COMMERCE ENTRE BORDEAUX ET L ECOSSE
Anciens rapports de commerce entre Bordeaux et l'Ecosse; usage du vin de Gascogne dans ce pays, pendant le xnr et le XIVe siècle; faits à l'appui. — Echange, dans le siècle suivant, de claret contre des marchandises écossaises; dispositions législatives concernant la vente des vins de Gascogne en Ecosse. — Affaire de George Wallace ; part qu'y prend Jacques IV. — Consommation de claret par Jacques V. — Règlement de Marie Stuart relatif à la vente du vin de Gascogne en Ecosse. — Expéditions de celte denrée dans ce pays par Bordeaux, vers le milieu du xvi» siècle. — Saisie sur cette place de vins du haut pays appartenant à des marchands écossais ; autres saisies de vins de Gascogne opérées sur des marchands de Dundee et de Burntisland ; voyages périodiques des marchands écossais à Bordeaux. — Raisons de la grande consommation de nos vins en Ecosse au xvr siècle. — Arrestation des marchands écossais en France dans l'automne de 1570; réclamation de la reine Elizabeth à ce sujet. — Règlements municipaux relatifs aux Ecossais à Bordeaux. — Échange d'enfants entre un Bordelais et un Ecossais. — Ecossais hospitalier de l'hôpital Saint- André de Bordeaux. — Exportations de Glasgow pour notre ville. — Les vins d'Espagne et de Portugal remplacent, sur les marchés de l'Ecosse, ceux de nos contrées.
Au nombre des pays en relation d'affaires avec Bordeaux, il faut compter l'Ecosse, principalement depuis la réunion de la Guienne à la France. A ne voir qu'un acte des Rôles de Normandie, au commencement du xme siècle1, et surtout l'état d'hostilité où se trouvaient continuellement le nord et le sud de la Grande-Bretagne, on pourrait croire que l'Ecosse recevait ses vins du centre de la France, par Rouen et Dieppe, plutôt que de la Gascogne et de Bordeaux, qui faisait partie des possessions de son ennemi; il ne paraît pas, cependant, qu'il en fût tout à fait ainsi. Parmi les lettres patentes de l'an 1253, on trouve une licence accordée à un certain Raymond Verend, de Montauban, pour conduire, cette
1 Rotuli Normmniœ, vol. I. p. SI, A. 1). 1-205.
même année, quatre cents barriques de vin en Ecosse pour le compte du roi Alexandre III [ ; et un permis semblable, pour cent barriques, au nom d'un bourgeois de Perth, nommé John Fleming, qui, sans doute, les destinait à ce port2. Il est du moins certain qu'en 1303 le vin y était commun3; mais rien n'autoriserait à voir du vin de Gascogne en Ecosse à une époque aussi reculée, si le siècle précédent ne nous en offrait déjà. Alexandre III, monté sur le trône en 1249, avait pour créancier un marchand de vin de Gascogne, auquel il devait plus de 2,000 livres, somme considérable pour le temps4. En 1263, le chariot du roi ramenait de la foire de Dundee des barriques de vin de Gascogne pour la boisson d'été de Sa Majesté5, qui annuellement n'en consommait pas moins de cent soixante-dix-huit, sans doute de plus d'une espèce, pour sa maison6. Un compte d'un grand chambellan mentionne l'achat d'une pièce de vin de Gascogne, en même temps que d'une barrique de vin du Rhin, pour un conseil tenu à Perth7. Bien peu d'années après l'épo-
1 Pal. l'Ut. fact. in Vase, 37 Hcn. III, ni. 5. 8 Itrid., m. 3.
3 Johannis Fordnni Seotichronicon, lib. III, cap. in; éd. W. Goodall, vol. 11, p. 223.
4 Cosmo Innés, Scotland in the Middle Ages, etc. Edinburgh, 1860, in-8°, en. vn, p. 233. — L'auteur cite la Chronique de Lanercost ; mais elle est muette sur ce fait, et ne parle que de la richesse de Berwiek a l'époque où Alexandre III déléguait le payement d'une dette sur le produit des douanes de cette ville.
