HISIOIRB DU GOinnncB
ries, travaillées ou ëcrues« des camelots à gros grains, des tapis, des croisés de laioe d'un admirable tissu, des écrins, du beau drap écurlate, du coton, du cumin, du bois d'ébène, de Tazur et d'autres couleurs, tant pour la peinture que pour la teinturerie. Anvers lui livrait des pierres précieuses, des draps et des laines, tant du pays que de Tétranger, des ostades de diverses sortes, des toiles en grande quantité, des tapisseries de firuxelles, de la cochenille, des ustensiles de ménage et asses souvent du sucre et du poivre.
Les Napolitains nous débitaient des draps de soie, des soiea teintes et écrues, de riches fourrures, du safran, de la manne, et recevaient en échange nos étoffes et nos métaux. D'excellents vins nous étaient expédiés de Sicile, en môme temps que des noix de galle, du cumin, des oranges, du coton et de la soie, et les Anversois y écoulaient, indépendamment des laines, des draps, des toiles et des tapis qui formaient les principaux articles de leur commerce d'exportation, beaucoup d'objets de quincaillerie.
Les marchands milanais trafiquaient à Anvers en or et argent filés,, futaines, âne draperie, riz, armures richement ciselées, merceries et firomages dits parmesans. Ils nous apportaient, comme les Florentins, des draps d*or et d'argent, et les dei^ niers ajoutaient à ce commerce celui des brocards, des soieries et des peaux de martre. On leur vendait du poivre, du sucre, des joyaux, du musc venant de l'étranger, et les produits du pays.
Les arrivages de Gènes consistaient en une grande quantité de velours» d'une qualité supérieure, ainsi qu'en riches pièces de satin et d'ermesyn. Ses coraux étaient également fort estimés. Quelques autres cités italiennes, telles que Mantoue» Vérone, Brescia, Yicence, Lucques et Modène, entretenaient aussi des relations fréquentes avec la Belgique, et les marchandises déjà énumérées ci -dessus leur étaient envoyées en échange. On transportait par mer, d'Italie à Anvers, des aluns venant de Givita-Vecchia, des huiles d'Apulie, de Gênes et de Pise; des gommes diverses, des raisins de Gorinthe et du soufre. Ges cargaisons vendues, on les remplaçait par des chargements d'étain, de plomb, de bois de Brésil, de cire, de toiles»
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ET DE LA MlRUfB EH BELGIQUE» SOS
de poissons salés, de bois de menuiserie, et quelquefois de froment, de seigle et de fèves. La valeur des étoffes de soie importées à Anvers par les Italiens, était estimée, année commune, à trois millions de couronnes d'or.
Le mouvement commercial qui existait alors entre les Anversois et le Danemark, la Suède, la Norwége et la Pologne n'était pas moins considérable. Ils recevaient de ces contrées beaucoup de céréales, du cuivre, du salpêtre, de la soude, du vitriol, des teintures, des laines d'Autriche de première qualité, du lin, du miel, du goudron, de la cire, du soufre, de la potasse, une grande variété de pelleteries, des peaux de différents pois-, sons, du cuir de buftle, des fourrures d'ours, destinées h l'équipement militaire, et des bois de construction. Il nous reste encore à mentionner, parmi les produits venant du Nord, des bières fortes, des viandes et du poisson salés et séchés, — soit au feu, soit par l'action du froid, — et une grande quantité de blocs d'ambre, de formes et de couleurs variées. Ce dernier commerce avait assez d'importance pour permettre à des négociants notables d'en faire une spécialité, sans se livrer à d'autres al&ires. L'importation des futaioes allemandes représentait une valeur d'environ 600,000 couronnes, et celle des vins du Rhin, tout en dépendant plus ou moins de la récolte, était calculée en moyenne à 40,000 barils, vendus à 36 couronnes chacun, c*est à dire rapportant un capital d*à peu près un mil-! lion et demi de couronnes d*or.
