MS HISTOIRE DU COMMERCE
aux Français, ne tarda pas à se manifester dans sa conduite politique.
De Ghièvres, qui avait été chargé jusqu'alors de l'administration du comté de Namur, fut forcé de renoncer à cet office. Ce
comlé, si remarquable de nos jours par des établissements métallurgiques et industriels, était encore d'une médiocre importance h cette époque. Le total de la recette du domaine n'y produisait que huit mille livres (1). Il y existait ôéjb cependant quelques hauts fourneaux, d\is flusso-feu, dont la Belgique fut la première h faire usage (2).
Les Gueldrois, prévoyant une procliaine rupture entre les Pays-Bas et la France, n'en devciiaieiU que plus entreprenants. Leur duc, Charles d'£gmoat, ayant uni ses forces à celles de
(1) Cette somme, diaprés les comptes du temps, était ainsi réparUe :
LiT. tL d.
Location de maisons, moalins, fonrs, terres,Tlvres» bois, prés et cens de diverses espèces,
chapons, poules, Uns, poivre, forges, etc.
Ml
Taillf's, ponts, pontons, pêcheries, dîmes, me-
sura Kc du sel, franche nefaUanl de Mmur à
Etalages de la Halle aux draps à Namûr . .
If
tt
Droits de bourgeoisie, tonlien des laines et
halles des laines h Namur ......
8ie
Total général, sauf déduction de l'arriéré
ll,ltO
(2) Voy. Karslen, Manuél de ta métallurgie du fer, V édit., tome I", inlrod. L'Angleterre et la Suède nous empruntèrent celte découverte, au xvi* siècle. 11 existe un document aulljcntiquc qui constate qu'en 15G0, on comptait, dans la province de Namur, jusqu'à trente-c inq fourneaux pour la fonte du fer, et quatre-vingt cinq forges pour réduire la foule en barres. (Mém. du iic. 1767, rédigé par l'oflieial d» bureau de la r^ dm douam, Mh^ aur la femmerU du BaineaU ef éa cooUé de Namur*)
ilobert de la Marck, seigneur de Sedan, vint assiéger TIrlemoat en septembre 1807, et mit cette ville & feu et à sang (1).
Cette agression hardie fut bientôt réprimée. Déjà les États avaient voté un subside de 200,000 philippus d*or, réclamé par Tarchiduchesse, et des troupes nombreuses s'assemblaient de toutes parts. Le duc de Gueldre battit en retraite, tandis que la régente, envoyant des agents en Angleterre, rappelait à Henri VII son alliance avec Philippe le Beau. Dans Tintervalle, quelques marchands (hmcais avaient été arrêtés en Belgique. Les délégués du roi en Champagne et en Rhételols s'en plaignirent vive* ment, et leur firent obtenir justice (2).
Henri VII accueillit fiivorablement les députés de Marguerite d'Autriche, et consentit non seulement à renouveler la ligue contractée quelque temps auparavant, mais donna même son adhésion à un projet de mariage entre Charles et la princesse Marie d'Angleterre.
Il fàllait néanmoins, en cas de guerre avec la France, se préparer 4'autres ressources. Marguerite chercha à rattacher Fer» dinand d'Aragon aux intérêts de son petit-fils, et demanda aux États-Généraux de pourvoir à l'entretien de 10,000 flintassins et de 2,000 cavaliers. Cette requête avait un double but, car eu fbrtifiant le gouvernement contre l'ambition d'un puissant voisin, elle devait aussi, une fois obtenue, l'armer contre les rebelles en cas de dissensions intestines. Elle fut donc reçue avec méfiance par les États, qui la rejetèrent en disant « qu'il leur sambloit n'avoir nul ennemi qui leur conrust sus. »
L'adroite politique de la régente et l'intervention active de Maximilien rétablirent en efiét, vers la fin de l'année 1508, la paix un instant troublée. Louis XII, toujours préoccupé de ses plans d'agrandissement en Italie, recevait l'investiture du duché de,Milan, et abandonnait le duc de Gueldre, sans stipuler aucune garantie en fkveur de ce prince. La cause de celui-ci était re-
(1) « Et y avoit une bande d'aventuriers li(?fîcois qui fourcnl des premiers sur la muraille, et fisrent grand meurdre dedans, et feusl la ville toute pillée. » Fleuranges, Hist. des choses mémorables, CXVil.
(2) Alex. Ueane, Hi$l. du règne de CharUs^Quint en Belgique, tome 1", p. 171-171
fSO HISTOIRE DU CÔHIIBRGB
mise à des arbitres, nommés par l'empereur, la France, FAngleterre et l'Écosse; en attendant leur jugement, les relations commerciales étaient rétablies entre la Gueldre et les Pays-Bas. Maximilien renonçait de son côté à réclamer Texécution du traité de mariage arrêté jadis entre le prince Charles et Claude de France, et recevait du roi cent mille écus d'or (1).
Les provinces belges, gouvernées désormais par des princes dont les intérêts n'étaient plus exclusivement nationaux, subissaient fatalement Tinfluence de cette situation nouvelle. Les vœux de leurs habitants H*étaîent pas toujours consultés, et bien des sacrifices leur étaient imposés dont ils ne devaient pas recueillir les fruits. Quelques cités avaient acquis de Timportance au milieu de ces revirements politiques ; pour d'autres, ils avaient été le signal de la ruine. La ville de Diest, dont la vieille halle aux draps existe encore de nos jours, avait été cédée par le duc de Juliers, en 1498, au comte Engelbert de Nassau; Dixmude, fondée par Baudouin III en 958, fût incendiée vers cette époque; Ostende, si souvent saccagée, dut réclamer, en 1807, des subsides pour subvenir aux frais occasionnés par le bouleversement annuel de ses travaux maritimes. D*un autre côté, on élevait vers le même temps un entrepôt à Nieuport, pendant que les marchands d'Anvers saluaient l'entrée dans l'Escaut de deux navires arrivant des lies Canaries, — les premiers qui fussent venus de ces parages, — chargés de sucre. On rappoile à ce propos un Mi assez curieux. La cargaison de sucre dont il s'agit ayant été mise dans le commerce, on l'offHt à moins de trois gros la livre pesant. Cependant, soit que le haut prix de cette denrée n'eût pas permis jusqu'alors de la répandre dans les classes inférieures et d'en rendre l'usage commun, soit que la concurrence fût trop grande, soit enfin qu'on ne fût pas encore accoutumé à recevoir de tels produits par la voie de l'océan Atlantique, les armateurs eurent beaucoup de peine à se déflaire de leur marchandise.
Les étrangers affluaient à Anvers, particulièrement les Italiens, qui y venaient débiter leurs soieries (2). La ville fit don
(1) Da Mont, lY, 1" partie, p. 109.
(S) Barthélémy de Lonsehamps, abbédeSalnt-Uarent, de Uége, mort en
ET DE LA MARINE EN BELGIQUE. 9St
aux Portugais, en 1511," d'un édifice spécialement destiné aux négociants de leur nation.
