ET DS MARINE EM BEU2IQCE
'Contre eux, au commencement de l'année 4465, ils venaient d'y répondre en élisant un mambour, Marc de Rade, et en envoyant des lettres de déû à Philippe de Bourgogne et au comte de Gharolais.
Tandis que le vieux duc, en l'absence de son fils, fnisait appel au duc de Clèves, au comte de Nassau, au comte de Hornos et à plusieurs autres seigneurs des marches d'Allemagne, les Liégeois concluaient une alliance avec Louis XI, forçaient leur clergé h braver l'interdit et envahissaient le duché de Limbourg, en mettant à mort tous les partisans de Louis de Bourbon. Ceux-ci, attaqués k rimproviste, ne purent leur résister, et 2)îentôt l'armée communale étendit ses ravages de TIerve à Haestricht, assiégea Fauquemont ^ déborda sur le Ck)ndrQz,qu'elle dévasta complètement (1).
L'agitation qui régnait à Liège s'était bientôt communiquée aux villes voisines, particulièrement à Dînant, où l'on en voulatt surtout aux princes de Bourgogne pour Tappui qu'ils accordaient, en qualité de comtes de Namur, à la cité de Bouvignes, dont les babitants étaient toujours en guerre avec les Dinan* tais. Ces derniers, sur la feusse nouvelle d'Un échec éprouvé par le comte de Gharolais en France, s'étaient mis en cam* pagne, porUmt en triomphe l'efiB^e du comte et criant avec rage : « Voilà le fils de votre due, ce f&WL traître que le roi a fait o^u fera pendre; encore n'est-il pas le fils de votre duc; c'est un vilain bâtard, fils de notre ancien évêque le sire de Heinsberg! »
Tel était l'état des affaires, lorsque le comte de Charolais, après avoir fait la paix avec Louis XI, résolut d'employer toutes ses forces à vaincre cette rébellion. Les Liégeois, qui avaient été abandonnés par leur mambour, Marc de Bade, après avoir été battus h Montenaken par le comte de Nassau, sentirent alors la nécessité de faire quelques concessions. Louis XT lui-même, les abandonnant après les avoirpoussés au comltat, écrivait àse« chers^ anciens et excellens amis, les bourgmestres, jurés et conseillers de la ville et cité de Liège, de se hâter d'entrer en arrangement. On députa donc au d^c de Bourgogne les comtes de Meun
(1) Jobannis deLps, Chronic/m^ p. i& x
HISTOIRE DU COMMERCB
et de Bornes, avec quelques notables bourgeois, pour solliciter une réconciliation.
Un traité fut conclu à Saint-Trond, peu de temps après , et ratifié par les communautés de Liège, de Tongres, de Fosses, de Saint-Trond, de Thuin, de Couvin, de Looz, de Hasselt, de Herck, de Heyke, de Brede, de Bilsen, de Beringhen et de Stockhem.
Les révoltés so soumettaient à faire amende honorable, et s'engageaient à ne plus prendre les armes contre le due ou ses successeurs. Toute alliance avec un pouvoir étranger leur était interdite, à moins que le chef de la maison de Bourgogne, mambour et gouverneur perpétuel du pays de Liège, n'eut été consulte. Ils se reconnaissaient redevables envers lui, indépendamment de 2,000 tlorins dé rente annuelle, d'une somme de 340,000 florins, pour solde des frais de la guerre. Le duc et ses successeurs se réservaient en outre le passage libre de la Meuse, en tous lieux, soit avec gens d'armes ou autrement, ainsi que le droit de faire circuler leurs monnaies dans la principauté, où elles devaient être a^liïaises au cours légal (1).
Durant ces négociations, le roi de France réparait ses pertes, gagnait à ses iiUérèts le duc de Bourbon,Se comte d'Armagnac, le duc de Xemours, le sire d'Albret, et reprenait la Noruiaudie au duc de Berri, sous prétexte d'y rétablir l'orcîre.
