‹ Histoire du commerce et de la marine en Belgique (volume 2)Chapitre 66 sur 74 · T-.te prollibition fut · texte numérisé non relu

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ET DE LA MARINE EN BELGIQUE. iS3

rinfluence de Louvois, et à celle de madame de Maintenon, que Louis xrv épousa secrètement vers 1688. La monarchie avait atteint la plus haute centralisation : il ne fallait plus, pour compléter l'unité, qu'écraser les protestants qui existaient encore dans le royaume. L'édit de Nantes fut révoqué, et on envoya des dragons chez les calvinistes pour simplifier le travail des missionnaires. L'état y perdit deux cent mille sujets, selon d'autres, cinq cent mille. Ils échappèrent en foule, et s'établirent en Angleterre, en Belgique, en Hollande, en Allemagne, surtout en Prusse. Macpherson, dans ses « Annales du commerce » évalue à plus de cent millions de^francs les richesses métalliques exportées par ces réfugiés. C'est de ces temps calamiteux que date le régime des prohibitions érigé en loi, et l'établissement du système mercantile, basé sur le monopole industriel. Il y eut un moment où les économistes n'écrivaient plus que pour conseiller l'accaparement du numéraire, et insister sur le danger de le laisser sortir du pays. Ces tendances devinrent bientôt générales en Europe. Les vices de cette théorie, dont la formule est de « toujours vendre sans jamais acheter » ont été signalés avec la dernière évidence. Elle est rejetée aujourd'hui par les auteurs les plus renommés. Chacun comprend que la liberté des transactions peut seule établir un juste équilibre entre la production et la consommation. Tout en condamnant un système que les progrès du crédit public doivent nécessairement faire tomber, il est bon néanmoins de re- ' monter à son origine et de le suivre dans ses applications diverses, afin de se rendre compte des difficultés que présente son abolition.

La marine française s'était considérablement accrue sous l'administration de Colbert. Elle se composait, dès 1672, de cent vaisseaux. Brest, Rochefort, Dunkerque, Toulon et le Havre avaient été transformés en arsenaux. Louis XIV lui donna une nouvelle impulsion par sa célèbre ordonnance de 1688, dont quelques-unes des dispositions sont d'un intérêt trop général pour que nous n'en disions point quelques mots.

Le principe que le pavillon ne couvrait pas la marchandise était prédominant h cette époque. On suivait encore les règles

u coiisulato del mare, cet ancien code des lois maritimes inleriiales. Il éiait donc d'usage de saisir les produits indn&tnels ou ws denrées deslinées h l'ennemi sur des navires neutres, et l'on respectait, même sous un pavilloa bostîle, les biens éa neutres. Le tribunal de l'amirauté, à Ostende, suivait strictement ces habitudes, malgré les réclamations des Banaèales, les llanois et des Prussiens, auxquels on avait Iréqueismeiil ' jonHsqué des bùtimentâ de commerce.

Le droit de visite, ollîcieliement reconnu, n'était point ré^leaienté. En pratique, chaque ""l'on s'allribuaît celte faculté, « in usait comme elle l'entenu; es Anglais dans les mers haiiquc et du Nord, et les m ; sur les côtes de Belgiga«.dc r'ranco et d'Allemagne, un t des états généraux néeriaih

iinis, antérieur au traité di ster, autorisait les marim de

lande ^ saisir, en cas de uiui us, les munitioQS et les virres lestinés aux ennemis it charge indemnité. Les neutres trouvaient cette 5gislation extrêmement préjniciable à leurs intérêts. Le gouvernement français, renciu^risjnt sur une coulume déjà vive nent attaquée, adopta le prîDipe que non seulement les marchandises des nations aiuia étaient de bonne prise à bord d'un navire ennemi, mais que k navire d'un allié ou d'une puissance neutre devait même être conflsqui^s dès qu'on y trouvait des propriétés appartenant S des belligérants (i).