La confection des tapisseries de haute-lisse continuait à occuper un grand nombre d'ouvriers en Belgique. Vasari parle d'un peintre contemporain de Marguerite d'Autriche, Perino del Vaga, qu'il représente comme fréquemment employé à peindre des cartons pour ces ateliers, et sans cesse entouré de tailleurs et de brodeurs. «Il composa, dit-il, huit sujets de fhistoire de saint Pierre tirés des Actes des apôtres, et destinés à orner une chape offerte au pape Paul III (1). » La Salle des orfèvres, à Londres, était ornée de riches tapisseries, faites en Flandre, et représentant l'histoire de saint Dunstan.
. La Flandre était célèbre pour ee genre de travaux, même en Italie, au xvi* siècle :
£ per slanze reali un paramenlo D*oroedl seta inFiandra lavorato...
dit TArioste en énumérant les divers objets qui tombent entre les mains d'un vainqueur (2). On trouve dans l'inventaire de Marguerite d'Autriche une tapisserie de six pièces, appelée la « cité des dames » mentionnée comme ayant été donnée par les habitants de Tournai. Les ouvriers flamands s'étaient même exercés à reproduire les traits de la princesse, car il est question, dans le même inventaire, n« 123, «cd*ung riche tableau de la portraiture de Madame, fete en tapisserie, d'après le vif (3).»
L'activité intelligente du peuple, entravée dans certaines parties du pa^^ par la guerre, enchaînée ailleurs par des droits de tonlieu exorbitants, suppléait aux perles qu*onlui fsiisait subir, et lui donnait les moyens de les réparer.
IjOl, ayant à faire emplette d'étoffes pour ornements sacerdotaux, profita d'un \oyage en cette ville pour y faire de riches achats. V. H. Shaw, Dresses and décorations of the middleages. Lonilon, W. Pickenng, 1843, â vol. in-4*.
(1) Herbert, HiH oftkgXII^reatUffery companie» o/Iondon, vol. II, p. StS.
(«) Cri. farioso, Gant., XXVI, st. XXVn.
(8) Le garde-loyaux de Marguerite reçut encore, un peu plus tard, un
riche ciel de lit de tapisserie, fait par Piètre Pannemarie, de Bruxelles, sur lequel était n^'iiré Dion le père et le Saint-Esprit, environnés de plusieurs auges. Revue archéoL, T année, 1* partie, p. 90, n" âa5, io8,
GUiCPITRE XV
Demande de subaides. — Attitude hostile de Charles d'Egmont. — Bébeti avec la Hanse. — Marchands belges mis à rançon. — Luttes maritimes. — Mécontentement général. — Émeutes à Malines et à Liège. — Négociations avec l'Aiip^leterre. — Henri VIII déclare la guerre à la France. — Neutralité des Pays -Bas. — Commencement des hostilités. — Bataille des Éperons. — Prise de Therouanne et de Tournai. — Pertes commerciales.
— Départ de Henri VIII. — Revirements politiques. — Traités avec la France. — Mariage de la princesse Isabelle. — Son voyage eu Danemark.
— La colonie belge d'Amagcr. — Voyageurs et émigranta. — Pierick Van Faesschen. — Émancipation du prince Charles. — Son Question. Mtumi^ da ae^pMiir de Chânro. — Joyeuse Entrée dn prince. — K^goeiations avec Prançois l**. — Amortissement des biens ecelésiastiques en Flandre. — Atoocession de la Frise. — Mort dé Ferdinand le Catholique.
Les ratifications du traité de Cambrai étaient à peine échangées, que Maxiroîlîen fit convoquer les États-Généraux, par lettres patentes du 4 janvier 1509, pour leur demander de nouveaux subsides. La Flandre, dans l'espoir d'obtenir quelques
faveurs commerciales, consentit à payer sa part d'une somme de cinq cent mille écus, réclamée par l'Empereur; les autres provinces, c'est h dire, le Brabant, le Hainaut, la Hollande, la Zélande et le pays de Namur s'y refusèrent, et réduisirent le capital exigé à trois cent mille écus, qu'ils n'acquittèrent pas sans dinicultés.
Ou ne croyait pas à la stabilité de la paix. Louis XII, tout en
filSTOmfi DU GOmfBBCE ET DE LA MABIHE EN BELGIQUE. 355
abandonnant en apparence le duc de Gueidrc, avait eu soin de remettre la cause de celui-ci h des arbitres, dont la décision devait nécessairement se faire attendre, ce qui lui permettait, dans l'intervalle, de revenir sur la concession qu'il avait faite, et d'inquiéter indirectement les Pays-Bas. En effet, Charles d'Egmont ne resta pas longtemps inactif, et saisit le prétexte d'une levée d'impôt dans le Bommelerweerd pour reprendre les armes. Sommé de se soumettre aux prescriptions du traité de Cambrai, menacé par le roi de France lui-même, qui reniait toute solidarité avec lui, il se jette sur l'évéché d'Utrechl, attaque Frédéric de fiade, allié de Maximilien, et défait les troupes de l'évéque en plusieurs rencontres.
Tandis que les prétentions des deux partis se débattaient à liége, sans que leurs agents parvinssent à s'entendre, les Pays- Bas étaient sur le point de se brouiller avec la Hanse. Les villes hanséatiques, en guerre avec le roi Jean, de Danemark, avaient interdit la Baltique aux navires de Hollande, de Zélande* et de Frise. Les Hollandais n*en ayant pas tenu compte, les Lubeckois s'étaient emparés, à la hauteur de Gripswald, de huit de leurs navires. Les villes d'Amsterdam, d'Enkhuizen, de Boom, d*Edam et de Monnikkendam, à la nouvelle de cette agression, équipèrent quatre vaisseaux, montés par un nombreux équipage et armés d'une puissante artillerie, pour convoyer la flotte marébande que ces villes envoyaient en Danemark. Assaillie dans le détroit du Sund, cette flotte fut détruite ou dispersée sous les yeux des Danois, qui n'intervinrent que lorsqu'il n'était plus temps de la sauver. Celte défaite exaspéra les Hollandais, et ils saisirent tous les navires hanséatiques en relâche dans leurs ports. Sur leurs plaintes, Maximilien somma Lubeck de restituer les navires capturés, et de lui donner satisfaction pour ces actes d'hçsiilités. Il ne parvint pas néanmoins à apaiser ce dilTcrend, car la jalousie commerciale qui régnait entre la Hanse et les villes de la Hollande et du Brabant envenimait leurs querelles.
Les Gueldrois, sur ces entrefaites, avaient recommencé leurs courses armées, et le commerce belge en soulïrait beaucoup. Dans les premiers jours du mois d'avril 1511 , quatre-vingts marchands d'Anvers et de Malines furent arrêtés près de
Cologne, par des reîtrcs aux ordres du bâtard de Gueldre, et il leur fallut, malgré les réclamations de Louis XII, racheter leur libertés au prix de cent mille florins.
