CHAPITRE XIIl
,4^ 4M Lottù XIV. — Influence de Colbert soi le -iAiTM politiques. — Invasion des Pajt-fie ■MMMtm une l' Angleterre. — Les corsaires lii— i-n — ^i d'Âii-la-Ghapelle. — Notes 1 M nHunu — Nos relnlioQS mercantiles s*ec I HMirt Iwcursures wtendais. — Kenonvellement ^tiHOM. — Tkrif de 1670. — Les distilleries 'IBM,. — Un* industrie nouvelle ii Anvers.— ■MB». — Reprise des hostilités. — Trêve de do ^diMUua uummercUle des diverses provinces. - .jMtatMur gitaêxtl. — Projets de colonisation. - ^MiMM. — Ses conséquences. — Ordonnances uitK» imn les Pajs-Bas. — Paix de Kjswick.
La Ki-auce, unifiée sous le sceptre de Le '. :tMve liaus la voie des conquêtes. Sa ^ute, et s'améliorait chaque jour sous D .v Oolbert. C* ministre, qui avait rendu '«tazariu durant la Fronde, était devenu ir niivs. la dis^nlce deFouquet. C'était, a diti ,Mt'lt{ui.' pt'u pesant et dur, mais solide, ac %.(il .P. ïHtrti de la bourgeoisie, il eu aval .i 'u <icieiu*e de l'économie sociale lui doi Vxiiidi.>iiuaul les idées trop exclusives d 'ttfK'ulture était l'unique nourricière di >i<.-^ coinMt'u le développement du comm ■..i;moiiU' la richesse publique, et s'appi
- .. ,■ . i^i; ■(■■•' Fn,ni^ji«, Paris, Chameroi, !
HISTOIRE DU COSIMERCi: ET DE LA MARINE EN BELGIUt^C^- Ml
ravoriser leur essor. Il créa des comités consultatifs de marchands, établit des entrepôts francs, fit tracer des routes et creuser des canaux, el assura le négoce de mer par la destruction des pirates. Il défendit de rien vendre ou léguer à fonds perdu aux communautés, reslreiKflit les exemptions d'impôts que les ecclésiastiques, les nobles et les bourgeois des villes franches étendaient jusqu'il leurs fermiers, et déclara casuels tous les offices comptables, afin de les supprimer peu à peu.
L'édit du mois de septembre -1664 réduisit les droits d'entrée el de sortie sur les marchandises à des proportions convenables, et supprima les plus onéreux. Des ouvriers belges furent appelés aux Gobelins (1). et donnèrent une nouvelle activité k ce magnifique établissement. Golbert publia ensuite sa déclaration « sur le fait et négoce de la lettre de change » et son immortelle ordonnance de 1673 servit de base à noire premier code de commerce. Les compagnies françaises des deux Indes s'établirent sous ses auspices. Une colonie, partie de la Rochelle, alla peupler Cayennc; ure autre prit possession du Canada, et jeta les fondements de Québec; une troisième se fixa ,h Madagascar.
Tout en accordant moins d'allention que ne l'avait fait Sully aux intérêts agricoles, il fut loin de les négliger. Il fil défendre de saisir, en paiement des arriérés de la laille, les oulils de labour et les bestiaux des fermiers; prescrivit le dessèchement des marais; ordonna le rélahlissemeiit des haras, et travailla pendant huit ans â l'excellent édit des eaux et forêts, devenu plus tard notre code forestier.
Son système peut se résumer en deux mots. Il partait de ce principe, queo le plus sur moyen de relever la foilune publique est de favoriser la fortune particulière, et d'ouvrir à la production les voies les plus larges el les plus libérales, ii Dans l'application. son amour de l'ordre l'entraîna h multiplier outre mesure les règlements industriels (2), et à ne pas laisser assez
II) Jans, LHureiil et Letevre furent établis chefs des ateliers de haute tMe; un autre flemand, du nom dg He Kerkove, eut l'inapeclion de la l«lnture des laines.
|ii Btanqul. Ifiil. de l'éeonomie puliUiiue, lum. Il, p. 9.
de liberté à Tinitiative individuelle. Il eut également le tort, vers la fin de sa carrière, d'abuser de l'instrument protecteur qu'il venait de créer, en exagérant, dans l'ordonnance de 1667, les mesures exclusives dirigées contre les manufactures da dehors par celle de 1664.
