u flotte dans l'Escaut, sous les ordres du comte Guillaume i Nassau. Le fort Philippe fut pris. La garnison de Gand aocoui pour le dégager et y serait probablement parvenue, si ses a versaires n'avaieut eu recours à une ruse qui leur réussit. J

(1) Mémoires de Frédéric Henri, dans la vie de ce stadkouder, par AiUen

\'an Looii el autres.

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moment où les troupes espagnoles allaient monter à l'assaut, des navires parurent dans le fleuve, cinglant vers le rivage, comme pour porter secours aux assiégés. Les assaillants, jugeant tout effort désormais inutile, se retirèrent en bon ordre. Ils apprirent plus tard qu'ils n'avaient eu affaire qu'à quelques bâtiments appartenant au port de l'Écluse, au bord desquels on avait fait sonner des fanfares, afln de faire croire à la présence d'un corps d'armée.

Les Hollandais désiraient vivement, dès cette époque, convertir le droit temporaire que leur donnaient les hasards de la guerre sur la navigation de l'Escaut en un droit perpétuel, consacré par un acte diplomatique. Des pourparlers ayant eu lieu, à la fin de Tannée 1632, entre les belligérants, les états généraux des Provinces-Unies se hâtèrent de présenter une note, par laquelle ils demandaient comme condition de tout accord a que la rivière de TEscault et canaux du Sas, Zwin et autres « embouchures de mer y respondans ne puissent estre autrece ment naviguez et fréquentez qu'ils l'avoient esté durant la « trefve précédente de douze ans. »

Les administrateurs espagnols en Belgique ne défendirent que faiblement les intérêts qui leur étaient confiés, au moins s'il faut en juger par les instructions qu'ils envoyèrent à leurs députés, et dont voici le passage le plus saillant : « Quant à la a closture de l'Escault et des canaux du Sas, Swyn et autres a embouchures de mer; au lieu d'y condescendre, nos dits ce commis se serviront de toutes voyes d'induction et autres c< convenables à en procurer l'ouverture et la liberté, sans néance moins venir à rupture pour cet article, »

Ce langage faisait assez prévoir ce qui nous attendait à la conclusion de la paix.

Dans l'intervalle, les corsaires ostendais et dunkerquois redoublaient de vigilance et d'activité. Ils capturèrent, en 1631, vingt-neuf navires chargés de blé, qu'ils envoyèrent àOstende et à Nieuport.

L*infante Isabelle mourut le 1*' décembre 1633. L'un de ses derniers actes, en ce qui concerne le commerce belge, fut la promulgation d'une ordonnance sur les monnaies. Déjà, en 1611, ua décret avait été publié à ce sujet.

OIHE DU COKMËIICB ET DE L*

lùil introduit un grand désordre, durant les troubles,

s le système moiiélaire. Un nombre considérable de pièces

monnaie circulaient h des cours incertains. Les marcliauds

■ s'il faut s'en rapporter au préambule de l'ordonnance

1633 — faisaient leur profit de cette confusion. Il fut stalué

! tout négociant ou lïicleur présentant des pièces n'ayant pas

,jurs légal, pourrait èlre contraint, de ce chef, à quitter la

ville pendant un an. Le bannissement était de cinq ans en cas

de récidive.

Par l'article 19 du même acte, il fut défendu de faire sertir du pays, sans permission expresse, de l'or ou de l'argent, monnayé ou non. à moins que la somme expédiée ne [ùi au dessous de 50 florins. On ne pouvait acheter des métauit précieux sans autorisation. Ceux qui se livraient ù ce commerce devaient placer sur leur maison un écriteau en bois peint, portant les armoiries de l'État et la croix de Bourgogne, avec ces mot*: change du roi. Il fut statué que les individus atteints et convaincus d'avoir contrefait, forgé, pressé ou jeté en sablfiile!> pièces d'or ou d'argent, seraient considérés comme faux monnayeurs « exécutés par le chaudron en huile et eau bouillantes. (I avec confiscation de tous leurs biens. » Le llorin du Rhin (lit Rxé à 18 karats 4 grains, ou à 18 karats 1/3, et leurs poids i 2 estrelins 4 as, égaux h 61 grammes 1,'a de France (1).