Vers le même temps, la lutte maritime se rallumait dans le Nord. Les États de Hollande et de Frise, ainsi qu'Anver^s et Ziericzcc, redoutant les menaces de Lubeck, avaient demandé l'autorisntion d'armer qne1(jues vaisseaux de gueiTe pour convoyer leurs flottes marchandes. Mni'guerite, craignant les suites d'une telle résolution, soumit cette requête à Mnximilien. Celuici n'avait pas encore fait connaître sa réponse, que déjii les Lubeckois attaquaient une escadre hollandaise de 150 bâtiments de commerce, s'emparaient des uns et brûlaient les autres. Les vaisseaux qui l'escortaient, trop faibles pour la protéger, cinglèrent à {)leiiies voiles vers l'île de Bornholm, et en revinrent avec quelques navires danois, qui, poursuivant l'ennemi, lui reprirent ses captures. Tous les bâtiments hanséatiques en relâche ou en charge dans les ports des Pays-Bas furent de nouveau mis sous séquestre, et Marguerite envoya des commissaires en Bretagne pour y acheter vingt-quatre vaisseaux, (c afin de soutenir la guerre projetée par les villes de Lubeck, Hambourg et leurs adhérents contre son neveu le prince de Gastille (1). »
Les Lubeckois ne se montraient pas disposés à céder. Ils envoyèrent des lettres à toutes les cités hanséatiques, jusqu'eu Livonië et en Prusse, les engageant 5 unir leurs efforts pour résister aux Hollandais et aux Brabançons, qui ne respectaient plus leurs privilèges. Ils prescrivirent en outre à leurs députés de réclamer une diminution des droits dé tonlieu et d'accises prélevés sur la bière, à l'embouchure du Zwyn et à Bruges, comme étant illégaux et contraires aux anciens usages. Us adressèrent aussi des représentations aux magistrats de Poperinghe, qui avaient permis à certains marchands, étrangers à l'association, de s'approvisionner de draps en leur ville.
L*état des afliiires publiqu.es, si inquiétant en 1511, ne fit qu'em|)irer l'année suivante. Le irésor était épuisé, le mécontentement général, et les Gueldrois ravageaient impunément
(1) A. Heune, ilisloire du régne de Charles-Quint, l. 1, p.
ET B£ LA MAKir^E £N BELGIQUE. .855
les campagnes. Des bandes de soldats licenciés, appartenant aux deux partis, pillaient les voyageurs et les mettaient à rançon, sans reconnaître d*autre autorité que celle de leurs cheili.
Les communications étaient si peu sûres, que les seigneurs de Nassau, de Chièvres et de Berghes, à leur retour d'Allemagne, où ils avaient été envoyés en mission, se virent obligés de Mre explorer la route qu'ils avaient h parcourir, afin de se prémunir contre toute surprise. L'arrivée de Maximilien dans les Pays-Bas n'y rétablit point la paix, si profondément troublée. La désorp;anisalion y était complète et, en 1513, de violentes émeutes éclatèrent h Malines et h hïé^e.
L'effervescence populaire était grande dans cette dernière cité. Les Liégeois, écrasés d'impôts, en rendaienL responsables leurs magistrats municipaux, qu'ils accusaient de dilapidation. •. N'obtenant pas justice par leurs murmures, ils envabirent tout à coup la place publique, et demandèrent le châtiment des coupables. Une multitude d'bonimes armés accoururent de tous les environs, et déjii on s'attendait h une sanglante mêlée, lorsque la promesse d'une enquête sévère sur les malversations commises, l'arrestation du trésorier de la ville et la nomination de deux délégués du collège du peuple chargés de contrôler la gestion financière de la commune, calmèrent les esprits. Tout semblait terminé, lorsque deux bourgeois, en procès devant le tribunal des échevins, se prirent de querelle sur les marches de l*Hôtel de Ville. La foule se rassembla autour d'eux, appuya les réclamations de celui qui venait d'être condamné par les juges, et força l'entrée du tribunal, tandis que lesiflâgistrats éperdus s'élançaient aux fenêtres pour appeler au secours. En entendant ce tumulte, dont personne ne se rendait compte, métiers, bourgeois et nobles coururent aux armes, et il s'ensuivit une indiscible confusion. Les plus sinistres rumeurs se 'propageaient d&ns l'intervalle : « Les magistrats sont égorgés ! » criaient les uns. — « On massacre le peuple ! » exclamaient les autres.
L'évéque, Erard de la Marck, crut à une insurrection géné- » raie. Accompagné des chanoines et des bourgmestres, il se rendit sur la place, oh le seigneur de Sedan venait d'accourir à la tête d'une troupe choisie. Comptant sur l'appui de ce dernier, il ordonna aussitôt au corps de la bourgeoisie de se réunir dans
■I8T0IRE BU COMMEROB
lebrs collèges 9 et alla en personne dans la chambre de chaque métier, pour y conférer avec leurs chefe; comme 11 sortait de jodle des drapiers, il tomba sur les marches du perron et se cassa la jambe. À la nouvelle de cet accident, le peuple s'émut de pitié, s*apaisa, el tout rentra dans l'ordre accoutumé (1).
Marguerite d'Autriche, dont raclion était en partie paralysée par les injonctions de Maximilien, — toujours prôl à sacrifier les intérêts des Pays-Bas à ses projets ambitieux, — négociait depuis longtemps un nouveau traité avec rAngleterrc. Alliée aux Anglais, elle espérait résister plus efficacement à l'influence française, et contraindre Louis Xll à abiindonner Charles d'Egmont. La mort de Henri VII et ravènemcnt de son successeur, Henri VIII, jeune, impétueux et avide de gloire, favorisait ses plans. Elle amena bientôt ce monarque h déclaier la guerre à la France et à reconnaître la neutralité des provinces belges.
L'Empereur, auquel Louis XII avait fait faire des propositions avantageuses, et qui craignait de déplaire h Ferdinand d'Aragon, hésitait h se prononcer. Il défendit même à Marguerite d'autoriser les Anglais à lever dans les Pays-Bas des gens de guerre et des bateaux. Il permit néanmoins à Guillaume de Vergy de réunir quelques soldats en Bourgogne, et, par un de ces brusques revirements si fréquents dans sa politique, fiait par offrir à Henri VIII de commander en personne Tarmée que ce souverain se proposait d'envoyer en France. Uarchevéque de Ciologne, envoyé auprès du duc de Gueldre, arriva en ce moment dans les Pays-Bas, porteur de propositions d'accommodement de la part de ce prince. Une trêve de quatre ans fut signée, le 31 juillet 1513, avec les Gueldrois.
Les Français, apprenant qu'un grand nombre de Wallons, commandés par Antoine de Ligne, se disposaient à combattre sous la bannière britannique, se refusèrent d'abord à respecter nos frontières. Ils pénétrèrent dans le Hainaut, et y eussent sans doute commis de grands ravages, si la crainte d'augmenter le nombre de leurs ennemis ne les eût Mi renoncer à leur entreprise. Un détachement anglais, conduit par Georges Talbot, débarqua enfin près de Therouanne,
(1) A. Henné. Hitt, dt Ckaties-QuhU, i. I, p. S17.