Louis XIV, ainsi qu'autrefois la reine Elisabeth, avait le rare bonheur, dès le commencement de son règne, d'être entouré d'hommes éminents, dont les travaux devaient jeter un vif éclat sur son gouvernement. L'armée française avait été réorganisée par Louvois, exact, violent, farouche administrateur, dont fiafluence balançait celle de Colbert.
L'état des affaires politiques, en Europe, était de nature i encourager le gouvernement français dans ses vues ambitieuses.
Le roi d'Angleterre avait déclaré la guerre à la Hollande, et ces deux grandes puissances maritimes se disputaient avec acharnement la suprématie navale. La vaste colonie fondée par la compagnie des Indes occidentales dans le nord de l'Amérique, étant tombée entre les mains des Anglais, avec les Iles du cap Vert et de Saint-Eustache, les états généraux avaient donné ordre à l'amiral Ruyter de reprendre ces Iles et de protéger le commerce hollandais. La mer était infestée de co^ saires (1). Un navire ostendais fut capturé près de Malaga par un chevalier de Malte, porteur de lettres de marque du roi de Portugal.
La compagne de 1665 n'avait point été heureuse pour la Néerlande, attaquée simultanément par les forces britanniques et par le guerroyant évéque de Munster. Elle prit sa revanche en 1666, époque h laquelle Ruyter battit complètement la flotie anglaise, commandée par le prince Robert et le duc d'Albemarle, après une lutte qui dura quatre jours.
Des négociations avaient été entamées à Bréda, et semblaient ne point devoir aboutir, lorsqu'une escadre hollandaise se présenta à rentrée de la Tamise, et mit le feu devant Cliatianià
(1) Le roi d'Angleterre accordait 10 scheUings par lonnc sur la valeur (k chaque prise à ceux qui l'amenaienl au port, et 6 livres, 13 schellin|> 4 deniers par canon; le reste appartenait au trésor. Ce droîl ne varia point jusqu'en 167î. Voy. MS. 19,033 Bibl. addil., musée Bril., fol. 15.
ET DK LA MARINE EN BELGIQCB. W9
huit vaisseaux de ligne anglais. Celle démonstration vigoureuse décida l'Angleterre à renoncer à ses prétentions, et la paix fui signée.
Les deux Etats étaîcnl sortis affaiblis de cette lutte obstinée. Quant à l'Espagne, elle ne présentait plus que les majestueuses ruines d'un glorieux passé.
Il ne manquait Ji Louis XIV qu'une occasion de tirer l'épée, et elle ne tarda pas à se présenter. Philippe IV était mort en 166S, et son successeur, Charles II, avait éié proclamé en Belgique. Le roi de France, alléguant la loi civile des Pays-Bas, soutint que sa Temme, fille ainée du défunt, devait lui succéder de préférence au fils cadet. L'infante avait, il est vrai, fait abandon de ses droits, mais on considéra celte cession comme nulle, toutes les conditions du contrat n'ayant pas été exécutées par des Espagnols.
Ces prétentions n'étaient pas nouvelles. Dès le 6 mars 1662, elles avaient été développées devant Philippe IV lui-même, par rarchevôque d'Embrun. Les Hollandais en avaient été informés et, pour ne pas rester étrangers à ces négociations, avaient l'ail des propositions au comte d'Estrades, ayant pour objet le morcellement des Pays-Bas espagnols. Louis XIV eût probablement souscrit à un traité de partage, mais les marchands d'Amsterdam s'opposaient à toute extension du territoire de la république, craignant qu'elle n'entrainâl la levée du blocus de l'Escaut et le rétablissement de la liberté commerciale d'Anvers.