(11 Itechmlia milavaieur ((es matimief et snr U prix deigrainn. Parip. l'fl.

CHAIUTUE XI

Administration de Ferdinand de Tolède. — Ses instructions. — Complot tramé à Bruxelles. — Projet de démembrement des Pays-Bas. — Invasion française. — Sac de Tirlemont. — Continuation des hostilités. — Bataille navale. — Travaux publics. — Ouverture du commerce des Indes orientales. — Chaussées exécutées par les Anversois. — Mort du cardinal infant. — Son successeur. — Nouvelles rencontres maritimes. — Désastres dans la principauté de Liège. — Privilèges accordés aux mineurs namurois. — Revirements politiques. — Prise de Dunkerque. — Attitude des habitants des Pays-Bas espagnols. — Campagne de 1646. — Instructions de Mazarin aux généraux français. — Nouveaux émigrants. — Colonisation de rile de Nordstrand. — Paix de Munster. — Ses désastreuses conséquences.

Ferdinand d'Espagne, cardinal et archevêque de Tolède, frère du roi Philippe IV, fut appelé au gouvernement des Pays-Bas, en remplacement de l'infante Isabelle (1). Il reçut, en quittant TEspagne, des instructions détaillées, d'où il résulte que les causes de la décadence du commerce belge n'étaient que trop connues du cabinet de Madrid. On y parle de « la cherté des « entretiens; des surcharges et impositions dont le peuple avait a été accablé; du régime des licentes; des mauvais traitements « infligés aux marchands. » Il y est question « des logements « militaires, des désordres commis par les troupes, des vexa- « tions qu'elles faisaient subir aux habitants des campagnes. »

(1) Le marquis d*Aytona avait rempli Tintérim à la mort de cette princesse.

ns HisToiRi: m commekce kt de la m\î:.

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nayé ou non, à moins que ' de l'A) llorins. On ne pouv.

autorisation. Ceux qui placer sur leur maison armoiries de TÉlat ei ' change du roi. Il lu' vaincus d'avoir coni»

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ET DE LA MARINE EN BELGIQUE. iSl

! îiice des États sur les bords de la Meuse, et marchèrent sur

ilemont, oîi ils commirent d'affreux excès. Cette ville, qui iVMit clé agrandie successivement en H94, en 1300, en 1390, et Ml liSO, et à laquelle le duc Goderroid III avait accordé une charte communale, était encore assez florissante avant cette invasion, et comptait une population de 40,000 âmes. Louvain et Anvers allaient subir le même sort, lorsque des dissentiments éclatèrent entre les alliés. Le célèbre Piccolomini, envoyé par l'empereur au secours de l'Espagne, acheva de les mettre en désarroi, et bientôt l'armée française se vit forcée de battre en retraite, décimée par la famine et les maladies. L'infant Ferdinand avait défendu, sous peine de mort, toutes relations com. merciales entre la Belgique et la France (1).

Les soldats de Philippe IV, prenant à leur tour IWensive, envahissent la Picardie, et paraissent un moment vouloir marcher sur Paris. L'inquiétude fut si grande dans cette capitale qu'on y arma les laquais, et qu'on y confisqua les chevaux de voiture pour le service de la cavalerie. Dès lors, Richelieu change de système et, renonçant aux grandes expéditions, se borne à harceler l'ennemi, afin de l'obliger à diviser ses forces. Les Hollandais dirigent trois tentatives sur Hulst, toutes infructueuses, mais parviennent à s'emparer des forts de Callo, de Steelant et de Verbroecke, qu'ils se voient cependant contraints d'abandonner le 23 juin 1638.