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ET DE LA MARINE EN BELGIQUE. SS7
qui fut aussitôt investie. Henri VIII, qui avait jclc l'ancre à Calais, vint bientôt rejoindre son lieutenant, auquel il amenait des renforts. Son artillerie surtout était fort belle et sortait en partie des ateliers de Malines, où l'on avait fait, par ses ordres, douze j^rosses pièces de canon d'un calibre supérieur, et que les soldats désiprnaient plaisamment sous le nom des « douze apôtres du roi Henri. »
Nous passerons rapidement sur les détails de cette campagne, pour en consi^îner les principaux résultats. Maximilien, qui avait consenti h se mettre sous les ordres du roi, moyennant une solde de 100 écus d'or pnr jour, vint le trouver dans le courant du mois d'août. Théi'ouannc était menacé d'un assaut, lorsque les Fi-aiicais tentèrent de la ravitailler, et furent complètement battus à la journée de Guinegate ou des Éperons. Les alliés, après avoir Tasé les fortifications de la ville assiégée, commirent la faute grave de ne pas se porter immédiatement en avant, afin de poursuivre leurs avantages. Maximilien eût désiré se faire adjuger la cité conquise, et ses exigences rencontraient une vive opposition de la part de Henri VIII. Les deux princes se fussent même brouillés dès ce moment, sans l'intervention de l'archevêque d'York, Thomas Wolsey.
L'armée royale se remit enfln en marche et, trompant les prévisions des généraux ennemis, vint investir Tournai, qui se rendit par capitulation le 23 septembre i813. Les habitants consentirent à ouvrir leurs portes aux troupes anglaises, reçurent leur chef en qualité de roi de France, et s'engagèrent à lui remettre 80,000 écus d'or, plus 40,000 écus par an, outre la contribution ordinaire de 6,000 écus attribuée à la couronne. Henri VIII, de son côté, avait promis aux Tournaisiens de respecter leurs franchises. Ces derniers se virent obligés de doubler les impôts pour acquitter de telles charges. On augmenta les droits de mouture et, à cause des taxes, le priiL de la bière fut majoré d'un demi-gros par lot.
Il restait cependant, après tous ces arrangements, une dernière question à régler. La ville de Tournai, en devenant anglaise, perdait ses déboucliés du côté de la France. Resserrée entre deux frontières, elle était condamnée forcément à une ruine procliaine. Le roi, pour satisfaire aux réclamations qu'on
HISTOIRE DU COMMERCB
lui présenta sur ce point, ouvrit les marchés britanniques à ses nouveaux sujets (1), qui lurent également admis à trafiquer liljrement dans les Pays-Bas. Là, comme à Tournai, les Del^^es souffraient de la rupture des relations commerciales avec leurs voisins du Midi, qui n'envoyaient plus « ni vin, ni sel. » Ils avaient même saisi beaucoup de marchandises provenant de nos provinces, et cette mesure avait lait perdre à nos marcliands plus de \'nv^i mille écus. Une flotte zélandaise, cliargëe de harengs et d'autres produits, avait été capturée en mer par des marins français, qui en avaient obtenu une somme considérable. La Hatidre subissait pnrticulièrement le contre-coup de ces dissensions. Bruges, déjà si éprouvée, voyait émigrer, en lol3, les négociants de Brunswick, qui refusèrent de reconnaître plus longtemps les droits d'étape. Une charte de 1514 nous fait connaître qu'il n'y avait plus à Ypres, à celte époque, que cinq ceats métiers à tisser le drap, au lieu de quatre mille qui s'y trouvaient auparavant. Cette dernière fabrication diminuait de plus en plus en Flandre, pour être remplacée par celle des saies, d'un placement plus avantageux.
Après avoir fait son entrée à Tournai, flenri VIII se prépara à rentrer en Angleterre. Il resserra, avant de partir, son alliance avec les Pays-Bas, etconsetitit, grâce à l'habile intervention de Marguerite d'Autriche, à payer une somme de 200,000 couronnes d'or, pour l'entretien de 4,000 chevaux et de 6,000 piétons, destinés à protéger les frontières; il promit en outre d'attaquer, le l*"* juin suivant, une des provinces maritimes de la France, qui devait être assaillie simultanément par Maxîmilîen et par le roi d'Aragon. L'empereur déclara , de son côté, qu'il se rendrait à Calais le IS mai suivant, pour y conclure le mariage de rarchiduc Charles avec Marie d'Angleterre.
Ces stipulations, par lesquelles Marguerite croyait avoir assuré le triomphe de sa politique, étaient destinées à rester sans résultats. Maximilien, apprenant que le roi d'Aragon était entré en pourparlers avec Anne de Bretagne, se montra bientôt disposé à suivre cet exemple. Il espérait sans doute que Louis XII, pour rompre une dangereuse coalition, consentirait
(1) M. Gachard, notice sur ks Archives de la ville de Tournai.
à accorder la main de Renée de France à l'un des archiducs, Charles ou Ferdinand, en faisant l'abandon de ses prétentions sur l'Italie aux futurs époux. La régente, qui voyait dans une étroite alliance avec l'Angleterre le salut des Pays-Bas, fit les plus grands efforts pour combattreces projets. Toutes les remontrances furent vaines, et, le' 13 mars 1S14, Pierre Quintana, délégué de l'Empereur, signait une trêve d'une année entre les rois de France et d'Écosse, Maximilien, Henri YIII, la reine de Gastille et Charles d'Autriche. Chacune des parties restait en possession des points occupés par ses troupes ; les relations de commerce, ainsi que le passage des courriers, étaient rétablis entre toutes les puissances; le roi de France s'obligeait à n'aider ni les Écossais contre les Anglais, ni le duc de Gueldre contre Charles d'Autriche.
De telles négociations, malgré le mystère dont elles avaient été entourées à leur origine, n'avaient pu échapper à la vigilance des agents britanniques. Henri VIII, informé de la défection de son allié, s'était mis immédiatement en rapports avec le duc de Longueville et, refusant sa sanction à une convention dans laquelle il se trouvait compris sans avoir été consulté, signait le 7 août trois traités particuliers avec les ambassadeurs de Louis XII. Le premier avait pour objet le rétablissement de la paix entre la France et la Grande-Bretagne, sur les bases de raccord conclu à Éiables en 1492; le second stipulait un mariage entre Louis XII et Marie d'Angleterre; le troisième imposait aux Français un tribut annuel de 100,000 écus pendant dix ans. Tout en se réconciliant avec son ennemi, Henri VIII conservait Tournai, dont il comptait bien ne pas se dessaisir sans compensation.
La position des Pays-Bas, — désormais sans appui, — devenait extrêmement dangereuse. Les rigueurs d'un hiver exceptionnellement rigoureux, et les ravages d'une maladie épidémique, vinrent encore y augmenter, vers la fin de l'année 1514, le malaise des populations. Ce fut dans ces tristes circonstances que la princesse Isabelle, seconde fille de Philippe le Beau, mariée par procuration à Christiern II, roi de Danemark, se prépara à quitter la Belgique. Par un contrat, signé à Lintz le avril 1514, la dot de la petite-fille de Maximilien avait été
fixée à 250,000 florins d*or, dont le prince Gharies devait acquitter les trois cinquièmes. Ce mariage , malgré les charges nouvelles qu'il allait imposer aux bonnes villes, avait été vu avec plaisir dans les provinces flamaiidts et hollandaises. Christiern II, en acquérant plus de prépondérance dans le Nord, pouvait eu cHet y relever leurs relations commerciales, toujours entravées par les Hanscates et les Suédois.