Louis XIV envahit la Belgique en mai 1667, avec toute la pompe d'un triomphateur. L'armée frant;aise formait deux diviïiions, au milieu desquelles se trouvait le roi, entouré de ses ministres et de ses officiers. Les dames suivaient, dans les caresses dorés de la cour. Le pays se trouvait sans défense. Bergucs, Furnes, Douai, Ath, Courtrai el Audenarde capitulèrent a l'approche de l'ennemi ; Termonde lui opposa les inondations de la Dendre et de l'Escaut : Lille seule osa tenter une résistance qui ne fut pas sans gloire. Elle était défendue par le comte de Brouay. La Flandre fut prise en deux mois et la Franclie-Coralé en dix-sept jours.
Les ministres espagnols, ne sachant comment résister à ce
M COMHERC
d'autres f
e voie, te con; I négociations, i ^•m Brabaut Turent ég r les vins du Rhin »D par aime. Les s à conclure, et | F droits d'accises. 1 lent du conseil des t le projet de Linsen ine s intérêts des souvera kdv fut l'esprit de routine I- svec l'Allemagne devii i du bureau de douai iDtes stations de la fro hH»^ *^ paucons.
.^^■t-fJu-lft-Cbapelle n'avait poin ^ 1 llllwmrf après avoir consen ,^ii,«MK fMt otttir sa coopération i ^^t*<«wLM cas d'hostilités, d'occuj ^ .^a. « i>lnnd et le port de l'Ëcl 'a^Ébx.â«&iin}j«tâ de partage, mais celte • Tturr™' dans les Pays-Bas la proi -iMk^ pu muit visiter les villes dont ,Ms^<ui «tt<n>yé des Provinces-Unies a ^ j«hi»iM «tes câpres d'ûstende. qui i j^-nr ii^taises transportées sous | aiM^ttis M C.;isieURodrigo répliqua que 1 Mnutfrv tu«t*> s'était attribué le dro SMMHMS^t d> saisir les produits d'orig :)t .vtf«3£t tivHiver mauvais qu'on sui<
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Ces différends ne devaient point ôtre de longue durée. Les deux États allaient bientôt avoir besoin l'un de l'autre. Louis XIV n'avait point oublié que la Néerlande avait protégé TEspagne et fiait reculer la France. Il se souvenait qu*un bourgeois, un échevin d'Amsterdam, était venu lui signifier, au milieu de toute sa gloire, qu'il n'irait pas plus loin. Des médailles outrageantes avaient été frappées. On prétendait que l'envoyé hollandais. Van Beuningen, s'était fait représenter avec un soleil, et cette devise : In conspectu meo stetit sol.
Le roi désirait rompre la triple alliance, et il y parvint en achetant le désistement de l'Angleterre et de la Suède. La guerre était de nouveau à nos portes, et elle commença en 1672. Plus de cent quatre-vingt mille hommes, portant pour la première fois la baïonnette au bout du fusil, marchèrent vers les Provinces-Unies.
Ils laissent Maestricht derrière eux, s'emparent delà Gueidre, d'Utrecht, d'Overyssel ; les voilà à quatre lieues d'Amsterdam. La Hollande n'avait que vingt-cinq mille soldats à opposer à cette grande armée qui combattait sous les yeux du roi, de son frère, et des plus habiles capitaines de l'époque, Turenne, Luxembourg, Vauban et Louvois. Les alliés de la république, l'Espagne et le Brandebourg n'auraient su faire lâcher prise à Louis XIV. Celui-ci seul pouvait la sauver par ses fautes, et il le fit.Condé et Turenne conseillaient de démanteler les places, IXHJvois d'y mettre garnison, c'est à dire de disperser les troupes. Le roi crut Louvois. Les Hollandais, dans le premier moment de désespoir, avaient voulu émigrer en masse, quitter leur patrie, et s'embarquer pour Batavia à bord de leurs vaisseaux. La guerre se ralentissant, ils reprennent l'espoir de résister à leurs ennemis, se jettent en furieux sur ceux qui leur avaient conseillé d'augmenter leurs forces maritimes plutôt qoe leurs ressources militaires, massacrent les De Witt, et confient les destinées de la nation au jeune Guillaume d'Orange.