La paix de Saint-Trond ayant été publiée à Liège, les États rendirent une ordonnance de proscription contre^les promoteurs des troubles. Ceux-ci, désormais sans asile, sc3 rassemblèrent à Vellène, village du comté de Looz, et appu>\^s par la bande des coulcuvriers ou de la tente verte, se mirent à j^^rcourir les environs, le fer h la main, interceptant toute comiSaunication d'une ville à l'autre. Nulle part cependant la confu\sion n'était plus grande qu'il Dinant, dont les habitants n'avaijent pas été admis à participer au traité de Saint-Trond, à causé de leurs olïenses envers le comte de Gbarolais. 1
La ville de Dinant, ainsi que nous l'avons déjîi dit, rivaliitait à cette époque, sous le rapport de la splendeur commercirile, avec les plus riches cités de Flandre. Les ûinantais jouissaiént,
(1) Gachard, CoUection de documents inédits, t. II, p. 301. f
ET DE LA MARmE EN BELGIQUE. 161
depuis plus de trois siècles, de privilèges très étendus en Angleterre, où ils payaient des gabelles moins fortes que les Anglais eux-mêmes. Leurs exportations s'étendaient non seulement de l'autre côté derla Manche, mais en France, en Allemagne et en Espagne (1). Leurs batteurs de cuivre étaient renommés dans toute l'Europe et produisaient de véritables œuvres d'art, d'une beauté et d'une élégance remarquables (2). Instruits des préparatifs que le comte de Gbarolais faisait contre eux, ils venaient d'appeler à leur aide une foule d'hommes d'armes et s'étaient jetés sur le comté deNamur, qu'ils ravageaient, en prodiguant les insultes au duc et à son fils. « De quoi s'est appensé, s'écriaient-ils, ce*vieil monarque, votre duct A-t-il tant vescu pour venir ici mourir vilainement? Et vostre comte Gharlotteau, quVt-il besoin icy venir? Qu'il s'en voise à
(1) Dans un regittrêmawMutt uttettatimu H wêm utes, reposant ans arèftjws de Binant, on trouve une lettre des maîtres, conseils et jorés de cette ville, an marquis de Bade, en date du 14 juin 1 16ô, concernant le traité d'alliance offensive et défensive proposé par les ambassadeurs du roi à ceux de liège. Les Dinantais domandonl que cctlc alliance ne soit point hostile à rAngleterre : « Attendu que dej)uis trois siècles et plus, ils jouissent on celte contrée des mêmes franchises que les villes de la hanse d'Allemagne... •
le 13 décembre suivant, les Dinantais s^adressent au roi Louis XI pour réclamer divers objets de batterie, du poids total de 1,200, appartenant à des habitants de leur ville et chargés à Anvers, pour l'Angleterre, sur deux navires qui avaient été saisis en mer par des vaisseaux du roi et conduits à lionllcur. Ils cxposoiil que de tous temps les Dinantais ont exporté, non seulement en France, mais en Espagne, en Allemagne, en Ânglelorrc et ailleurs, les produits de la batterie. De Gerlache, BésoktUon de Uéye sous Limit d» Bom^, en note, p. 6a.
{%) Le baptistère de Téglise deSaint^rthélemy, à Liège, renferme un échantillon de cette dinanderie, si célèbre au moyen âge Ses fonds baptismaux sont dus, ainsi que le rapporte une chronique fie lean d'Outremeuse, àJcanTatras, \e batteur de Dinani.qnl les lit en 1112, sur la demande de llellin, chanoine de Saint-Lambert et abbé de Sainte-Marie. Leur bassin do enivre a la forme évasée d*un grand mortier, et montre sur son pourtour extérieur une suite décompositions, en demi-relief, empruntés à la vie de saint Jean TapOtre, et à celle dn saint Jean-Baptiste. La main nimbée, qui jusqu'au xiii* siècle, fut pour les artistes le symbnlo de Dieu le Père, s'y montre ;i difTérenles reprises. Chaque sujet est accompa^nu'e d'inscriptions, tantôt abréviées, tantôt complètes. Voy. la Belgique monumentale, Bruxelles, librairie nationale, 184i, t. II, p. 147.