Les corsaires flamands continuaient à parcourir la mer du nord, et causaient des alertes continuelles à la marine hollandaise. On voulut enfin y mettre un terme, et l'amiral Tromp fut envoyé avec dix-huit gros vaisseaux devant Dunkerque, tandis que le contre-amiral Wemmer bloquait Ostende. On s'observait de part et d'autre, lorsqu'une escadre espagnole, commandée par l'amiral Ocquendo, fit son apparition sur nos côtes. Cet armement se composait de soixante-sept bâtiments, et avait à bord vingt mille hommes de troupes. L'amiral belge Van Doom, qui disposait de vingt-deux navires, cingla aussitôt à sa rencontre — ce qu'il ne put faire qu'en livrant combat à la flotte hollandaise — et parvint à rallier le pavillon espagnol. Tromp se

(1) ?iae,, tom, I, p. 327.

W8T. DO COHMIRCI, T. I1I« ^

Ml HISTOIRE DV COHSERCE

porta au devant de tous deux, les atlaqua, et leur tîl éproutEr ime défaite complète. Ocquendo et Van Doom, vivement pour* snÎTis, ne ramenèrent à Dunkerque que quatorze bâtiments.

Getécliec contint pendant quelque temps nos corsaires. Les DuDkerquois venaient de conclure un accord, ratifié par le sod< verain, avec les habitants de Bruges et de Furnes, dans le bat de fUre creuser un canal, à frais communs, de Plasschendalek Donkarque. en passant par Nieuport et Furues. fl y avait, t cette époque trois cent francs bateiiersàBrugcs(l). Cette mËnu aanée mourut, ^Ypres, l'évêque Jansénius, dont les tknti devaient acquérir tant de célébrité, à cause des débats religieoi qu'ils soulevèrent à l'étranger.

La Belgique, autrefois si industrieuse, a*élait plus qu'un vuu ehamp de bataille. Le roi d'Espagne, soit pour lui accorder quelques compensations, soit pour effrayer les Hollandais, fit aononcep aux magistrats d'Anvers qu'il s'était décidé k ouvrir* ses sujets belges le commerce des Indes orientales. Don Sligod i de Salamanca, son agent, était chargé de faire connaître \tt coDditions de ce trafic. Il est probable que cet octroi ne proûB' k personne, les communications éiant devenues beaucoup (rtf dilDDciles pour permettre à nos armateurs de se livrera ta oit»gation au long cours. S'il fïiut en croire certains écrivains, ceM' permission ne s'étendait même qu'aux anciennes possession» portugaises. Il est à remarquer cependant que la lettre d'an* envoyée ausAnversois ne contient nulle restriction de ce genre. Un décret du 1 1 février 1639, autorisa la ville d'Anvers à cûih struire, moyennant certaine concession de péages, une chaussée allant vers Merxem, Le chemin d'Anvers fi Conticb fut cûiik mencé. eu 1Ci9, aux mêmes conditions (2).

Le cardinal-infant mourut à Bruxelles, le 9 novembre IWl, et eut pour successeur don Francisco de Melo, comte d'Azunur.

Les rencontres maritimes s'étaient renouvelées entre les Hollandais, les Dunkerquois et les Ostendais. En août 1610, le vice-amiral néerlandais Witte Corneliszoon de Witb, à la létt

(1) Gailliard, Ambachteit, p. ISt.