Isabelle s'embarqua le JG juillet. Trois beaux navires, magnifiquement pavoises, attendaient sa suite, qui se composait de la comtesse de Chimay, de Baudouin de Lille, bâtard de Bourgogne, des sires de Kortghène et de Castres, ainsi que de plusieurs autres seigneurs. La flotte était commandée par ramiral Philippe de Bourgogne et par \er contre-amiral Corneille Hubert, qui avait conduit autrefois Philippe le Beau en Espagne, « homme puissant, riche et fort expérimenté en la marine. » Une violente tempête dispersa l'escadre au moment où elle se trouvait en pleine mer, et la princesse fut sur le point de faire naufrage sur les falaises de Séeland, près de Copenhague.
Beaucoup d*ouvriers belges, attirés par les avantages que leur offrait le roi de Danemark, se rendirent alors dans ses États. Ghristiern les établit, en leur accordant de grands privilèges, dans la petite Ile d'Âmagria ou d'Amager aux environs de la capitale. Les nouveaux venus y fondèrent une ville (1), et leur exemple exerça la plus heureuse influence sur les Danois, qui leur durent de grands progrès en agriculture et la connaissance de plusieurs procédés industriels (2). Nos cultivateurs jouissaient d'une réputation méritée, non seulement dans le Nord, mais particulièrement en Angleterre, où Ton importait une
(1) Dièse lente, dte Jeit Amager allein bewohnen, babea noch ihre alten sitten, sprache, kleidertracht und gericbstverfassung. Darcb sie kam eine
neve kolonie nach Niemager, bel Koppenhagen, nach Sprowe im Grosses Belt, unduach einigen andem gegeuden. G. Gebbardi, Gmh, o. Do».,
2 Ih. 743.
(2) King ClirisUan II marrying Isabella, sent for a parccl of Nelhci landers, her counlry folks, whom lie seltled in Ihe liltle islc Amagi ia, or Amager, wbere Ihey built a town, and not oniy improved the Danes in gardening, cookery, but also In trade and manufactures. Andersen, déj. cit. tom. 11, p.i9.
ET DE LA MARINE m BELGIQUE
grande quantité de légumes venant de la Flandre et de la Hollande (1).
L'esprit d'émigration et d'entreprise était très répandu, à cette époque, en Belgique. Un Bruxellois, Pierre de Smet, partit pour rOrient en 1505, accompagné de Corneille, prêtre de Malines, de Bernard Vanden Stocke, de Jean Van Rossem et de Hubert Vanden Borre. Arrivés à Venise, ils y trouvèrent un peintre malinois, Jean Goorîs, chez lequel ils logèrent. Nous voyons par leur narration que le prix du passage, sans les frais d'entretien, était alors de cinquante ducats. Ce fut encore un Belge, Louis Van Bodcghem, qui dirigea les travaux, par ordre de Marguerite d'Autriche, de la magnifique église de Brou, en Bresse. Un autre de nos compatriotes, Dierick van Paesschen, quitta Anvers en 1S16, ayant à bord un grand nombre de pèlerins, se rendant à Jérusalem. Sa première tentative ayant été assez malheureuse, — son navire s'étant échoué sur un écueil, -^il repartit en 1S18, emportant cette fois une cargaison formée de produits nationaux. Attaqué par les Turcs, il fut fait prisonnier, réussît à s'échapper, gagna Venise, alla visiter Rome et reparut à Anvers en 1519 (2).
Il avait servi longtemps à bord de la flotte commandée par Adolphe de Bourgogne, et tant d'infortunes ne le dégoûtèrent pas des voyages maritimes. Nous le retrouvons, -en lo21, accompagnant avec huit bâtiments armés une flottille de barques envoyées sur les côtes d'Angleterre pour la pêche aux harengs. Assailli par un ouragan dans les environs de Yarmoutb, il périt cette fois avec tout son équipage (3).
L'administration de Maximilien et de Marguerite d'Autriche touchait à son terme. De nouveaux subsides ayant été réclamés des Étals-Généraux, les membres de cette assemblée, se chargeant d'exprimer le vœu public, insistèrent pour obtenir l'émancipation du prince Charles, eu oflianl h cette condition un
(1) Bvm queen Catherine, at this time, oould not bave a salad for dinar untel the king sent over to the l^etlieriands for a gardener lo culUvale tbose
lierbs. Anderson, l. Il, p. 19.
(2) Chron. van Antirerfen, scdert lietyaerlSOO tot 1575, pp. 7-10.
(3) Yoy. Reygersberg, fol. Î08.
sur. 00 comiAi», t. n. i7
262 EUTOIRE DU COMMERCE
don gratuit de 100,000 florins d*or. L'Empereur y consentit et
abandonna le pouvoir aux mains de son petit-fils.
Le jeune prince était fort populaire en Belgique. Élevé par la douairière de Bourfîo^me et par Mar;^uerite de Savoie, douées toutes deux de brillantes qualités, il avait acquis sous leur influence, beaucoup de retenue, de finesse et de pénétration. Adrien Boyens, dit Floriszoons ou Adrien d'Ulrecht, auteur d'un commentaire sur le Maitie des .sciences de Pierre Lombard, avait été chargé de son éducation littéraire, et le seigneur de la Chaulx l'avait initié à ces rudes exercices corporels, si cliers à nos ancêtres. Cavalier accompli, il apprit de bonne heure à forcer une bête fauve, à se servir avec dextérité de l'arc, de l'arbalète et de l'arquebuse, ii manier avec adresse la lance et l'épée. Il fut roi du tir des Coulevriniers de Malines, en 1508; du Grand Serment de l'arbalète de Bruxelles, en 1512; du Serment de l'arc à Malines, en 1514. (les premiers succès avaient été acclamés avec enthousiasme, et faisaient l'orgueil des bourgeois des bonnes villes.
Le seigneur de Ghièvres Tavait accoutumé de bonne heure à la ' pratique des affaires, et on ne tarda pas à s'apercevoir, dès Touverture du nouveau règne, qu'il exercerait longtemps une grande influence sur son royal élève. Deux autres membres de la maison de Groy, les sires de Sempy et de Rœulx, furent nommés du conseil privé. Marguerite essaya d'y faire quelque opposition, mais sa voix n'était plus écoutée, la fliction française ayant acquis toutes les sympathies du prince.
Charles fUt inauguré successivement dans ses divers États» au milieu des fêtes les plus somptueuses. A l'occasion de sa Joyeuse Entrée en Brabant, la chtfte constitutionnelle reçut quelques additions importantes. On accorda au pays de nouvelles garanties contre les désordres des gens de guerre, et le souverain prit rengagement de tenir les chemins libres et sûrs, afin de préserver les négociants de tous dommages. Il fut décrété, en outre, que l'exemption du droit de tonlieu serait prouvée désor^ mais par la production d'un certiflcat de tol^ sans obligation de la part du propriétaire des marchandises d'être présent durant ces formalités. La perception des droits d'accises ou de chaussées fut abandonnée aux villes, pour un terme de douze ans,
ET DE LA MAIUNE EN BELGiaUE.
moyennant le payement d'une certaine somme au gothvernemert.L*exercice de la juridiction spirituelle fut mieux déterminé, ainsi que les principes relatils à la liberté individuelle el à rinviolabilité du domicile.
Les Étals avaient fait quelques observations concernant l'augmenialioR toujours croissanle des biens ecclésiastiques. Il fut fait défense aux couvents établis hors du Brabant d'y a( heter des immeubles toutes donations, échanges ou transferls consentis par les particuliers en faveur des corporations religieuses ne furent déclarés valables, à l'avenir, qu'à condition d*avoir été approuvés par le souverain.