Ce prince, doué d'un génie actif et pénétrant, comprit qu'il n'y avait qu'un moyen unique de défendre le pays, moyen terrible mais efilcace, celui de le mettre en partie sous les eaux. n fit percer les digues, et arrêta les ravages de l'ennemi par ceux de l'inondation.
aUTOltB 00 COMMBRCI, T. Ul. 14
UISTOinE DU COUMERCB
Les flottes d'Angleterre et de France, après avoir tenté wntilement un débarquement dans l'île de Texel, ea vinrent m mains avec l'escadre liollandaise, en 16"3. Quelques corsains ostendais s'étaient joints à celte dernière, que conimandaillt célèbre amiral Ruyler. Celui-ci, non content de tenir téiei l'ennemi, fit entrer au Texel un vaste convoi de navires cliands, arrivant de l'Inde chargé de trésors.
Dans les Pays-Bas espagnols, tout commerce avait été dé(en4l aveclaFranceetl'Angleterre.LàaussilesFrançaissecoaiJuisaiett comme en terre conquise, et D"'"isaient des recoanaissaiices jusqu'aux pieds des rempai mde. Sur ces entrefaites, Cuit laume d'Orange poursuivaii suu œuvre. L'empereur Léopoldd la plupart des princes de l'empire s'étaient émus des projets de Louis XIV, et prenaient les armes. Le roi d'Angleterre lui-niêQH. forcé de compter avec son pari ment, se détacha de la France. Son exemple eEitrafnal'évéque ùi Munster, l'électeur deCologK et le Danemark : l'Europe entière se levait contre la monarcbil frauvaise.
Louis se vit contraint d'aband mner les provinces qu'il de subjuguer si rapidement.En 674, il rentra dans la Fraodifr Comté, qui fut enlevée sans retour aux descendants de P^ lippe IL Turenne tenait en écbec tout l'empire, pénétrait <■ Allemagne, et promenait le fer et le feu dans le i'alatiaal,ai deux villes et vingt-cinq villages furent réduits en cendres (W ordre de Louvois, Condé parcourait la Belgique, et gagaaitsiir le même temps auprince d'Orange la furieuse batailledeSeneffc.
Les alliés, malgré la mort deTurenne et la retraite delioadé, ne purent entamer la frontière du Rhin, et perdirent, dans \S Pays-Bas, les cités fortifiées de Bouchain, Aire, ValencieûDa, Cambrai, Gand et Ypres [1). Duquesne, envoyé au secours* Messine, révoltée contre l'Espagne, y livra une sanglaulet»taille navale î^ Ruyter, en vue de l'Etna. Les Hollandais remportèrent la victoire, mais la payèrent par la perte de leur gni* amiral, frappé mortellement durant la lutte.
(t| Dctartescoiilribulionsdc guene furent levées dans la plupmdfl v\l]e» ; le pavd de Wue^ fui taxa fi 900,000 Horins. Vuy. HS. I5!0, M. M 318, Bibl. UurlâJCARC, musée Brit.
ET DE LA MAItlNE EN BELGiQUE ■ÎIS
Depuis 1676 jusqu'à h conclusion de \a paix de Nimëgue, en 1678, il ne se passa que des Taits peu importants. Cette paix, tout en étant des plus honorables pour la Hollande, fut également avantageuse pour la France, qui garda la Frauclie-Comté et douze villes belges, et échangea Fribourg contre Philipsbourg. Le Danemark et le Brandebourg restituèrent ce qu'ils avaient pris ^ la Suède.
Nos annales commerciales, durant toute cette période, sont peu intéressantes. Les autorités françaises firent publier, en 1670, un larif de douane applicable au territoire belge alors incorporé au royaume. Les draps teints, de la valeur de 180 florins la pièce, y sont imposés à 8 florins à l'entrée, et à 1 florin 5 sols à la sortie. Les plus communs, évalués à moins de 40 florins, ne sont taxés qu'à 3 florins à l'entrée et à 6 sols à la sortie, le tout par pièce. Les toiles de lin font l'objet, dans ce règlement, de dispositions assez nombreuses. La toile grise ou écrue, pouvant encore subir diverses préparations, était, frappée à l'exportation de droits très élevés. Le charbon de terre se trouvait taxé à 3 sols la pesée de 144 livres, h l'entrée, et à S sols pour la même quantité à la sortie. Le fer en gueuse payait 3 sols k l'entrée et 3 sols à la sortie, le cent pesant. Les clous et les fers en barres étaient imposés il raison de 8 ^ 6 sols. On se croyait obligé de retenir à l'intérieur tout ce qui pouvait encore subir de nouvelles transformations. On facilita cependant le transport vers l'intérieur des grains Indigènes, sur lesquels on percevait 6 florins par last. Les blés étrangers, au contraire, étaient chargés d'un droit de 9 florins le tast à l'entrée. On espérait, à l'aide de cette combinaison, favoriser le cultivateur, et par conséquent le grand propriétaire foncier.