5 C. Innés, Scotland in the Middle Ages, ch. iv, p. 124,
fi The Accounts oftlie Créai Chamberlain* of Scotland, etc., vol. I. m.ccc.xxvi. — M.ccc.Lxx. Printed al Edinburgh, H.Decc.xvn., in-i", p. '17. On y trouve 139 livres payées pour ces vins en 1264, et les comptes du shériffd'Ayr donnent le prix du vin fourni la même année a la garnison du château. Ibid.. p. ' 1 1.
7 The Accounts, etc., vol. I. p. 441, n° l36o. - Les Allemands ne se hor-
que signalée par Fordun, les vins de nos pays affluaient en Ecosse parmi les approvisionnements de l'armée anglaise1, et, en 1317, le maire, les jurats et la commune de Bordeaux y contribuaient pour un don de cinq cents barriques2. Vers le même temps, un fournisseur, nommé Jean Hoquet, ramassait en Guienne tout ce qu'il pouvait trouver de blé et de vin, toujours pour alimenter l'armée d'Ecosse 5, ce qui mettait dans la nécessité de s'adresser au roi de Portugal pour avoir des provisions et les transporter en Gascogne4. En 1332, nouvelle demande de vin, à cause de la guerre d'Ecosse, à envoyer promptement en Angleterre 5, et fourniture par deux marchands de vin de Bordeaux, Laurent de Yitrac et Jean Exchequer, de cinquante barriques destinées à la consommation de l'armée arrêtée à Perth6. Enfin, en 1338, on trouve une ordonnance de vin en faveur du roi d'Ecosse7, et,
naient pas, a ce qu'il parait, a faire ainsi concurrence a nos produits; ils les arrêtaient encore dans leur marche vers l'Ecosse. Un certain Adam le Clerc, de Lynn, avait chargé en Poitou du sel, des lamproies de Nantes et d'autres articles, a destination de Perth ; il fit, en mer, la rencontre de pirates de Grippeswolde, de Stralsund et de Lubeck, qui firent main basse sur son navire. Plainte a Edward III, qui écrivit aux échevins et prud'hommes des trois villes hanséatiques pour leur demander justice ; n'ayant pu l'obtenir, ce prince lit saisir, par les baillis de Saint-Rotulph, les marchandises des compatriotes des pillards, consistant surtout en poisson sec, peaux de daims et cuirs. Voyez G.-F. Sartorius, Urkiindliche Geschichte des Ursprunges der Deutsche Hanse, etc., t. II, n° clx, p. 385-390. L'acte qui nous apprend ces faits est du 13 juillet 1346.
1 Rot. Vase,, 4 Ed. II, m. 21.
8 Ibid., 10 Ed. II, m. 2. (Rymer, Fœdera , etc., vol. III, p. 647.) — 11 et 12 Ed. II, m. 10.
:} Ibid., 15, 16 et 17 Ed. II, m. 11.
« Rot. lill. dans., 18 Ed. II, m. 8 in dorso. (Rymer, vol. IV, p. 146.)
:- Rot. Vase., 6 Ed. III, m. 6.
,! Ibid., 9 Ed. III, m. 2.
7 Rotuli Scotiœ, 12 Ed. III, m. 6. (Rymer. vol. V. p. 85.
plus de trente ans après, des navires écossais arrivant au port de Bordeaux pour y charger des vins i .
Pour le xvc siècle, nous avons, antérieurement à une disposition législative de l'an 1466, concernant les marchands écossais qui faisaient le commerce avec Bordeaux, la Rochelle et la France 2, un sauf-conduit de Henry VI, qui permet aux maîtres de deux navires du roi d'Ecosse d'aller et de venir avec leurs marchandises3. John Haliburton, marchand écossais établi dans les Pays-Bas, et son correspondant Andrew Mowbray, expédiaient du claret dans leur pays4, tandis que d'autres exportaient à Bordeaux des chevaux ou du saumon fumé pour en convertir le prix en vin de Gascogne, dans la mesure prévue par la loi5. Sévère pour ce qui concernait les chevaux, prohibés à la sortie comme munition de guerre , l'autorité se montrait impitoyable à l'égard des importateurs ou marchands de vins gâtés ou coupés, ou des débitants qui se livraient à des pratiques frauduleuses; il y allait pour eux de la vie6. D'autres fois, appelée à punir une contravention, elle ne prononçait qu'une légère amende7.