A peine installés, les nouveaux conseillers ouvrirent des négociations actives avec François auquel la mort de Louis XII venait de frayer un chemin au trône. Hostiles à la politique suivie jusqu'alors par Marguerite, ils croyaient devoir se rattacher, au prix même de quelques concessions, le seul monarque dont l'intimité pût devenir réellement dangereuse h leur maître. Leurs efforts furent couronnés de succès, et, le l**' avril 1515, un traité d'alliance ofifensive et défensive fut signé à Paris entre les deux puissances. Il fut convenu ensuite que Gbarles épouserait Renée de France, lorsque celle-ci se trouyeraîl en âge d'être mariée, et recevrait, avec la main de la princesse, une dot de six cent mille écus d'or au soleil.
Cette nouvelle fut parfiaiitement accueillie dans les Pays-Bas. Notre commerce avec la France devenait chaque jour plus considérable, et les deux contrées avaient également à souffinr de son interruption. Leur dépendance réciproque excitait même, vers ce temps, les observations critiques de Machiavel, qui écrivait à ce sujet : « Les Français n*ont rien à craindre des « habitants des dix-sept provinces, car ceux-ci doivent leur <c acheter des blés et des vins, que la froideur de leur climat et « la stérilité de leur sol ne leur permettent pas de produire en « quantités égales aux besoins d*une nombreuse population. De « plus, ils trouvent aux foires de Paris et de Lyon un débouché « facile pour leurs manufactures, dont le débit les enrichit. Les « Flamands n'eiitreroiu jamais en hostilité avec la France ù « moins d'y être forcés. »
Trauquille de ce côté, le seigneur de Cbièvres résolut de
SM mSTOmE DU COMMERCE ET DE LA MARINE EN BËLCIQUE.
remédier à Fétat déplorable des flnances publiques. Les aides et les subsides accordés par les États à Toccasion de l'inauguration du prince éiaient insufiisanis pour combler le déficit existant; il fallait d'autres ressources, et on se les procura par une mesure aussi hardie quMmprévue : on ordonna le recensement de toutes les propriétés tombées en mainmorte, en Flandre, depuis quarante ans et détenues sans octroi du prince. C'était tout à la fois servir les intérêts du trésor et atuquer Texorbitante extension de la puissance territoriale du clergé. Celui-ci se plaignit vivement, mais ses clameurs ne furent point écoutées, et le pouvoir civil maintint ses droits.
L'acquisition de la Frise, cédée par le duc de Saxe au petit-fils de Maximilien moyennant cent mille florins d'or, vint encore accroître ses possessions. Charles d'Egmont, assez disposé à lui disputer ce pays, ayant reçu le plus brillant accueil de François P% — qu'il était allé rejoindre à Lyon , — provoqua quelque froideur entre les deux gouvernements. Les ministres belges se rapprochèrent aussitôt de l'Angleterre, avec laquelle ils conclurent un traité, le 24 janvier 4816, confirmant les conventions commerciales de 1498 et de 1806.
Tandis que ces événements se passaient en Belgique, Ferdinand d'Aragon, jaloux du pouvoir jusqu'au dernier moment, expirait en Espagne. Il avait d'abord dicté un testament par lequel il donnait au prince Ferdinand, frère de Charles, la régence de tous ses royaumes jusqu'à l'arrivée de l'archiduc, lui conférant en même temps la dignité de grand-mattre des trois ordres militaires. Ces dispositions préparaient les plus grands embarras au souverain des Pays-Bas, car la première mettait Ferdinand en état de lui disputer la couronne, et l'autre devait le rendre, dans tous les cas, presque indépendant. Les plus anciens conseillers du monarque mourant lui représentèrent les dangers auxquels il exposait l'Espagne, insistèrent sur l'imminence d'une guerre civile et lui firent changer ses dernières volontés. Il déclara Charles^seul héritier de ses États, et laissa au jeune prince Ferdinand un modique apanage de cinquante mille ducats par an.
GHÂPIIM XVI
Régence de Ximcnès. — Charles prend le titre de roi. — Traités avec Henri VIII et Fraiiyois I*"". — Payement de nouvelles aides. — Voyage de Charles en Espagne. — Mort de Ximenès. — Conduite des ministres flamands. — Colonisation projetée du Yucatan par des Belges. — Diego Colomb et Bariht lemy de Las Casas. — Situation politique des Pays-Bas.
— La foire d'Ostende. — Travaux publics. — Cession de Tournai à la irance. — Proï^rès de la centralisation administrative dans nos provinces,
— Le Luxembourg au xvie siècle. — Débats avec Christiern II. — La succession de Maximîlien d'Autridie. — Ktyalité de Erançtns I^et da roi de Gastille. — Élection de Charles à l'empire. — Il quitte l'Espagne. — Négodations avec Henri VIII. ^Charles débarque en Angleterre. — Le oamp du Drap d'or.— Henri VIII à Gravelines. — Réformes administratives dans les Pays-Bas. — Couronnement de Charles à Aiz>la-Chapelle.
Ferdinand d*Âragon avait confié la régence de Gastille, durant Tabsence de son petit-fils, à Ximenès de Gisneros, archevêque de Tolède. Ce prélat, qui avait conservé à la cour Taustérité de mœurs par laquelle il se distinguait jadis au cloître, était digne de remplir ces hautes fonctions. Son jugement droit et sûr, l'inflexibilité de son caractère , sa fierté lui srssurait un grand ascendant sur ses compatriotes. L*un de ses premiers actes fut de refuser la direction des affaires h Adrien d'Utrecht, l'ancien précepteur de Charles, que celui-ci avait envoyé en Espaj^ne en son nom avec des pouvoirs assez étendus. Il contesta la validité de sa commission, el lui opposa un rescrit royal, émanant de la reine Isabelle, par lequel tout étranger se trouvait exclus
HISTOIRE DU C031MËRCË
de radministration da royaume. Ximenès était décidé cependant à feiire exécuter le testameiit de Ferdinand le Catholique, et il le prouva bientôt en exerçant la plus grande surveillance sur le prince Ferdinand et son entourage, dont on redoutait les intrigues.
Charles, guidé par ses conseillers flamands, désirait prendre le titre de roi. Sa mère étant encore vivante, bien qu'une infir- , mité incurable la mit hors d*état de gouverner, ce vœu ne laissait pas que d*étre difficile à satisraire. La cour de Bruxelles y parvint en obtenant des lettres de Tempcreuret du pope, par lesquelles tous deux conféraient la digniié royale au jeune prince, l'un en qualité de chef de TÉglise, le second comme chef de l'empire. Ce point rép;lé, d'activés négociations furent entamées en France et en An^Hotci i c, car il importait h Charles, avant de se rendre eu Castille, de garantir les Pays-Bas contre une agression imprévue.
Henri VUI reçut fort bien les ambassadeurs flamands, et consentit à signer un traité de commerce avec leur maître. On s'appliqua, de part et d'autre, h prévenir désormais toute contestation entre les habitnnts des deux contrées, et les marchandises de provenance anglaise furent exemptées de tout droit de tonlieu et de douane sur l'Escaut (1). Cet arrangement, qui servait de prétexte aux conférences, fut suivi d'un accord qui assura aux Belges et aux Hollandais l'appui de l'Angleterre, s'ils se trouvaient menacés en l'absence de leur souverain.