L'administration espagnole rendit un service plus réel à Tagriculture en 1671. Elle rapporta les ordonnances d'Albert et dlsabeile concernant la fabrication des eaux-de-vie, et permit l'établissement de nombreuses distilleries de grains, de poires et de pommes. Ces établissements se multiplièrent d'autant plus, qu'ils fournissaient à l'entretien d'un nombreux bétail. A la Qd du xvni" siècle, on comptait, dans la seule province de Brabant, 4S3 distilleries. 11 y en avait 3S0 dans la Flandre orientale, et un nombre probablement plus considérable dans le l,im-
BISTOIRE DL' COHMEKCE
botirg , [tariiculiëremenl à Uasselt. L'impôt établi sur l genièvre était, en général, peu élevé. Ajoutons cependant qu' ■Vtail point perçu d'une manière uniTornie. Dans quelqm localités, ttil que dans la Flandre ocddenlale, le gouvernemci 4'éiait réservé la vente des brandevius, h titre de « cantine, pour grossir ses revenus.
De nombreuses palenles de mer, ou lettres de inarquf awient été accordées par le gouvernement espagnol durant guerre. Parmi les navires armés en course à cette époque, noi citerons, entre autres, le CaxUl Roilrigo, de 300 tonneam portant 36 pièces d'artillerie, et commandé par Chrétien i Vincq; la Sainte-Marie, de S4 canons, qui croisait sur tes cdU de France, entre la Rochelle et Bordeaux; la Justice, Gap: laine Pasquier de Moor, de ii cauons; le Saint- Pierre, sou les ordres d'Antoine Colart. Ces vaisseaux, et quelques autre dont les noms nous sont inconnus, causèrent aux ennemis uo perte de âO0,O00 norias. L'un des plus illustres maria» fran çais, Belge d'origine. Jean Baert, fit ses preoiières armes e 1678 contre les marins d'Ostende, à bord du Dauphin. (1 leu prit trois bâtiments (1).
La IVéquence des combats maritimes amena quelques modi ncations aux lois internationales relatives h cette mstiére. Pa le traité de Londres de 1674, conclu entre Charles II et le états de Hollande, il fut statué que tout corsaire qui inflige rait la torture à ses prisonniers, ou les soumettrait à un inile' ment cruel et barbare, perdrait à la fois sa commission et lou droit sur ses pris«s, eussent-elles été légalement faites. Le
Itt Hrnn«quin, IHofTVflâe maritime, toni. I ; p. !l. Les armateurs o^lrs- 4a 1» ou«s«Dt doDDi! pins d'eilension encore i léjjn entreprises, slls aiixai pu obuutlr. aUui qu'ils le demandèrenl. »eiuption d«s droits da dtiitef. puTui «u prollt At rSUt. Il; eu^^ol éKalrmenl dé^ir^ ae pa» siuir i ratdn ooHpi» lui incee d« l'ininuK! iti phâes n>icM<iil pu wlll» pMana» L'adminifintion npou^:^ leur requête. Us iTsiral $oalev£ uiw tatn >|U^MijA dw plus imporump5 En «s d'anncmenl d'un iwTirc \tt ose KV>oi«.iriiiquv iclîMuiaire poutail-il être contnint 1 paier sa part it* dvi'..-> >■ i.iiJmm ' i>fi dA-Slj ini'il t'taii IUWp, dins cr ta^. qurn rai*» di^U (url i;tiil vtil fm* ai» bta^er^- Vot. IS. IS. an. BiU de Imt-
ET DE LA MARINE EN BELfilQl'E. 217
sentiments d'humanité, longtemps faussés par des traditions de haine et de vengeance, se développaient avec la civilisation.
