CHAPITRE XIV
Enquêtes commerciales. — Notes sur le commerce belge au commencement du xvne siècle. — Institution de la compagnie royale de libre navigation. — Expédition en Guinée. — Sondages à Ostende. — Négociations au sujet de la succession de Charles II. — Son testament en faveur du duc d'Anjou. — Guerre générale. — Succès remportés par quelques marins belges. — Continuation des hostilités. — Inauguration de l'archiduc Charles en Belgique. — Ordonnances commerciales et industrielles de Philippe V. — Rétablissement du tarif de douane de 1680. — Défaites des Français. — Élévation de l'archiduc Charles à l'empire. — Paix d'Utrecht. — Premières expéditions commerciales en Chine et au Bengale.
Le traité de Ryswick était à peine signé, qu'on essaya par de sages règlements de porter remède à l'état déplorable du commerce belge. Des députés des principales villes du pays furent appelés à Bruxelles, et délibérèrent sous les yeux de l'électeur Maximilien Emmanuel, qui remplissait en ce moment, en Belgique, les fonctions de gouverneur général. D'après leurs conseils, on décréta plusieurs ordonnances, tendant à modifier les tarifs et à favoriser les manufactures nationales. On décida que les nobles pourraient, sans déroger, se livrer aux entreprises commerciales et industrielles. La connaissance des contestations judiciaires survenant entre négociants, sur des faits relatifs à leurs entreprises, fut retirée aux tribunaux civils, qui ne les expédiaient pas avec assez 'de célérité, pour être remise à une cour spéciale, composée de gens notables. Ils portaient le titre à'Overluyden, ou « supérieurs, » et étaient choisis parmi les marchands les plus estimés et les plus riches.
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i ' a;: 1 iK pâah dans b même assemblée de construire on caiu
. \ m 7VBB te pays de Waes, de Bruges au fort Saiate-HarU
. V ps «CaCûOt^afin de mettre Anvers eu commuaicatiou direct
. Ge projet, dont l'exécution eût exigé des travaa
fin forcément abandonné à la reprise des hosti
chaussées furent néanmoins établies vers ceU
vîle qœ celle de Bruxelles à Waterloo, et celles d
I Lâorain, il Gand et à Mons (1 ). Les revenus de l*Étai
ja jervt de TArtois, du Gambrésis, de la Flandre galli
« ht {odques portions du Hainaut et du Luxembouri
WK i quatre millions de florins. La population de pli
Y -ama «ttks avait considérablement diminué. Ypres ne comp
1U63 habitants, en 1698, sans sa garnison, e ?» Amrs X A possédait que 67,131, parmi lesquels se trouvaien
rnSht personnes consacrées à TËglise (9)-
R5 sMoires, adressés à Louis XIV par ses agents dan
espagnols, contiennent des renseignements inté
le conunerce belge au dix-septième siècle. Nous ;
lise la chaux de Tournai s'exportait déjà en granda
§w en 1698. On la fabriquait à Taide de pierres extraite
. ^ iixBînHices carrières, situées entre Tournai et Saint-Amand
'?' ^^ rjunLL5i< envoyait encore à Tétranger, particulièrement ei
luà.;uLiii;. :r< chargements importants de derle^ sorte de tern )riorf i :i r^ -es faïences.
?ir je ZL*:yen de TEscaut et de la Scarpe, il entretenait quel ÀUids *^&au:cL5 conunerciales avec les villes de Douai, de Vaieo •iifuaejw ic Coidê et de Mons. Il communiquait avec Lille 7^èx<L H lii Hc-iiiade par le canal de Douai. Les ravages de \\ :afscrt iix.<ca: co^isidérablement appauvri cette province. Plu Hi:ui> --• j,^^-s. lauiîfois florissants, étaient en partie abandoD* wft^ =•- *i rirtce des bestiaux y était extrême. La ville de Tourot -**i:i,".**iu : r\v.:\:d iOOO maîtres ouvriers, de tous métiers. ,j > ; i •: eu ". meilleure dans la Flandre flamingante, sur
•* • • .: : T : 19' '\ <Tir \( département de la Dyle. Ces chaussées farcD' .^. V .^ . ;• i' .^»'^^î^ civiles cl militaires. On en remit radministralioi
> ■■.:.vj;t .*. .'ail par ordre des magistrats en 1699.
tout au point de vue espagnol. On y comptait 88,946 bœufs et vaches au dessous de ^ ans, 39,579 moutons et beaucoup de chevaux. On en exportait des cargaisons de beurre, de fromages, d'huile, de houblon, de toiles et de fils. La manufacture des draps ne se maintenait plus qu'à Ypres, où Ton en faisait environ deux cents pièces par an. Les teinturiers flamands avaient conservé une véritable réputation, et le roi d'Angleterre provoqua rémigration de plusieurs d'entre eux, vers la fin du dix-septième siècle, afin d'enseigner leurs procédés à ses sujets (1). La Flandre possédait, en outre, quelques tanneries, des raflBneries de sel et de sucre, et des savonneries. Elle expédiait des dentelles en France, où celles-ci étaient vendues comme venant de Malines ou d'Angleterre.