Il était moins aisé de s'entendre avec la France. François réclamait, comme les rois d'Aragon, la succession de Naples, et soutenait les droits de la maison d'Albret sur la Navarre, alors occupée par les Espagnols. Ces causes de dissentiment pouvaient amener une rupture, d'autant plus que la cour française commençait à s'inquiéter de la puissance toujours croissante de l'héritier de Philippe le Beau. Il était ;i craindre, dans ce cas, que François T''" n'uppuyàt les prétentions mal déguisées du prince Ferdinand, en charîieant le duc de Gueldro, vers le même temps, d'assaillir les provinces belges. Ces prévisions ne furent point réalisées. Le roi, tout entier à ses projets sur l'Italie, se
(1) nu Mont, nr, l** partie, SMW.
ET D£ LA MARINE EN BELGIQUE. 187
montra désireux de resserrer les liens qui Tunissaient au prince Charles. Des pourparlers eurent lieu h Noyon, h la suite desquels on en arriva à un accommodement, qui fut un véritable trioniplie pour la diplomatie flamande.
Les deux souverains s'engageaient mutuellement à se prêter secours, non seulement pour la défense de leurs possessions actuelles, mais aussi pour celle de leurs légitimes conquêtes. Pour aplanir les difficultés relatives au royaume de Naples, on convint que Charles épouserait une des filles de Fi-ani^'ois V'\ et recevrait en dot tous les droils de celui-ci sur le territoire napolitain. En compensation de celle renonciation, il avait h payer annuellement à son futur beau-père, jusqu'à la conclusion de Tunion projetée, une rente de 100,000 écus d'or au soleil. Cette somme devait être réduite ensuite à 50,000 écus, pour cesser d'être perçue à la mort du roi, ou li la naissance d'un enfant, issu des deux époux. Ce traité — comme on le remarqua plus tard — n'offrait aucune garantie à la France, tandis qu'il permettait à Charles de gagner du temps, et de se préparer des forces nouvelles.
Ses conseillers songèrent ensuite à lui procurer des ressources financières. On leva des aides dans chaque province, et la commune d*Anvers s'étant opposée à l'exécuiion d'un règlement relatif à l'exploitation de la ferme du Poids de la ville, sous prétexte d'illégalité, on la força à prendre en engagère, moyennant 40,000 florins, sa part dans le produit de cette ferme, ainsi que dans celui du Biddertol et du Jok$ol (1).
L'arrivée de Maximilien dans les Pays-Bas, des désordres en Frise et de sanglants démêlés avec le duc de Gueldre, retardèrent pendant quelque temps le départ du prince pour l'Espagne. Il s'embarqua enfin à Flessingue, à bord d'une flotte composée d'une quarantaine de navires, après avoir confié la régence à un conseil dont l'empereur avait la direction, et choisi le cointe de Nassau comme chef et capitaine général de son année.
Le jeune roi de Castille était accompagné d'une foule de gen-
(1) JNfUerloI, droit de tonlleu sur les marchandises arrivant par l'Escaut ; JocJiiUrt, péage oa droit de passage sur tous les navires.
968 HISTOIRE DU COMMEIICE
tilsbommes flamands et wallons, parmi lesquels on distinguait le seigneur de Ghièvres; son neveu, Guillaume de Groy ; Jacques de Luxembourg, le sire de Beauraing; Charles de Lannoy; Laurent] de Gorrevod; Philippe de Groy; Jean d*£gmont; le vicomte de Haerlebeke; le sire de Yianen; le sire de Noircarmes; Philippe de Berghes et beaucoup d'autres représentants de la noblesse des Pays-Bas.
L'escadre royale, retenue longtemps par des vents contraires, mit à la voile le 8 septembre 1517, à cinq heures du matin. La navigation fut heureuse, sauf en approchant du terme du voyage, une tempête ayant alors causé quelques avaries au convoi (1). Un navire, à bord duquel se trouvaient Montrichard et Henry de Bruxelles, tous deux fort aimés h la cour, fut incendié durant la trav(îrsée, et périt corps et biens. On arriva entin en vue des côtes d'Espa^Mie, le 19 septembre, et Charles fit son entrée, quelques heures plus tard, à Villaviciosa.
Ximenès, en npprciiant le débarquement du prince, se mit aussitôt en route pour le rejoindre. Son administration avait été aussi brillante que prospère, bien qu'il se fût trouvé en opposition avec la noblesse castillane — dont il avait diminué la puissance — et qu'il eût eu i\ défendre la Navarre contre Jean d'Albret. Une grave maladie l'ayant obligé de s'arrêter à Aranda, les ministres tlamands, qui savaient qu'il avait conseillé à leur maître de renvoyer tous les étrangers de sa suite, firent tous leurs eflbrts pour l'empêcher d'en obtenir audience, et décidèrent le prince à lui écrire une lettre assez froide, par laquelle il lui permettait de se retirer à Tolède, pour y achever, dans le repos, les restes d*une vie si laborieuse. Ge message accabla Ximenès, qui ne croyait pas avoir mérité une disgrâce, et expira quelques heures après en avoir acquis la certitude.
Charles, toujours entouré des compagnons de sa jeunesse, se fit d*abord reconnaître en Gastille, puis se rendit en Aràgon, dont les habitants ne lui accordèrent le titre de roi qu*après une vive résistance et de longs délais. Sa prédilection pour ses compatriotes irritait les Espagnols, qui se croyaient frustrés de
(1) Ferreras, Biti. de Etpann, XII.
ET DE LA HÂRINE EN BELGIQUE. 969
tous les honneurs conférés aux Flamands. Ceux-ci se montraient, d'ailleurs, aussi avides qu'arrogants, et trafiquaient ouvertement des emplois et des bénéfices à la collation du souverain. La nomination de Guillaume de Groy, neveu du seigneur de Ghièvres, à Tarchevéché de Tolède, peu après le décès de Ximenès, excita surtout de violents murmures.
Ges prétentions rivales firent échouer plus d'une entreprise utile. La découverte du Yucatan ayant été connue en Espagne en 4517, l'amiral de Flandre demanda la concession de cette vaste contrée. Il voulait y envoyer des colons flamands, en se chargeant des frais de leur premier établissement moyennant une redevance de leur part. Le roi y consentit, et quatre ou cinq navires montés par des ouvriers belges étaient déjà arrivés à San Lucar, n'attendant plus que l'ordre de mettre à la voile, lorsque Topposition décidée des Castillans fit échouer ce projet (1).