En 1675, Jacques et Pierre Wouters d'Anvers sollicitèrent un octroi pour introduire dans cette ville une nouvelle industrie, consistant à imprimer sur des étoffes de soie, de laine et de lin « toutes sortes d'histoires anciennes et fameuses, pay- « sages et autres ouvrages de tapisserie. » Il paraît, d'après certains documents conservés î> la chambre des comptes, qu'on leur en permit la vente exclusive durant 30 ans, mais Ih s'arrêtent tous nos renseignements à cet égard. Il est probable que cet essai eut peu de succès, d'autant plus qa'une maladie contagieuse éclata à Anvers en 1678, et y interrompit momentanément toute relation avec l'extérieur. En 1659, le chiffre de la population anversoise n'était que de 53,916 âmes. Plus de 1,200 maisons se trouvaient sans habitants.
Un Brabançon, Jean de Weert, acquit, vers le milieu du xvn' siècle , une haute réputation militaire en Allemagne. D'abord au service de l'Autriche , il commanda l'armée bavaroise, à la mort d'Aldrinjcer, défit G-assion en 1635, battit Ranlzau à Tudlingen en 1643, et devint vice-roi de Bohème et commandant de Prague, où il mourut en 1665. Les habitants de Weert faisaient un grand commerce de tourbes.
Barthélémy Deschamps, de Liège, visita le Saint-Sépulcre et l'Egypte en 1666. Ses notes de voyage ont été publiées, et contiennent une description très détaillée de la Palestine. Un autre Belge, Louis Hennepin , né à Ath vers 1640. se rendit en qualité de missionnaire à Québec, traversa en 1678 le lac Ontario, parcourut les vastes contrées qui sont au sud du Canada, et reconnut le premier l'embouchure des principaux affluents du Misstssipi (1). Il donna la narration de
(t) Quelques auteurs prétendent qu'il tut le premier Burapéen qui visita les bords du fleuve, mais c'est là une erreur, car le HississipI avait étfi Bignalii cent ans auparavant par Ferdinand de Solo. L'opinion d'après laquelle cette découverte aérait due à Robert Cuvelier de la Sale, natlt de Boaen, est encore moins jnsliflable, puisque ce voyageur ne partit qu'en 16S0, c'est A dire uprës Uennepin. Voy. Bancroft, fljïi. of iht UaiUi Uates ; \cga.
MU HISTOIRE Dr COMMERCE
ses découvertes dans un ouvrage imprimé à Paris en 1683, et Tiédilé h Amsterdam, d'une manière plus complète, eo 1704.
Plusieurs de nos compatriotes vivaient en France durant U guerre, et Turent employés par Louis XIV. VanObstal, d'Anvers, était membre de l'Académie de peinture et de sculpture à Paris, oit il mourut en ltiS8. Il exécuta pour le roi différents groupes en ivoire, d'un beau travail (1). Renkin Sualem, le constructeur de la fameuse machine de Marly, était également Belge. Il était né 11 Jemeppe, près de Liège en 1645 (â).
Louis XIV se trouvait au comble de la prospérité. L'Europe s'était armée contre lui, et il avait résisté h l'Europe. Son ambition, néanmoins, était loin d'être satisfaite. Sous le prétexte de faire exécuter le iraité de Nimègue, il forma des chambres de réunion, dans lesquelles ses délégués prononcèrent seuls 8ur la validité des prétentions de leur maître sur des villes el des provinces entières. La guerre entre la France et l'Espagne recommença bientôt.
La Belgique allait être encore une fois attaquée par teiTe el par mer. Le « droit de convoi » perfu sur les navires de conimerce, avait été élevé à un pour cent dès 1666. Il avait fourni un revenu considérable jusqu'en 1680; mais à partir de cette époque. les recetlesbaissèrent rapidement. Le gouvernementfinit par abandonner cette perception aux états de Flandre, à charge de fournir 18,000 florins pour l'entretien du port d'Ostenda, 6,000 tlorins pour celui de Nieuport, el de consacrer le surphis h l'entretien* de vaisseau.'; de guerre (3).