1 Chron. désire Jean Froissart, liv. Ier, part. II, ann. 1373; 1. 1, p. G58, col. 1.
2 James III, parliament II, c. 17. {The Lawes and Actes of ParUament, etc., folio 49 verso.)
3 Rotnli Seotiœ, vol. II, p. -247, col. 2, A. D. 1424.
4 G. Innés, Scotland in llw Middk Ages, etc., eh. vin, p. 242, 244.
s ïac I, pari. 10 (A. D. 1431), e. 131. — Jac. VI. pari. 1 (A.D. I567),c.22. — Etienne Perlin, Description des royaulmes if Angleterre et d'Kscosse, etc. Paris, 1538, in-8°, folio 35 recto. — Les Ecossais en France, etc., t. II. p. 129, 393. — En 1590, lord Lovât importait ses vins, son sucre et ses épiceries de France, en retour du saumon péché dans ses rivières. (Chambers, Domestic Aimais of Scotland, vol. I, p. 308.)
« Jac. III, pari. 12 (A. D. 1482), c. 88.
7 Statutes of'the Gild, eh. xxxvn; apud Regiam Majestatem, folio 1 16 recto. Voyez encore le chapitre xxxvm, relatif au transport des vins.
Cette sollicitude de l'autorité pour assurer la bonne qualité des vins paraît avoir inspiré une disposition législative prise en 1436. Le parlement assemblé cette année défendit expressément d'acheter du vin aux Flamands qui venaient trafiquer en Ecosse, sans doute parce qu'ils frelataient les vins de la Rochelle et de Bordeaux qu'ils vendaient, l'état des communications ne permettant que difficilement un pareil voyage aux vins récoltés dans les possessions du duc de Bourgogne l .
William Dunbar, du moins l'un de ses contemporains, nous montre un moine de Berwick apportant à une bourgeoise de cette ville deux bouteilles de vin de Gascogne 2. En 1518, Jacques IV écrivait au parlement de Bordeaux pour lui recommander la plainte de l'un de ses sujets, nommé George Wallace : « Acquéreur de bonne foi et depuis longtemps, dit le roi, d'un navire marchand appelé le Volant , George en avait eu, pendant trois ans et plus, la possession paisible. Sans défiance aucune, il l'avait expédié à Bordeaux pour y faire un chargement de vin destiné à notre royaume. Dans le port de cette ville, un habitant, alléguant que, sur ce navire, Robert Gardiner et Duncan Campbell s'étaient, plusieurs années auparavant, approprié quelques barriques de vin, a fait à son tour saisir ledit navire tout chargé et a traduit
1 Acta parliamentorurn Jacobi I, A. D. 1436, vol. II, p. 24, col. 2. — Les Ecossais en France, t. H, p. 361, 362. — On trouve, cependant, en 1417, un sauf-conduit pour un envoi de vins de Beaune en Angleterre. (Rot. Franc, 3 lien. V, m. 24.) Les trois cents pipes de vin de Normandie qu'en 1388 deux marchands de Florence avaient obtenu de charger, en trois navires, sur la Seine et de conduire en Angleterre (ibid., 12 Rie. II, m. 12), étaient sûrement des vins de la basse Bourgogne.
- The Freiris of liervik, v. 158. (The Poems of William Dunbar, edit. by David Laing. Edinburgh : mdcccxxxiv, in-8°, vol. II, p. 8 & 386.)