Les importations consistaient particulièrement en vins de Bordeaux, eaux-de-vie, vins d'Espagne, ardoises, plomb, étain d'Angleterre, cuivre de Suède, bois de construction, tuiles et charbons de terre.
Louis XIV levait des impôts exorbitants sur les districts flamands soumis à son autorité. Indépendamment des anciennes charges, déjà fort lourdes, il y installa la capitation, et y mit tous les emplois civils aux enchères. Il en fit de même dans le Hainaut où, sous l'habile direction des intendants français, le produit de l'impôt s'éleva d'un quart. Mons contenait 15,977 feux et 52,304 habitants ; Ath avait 830 feux et 3,320 habitants; Chimai, ville et village, 4,711 habitants ; Dinant, 999 feux et 4,862 habitants; Charleroi, 368 feux et 1,350 habitants.
Le commerce des fers, qui avait été pour le Hainaut une source de richesses, passait peu à peu à la Suède. On n'en écoulait plus guère dans les Pays-Bas espagnols, sauf à Dunkerque. Il se faisait, dans la dépendance de Mons, un assez grand débit de grosses toiles, fabriquées dans la châtellenie, à Renaix et à Grammont. Les dentelles de Binche étaient assez recherchées (2).
Les démarches des délégués des différentes villes du pays,
(1) Les draps teints des deux côtés, d'une part en écarlate et de Tantre en bleu, dont J.-B. Geoffroy, né à Malines en 1669, découvrit le procédé de fabrication, étaient cotés à un prix très élevé. On les vendait à 82 livres de France, Taune.
(2) MS. 186. BihX, Lansdown. Musée Brit.
UlSTOiai DO COMMIACB, T. Ul. 15
rassemblés à Bruxelles, n'eurent f améliorations locales, mais tendir lions avec l'extérieur. A leur solli sur les vives instances de l'avocat Madrid permit aux Belges de négo prohibition à laquelle on les avait compagnie royale de libre naviga aux côtes de Guinée, fut fondée i le 7 juin 1698. Le premier fonds soi florins.
Plusieurs navires ostendais et b Ion espagnol, partirent pour l'Afri gâte ostendaise, le Pélican, avait rendre en Guinée. Ce vaisseau Pierre Diericxen, et par les liei Maximilien Spronckholf et Domi capturé illégalement sur les ordr pagnte africaine établie dans le Br
On a peu de renseignements sui dont nous venons de parler plus h ses, ayant appris à leurs dépen n'était plus respecté, et ne pouva meriis par Jos navires de guerre leur entreprise ii Douvres. La vili daiUà faire de nombreuses expédi juger par la quantité de patente:
à im'8. (|ui existent encore d;ms
{^i :\iiviyntie f« dir vrgfn kotifihantlet iip BniKfîlip, tirCKorius Clowct. 1699.
\t\ Voici qiieliiiic^ iicims [|ue nous avon c ipiinc sirrêlairerjp d'Kiai cl de «uerrc. E caii. Friinroi.' Van lt('sn.«clinl, de Dunkc VM iDiniuuiiiL, ca|i. ^licliel Van Slabcl, ail de 9(1 tonneaux, cap. Pierre Vroonie, id.; de Nil'UliorI ; le Sainl-l'ieffe, cap. Jean L ChiiHes StuhJ, cap. Miclicl Canocn, en d (t'Esii'Kjm; lie IHU tonneaux, purianl 1 A. Crciiyn, pour Bordeaux ; la Sniiite-Sar.
port et le chenal furent sondés, en 1690. On leur trouva, à marée basse, sept à huit pieds de profondeur. Hors du port et entre les bancs , on compta de quarante-huit à soixante-dix pieds d*eau. II y en avait de quarante à cinquante au quai au Sel, et trente vers la crique dite de Keyaert (î).