Ilv IV, cbap. lîl; Delvenne, lom. I, p. SOS; Pirlioanoirt ene^HopHtqite d* rommerct, Paris. 1T89, tom. I, p. 6S7.
[}} Band book of ttie aru of Ittt Middle aga, LoodoD, 1S55, p. 375. ii) BvU, de l'iuttiliil archéologiquth/çfoi*, lom. lit, p. 38. i3) Od n'a pas ie nolions bieo c^rlaines sur la stalislique d« ces vais.'etax. Od iiré.«ume cependant quo, depuis 17fK, jpoqae t laquelle les AngUlsel le'7 UollandaU iKCU|>èreDl la Flandre, ils cessèrent d'eiister. Sons le goovrrneuienl autrichien, le droU de coDvoi fnl uni à la ripe desdoaanei Voiii une iuii*pnne des produits de celle laïc -
de ITM a nil 87,(100 (1
. Wol • 17S8 68,000 .
) fI<T<i< M#c, loui 11. p- 163, in-S-. Liège. I83S.
Au mois de novembre 1683, le duc de Boufflers s'avança sur Courtrai, qui ne put lui résister. Une autre division française s'empara de Dixmude, et peu de temps après, le maréchal d'Hunières bombarda Audenarde.
Ce fut la ruine des manufactures de tapisseries existant encore en ville. Cette industrie, d'ailleurs, était déjà en pleine décadence, et ne se soutenait à Bruxelles et à Tournai que grâce aux subsides du gouvernement et des communes. La mode avait changé ; au lieu de tapis, on commençait à employer conome tentures, des étoffes de soie ou de coton, et plus encore du papier peint.
Le roi d'Espagne avait demandé du secours à la Hollande. Le prince d'Orange était d'avis que l'on fft passer huit mille hommes en Flandre, et que l'armée de terre fût considérablement augmentée; mais cette proposition avait été mal accueillie. La province de Hollande, et particulièrement la ville d'Amsterdam s'étaient opposées à toute intervention dans les Pays-Bas espagnols. Tandis que cette question se débattait encore entre le stadhouder et les états, le gouvernement de Charles II se voyait contraint de signer une trêve de douze ans avec son redoutable adversaire. Louis XIV obtint la forteresse du Luxembourg, et ne restitua Courtrai et Dixmude qu'après avoir fait démanteler leurs retranchements.
Le commerce belge n'avait plus quelque activité que dans la principauté de Liège. Le 12 mars 1680, parut une ordonnance pour faciliter le transit entre Liège, Verviers et l'Allemagne, ainsi que celui d'Aix-la-Chapelle vers le quartier de Maseyck par le pays de Rolduc. Les droits perçus sur le voiturage des marchandises variaient de cinq florins à dix-huit sols. Le transit, sauf quelques exceptions, était frappé d'une taxe de quinze sols pour cent.