George devant un certain juge subdélégué de l'amiral délégué du roi de France. Celui-ci, après avoir, assez longuement, et bien ou mal, instruit l'affaire, a fini par rendre une sentence contre mondit George, qui, se sentant lésé, en a appelé à vous, très-illustres Messieurs, pour faire réformer l'arrêt. Il représente, et non sans apparence de raison, que ce navire étant sorti légitimement des mains de l'auteur du vol reproché, et ayant été acquis par lui de bonne foi, il ne peut lui être enlevé justement. » Après avoir fait valoir des raisons qui militent en faveur de Wallace, le roi continue ainsi : « A ces considérations s'ajoute, si nous sommes bien informé, une coutume de votre pays, qui veut que lorsqu'un navire est entré dans un port de France, fût-il en litige, une fois qu'on a commencé à le charger, il ne puisse, dans l'intérêt de la navigation, être saisi pour cette foislà. » Jacques 1Y demande, en terminant, qu'il soit procédé le plus promptement possible à la conclusion de cette affaire, et que, selon les règles de la justice, George Wallace ne souffre aucun dommage, etc. En même temps, le roi écrivait, sur le même sujet, à François Ier l.
Le livre de dépenses de Jacques V nous montre la cave de ce prince assez bien fournie; il s'y trouvait, à ce qu'il paraît, du vin blanc-, du vin d'Anjou 3, du clarei '', du vin de la Rochelle5, de la malvoisie6, du muscat ' et
1 Epistolœ Jacobi Quarti, etc., vol. I, p. 309-513, d°« i.xvi et i.xvn. - Excerpta e Ubris domicilii Jacobi Quinti, etc. mdxxv-mùxxxm. Edinburgi. m. dccc. xxxvi., in-i°, p. 193.
:i im„ p. 192.
1 IbitL, passim, sed praeserlim, p. 85, 185, 19-2, 195.
• im., p. sa. « ma., p. is5.
7 Ibid., app., p. 55. — Le muscat (museadaU) et la malvoisie (mavrsye) sonl
du vin du Rhin l ; mais on n'y rencontre pas de vin de Gascogne.
Le vin de Bordeaux figure plus tard dans une ordonnance de Marie Stuart portant défense de le vendre plus de 20 livres la tonne2 et 10 deniers la pinte, tandis que le vin de la Rochelle était taxé à 16 livres et à 8 deniers5. Nous savons, au reste, que les rapports commerciaux entre Bordeaux et l'Ecosse étaient fréquents
mentionnés, avec le sack et le vin du Rhin, dans Philotus, comédie écossaise qui date de 1603. Voyez l'édition de Robert Charteris, ou la réimpression de 1835, folio B verso, st. 20, 21, 23, et folio B 2, st. 26.
1 Exempta e libris domicilii Jacobi Quinti, etc., p. 88.
2 The Laives and the Actes of Parliameni f, etc., folio 136 recto et verso. — Plus loin, folio 150 recto, il est question du payement du droit sur les vins. (James VI, parliament xiv, c. 206, A. D. 1394.)