(!) Sajiporl du ministre des iravauj- publics, pfages dtt nmttt, i de lSâ7-l8:i8

ET DE LA MARINE EN BELGIQUE. Itô

de onze navires avait «ttaqué la division Van Doom , comprenant quatorze vaisseaux. Il en prit deux à l'abordage, et entre autres le bâtiment que montait Van Doom lui-même, qui fui fait prisonnier. Les Ostendais vengèrent cette défaite Tannée suivante, en amenant au port dix-huit prises faites sur leurs adversaires. Les Dunkerquois éprouvèrent néanmoins de nouvelles pertes, en 1641. Leur chef, Mathieu Rombaut, vice-amiral de Flandre, ayant assailli une escadre hollandaise chargée de surveiller le littoral belge, fut frappé à mort durant l'action (1). Vers la mi-janvier 1643, une désastreuse inondation exerça ses ravages dans la ville de Liège, où elle ruina un grand nombre d'habitations. La Meuse enfla si extraordinairement, que le pont des arches fut entraîné par la violence des eaux. Un historien ecclésiastique, Fizen, nous dépeint la misérable condition des bouilleurs liégeois à cette époque. La rupture de nos relations commerciales avec la Hollande pesait lourdement sur leur industrie (2). La crue rapide du fleuve se fit sentir jusqu'à Huy, dont les rues se trouvèrent bientôt sous les eaux. Une rivière voisine, le Hoyoux, sortit également de son lit, et renversa une quantité de forges et de moulins. Les flots s'élevèrent, d'après les chroniques locales, jusqu'au pied du marché au bétail. Plus de deux cents maisons s'écroulèrent, et les dommages éprouvés par la cité furent évalués h plus de cent mille écus (3). Les Hutois devaient être plus cruellement éprouvés encore, quelques années plus tard, en 1666. Des maladies épidémiques éclatèrent parmi eux, et sévirent avec tant d'intensité, qu'il fallut fermer neuf hauts fourneaux et dix-huit forges, faute d'ouvriers. Plusieurs de ces usines furent converties en papeteries, et les autres, mal entretenues, tombèrent en ruines. C'est de là que date la décadence de industrie hutoise. Les Namurois furent plus heureux, et leurs mineurs, fondeurs et batteurs de fer obtinrent la concession de divers privilèges enl643 (4).

(1) M. J. C. de Jonge, Geschiedenis van het Nederlandsche zeeicezen, 1833, tom. I, p. 534. Voy. aussi Faulconnier, Hist. de Dunkerque.

(%) Hist, ecclés,, Leod, pp. 431. 432.

(3) Voy. Touvrage du père Bouille, tom. 111, 260, et celui de Foullon, tom. III, 205.

(I) Délices du pay9 de Liège, tom. 11^

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P^^^^ ;"' . - .-:^c;^t de plus en plus. Déjîi

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*^^" . :r. :•!. furent anéanties durant cetie

:t îv.:vante, le roi d'Espagne perdil

- ". :.-:•. .in;, Menin, Bélliune et Anneii-

: .■■: X Fiandre et du détroit, ouvrit ses

-.^•. 'c::e dernière conquête préparait à

- ::*-.cI»es, et portait un coup fatal au

- - - :ia:/.i:nes dans les Pays Bas (I). Le

. . :-i :^ V:e ii Ostende.

::".:»• i-ifr-^uoise, en 1631 et en 16«

iH-a

- i :^ .-%-?• SERVICE :

CaDOii».

Quelques villes, entre lesquelles nous citerons Anvers, levèrent des troupes pour la défense nationale, et les équipèrent à leurs frais. Les Anversois réunirent deux mille huit cents soldats, payés à raison de 8 florins par mois, et dont ils confièrent le commandement à leur margrave (1). Ils avaient déjà compté au gouvernement, l'année précédente, une somme de 360,000 livres de gros, sur engagère de divers tonlieux, dont on leur fit cession. Les produits du ridderthol et du jockthol rentraient seuls dans les caisses de TËtat. Des sommes importantes avaient été obtenues de cette manière sur le crédit des cités belges. En 1649, les échevins de Mons obtinrent à ce titre la propriété des moulins existant dans la banlieue de cette ville, avec droit de banalité. Les revenus de ces biens devaient couvrir les intérêts des capitaux avancés à l'administration centrale.

Dans d'autres localités, on cherchait à conjurer les malheurs de la guerre par l'établissement de nouvelles industries. Une fabrique de linge damassé fut fondée à Audenarde, en 1645, par plusieurs artisans venus des environs de Lille. On le8 exempta de logements militaires et de l'obligation de monter la garde. On appela six maîtres tisserands à Malines, en 1647,' afin d'y introduire le tissage des soieries. Ils y obtinrent la bourgeoisie, divers privilèges, et une rente de 60 florins pour dix ans (2). Ajoutons — car dans le commerce tout a son importance — que ce fut vers cette époque que les premières perruques furent fabriquées dans les Pays Bas (3). Le premier carrosse à vitres qui circula dans Paris venait de Bruxelles, où ces sortes de voitures ont été inventées. Mazarin attachait une grande valeur aux objets d'ameublement d'origine belge. Don Louis de Haro lui fit cadeau d'une excellente tenture de tapisseries, travaillée à Bruges, représentant les douze mois de Tannée, et copiée avec beaucoup de soin sur les dessins d'un Flamand, élève de Raphaël (4). Nivelles était le centre du com-