Des négociants d'Aix-la-Chapelle et de Verviers montèrent un certain nombre de métiers à tisser à Néau, qui appartenait alors aux Pays-Bas espagnols. Pour encourager ces entreprises et favoriser les manufactures de draps, on accorda permission à quelques industriels d'Eupen, de prendre dans les forêts domaniales le bois nécessaire h la construction des moulins à fouler — à eau ou h vent — qu'ils se proposaient d'établir sur
le territoire de cette commune. Les ouiriers allaebfe h ces iliverses usines obtinrent également des privilèges sp&iawL ,
MaKimilien de Bavière, soutenu par Louis XIV, promulgul | un édil, en 1684, modifiant profondément la consiiiulioit bégcoise, laquelle ne subit plus de changements iaiportanlâjiuqu'en 1794. Il supprima les trenle-deux métiers et les îucwpora dans seize chambres. Il abolit é^lemcnt les tribunsu populaires, se réserva la nomination de la moitié des membrV) du conseil et de l'un des deux bourgmestres, cl ne laissa à l'élément démocratique qu'une p""! illusoire dans l'élection dt l'autre moitié, car, sur trente-six personnes dont se composait chaque chambre, on ne comptait que six artisans. Ce rÈglcmeu fut appliqué, en 1686, à la ville de Huy. Aux onze miHicrstiuijr exisinicnl succédèrent six chai bres, composées chacune de dix personnes, dont trois artisans. Le prince avait voulu créer une sorte d'aristocratie bourgeoise, et il parvint à son toi. Nous avons déjà mis sous les yeux du lecteur le tableau ito II décadence de l'industrie hutoise h la fin du dix-septième siècle. Nous voyons, par un mandement de l'évâque, daté de 1686, que les Hutols n'osaient plus se rendre h Lié^'s, h celte époque, w dans les cités voisines, de crainte d'être appréhendés et de roir leurs marchandises saisies par des créanciers de la commuM. Il n'y avait plus, Ji Huy, qu'une papeterie pour tout établis»- , ment industriel. Ajoutons cependant que les monastères etlet églises de la ville et des environs possédaient un reveou de , 700,000 livres, c'est à dire de près de deux millions de nom monnaie (1).
Le commerce du charbon de terre prenait quelque extenslM | dans le Limbourg, et fut réglé par ordonnance, en 1694. Dus \ IcHainaut, on n'exploitait encore que les mines comprises da» la dépendance de Mon?, de Quiévrain à Mariemoni. Le basaJ houiller avait sept lieues de longueur sur deux lieues de !a^ geur. Les environs de Charieroi n'avaient point encore W fouillés. Les puits que l'on creusait avaient ordinairemeot ^ trente-cinq toises, et comme les ouvriers exploitants — qo'M i appelait alors /«ij/.ww atix houilles — n'étaient pas assez rich» j
(I) Heltrt et Gorrtssen, Bi». de ffttjr, p- 3G).
ET DR LA MARINE EN BELGIQUE. 5»l
pour faire de grands frais d*épuiseinent, ils ne s*attachaient à extraire le minerai qu*à la superficie. Toutefois, en 1695, des ouvriers et des marchands se constituèrent en société, et montèrent une machine sur le territoire de Wasmes, à deux lieues de Mons, d'après le modèle de celles qui fonctionnaient déjà dans le pays de Liège. Ils purent dès lors pousser leurs travaux à une plus grande profondeur.
Pour élever le charbon jusqu'au haut du puits d'extraction, on se servait de tourniquets à bras ou de manèges. Cent vingt fosses ou houillères étaient ouvertes à cette époque dans le Hainaut. Chaque fosse occupant quarante -cinq personnes, hommes ou femmes, on peut évaluer à cinq mille le nombre des ouvriers qui vivaient de ce travail. Il sortait tous les ans, de la province 300,000 vràgues (1) de charbon, payées à raison de quinze sols de France la vrague (2). Les droits levés sur le charbon montaient à vingt-cinq pour cent. La Flandre ne s'approvisionnait guère dans le Hainaut, et recevait son chauffage de la Grande Bretagne. Le traité de Crespin du 14 août 1686, régla les privilèges des bateliers de Mons et de Condé. Une chambre d'assurance, établie dans cette dernière ville, fut autorisée à percevoir des navigateurs une certaine rétribution, pour la surveillance qu'elle exerçait sur le mouvement des eaux et des écluses. On commençait h fabriquer des verres à vitre, des bouteilles et autres gros ouvrages en verre dans les environs de Charleroi. Jean Coluet, de Gilly, avait l'octroi exclusif de cette fabrication, en 1686. Les premiers maîtres verriers obtinrent le droit de porter Tépée, et reçurent le titre de gentilshommes.
L'usage des machines d'épuisement dans les mines se propagea, vers le même temps, dans la province de Namur. On en établit à Vedrin, vers la fin du dix-septième siècle. Elles furent construites d'après celles qui fonctionnaient alors en Angleterre.
(1) Sans doute du flamand vragt, charge.
(i) Douze sols pour le marchand ; deux sols, six deniers pour le droit des états de Mons, et six deniers de taxes, destinées à la construction et à Ten- Iretien des écluses.
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