3 The Acts of the Parliaments of Scotland, vol. II, p. 483, col. 1 & 2. — David Laing, the Poems of William Dunbar, vol. II, p. 293, 294. — Ainsi que le fait remarquer Sibbald, cité par le savant éditeur, du temps du poète, on prenait en Ecosse de grandes précautions pour que le vin destina a la consommation fût bon et peu coûteux. Sous le règne de Jacques III, le parlement défendit, sous peine de mort, de mélanger ou de frelater le vin. Celui de France continua longtemps a se vendre en Ecosse a très-bon compte et a y abonder. En 1320, le prix de ce vin, conformément à un règlement arrêté par le conseil municipal d'Edinburgh, était de 6 deniers la pinte (le demi-gallon anglais), monnaie écossaise. En 1528, les magistrats d'Aberdeen votaient a l'historien Hector Boyce, à l'occasion de son doctorat, une tonne de vin, a livrer quand les vins nouveaux arriveraient, ou la somme de 20 livres, à son choix. (Kennedy, Annals of Aberdeen. Aberdeen, 1818, 2 vol. in-4°, vol. II, p. 367.) En 1613, l'évêque d'Orkney recevait en don du vin d'Espagne et de Bordeaux, et, en 1660, la fontaine de la croix du marché, a Edinburgh, donna, dans une occasion , du vin en abondance (a Dianj of public Transactions and other Occurrences, chiefly in Scotland, etc. By John Nicol. Printed at Edinburgh : m. dccc. xxxvi., in-i°, p. 295), comme, dans une autre, les fontaines de Linlithgow répandirent, en 1662, du vin de France et d'Espagne. M. Chambers, qui a recueilli ce dernier fait (Domestic Annals of Scotland, vol. II, p. 291), cite plus loin (p. 501) des funérailles où l'on but du claret, en 1665. Voyez, sur l'usage du vin parmi les basses classes de la société en Ecosse, au xvne siècle, un Mémoire de M. Joseph Robcrtson, dans les Proeeed'nvjs of the Societij of Antiqnaries of Scotland, vol. III, part. III, p. 42i-i30.
au milieu du xvie siècle. En 1546, un marchand de Landernau chargeait soixante tonneaux une pipe de vin à destination de Leith1, et presque en même temps il partait pour Dumbarton une cargaison de la même denrée, mais plus considérable, pour le compte de deux habitants du Fronsadais2. Le 28 avril 1547, Douzeau venant d'enregistrer un acte qui mérite d'être noté5, prête de nouveau son ministère à Jean d'Aste pour enregistrer le contrat d'embarquement de quarante -quatre tonneaux trois barriques de vin à destination du Crotoy ou de Leith4. Le mois suivant, le même notaire est occupé pour le chargement, sur le Jacques de Dieppe, par Jean Lamy, marchand de Bordeaux, et neuf compagnons parsonniers (associés), de vins, farines, sel, vinaigre et autres marchandises, jusqu'à concurrence de la somme de 1,563 livres tournois, un tiers audit Lamy et les autres deux tiers au patron et aux compagnons du navire, « pour la susdite marchandise mener et conduire... audit lieu de Dieppe, Picardie, Angleterre, Flandre ou Escosse, là où ils pourroient espérer d'en tirer profit5. » Le 30 mai de la même année, un marchand d'Orléans affrète le Matthieu de Craon, à l'ancre à Bordeaux, pour aller charger du sel en Brouage et le porter à Dumbarton, ou autres ports voisins. C'est encore à l'embouchure de la Clyde que Guillaume Àudierne expédie près
1 Minutes de Douzeau, 5 février 1546.
2 Ii)iil, 13 février 1546.
3 Chargement, sur le Bon Espoir de Fécamp, de vins a destination de llull. L'expéditeur s'assure de la garantie de deux marchands d'York, <« reserve le risque des Escossois. » (20 et 22 avril 1547.)
« Minutes de Douzeau, -28 avril 1547. Cf. 29 avril. ;> lbiâ.t 18 mai 1547,
de cent tonneaux de vin de Bourg (23 avril 1548); à peu d'intervalle, un chargement aussi considérable part de Bordeaux pour Edinburgh (20 décembre 1548), et un marchand écossais, Gilbert Balfour, charge soixante tonneaux de vin à destination de Leith, Burntisland ou Saint -André (26 octobre 1540). Un autre, Thomas Odard, ou plutôt Wodard, expédie à Leith du vin, du pastel, de l'huile et du vinaigre, en quantités assez considérables1. Après lui, Nicolas « Hodoard, marchand de Lislebourg, » continue le même commerce2; l'un de ses concitoyens se paie en vins d'une somme d'argent prêtée ou d'une vente de marchandises5, et un certain William Butherford, marchand de Leith, reçoit sommation de payer à un praticien en cour laie 68 francs bordelais 10 sous tournois, prix de onze barriques de vin de nos contrées4.