(1) MS. 183, 3* partie, Bril. Mus. King's Library. Les diverses compagnies de ce régiment étaient sous les ordres des capitaines Wyngaerls, Schuer- Dians, De Néve, Bustanzi et Van de Perre.

{%) MS. 99, fonds Van Hulthem. Bibl. de Bourgogne.

(3) Voy. Cat. Van Hulthem, tom. VI, p. 96.

(4) Mémoires inédits de Louis Henri de Loménie^ comte de Brientie, publiés par

icrce des toiles fines, connues depuis sous le nom de u biiste. » En 1647, par suite d'une émeute, celle industrie passa A Valenciennes, Cambrai et Douai (1).

La situation politique s'améliora à l'arrivée k Bruxelles de l'archiduc Léopold. 11 reprit Commines et Landrecies, tandis que le maréchal Gassion tombait raorlellement blessé sous les murs de l-ens. Les Espagnols rentrèrent ensuite k Courtrai, mais perdirent Ypres qui Tut occupée par les troupes TraDçaiscs.

Les instructions eavoyées par Mazarin aux généraux de Louis SIV nous permettent de nous faire une idée des souffrances de nos populations durant celle guerre. « Si la con- « quête des Pay-Bas ne peut se faire, leur écrit-il, vos armées « auront tant plus de facilité d'escrcer, k leur départ, la u rigueur d'hostilité par saccagements, bràlements, pillages « et autres actions, de lever des tribus et tailles k discrélioD. (I 11 faut rMuire le peuple à la bassesse . el y empêcher tout con- (1 merce et trafic (2). »

On ne transforme pas ainsi le génie de toute une race. L'émigration offrait une ressource contre tant de tnaux, et les Belges continuaient à y avoir recours. Plusieurs d'entre eux se rendirent en Orient, tels qu'Orner, Calle, Vincent de StochoM, Jean Vander Linden cl Emmanuel d'Aranda. Ce dernier, néi Bruges en ldû2 , est de tous les voyageurs du x\n' siècle, celiù qui a peint avec le plus de vérité les misères qu'enduraicot 1« caplifs chrétiens en Algérie. Quelques-uns servaient dans II' marine étrangère. En 1633, les directeurs d'une compagnie commerciale désirant savoir s'il y avait moyen de passer l'hiver au Spitzberg, firent appel à quelques hommes de bounfl volonté. Sept matelots, dont le chef était Jean Seghei*», de Bruges, s'offrirent à eux. Abandonnés durant de longs mois dans une contrée glacée et inhospitalière, ils eurent le boaheur d'échapper à la mort. Un autre Brugeois. Jean Janssens,

Frannois BarriËrc. Paris, Pontbieu et C, I8S8, In-S*, lom. II. chip. IL p. 33. ît.

\l) Dclcpicrre, la Belgique ittaslrie, p. 28.

■ i) D'H-unifiit dv il novfiHbrt l(il5, cité par M. de HetlTenberg.

dit Jans, acquit une haute réputation aux Gobelins , où il exécuta, le premier, de la tapisserie sur des métiers à haute-lisse. François Pyrau, de Stemberg près de Verviers, plus connu sous le nom de Pirard de Laval, publia à Paris une relation de voyage, citée plus tard avec éloges par Buffon et Raynal.

François Pyrau avait quitté fort jeune son pays natal, pour aller faire le commerce à Saint-Malo, en Bretagne. Il y équipa, en société de quelques négociants de Vitré et de Laval , deux navires marchands, le Corbin et le Croissant^ et s'embarqua pour le Brésil dans l'intention de découvrir une voie nouvelle vers les Indes. Il relâcha successivement aux tles d'Annobou, de Madagascar, de Comore, et fit naufrage en arrivant aux Maldives.