Une grave affaire occupait en ce moment l'Europe, et allait y causer de nouveaux bouleversements. Le roi d'Espagne, Charles II, était d'une santé languissante, et n'avait point d'héritiers. Sa succession était réclamée à titre de parenté par l'empereur Léopold et par Louis XIV. Ce dernier sut tromper l'Angleterre et les Provinces-Unies par un traité de partage, tandis que son ambassadeur à Madrid, le marquis d'Harcourt, gagnait les grands d'Espagne et la famille royale. Charles II mourut en 1700, laissant un testament par lequel il désignait comme successeur Philippe, duc d'Anjou, petit-fils du roi de France. La possession des vastes colonies américaines, d'une gran le partie de l'Italie, de la Belgique et de l'Espagne donnait une telle supériorité à la maison de Bourbon sur les autres
Jean Van der Mcersch, pour la France; V Éléphant, de 50 tonneaux, allant de Dunkerqueà Ostende ; le Saint-Mathieu, chargé pour la France ; le Bon succès, 150 tonneaux, cap. Ant. Waterloot, id.; la Demi-lune, cap. Anno Adden; le Saint-Pierre, de 60 à 65 tonneaux, cap. Pierre Ninnaerl, de Nieuporl; VAventure, cap. François Heye, pour Dunkerque ; le Duc de Bavière, armé de 3 pièces de canon, 5 pierricrs, cap. Corneille Voickenier, en destination pour la France; \e Saint -Jean, de 120 tonneaux,cap. Denis Vereecke^allant à Ostende; VEspérance, cap. Jean Cools de Bruges; VÉlisabeth, de 55 tonneaux, cap. Michel Janssens, allant vers Nantes; la Providence, de 60 tonneaux pour Dunkerque; la Princesse Ilodœich Sophia, de 200 tonneaux, cap. Claes Reus; le Prophète Daniel, 130 tonneaux, cap, Pierre Hosten; la Renommée, cap. Sent Adrianssen Vos, d'Ostende à Bilbao; le Saint-Antoine de Padoue, cap. Pierre hendiris; VEspérance, 15 tonneaux, cap. Adrien Willemsen; V Arbre d^Orange, cap. Josse Jacobsen ; la pinasse la Comtesse Van Samsoé, 300 tonneaux, cap. Jean Van Hoerve, pour la Norwégc; le Neptune de Nantes, allant vers Nantes et la Rochelle ; la Diligence, 40 tonneaux; V Amitié, 140 tonneaux allant à Dunkerque. En 1696, le Duc de Bavière, armée de 8 pièces, cap. Charles CoutauU; la Trégate le Saint- Christophe, 14 canons, cap. Guillaume Schout; la corveiie Sainte- Anne, 4 canons, cap. Charles Wiban; la hnssa Saint-François, 4 canons, cap. Benjamin de Grande ; en 1697, la galiolte le Roi de Suède, cap. Jacob Pietersen Vader, pour Bordeaux, etc., etc. (1) Pasquini, Ilist, d'Ostende, p. 191.
■nonc Dç coiofEici
fii^ éiait peu probable que celles^ ne recoon» La guerre ne tarda pas à éclater en ellBt încèreot en Italie, où le prince Eugèni avantages sur les généraux firancais et sa Dans les Provinces-Unies et en Angleterre, oi et Philippe V fut reconnu d'abord par ces deo: kiritier légitime de Charies II. On revint néan décision en apprenant que le jeune prino \i renoncé à ses droits de succession en France m entraîna le parlement anglais à adopter une poli iieUiqueuse, mais il ne fut point appelé à en oon résnluts, car la mort le surprit à son tour, en I7QS Sraoçaise avait déjà passé la frontière de Flandre 1% taire accepter la souveraineté de Philippe V. Cn r^ icarti prit possession d'Anvers, dont la citadelle fut i» •JTaprès le système de Vauban, sous la direction defln- Courtebon. Ces précautions n*étaient pas inutiles. Li 1702, une flotte hollandaise s'avança vers Anvers, jnsqui la Ittttceur du fort de La Perle. Le lendemain, denx frégates, s des marins sous le nom de drammelcrs^ 8*approcbèdn rivage, et ouvrirent leur feu sur les ouvriers qui y tXÈvanitait^ut en ce moment. Les batteries des forts Sainte-Marie et ?*at-Phi'îppe leur répondirent aussitôt, et les forcèrent à jfeiitire le large.
lniu> rintenalle, TAlIemagne, TAngleterre et la Hollande
i%;iteiii complété leurs préparatifs, et formaient le plan de
-sAsi>6<ïr leurs ennemis des Pays-Bas espagnols. Ils voulaient
^ établir une barrière contre la France, en fortifiant les villes
ie Ruremonde, de Venloo. de Namur, de Charleroi, de Mens,
ie Termonde, de Damme et d'Ostende. Celte dernière ville avait
ià'bore le pavillon de Philippe V, et son port se remplissait de
!Muveau de corsaires. Le capitaine Bestenbustel, commandant
a Rein^ d'Espagne, belle frégate de quarante-deux canons,
ïCiomi^'agné d'un autre navire osîendais et de quelques bûli-
Ufc't.is dunkerquois. atiaqua dans la mer du Nord une flotte
wu i:a:ide, coiivoyfe par cinq vaisseaux de guerre. .\près une
iw.i ^ . r.iUM' pour nos marins, Bestenbustel ramena dix
...M.>,^ iV:o:;.ù\ Il lui ailaclié, en 1TC»6, à lescadredu eheva-
lier de Forbin, et s y distingua par son habileté et ses talents, ainsi qu'un autre de ses compatriotes, le capitaine Eblet. On cite encore, parmi les officiers belges qui acquirent de la réputation h cette époque, le capitaine Thomas Gournay, commandant le Saint-François^ qui assaillit un grand bâtiment hollandais, beaucoup mieux armé que le sien, et s'en rendit maître.