Nous recesvions de France, par mer, l)eaucoup de sel de brouage, des aromates de Toulouse, des canevas et autres toiles grossières de Bretagne et de Normandie, des vins rouges et blancs en abondance et de tous les crus, des huiles, du safran, des graines de Provence, du miel, de la térébenthine, du goudron, des papiers, des verreries, des fruits secs et du •bois de Brésil. Les Français allaient cherjcher ce dernier article dans TAmérique portugaise, où ils possédaient une bonne forteresse pour la protection de leur négoce. La France envoyait aussi k Anvers des feuilles d'or, des draps fins de Paris et de Rouen, des draps cramoisis de Tours, des bombasins de Champagne, du fil et du chanvre de Lyon, du vert de gris de Montpellier pour la teinture, et une quantité de ces élégants articles
dits de Paris, que leur belle confection arait déjà mis à la mode. Parmi les exportations faites en ce royaume, au xvi« siècle, par les marchands anversois, figurent de l'argenterie, des perles, des lingots, des pierreries, du vit'ari^ent, du cuivre, du bronze, du laiton brut et travaillé, du plomb, de l'étain, du vermillon, de l'azur, de la cochenille, du soufre, du salpêtre, de la couperose, des camelots h gros grains et autres de Turquie, des draps d'Angleterre de toutes les qualités, des tapisseries, de la laine d'Autriche, des cuirs, des pelleteries, du suif, de la cire, du houblon, du poisson sec et salé. Il paraît, d'après les renseignements qui nous sont parvenus, que les achats devins français s'élevaient à un total de 40,000 barils environ ; chaque baril, l'un parmi l'autre, étant livré au prix de 25 couronnes, Tensemble de ces opérations équivalait donc, annuellement, à un capital d'un million de couronnes d'or. Le pastel de France était non moins recherché, et on en importait pour une valeur de 300,000 couronnes; le chiOïc des transactions relatives au sel de brouage montait h 480,000 couronnes environ.
Le tableau qui précède nous donne déjà une idée des rapports commerciaux établis entre Anvers et l'Angleterre. Les Anglais apportaient dans les Pays-Bas, outre leurs draps, des franges pour ameublement, des laines superfines, du safran, de l'étain, du plomb, des cuirs, des pelleteries, des peaux de béliers et de lapins, de la bière, du fromage et des vins du Levant. Les événements que nous avons rapportés plus haut, et particulièrement l'insistance avec laquelle les négociants des deux États réclamaient le maintien de leur neutralité commerciale, nous permettent d'apprécier les avantages mutuels qui en résultaient.
La compagnie des marehands aventuriers, qui avait ses comptoirs à Londres et à Anvers, s'était assuré, par ses immenses capitaux et son influence, le monopole de ce trafic qu'elle cherchait à se réserver à l'exclusion des autres négociants anglais.
Nous avons cité les Écossais parmi les étrangers fréquentant
les marchés anversois. Ils y apportaient des peaux de moutons et des pelleteries fines, particulièrement des martres d'une grande beauté, beaucoup de cuirs forts, de la laine et des draps • de très médiocre qualité. L'Écosse étant un pays pauvre , 4ûut
les approvisionnements se faisaient plutôt en France et en Angleterre qu'en Belgique, les expéditions qu'on y envoyait de cette dernière contrée étaient relativement peu considérables, et ne comprenaient que certains articles, tels que des épices, du sucre, de la garance, quelques éiolTcs de soie, toutes sortes de camelots et de tissus de laine, de la toile et des quincailleries.
Nous recevions d'Irlande des cuirs écrus et préparés de toutes espèces, de belles pelleteries; quelques gros draps et autres objets de peu de valeur. On y exportait les mêmes denrées qu*en Ëcosse, car Tlrlande aussi s'approvisionnait en Angleterre.
L'Espagne doit occuper une place importante dans notre statistique. Ses bâtiments de commerce arrivaient en flottilles dans les Pays-Bas (1), apportant à Anvers des bijoux, des pierreries et des perles fines venant du Pérou et des Indes Orientales, de For et de Kargent en lingots, de la cochenille, de la salsepareille, des bois exotiques, du safran, des drogueries, de récarlate, des soieries, du velours de Tolède, des taffetas, du self de l'alun de Hazeron, de la laine, des cuirs secs, des vins, des huiles fines, des huiles grasses pour la tisseranderie, des draps, du vinaigre, du miel, du sirop de gomme, du savon, des citrons, des oranges, des grenades, des olives, des câpres, des dattes, des figues, des raisins et des amandes. Les fhiits frais pu secs faisaient l'objet d*un trafic très important, de même que les vins et les sucres des îles Canaries.
Les Espagnols, qui avait d'al)ord fourni beaucoup de vif argent aux Anversois, leur en achetaient à cette époque, les mines dont ils l'extrayaient étant épuisées. Nos marchands leur livraient en outre du cuivre, du bronze et du laiton, — tant ouvragé qu'en lingots, — de l'étain, du plomb, des draps flamands et anglais, des élofles de laine de diverses qualités et de tous prix, des ostades et des demi-ostades, des tapis, et sur-
(1) Anno IBSa, den H martU, voor Paesschen, op eenen maendach in de
goede wcke, quam de spacnschc viotc mettra fruité ende olie, ende men
liadde gecocht cenzeUeolie IG ofri7 sluyvcr?, en een pont rosynen 6 en 7 slu)Tcr.s, ende dysscndach> dacr naer cochl men een pont rosynen om 1/2 stuyver. Chron. van Aniwerpen, 30.