Devenu prisonnier des indigènes, il résida cinq ans parmi eux, s'échappa en 1607, passa à Chartican, à Montingne, à Galicut, à Cohin et s'arrêta à l'hôpital de Goa, épuisé de fatigue. Il prit alors du service dans l'armée portugaise, qu'il suivit dans plusieurs expéditions. De retour à Goa, il se préparait à revenir en Europe, lorsqu'on le mit en prison ainsi que tous les étrangers habitant la ville. Il obtint son élargissement, grâce aux jésuites, et mourut à Saint-Malo en 1652 (1). Un armateur flamand. Chrétien Brouwer , de Bruges, avait établi vers le même temps une navigation active entre Tonquin, Quinam et Cambodia. La compagnie des Indes néerlandaise, jalouse de ses succès, autorisa des bâtiments armés à courir sus aux navires de Brouwer.

Un orfèvre bruxellois, Jean Jacobs, se fixa à Bologne, où il acquit de beaux revenus. Il résolut de les consacrer à ses compatriotes, et y institua un collège, qui existe encore de nos jours. On y étudie le droit, la médecine, les sciences, la théologie, et plusieurs savants distingués y ont reçu leur éducation. L'université de Bologne jouissait, au xvii« siècle, d'une célébrité justement acquise (2).

Nous avons déjà suivi nos missionnaires au Pérou, au Paraît) Sainl-Génois, Voyageurs belges, lom. ï.

(2) Voy. un article de Fréd. de Dobbeler sur le collège Jacobs, dans le Messager des sciences et des arts de Gand, année 1831, p. 41.

HISTOIRE DU COMnERCE

y et au Chili. Nous les retrouvons aux îles Marinnaes, où

rre Coomans fut martyrisé en 1684, et surtout en Chine, au

>B><on et aux Indes orientales, qui leur durent les premières

nn'ions du (;hrislianisme. LJi se rendirent Henri Busens, qui

■ ut il la cour du praod Mogol; Jean Spelderius, Gérard Bau-

us, G. Van Bekerl, Nicolas Dufour, Adrien Cnudde et Jacob

iiillet : Pierre Spira, qui propagea la Toi dans la province de

m-si et à Nari Cliam ; Martin Burgentius, qui prêcha sous le

règne de l'empereur Jam Chiin; Albert deDorville; Philippe

Couplet, auquel les Chinois donnèrent le nom de Pè-Ym-Li, et

qui parcourut les districts de Kiam-si, Fokéen, Hu Quam, Cb^

kiam, puis se transporta en Amérique.

Parmi tous ces Taits, l'un des plus remarquables est celui qui nous a été révélé récemment par M. Gachard, dans une notice pleine d'intérêt, lue durant l'une des séances de TAcadémiede Belgique.

En 1652, quatre principaux intéressés, brabançons et hollandais, achetèrent par contrat de Frédéric III, doc de Schiesvrfg. pour eux et leurs héritiers, l'Ile de Nordstrand, située sur la côte occidentale de cette province, vis-à-vis de Flensbourget de Husum.

Cette île, d'après quelques auteurs, faisait autrefois partie ;,■ du continent, et en fut détachée par suite des ravages de la

!j mer. Les grandes inondations y étaient fréquentes et désas-

Vf treuses. En 1634, le H octobre, à dix heures du soir, une lem-

';'!;, pélc horrible submergea tout son territoire, coûta la vie à six

;.';. mille personnes, et noya une quantité de bétail. Les dignes

furent rompues en quarante-quatre endroits diffërenis ; viaglhuit moulins à vent furent renversés ; les églises, qui aniaot été cunstruites dans des Ijeux élevés, tombèrent en rateec- ^ ' L'Ile était encore sous les eaux, lorsque les Brabançons et Itf

j ^. Hollandais dont nous avons parlé en Ârent l'acquisitioa.