Marlborough, nommé par la reine Anne généralissime des armées anglaises et hollandaises, venait d'arriver dans les Pays-Bas. Il y commença sa carrière victorieuse en s'emparant de plusieurs villes. Louis XIV ne pouvait disposer que d'une partie de ses forces, à cause de la révolte des camisards, dans le midi de la France. Les Français et les Bavarois, sous la conduite du maréchal de Tallard, essuyèrent un terrible échec à Hochstett, suivi bientôt après, dans les Pays-Bas, de la défaite de Ramillies. Les Anglais, maîtres de Gand, de Bruges et d'Andenarde, reprirent Anvers, en 1706, se présentèrent devant Ostende, et s'en firent ouvrir les portes après trois jours de' siège. Courtrai, Menin et Termonde capitulèrent ensuite, tandis que la flotte hollando-britannique réduisait Gibraltar, et que la Catalogne se soulevait contre Philippe V.
La Belgique, abandonnée par les Français, reconnut l'autorité de l'archiduc Charles d'Autriche, compétiteur du jeune roi d'Espagne. Les agents de celui-ci, durant leur courte administration, avaient fait quelques réformes. Une chambre de commerce fut créée à Bruxelles, en 1703, dans l'intérêt des manufactures de draps et d'ouvrages en laine, à peu près sur le modèle du tribunal d'Anvers, dit Laken Hall. On jugeait sommairement toutes les affaires relatives à ce genre d'industrie. Les sentences de la chambre de commerce de Bruxelles étaient exécutoires par provision, sans appel dans certains cas, et sous caution en cas d'appel dans d'autres. Cette juridiction ayant amené quelques conflits d'autorité, un édit du 32 mai 1705 détermina d'une manière plus distincte les attributions de ce tribunal, auquel on réserva la connaissance de tout litige concernant les laines, les toiles de lin et de coton, les dentelles, et le paiement des lettres de change.
La législation commerciale avait sa base» en Belgique, dans
D àTpres, i Kunr, i Tomni, ïMe u ux fnts de Ions rasas.
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uansTo An. a^ taiiropl in posi ma. MR. Aait bloq était pi XTf * M80 perme B £awaHKacr ses propr t-m^m fl. Pirtoat. à l'ét:
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préparait à transporter d'Anvers à Ostende la sphère de son activité, et à prendre sa part des richesses que ses rivaux tiraient du lointain Orient. Flamands et Wallons, unis par le travail, s'efforçaient de rétablir les sillons foulés par les gens de guerre, et de couvrir d'épis le champ de bataille où l'on avait disposé de leurs destinées. Ces rudes concurrents, sur la fortune desquels on avait si soigneusement scellé le marbre funéraire, s'agitaient encor% dans leur tombeau. Ils devaient bientôt en sortir, en provoquant de nouvelles violences de la part de leurs adversaires.
Les bénéfices immenses réalisés aux Indes par les Hollandais, les Anglais et les Portugais, avaient attiré l'attention de quelques Belges vers les entreprises coloniales. M. de Beaucour, dans un mémoire détaillé, exposa ses vues à ce sujet dès 1714. Un Écossais, Jean Ker de Kersland, ancien agent de la reine Anne, se faisait l'interprète, à Vienne, des mêmes idées, et engageait vivement l'empereur à favoriser les expéditions lointaines (1). Une circonstance fortuite donna tout à coup une impulsion plus vive à ces tendances, en leur livrant pleine carrière.
La compagnie française des Indes, peu satisfaite du résultat de ses opérations, avait jugé plus avantageux d'exploiter son monopole que d'en profiter directement. Elle avait donc permis à quelques négociants, moyennant une part de 15 p. c. dans leurs bénéfices,d'envoyer leurs propres vaisseaux dans le golfedu Bengale. Quelques armateurs malouins, qui ne voulaient point accepter un tel marché,donnèrent l'ordre au capitaine d'un de leurs navires, le chevalier Hollet de la Merveille, revenant des bords du Gange, de se rendre dans les Pays-Bas. Merveille relâcha à Ostende, y vendit sa cargaison à des prix fort avantageux, sur lesquels le gouvernement autrichien se contenta de prélever 1 p. c. (2), et informa le comte deKoenigsegg des sommes im^ menses que le gouvernement pourrait retirer d'un commerce direct avec les États du Mogol.
(1) Ses mémoires, publiés à Londres, in-8% en 1726, ont été traduits en français à Rotterdam, en 3 vol. in-8*.