L'intervention du seigneur de Ghièvres et de ses collègues dans ce gouvernement des colonies, sans remédier beaucoup aux abus, contribua à la réparation d*une grande injustice : ils accordèrent leur protection à Diego Colomb,— qui réclamait en vain le prix des services rendus par son père, — et contribuèrent à relever sa fortune. Dans une autre circonstance, lorsque Barthélémy de Las Casas, qui s'est immortalisé par son dévouement à la cause des Indiens opprimés, s'en vint proposer de substituer le travail des noirs, — naturellement forts et robustes, — à celui des indigènes américains, ce fut encore auprès de nos compatriotes qu*il trouva des encouragements et de l'appui. Cette fois cependant leur zèle n'était pas tout à fait désintéressé, car, après avoir aidé Las Casas à f^ire triompher ses vues, ils sollicitèrent le privilège exclusif du transport des esclaves africains dans les possessions espagnoles, ce qui leur fut accordé. Ajoutons néanmoins qu'ils n'entreprirent pas eux-
(1) Yold les termes de la requête de Tamiral , qoi était alors le marquis d'Arschot : « Suplico ft sa Hagestad que le hiziese merced de aquella tierra, o
isla grande que se avisaya quo se avia dcsciibicrto, que ya dezian Yucatan, porqno se quoria disponcr en f^ài^hw de su hazienda, para ir, o einbiar a poblarla de génie llamenca, y que de La diessen eu feudOt reconociendo siempre a su alteza emo su muiotto... » Herrera, decada II, Ub. II, p. S93.
mêmes Texploitation de cet odieux monopole, qu'ils cédèrent, moyennant tinaiicc, aux armateurs génois.
La nouvelle du débarquement du prince Charles étant arrivée dans les Pays-Ras, de grandes fêtes y furent célébrées en l'honneur du nouveau roi de Castille, de Grenade et de Léon. L'état des afTaires y était cependant peu florissant, tant à cause du désordre qui contiiuiaiî. à exister dans l'administration des deniers publics, fiue des ravages exercés sur les frontières du nord par la fameuse « bande noire, » composée de soldats indisciplinés appartenant îi tous les partis, et des Gueldrois. Quelques succès militaires, remportés par le duc de Clèves, ainsi que la soumission de Robert de la Marck, seigneur de Sedan, rendirent un peu de calme aux esprits. Dans l'intervalle, Marguerite d'Autriche, profitant de l'absence de ses plus rudes ennemis, reprenait peu à peu son ascendant, et, le 24 juiU let 1518, son neveu lui rendit la signature de tous les actes* la collation des offices, et la surintendance du Collège des finances, sans toutefois lui conférer le titre de gouvernante. La ville d'Ostende obtint, vers cette époqae, roctroi d'une foire, ouverte annuellement le 29 juin ; on construisit en outre un chemin dans les dunes, de l'Écluse à Gravelines, afin de faciliter les communications dans cette partie du comté. L'année 1518 fut remarquable par l'abondance de ses récoltes. Dix livres de pain, à Anvers, se vendaient au même prix que dix livres de foin, c*est à dire à un sol.
La ville de. Tournai, en passant sous la domination de Henri VIII, avait perdu une grande partie de sa population. Beaucoup de rentiers, de même que plusieurs des membres de Tancienne magistrature municipale, avaient abandonné leurs demeures pour se retirer à Gand, à Ypres, à Lille, ou en d'autres localités. Les uns vendaient leurs biens meubles, d'autres les emportaient avec eux, ou les confiaient aux bateliers pour les conduire h destination. La peste avait en outre ravagé la ville, et les nombreux impôts levés par les An;;lais pour y ériger une citadelle en éloignaient les marchands. Cet état de choses décida le monarque à restituer cette malheureuse cité à la France, ce qu'il fit en 1518, malgré les efforts de l'empereur Maximiliea et de son fils. François la paya 260,000 écus
comptant, et ses commissaires signèrent ensuite, à Londres, un traité arrêtant le mariage de la fille du roi d'Angleterre avec le dauphin. La consommation de cet acte important était néanmoins renvoyé à un temps assez éloigaé, les futurs époux étant encore en bas âge.
La paix se trouvant momentanément rétablie, lo gouvernement des Pays-Bas en profita pour opérer quelques réformes. Elles furent dirigées principalement contre l'organisation démocratique des municipalités flamandes et brabançonnes, sous prétexte d'accroître la force de l'autorité souveraine, mais en réalité pour substituer la volonté du prince au règne des lois. Une ordonnance, du 6 mai 1519, enleva aux métiers deMalines toute indépendance dans le chojx des échevins qu'ils étaient appelés à élire, et tout contrôle sur le compte financier de la commune.
Des documents authentiques, conservés aux archives du royaume, nous fournissent quelques détails sur la situation du Luxembourg, durant les premières années du xvi* siècle. Elle était des plus fâcheuses, les principales parties du duché étant tenues en engagères par de hauts barons, qui dérodaient les forêts, détruisaient la valeur du domaine, et guerroyaient même contre leur suzerain, dont ils allaient jusqu'à contester le droit de rachat. Le produit des aides y était, paratt-il, fort réduit, car on n'en retira, du 1'' juillet 1820 au 31 décembre 1630, qu'une somme de 38,460 livres. Ce chiffire ne changea guère jusqu'en 1S41, car nous voyons, par les comptes des agents de Charles, que les recettes du duché de Luxembourg et du comlé de Chiny ne s'élevèrent pas, cette année, à plus de 6,000 .florins (1).
Une question financière d'une nature assez délicate faillit rompre, en 1519, nos relations commerciales avec le nord de l'Europe. Le roi de Danemark, Christiern II, avait vainement réclamé jusqu'en ce moment la dot de sa femme, dont une partie devait lui être payée, comme nous l'avons dit plus haut, par le roi Charles. Celui-ci, pressé d'acquitter cette dette, y
(1) Depuis, à la suite de nouveaux dénombrements de feux opérés en 1 34î et eu 1352-1553, les revenus publics, dans le Luxembourg, présentèrent une
avait toujours répondu par des moyens dilatoires. Christiem sirrita enfin de tant de délais, et, renouvelant Tancienne
alliance qui avait longtemps existé entre les Danois et les Français, fit arrêter tous les navires belges et liollandals qui se trouvaiciU en Danemark, et ferma le Sund h nos marins.
Quatre bàlimcnts appartenant au port de Nieuport, et commandés par Jelian Baert, Govaertszoon, Clément Oudegod et George Mayre furent saisis en celle occasion, et leurs équipages faits prisonniers. Ils reçurent plus tard, à titre d'indemnité, uue somme de 2,600 livres.
Des représailles suivirent immédiatement cet acte de violence. La cour de Bruxelles jugea cependant plus prudent de traiter avec ChrisLiern que de se brouiller avec lui, et lui envoya dans ce but Jean Sucquet, conseiller et maître des requêtes. Après bien des débals, on se mit d'accord, et une convention fut signée entre les belligérants, le 22 février 1519. Le roi Charles promit de payer, au profit du monarque danois, le 20 janvier 1520, dans la ville d'Amslerdam, la somme de 100,000 florins courant de Brabant, et les 250,000 florins restant par annuités de 50,000 florins. Les aides de la Hollande et de la Frise furent assignés à ces paiements, et plusieurs villes des Pays-Bas délivrèrent à Christiem II des lettres de garantie. Dordrecht, Harlem, Delft et Leyde s'engagèrent chacune pour
augmentation qui disi)anit durant les dernières guerres de Cbarles-Quint contre la France. On on jugera par le tableau suivant. Les revenus du duché furent évaluai
Flor.d'or. Gros. Bentera.
> 1816 7m il U
> 1840 8,fflt V 1