Néanmoins, la côte ouest de l'Ecosse attirait toujours les spéculations de notre commerce, et deux facteurs d'un citoyen de Bordeaux, Bobin de Saugues, chargeaient sur la Guillemette de ce port des vins spécifiés comme destinés principalement pour Dumbarton5, tandis que d'autres marchands en dirigeaient sur le même point, se
1 Minutes de Douzeau, 29 avril et dernier jour de février 1552.
2 Reçu par William Trito, patron de la Marie de Leith, et Patrick Foulis, écrivain dudit navire. {Ibid., 11 février 1558.) — Nous ne pouvons entreprendre de mentionner toutes les chartes parties consignées dans le gardenotc des Archives départementales de la Gironde ; nous nous en tiendrons aux minutes de Douzeau, et nous renverrons au 15 novembre et au 24 décembre 1541 , au 15 avril et au 29 octobre 1551, et au 21 décembre 1552.
3 Minutes de Douzeau, 24 mai 1558.
4 Ibid., 18 octobre 1549.
:> Ibid., 14 mai 1518. — Un acte antérieur du même notaire mentionne en ces termes le chargement sur le même navire, mais en Ecosse, de cin-
réservant de modifier cet itinéraire et de faire voile pour Leith ou Dublin1. Le nom de Perth figure dans les chartes parties en même temps que celui de Dumbarton2, et nous voyons Pierre Guyton, maître de là Jeanne de Roy an, engager, à Bordeaux, John Comyn, de Dumbarton , « pour le servyr de pilote suyvant la coste d'Irlande vers l'orouestz, ou bien à toutes isles au pays d'Escosse5. » Plus tard, le môme notaire enregistre un prêt de 40 écus d'or, ou de 100 livres tournois, fait à un marchand du Gonquet qui se préparait à se rendre de Bordeaux à Dumbarton 4. Enfin on trouve un marché de pastel avec un certain James Bannatyne de Perth5, et un chargement de soixante-cinq tonneaux de vin à destination de Dundee 6.
En 1560, le gouvernement anglais ayant adressé aux commissaires écossais réunis à Berwick des questions
quante tonneaux de vin : « Comme par cy-devant Me Pierre Casau et Pierre Melon... eussent tenu propoz eulx associer au nombre de soixante thonneauli de vin qu'ilz avoicnt, pour le proffict ou perte qui... en pourront advenir, suyvant lequel propoz eust icelluy de Casau chargé sa eothite desdits vins, dont partie est ja de retour, et a présent auroyt declairé audit Casau vouloir charger en Escosse le nombre de cinquante thonneaulx de vin, et de faict les avoit mys dans le navire appelé la Guilhemette de Bourdeaux, et sommé ledit Casau s'il vouloict bailher la moytié que coustoyent vingt thonneaulx du vin, qu'estoyt plus que le nombre que ledit Casau avoiet chargé cy-devant, et si ledit Casau vouloyt que tant lesdits thonneaulx de vin que le retour des trente qu'il avoit charges, feust en ladite associacion, ce que ledit Casau luy a accordé, » etc. (20 février 1548.) Suit la charte partie du chargement de cinquante barriques de vin pour Leith, sur le navire ci-dessus, a la date du 17 février 1548.
1 Minutes de Douze au, 2 novembre 1551 ; A juillet 1552. (Deux actes.
a Ilnd., 12 mai 1551.
;i Und., 11 mars 1551.
4 Il)id., 15 février 1558. — L'intérêt stipule est 50 pour 100.
s Douzeau, 18 octobre 1552.
8 lfrid., 15 avril 1551.
relatives aux mesures prises pour la réception de l'armée envoyée en Ecosse par Elizabeth, il fut répondu que l'on avait arrêté entre les mains des marchands, à Dundee et Burntisland, deux cents tonnes de vin, qui seraient délivrées aux commissaires anglais au prix de 34 livres écossaises la tonne, ce qui faisait 8 livres sterling 10 shillings1. La provenance de ces vins n'est pas indiquée; mais on peut supposer, non sans raison, qu'ils avaient été récoltés dans nos provinces, bien que le commerce de Bordeaux éprouvât un temps d'arrêt, les marchands ne se souciant pas de risquer leur vie et leurs biens dans le voyage qu'ils faisaient chaque année en Guienne2.