(î) Voy. lettre du marquis de Prié au prince Eugène, du 10 juillet 1719.
«58 mSTraUl DU GOMMBRCB
Déjà, en 1714, les conseils d*£tat et des finanoes tnieiit Itt expédier des lettres patentes, sous le nom de Gbaselle et coasorts, pour permettre à ceux-ci d'envoyer an vaisseftaJeCkrbik en Chine et autres pays découverts et k découvrir. Galle p» mission avait été accordée alors que la Belgique, oooqoiseftf les armées alliées, était encore administrée par la oonfliraw anglaise et hollandaise, qui n*avait fitit aucune obsCTvatioaà ce sujet (1). 0
Les projets de la Merveille Rirent accueillis avec flivav, û il trouva bientôt des associés. Ses premiers bailleurs de kmk furent Jacques Schenaert, d'Anvers; Pierre Bouchant, de Gui; * Louis Joly, de Bruges et Thomas Ray, ancim ëchevin d'Ortoais Quelques n^ciants anglais se joignirent à eux, achelàmtA Londres un navire nouvellement construit, et le firent lanoff sur le champ. Ils avaient répandu le bruit qu^ agiasaiwi pour le compte d'une maison de Gastille, qui se proposait à renvoyer à Cadix, et de là en Amérique.
Ce navire, nommé le Prince Eugène^ arriva à Osleiide « commencement de Tannée 1715. On en confia le commaaisment à un Belge, le capitaine Guerrebrantz, mais la plupart te marins composant son équipage étaient anglais. Une souaei^ tion de 2,400,000 florins avait été ouverte par les associés, ili de couvrir les premiers frais de leurs entreprises, et le»r donner plus d'extension. Guerrebrantz fut autorisé à arborer le pavillon impérial, reçut des lettres <}e libre parcours, et partit pour Cadix où il alla compléter son chargement. Il fit ensuite voile pour le Malabar, y trafiqua fort avantageusement, et revint à Ostende en 171.6. Un autre bâtiment, le Stahremberf, qu'on avait placé sous les ordres du capitaine anglais SarsfieU et du capitaine belge Richard Guaragan, se rendit à Surate et rentra au port vers la même époque.
Ces expéditions n'étaient que des essais. On ne voulait riei précipiter, mais accoutumer peu à peu les esprits à ces noiveautés.
(1) Recherches historiques sur le commerce dei Bdge$ aux Indes, penéeti^ Tvn' et le xviip siècle, par Levoe, Trésor national, année I84Î, toœ. H. p. 196.
Le 24 avril 1716, l'empereur fit délivrer deux passeports, signés de sa main, à l'armateur Thomas Ray. Ils l'autorisaient à faire partir pour les Indes occidentales, le Charles VI, de 500 tonneaux, et l'Impératrice, de 300 tonneaux, à condition que ces navires déchargeraient leur cargaison, au retour, dans un port soumis à la domination impériale.
Le commerce avec la Chine ou le Bengale n'était pas un commerce d'échanges. On n'y portait guère que des toiles et des étoiles de coton; les marchandises qu'on y allait cliercher s'achetaient presque toutes argent comptant. L'exportation des métaux précieux étant défendue par les ordonnances, Thomas Ray et ses associés durent solliciter, à cet égard; des permissions spéciales, qu'ils n'obtinrent pas sans difficulté.
Ud négociant deGand, M. Maeicamp, prit part à son tour à ces spéculations, et expédia un vaisseau au Mogol, mais ses débuts ne lurent point heureux. Son vaisseau échoua, n'étant pas conduit par des marins expérimentés, et la perte fut considérable.
Toutes ces tenlatives étaient discutées, commentées, et les questions commerciales reprenaient de l'importance, et occupaient de plus en plus les esprits. M. de Castillion présenta au gouvernement, en 1716, un projet de réorganisation du négoce à l'intérieur, plein de vues judicieuses et sages. Il engageait l'administration à faire exécuter quelques travaux au port d'Ostende, alin de le rendre plus accessible aux navires ; à faire nettoyer les canaux d'Ostende à Bruges et de Bruges à Gand, et à créer un havre à Blankenberghe. Nos relations mercantiles étant momentanément suspendues avec l'Espagne, il fallait relever en Portugal les entrepôts dont Philippe V nous avait exclus, et délivrer des lettres de marque contre les sujets de ce prince. M. de Castillion conseillait en outre d'habiller les régiments de draps de Weert et de Ruremonde, afin de venir en aide à l'industrie de ces deux villes; de protéger les fabriques de soieries d'Anvers, et d'augmenter les droits d'importation sur le cuivre et les fers étrangers. Il recommandait de négocier avec te sultan une prolongation de la trêve conclue entre ce souverain et l'empire (1).