Tout, en France, se faisait alors en prévision de la goem. L'Europe entière se préparait Ji entrer en campagne cont« Louis X^IV. Catholiques et protestants, Guillaume de Nassiutt Innocent IX, Suède et Savoie, Danemark et Autriche. Bavière. Saxe, Brandebourg s'unissaient contre lui. Il n'avait pouralW que le roi d'Angleterre, Jacques II; une révolution impréroe renversa Jacques et mit l'Angleterre entre les mains de Guillaume, appelé des Provinces-Unies par la Taclion prolestaiiie-

( 1 ) Hiitoire da progrii du droit des gens en Europe, deptas la paix di ViÊphaliejuiqu'au congrfs de Vienne, avec un préciti hisloriquc du droit dea (t» avant la pair de Weslphelie, par Henri Wheuton, Leipzig, 18li ; E^matè l'histoire du droil des gms, de la diplomaiie ei du droit maritime, dtfdf CbarleS'QuiDt jusqu'à dos jours, par le D' Correm&ns, Triaor —liMiJlom. I, 3' série, p. SI.

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Il fallut de nouveau défendre la frontière belge contre les Français. Dès le mois de novembre 1689, un corps d'armée était sur le point de franchir le canal d*Ostende à Bruges, et de se porter dans le nord du Franc. Le capitaine Van Maes tricht, commandant le vaisseau le Charles 11^ de quarante-huit pièces de canon, accompagné d*un autre bâtiment de guerre, reçut Tordre de s'avancer jusqu'à Stalhille, afin de lui disputer le passage. Il remplit cette mission avec beaucoup d'intelligence, et repoussa l'ennemi après une vive canonnade. Van Maestricht était né à Ostende et avait déjà eu à soutenir divers combats. Le roi d'Espagne lui décerna une médaille d'or. Un autre Ostendais, devenu amiral dans la marine espagnole. Van Dyck fut l'objet de la même distinction, en 1690.

Indépendamment du Charles II, plusieurs bâtiments de haut bord, qui naviguaient sur Cadix, Lisbonne, Âlicante et Séville, avaient été armés en guerre par ordre du gouverneur général. Nous citerons la Sainte-Marie, de quatre-vingt quatorze canons, commandée par Mansfelt ; la Reine, de quarante-huit canons, capitaine Bestenbustel ; le Saint-Liévin, de vingt-quatre canons, capitaine Rodrigue ; le Compas et le Singe, tous deux de vingtquatre canons, ayant pour chefs De Rudder et Lauwereyns.

Louis XIV, après avoir fait de vains efforts pour rétablir Jacques II sur le trône d'Angleterre, envoya le maréchal de Luxembourg dans les Pays-Bas. Les Français y obtinrent d'abord quelques succès, et battirent les Espagnols à Fleurus. Gomme ces derniers attendaient des renforts considérables delà Grande Bretagne, la ville d'Oslende, pour faciliter le débarquement des troupes anglaises, fit jeter sur le chenal, à l'endroit du pilotage, un pont de bateaux qui coûta 14,97S florins. Elle dut en outre faire construire des casernes pour lesquelles elle dépensa 32,990 florins. En 1692, les Français étaient à Namur, et Guillaume III perdit contre eux, en 1693, les deux batailles de Steenkerque et de Neerwinden. Ce ne fut qu'après la mort du maréchal de Luxembourg, en 1695, que l'on vit chanceler la puissance militaire de la France. Guillaume, général souvent malheureux, mais adversaire persévérant, énergique, infatigable, reprit Namur, et ce succès décida de la campagne. Louis XIV, pour la première fois depuis son avènement, se

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trouva réduit à conclure un traité don étaient défavorables. Il abandonna la eau nut ic roi Guillaume, et restitua Mons, Courlrai h l'Espagne.

Cette paix, conclue à Ryswick, en 169" aux soulTrances du peuple. L'ambilieu; dans son orgueil, n'était pas encore vai provoquer ses adversaires à d'autres coni

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