:,!' La mise en exploitation de Nordstrand exigeait deaavnMes

' , ï^ij de fonds assez considérables, et ils réclamèrent, avant de cdo-

',! dure, exemption de toutes charges durant quatorze ans, ce qui

■r'^ leur fut accordé. Il fut même stipulé que ce privilège serait

réitéré à chaque inondation nouvelle. Le libre exercice de Is rcli[5ion catholique était garanti aux émigranis.

Les intéressés jouirent d*abord assez paisiblement de leurs domaines, mais les flots vinrent détruire leurs travaux en 1717 et en 1718. Ils se mirent aussitôt à réparer les digues renversées, mais à peine les avaient-ils relevées, qu'elles s'écroulèrent durant une autre tempête , et livrèrent encore passage à la mer. Les colons, en présence de telles circonstances, espéraient bien jouir des quatorze années d'exemption d'impôts qui leur avaient été promises ; mais, contre leur attente, on exigea qu'ils payassent leur tribut, même pour l'année 1721, pendant laquelle l'île fut une quatrième fois submergée, et le fut dans toute son étendue. Ils implorèrent alors la protection de l'empereur Charles VI, et ce monarque ordonna à son résident à Copenhague, d'agir en leur faveur auprès du gouvernement danois. Cette intervention leur valut deux années de tranquillité. Le fisc revint bientôt à la charge et, comme les habitants de Nordstrand alléguaient leurs droits, il résolut de les contraindre à la soumission par une rigoureuse exécution militaire.

Le comte de Fridag était en ce moment envoyé de Charles VI près les cours de Suède et de Danemark. Les propriétaires de nie s'adressèrent à lui, pour qu'il fît renvoyer les soldats qu'on avait logés chez eux. Ils sollicitaient, en même temps, le maintien des privilèges dont la jouissance leur avait été garantie.

Fridag, appuyé par l'envoyé de Hollande, plaida leur cause avec chaleur auprès du gouvernement danois, mais leurs représentations restèrent sans résultat. La chambre des finances de Copenhague, par décret du 26 janvier 1723, rejeta la requête des colons, en déclarant que tant que les contributions dues par eux ne seraient pas payées, l'exécution militaire suivrait son cours. Les deux ministres appelèrent de cette décision au conseil d'État, dont nous ne connaissons point la décision.

Plusieurs communautés religieuses avaient placé des fonds dans cette entreprise. Les oratoriens de Malines possédaient à Nordstrand une maison seigneuriale, de laquelle dépendait 231 dempten de terre (1). Ils louaient en outre 237 dempten, à différents fermiers, qui leur payaient de ce chef une somme de

(1) Trois dempun font un bonnier, mesure de Malines.

1,394 mires 11 aohellings (1). Un capital de 30,870 marcs od j ia 6,890 daldres royaux avait été placé en rentes sur d'auira ' Uens. Le couvent de Louvain partageait, pour un cinquième. le produit de ces revenus avec la maison de Maliaes.

Nordstrand oooiieiil aujourd'hui deux mille cinq ceuts âines. et préSMite une superficie de trois lieues et demie carrées.

Cet éi^sodede notre histoire coloniale nous a entraîné à anti- i tipersor d'autns faits, dont l'iniluence sur les destinées du ' peuple belge Ait trop importante pour que nous n'ea disions ' qu^qaes mots.

Des conférences s'étaient ouvertes à Munster, dès I6K, entre les diverses puissances, pour la conclusion delapaii. Les E^Bgnols cherchaient à désunir leurs ennemis, et ils j parvinrent en ftisanl à chacun d'eux des offres avantageuse. , La France flit la première à se laisser séduire par la perspective d'nn mariage entre Louis XIV et l'infante d'Espagne, qiri devait recevoir la Belgique pour dot. Les états généraux eur«tf oODDaissanoe de ce projet, et redoutant encore plus le voisi* oage de la France que celui de l'Espagne, ils donnèrent ordn à leurs ambassadeurs à Munster de presser la conclusion àe 11 paix. Le prince d'Orange y était peu favorable, mais sa mort aplanit tout obstacle. Comme on supposait que son fils suivrait la même politique, les états provinciaux retardèrent pendut un ao la cérémonie de son installation comme sudhoodfi. Entin, après de longues et laborieuses négociations, la pais fut signée entre Philippe FV et la république néerlandaise.