fl| Voy Archives da Tiiyaumt. scfrélairprie tl'Élal el de guerre, iiiiîmoire
I ftl Voy A
lIIRTOIItE DC COSMËIICG
Le capitaine Joseph Glieselle repartit pour le Malabar en juillet ni7, à bord du Prince Eugène, nollsé cette fois pa M. Maelcamp. Il revint à Oslende, le 29 juillet 11 18. sans avoir perdu un seul tiomme durant la traversée. II rapporta que les princes orientaux lui nvnieiit fait non seulement le meillecr accueil, mais qu'ils désiraient vivement, « que l'on doiinàl « quelques bornes à la puissance et aux hauteurs de la comE* 0 gnie orientale de Hollande, qui voulait exclure toutes les nia tions, et prétendait être seule arbitre du négoce, s
L'apparition d'un pavillon étranger dans la mer des Inde était, en effet, pour les habitants du littoral, un immense ImB' f⁢ elle leur annonçait la substitution du régime do la Utm concurrence à celui du monopole.
Le vaisseau Mat-quise de Prié, capitaine de Winler, arail Eut voile pour Canton. Il rencontra sur la côte de Guinée un navift Iiollandais, le Comany, capitaine Van Samen, qui l'attaqua, s'« rendit maître et le conduisit à Elmina, où la Maniuise de Pjîi fut déclarée de bonne prise.
Le Comnny retourna ensuite en Europe, et relâcha en Angleterre, où on rendit la liberté au capitaine de Winler. Celui-o s'embarqua à l'instant pour Ostende et, usant de la Taculté <|iil lui donnait la patente impériale dont il était porteur « d'userdt représailles en cas d'attaque, » il monta k bord d'une (rèpu armée, alla croiser sur le passage de Van Samen, retenu daDSh Manche par des vents contraires, et le (il prisonnier à son totf. Le vaisseau hollandais fut amené à Oslende, et mis sousitquestre jusqu'il ce que les états généraux eussent donné salilfaction aus armateurs de la Marijuise de Prié {l).
La susceptibilité jalouse du gouvernement néerlandais s'éiai émue des efforts qui se Taisaient en Belgique, et il puWii le 21 septembre 1717, un placard rigoureux pour rappeler* l'étranger tous ses matelots, et notamment ceux qui servaitf
succint de quelques moyens provisionnels, praticables dans la siluitioa r<^ sente, pour douner commencement â un rélsblissement du commcrctM Pays-Bas autrichiens. J
|1) Archms du ruyaumf, secriîlairerle d'Étal et de guerre, carliin iDlialf'J Compagnie d'OiUnde, extrait de la résolution de Sa Majesté impémlc^CA | du SS novembre 1719.
ET DE LA MARINE EN BELGIQUE. i4t
dans la marine belge. On menaçait les délinquants, après un délai de trois mois, d'un bannissement perpétuel. Leurs biens devaient être confisqués, et la vie ne leur était pas même garantie s*ils étaient fait prisonniers à bord des navires portant pavillon autrichien. Il défendit en outre atout sujet hollandais ce de contribuer et avoir part ou intérêt dans aucune compagnie « étrangère des Indes orientales, sous peine d*une amende (c quadruple de ce qu'ils y auraient souscrit. »
Le Parlement anglais prit des mesures non moins sévères pour étouffer notre commerce naissant. Tout anglais convaincu d'avoir navigué avec commission impériale était, par ce seul fait, passible d'une amende de 800 livres sterling (1).
Dans rintervalle, les expéditions continuaient à Ostende. Neuf bâtiments partirent de ce port, de 1718 à 1719, pour rOrient. Ils étaient commandés par Domerville, Philippe Van Maeslricht, Palinckx, de Ridder, deClerk,Boubereel, Beene, et deux autres capitaines belges. L'un de ces bâtiments, le PriJice Eugène, frégate de 36 canons, appartenait à un armateur hollandais, le baron Cioots, natif d'Amsterdam, qui était venu s'établir à Anvers, après son mariage avec la sœur d'un riche banquier anversois, nommé de Prêt.
Quelques auteurs, s'appuyant principalement sur les mémoires du marquis de Prié, qui remplissait en Belgique les fonctions de gouverneur général au nom du prince Eugène, signalent le baron Cioots comme ayant été le promoteur de notre commerce aux Indes. La Flandre, d'après eux, ne possédait plus, à cette époque, d'armateur qui eût osé tenter un voyage au long cours. Nous avons vu cependant que, dès 1714, plusieurs vaisseaux, équipés et commandés par des Flamands, étaient partis pour le Malabar et Surate. Quelques années auparavant, les expéditions de Chrétien Brouwer en Chine avaient excité la jalousie des Hollandais, et provoqué de sanglants conflits sur les côtes d'Afrique. Il nous paraît difficile, en présence de pareils faits, d'admettre l'opinion que nous venons de citer, d'autant plus que le marquis de Prié, vivement attaqué plus tard, avait un intérêt évident à faire l'apologie du baron
(1) Maqpherson, tom. III, p. tlH.
HISTOIRE DU COHUF.RCE
Clools, qu'il avail, disail-i1, alliré dans le pays pour enseigner le grand commerce ii nos négociants. C'était une manière iodirecie de réclamer l'initiative de la reprise des alTaires durant son administration. Plusieurs spéculateurs étrangers s'étaient associés, il est vrai, aux armateurs brugeois, osteadais et gsatois, dont les vaisseaux parcouraient en ce moment la merto Indes, et quel<(ues capitaines et subrécargues hollandais M anglais avaient été adjoints à nos marins et à nos marcbandi. Les UE1S désiraient prendre leur part d'un commerce dont let lois de leur pays leur inlerdisà" l'accès, à cause du monopol* concédé il de grandes compai es, et les autres possédaient des connaissances spéciales i on désirait proûter. ilsfureiil loin cependant de remplir, w ces expéditions, un rôle pif pondérant, et ce fait est si vn i, qu'une compagnie aaglaw s'adressa, le 20 juillet 1720, au s-ieur Hoffman, résident impérial fi Londres, afin de le prier intervenir auprès du miniaii de Prié pour en obtenir l'autoication d'éiablir un compUiiri Ostende (1). Cette démarche eût été inutile si, réellement, il» avaient eu, bien avant ce temps, la direction de nos expédilioos et la haute main dans nos affaires. On ne réclame point te privilèges dont on est déjà en possession.
Les associés devaient se constituer en compagnie, dont If conseil d'administration eût été composé d'un président, J' vice-président et de douze directeurs, choisis tous les ans \«i la pluralité des intéressés. Ils se proposaient de lever un capiol de deux millions de livres sterling, composé de quatre actions de BOO livres, payables en cinq paiements égaux, le associés voulaient non seulement se livrer au commerce inoiatlantique, mais se proposaient aussi de faire la banque.* prêter de l'argent sur marchandises ou à la grosse aventure.Bi demandaient un octroi exclusif, pour trente ans, el s'e^|^ geaieot, en cas de besoin, à fournir des fonds au gouven* ment, h un intérêt convenable. Le marquis de Prié repûiBS la première combinaison, mais se montra plus favorable ili seconde, en observant qu'aucune compagnie d'assurance o'eat-
(t) Aicliiccs du royaume, secrélaircric J'Klal elileicucrrt, carinn mlilnl' Compagnie <r Oaende.
ET DE LA MARINE EN BELGIQUE. Uo
tait encore à Ostende, et qu'on n'avait pris, à cet égard aucun engagement avec la cour britannique.
Pour en revenir au baron Cloots, il résulte des documents nombreux que nous avons eu sous les yeux, que son influence, bien loin d'être favorable à nos intérêts, leur fut extrêmement nuisible. Assuré de la faveur du marquis de Prié, il en abusa pour se faire délivrer, par le gouverneur, des passeports ou lettres de mer, qu'il vendait ensuite à l'étranger (1). Ce trafic alla même si loin, que l'empereur enleva au marquis de Prié la permission d'en accorder, et fit dépendre ce service de la chancellerie de Vienne.
L'abus que l'on fit pendant quelque temps des passeports impériaux devint l'objet de plaintes nombreuses, que le cabinet anglais transmit à la cour de Vienne.
Vers la fin de l'année 1717, le retour d'un navire belge, expédié en Chine par quelques négociants et armateurs, fut le signal de troubles graves à Anvers. Les fabricants d'étoffes de soie, craignant que l'introduction des soieries étrangères ne nuisissent à leur industrie, congédièrent leurs ouvriers, ameutèrent la foule, se dirigèrent vers la maison de la veuve Praet, où se trouvait un dépôt d'étoffes des Indes, et y mirent le feu. Les serments furent appelés sous les armes, et ce ne fut pas sans peine qu'ils parvinrent à calmer l'émotion populaire.
Cette opposition était aussi injuste que peu éclairée. La plupart des étoffes arrivant à Ostende se débitaient à l'étranger, et d'ailleurs les fabricants anversois avaient besoin de soies crues, dont ils s'étaient jusqu'alors fournis en Hollande, et que les relations nouvellement établies leur permettaient d'acquérir, dans leur propre pays, à vingt-cinq pour cent au dessous des prix hollandais. Le gouvernement ne tint aucun compte de leurs réclamations, et il agit, dans cette circonstance, avec sagesse. Il ne fut point aussi heureux dans ses rapports avec les Bruxellois, qui, vers le même temps, se soulevèrent à leur
(1) « 11 a obtenu plusieurs passeports, et s'était tellement rendu le canal de ces sortes de grâces que Ton avait peine à en obtenir autrement que par lui. » Archives générale du royaume secrétairerie d'État et de guerre, document du temps.
tour contre l'admiiiislration autricbienoe, mais poum plutôt politique que commerciale. Cet épisode, qii'i d'ailleurs à l'histoire des corporalions industrielles, m#rii« d'èlre rapporté.