L'Espagne, en souscrivant à ce traité, acceptait sa défaite. Non seulement elle reconnaissait l'indépendance des Provinces-Unies, inais elle consacrait d'une manière définitin l'oppression commerciale de la Belgique. On se rappelle que les commissaires hollandais avaient réclamé la fermeture de l'Escaut, dès 1633, alléguant un privilège d'étape en favear de li Zélande, prétention contraire au principe qu'ils avaient opposé jadis à leurs ennemis, en réclamant, comme un droit naturel, la liberté des mers. L'article 14 de la convention de Munster portait que l'Escaut, le Zwyn et le canal du Sas resteraient cIm

(S) Le marc valant 16 sols.

du côté des États. Cette clause, en réservant à nos voisins le libre parcours du fleuve, leur assurait le monopole du commerce des denrées coloniales à Anvers, et dans toutes les localités placées dans le rayon de cette ville.

Là ne s'arrêtaient pas les concessions des ministres de Philippe IV. L'article 15 du même traité soumettait les marchandises arrivant dans les ports de Flandre, au même régime fiscal que celles qui nous venaient par l'Escaut. Toute concurrence était désormais impossible : la supériorité hollandaise était établie sur des bases solides et durables.

Ces avantages, déjà si considérables, ne suflirent pas aux agents néerlandais. Ils parvinrent, en vertu de l'article 13 du même traité, à s'emparer du commerce du sel, sur lequel ils nous firent payer double fret, après avoir ruiné nos sauneries les unes après les autres. Ceci demande quelques explications.

La Belgique et la Hollande, moins bien favorisées à cet égard que le Portugal ou l'Angleterre, ne possèdent point de mines de sel de roche. Chacun des deux pays avait donc intérêt à réserver à sa marine le transport de cet important objet de consommation, et à faire raffiner le sel brut sur son propre territoire. Les taxes imposées sur notre navigation ne nous permettaient point d'importer, au moins pour quelques années, le gros sel au même prix que nos concurrents. Nous devions diminuer autant que possible les frais d'exportation, et empêcher en attendant, par des droits plus forts, l'entrée des sels raffinés à rétranger. On nous retira cette faculté en stipulant que le produit manufacturé ne pourrait, de part et d'autre, être chargé d'impositions plus élevées que le produit brut.

Les Holllandais se préparaient en outre à nous fermer la route des mers lointaines. On convint à Munster que « la navigation et trafic des Indes orientales et occidentales seraient maintenus en conformité des octrois sur ce donnés ou à donnés ci-après. »

« Les Espagnols — ajoutait-on — retiendront leur navigation en telle manière qu'ils la tiennent pour le présent es Indes orientales, sans se pouvoir étendre plus avant, comme aussi les habitants des Pays Bas s'abstiendront de la fréquentation des places des Castillans dans les mêmes contrées. »

in HUTOIU W OiAOmCB Sf M Là MAlMin SUBItBi.

Ces daitôes ne soole^èrètit ^'aèoîrd tfacuod^ léelasurtioii m BélgiqM, l'Espagne ayaatim^iljMqà'atofs* k moios â'odniB spéciaux, toute expédition belge vers ses oolonieft. On en saisit si peu rimportance qve le consdl d*]^l, séant à Bmxeil^ ecMh sullé à ce sbjet, se borna k s'en réfiSrer aux ini^ntctions ^sax ordres du roi (1). Plus tard, soitô radminislnition antricineBoei il en fut autrement. Ce même textes inlérprélé par des rivanx Jaloux et vigilants, devait soulever bien des (Mrages, arrâsr ressor de no^ manufactures, et détruire les derMères espérances dé nos armateurs et de nos marins.

(1) Voy. la instille un 1S décembre 1119.

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