Les métiers de Bruxelles, vulgairement désignée sous le non des Neuf-Nations, avaient perdu, au xvn' siècle, une grande partie de leur influence. Représentés par leurs élus, ils coati- □uaient, il est vrai, à fournir un cerlain nombre de délégués au corps municipal, mais leur conseil de doyens, coiDpo$é autrefois de deux cent quatre-vingt dix membres, était oodji* dérablement réduit. Le règlement en vertu duquel s'était opéré celte réduction ne consistait qu'en cinq ou six articles, ajoutés à une ordonnance de 1619, et avait été enregistré par le conseil de Brabanl. le 12 août 1700. Celle organis-iiion subsista pendant quelques années. En 1717, les doyens choiâis pour former la troisième section du corps municipal — que Vot venaii de renouveler — rel'usèreni de jurer l'observance du règlement en vigueur, prétendant que l'exemple de leurs prédécesseurs ne pouvait leur être opposé, ceux-ci ayant été obbgs! ' de fléchir sous l'autorité d'un prince illégitime. Ils ajouterai i que l'acte de 1619 avait seul un caractère de légulilé ; qu'au h» J plus, ni le prince, ni le conseil de Brabanl n'avait le droit (toi restreindre les privilèges des Neuf-Nations, sans porter atteinte " à la Joyeuse Entrée, c'est it dire à la charte constitutionnelle du duclié.
Le marquis de Pria, déjà peu populaire, se fît autoriser par le conseil de Brabanl fi se passer du conseil des doyeus. pour ne prendre désormais que les suffrages des deux preoiiets membres du corps municipal, c'est à dire du magistrat ei d> large conseil. Néanmoins, avant de se servir de celte autorialion, il voulut essayer de l'influence de l'empereur, qui onJonni la prestation du .serment additionnel, en permettant toutete . d'assembler u provisoiremenl n l'arrière-conseil, d'aprte 1* mode prescrit par le règlement de 1619, Muni de ce documea!, le marquis lit un nouvel appel aux chefs des métiers, mais, sff les deux cent quatre-vingt seize doyens qu'il avait convoqua^ trente-cinq seulement se soumirent à ses exigences.
Ces pourparlers avaient vivement agité les esprits, et finira'
par provoquer une émeute. Prié, qui attendait des renforts militaires, céda momentanément à la pression de l*opinion publique, et permit aux doyens de prêter serment d'après l'ancienne formule. Quelques semaines plus tard, mieux préparé à la lutte, il les convoqua à Thôtel de ville, pour voter le subside arriéré de 1717, et celui de 1718. Cette réunion amena une nouvelle scission. Les mandataires des métiers se refusèrent absolument à accorder les aides, tant que les décrets portés contre eux par le conseil de Brabant ne seraient pas révoqués.
Le ministre céda encore, mais de mauvaise grâce, et lorsque les passions étaient déjà violemment surexcitées. Des désordres eurent lieu en ville, et quelques maisons particulières furent pillées par la populace. Prié, saisissant ce prétexte, revint sur toutes les concessions qu'il avait faites, et somma les doyens d'obéir aux mandements impériaux, sous peine de bannissement perpétuel et de confiscation de toute leur fortune. Ceux-ci continuant à lui opposer une résistance obstinée, il fit arrêter quatre de leurs syndics, et ordonna de les poursuivre comme s'étant rendus coupables du crime de lèse-majesté. Ces quatre syndics étaient : Agneessens, Lejeune, De Haeze et Van der Borcht. Enfermés à la Steenporte, on ne leur communiqua qu'au bout de trois semaines les charges qui pesaient sur eux. Le procureur général avait ordre d'employer, au besoin, la torture pour les contraindre à déclarer leurs complices. Nous n'insisterons pas sur toutes les illégalités de cet odieux procès. Pour ne citer qu'un fait, Agneessen fut déclaré convaincu « d'être « fort suspect d'avoir dit : On doit laisser prêter l'ancien serment, « ou les bourgeois ne déposeront pas les armes. » Il n'en fallut pas davantage pour le faire condamner à mort. Quant à ses co-accusés, ils furent bannis. Sept individus, convaincus d'avoir pris part aux pillages, furent pendus ; d'autres reçurent le fouet; quelques-uns furent marqués d'un fer rouge.
Le mardi, 19 mars 1719, on éleva un échafaud sur la grand'place à Bruxelles. Agneessens, conduit à la chancellerie, y entendit la lecture de sa sentence, dont il repoussa les accusations avec beaucoup d'énergie et de dignité.
— Songez que vous êtes devant vos juges, lui criait-on.
— Voici l'image de mon juge, répondit-il en saisissant un