Ce n'était pas seulement les Bordelais qui faisaient ces envois : John Atkinson, écuyer et homme d'armes de la compagnie du comte d'Arran, chargeait aux Ghartrons, sur la Mignonne de Dieppe, quarante-cinq tonneaux h destination de Burntisland ou de Leith (25 janvier 1549); et, deux ans après, nobles James Doig, Alexander Duran et John Kempe, de ce dernier port, y envoyaient près du double de cette quantité (11 et 13 juin 1551). D'autres, comme Andrew Dunlop et George Herbertson, marchands de Glasgow, achetaient à un marchand du Gonquet quarante tonneaux de vin du Bordelais, à rendre à Dumbarton (7 mai 1549); les mêmes, en société avec John Harbourch, autre négociant de Glasgow, faisaient l'acquisition de quarante-cinq tonneaux de sel, à rendre au château de cette ville (6 mai 1550); et Jean de Bonnefont,
1 Scotch Papers, Public Record Ofiice, 1560, Febr. 20.
2 State Papers, Domestic Séries, Elizabeth, 1560. Oct. 31; vol. XLVIII, n° 33.
marchand d'Oloron en Béarn, expédiait à Leith soixante et quinze tonneaux de vin à livrer à Hugh Lawry, marchand d'Edinburgh (15 février 1550). Une particularité à noter, c'est que le maître du navire prête sur la cargaison 180 livres tournois, payables à Leith huit jours après l'arrivée du navire. John Peebles et George Breyden, marchands écossais, voulant acheter des vins à Bordeaux ou à Libourne, affrètent la Julienne de Morbihan, par acte du 5 janvier 1552. En 1556, des marchands écossais ayant fait descendre à Bordeaux du vin du haut pays avant le temps permis, furent condamnés à l'amende1. En 1563-4, Marie Stuart portait plainte contre la saisie qui avait été faite sur la rade de Lowestoft, du navire écossais la Grâce de Dieu, appartenant à des marchands de Dundee et à destination de Bordeaux2. Enfin, nous savons par de Thou que chaque année le digne principal du collège de Guienne, Élie Yinet, recevait des lettres de George Buchanan, quand les marchands écossais venaient enlever des vins à Bordeaux3, et bien plus tard nous voyons de ces négociants établis aux Chartrons4.
On pourrait rendre compte d'une consommation aussi considérable5 par les besoins d'un pays où la bière coû-
1 Damai, Supplément des Chronique... de Uourdeaiis, folio 10 verso.
- Recueil des lettres de Marie Stuart, public par le prince Labanoff, t. I, p. 194-197.
3 Jac. Aug. Tlmani de Vita sua lib. II, ad caleem Hist. sui temp., éd. Lond mdccxxxiii, t. VII, p. 59.
* Voyez un Mémoire pour sieur Antoine Leyssen, bourgeois et négociant de Bordeaux, contre Walter Pringlc, négociant, aux Chartrons, dans un recueil de factums de la Bibl. publ. de Bordeaux, Jurispr., n° 5076, t. XII, n° 29.
8 Voyez encore State Papers, Domestic Séries, Charles I, 1625, vol. IV, n°9; et Charles II, 1661-5, vol. CXIV, n° 101. — En sus des vins de Gascogne et de Guienne, l'Ecosse recevait tous ceux dont l'usage était répandu en Angle-
tait plus que le vin ! ; mais il faut savoir que , selon toute apparence, cette dernière denrée entrait, au moins à une époque ancienne, en franchise de droits, ou peu s'en faut'2. On l'employait à des usages qui ont disparu. Ainsi le comte de Shrewsbury, qui, en 1569, gardait Marie Stuart au château de Tutbury, écrivait au marquis de Winchester et à Sir Walter Mildmay : « Veuillez considérer que tout en jouissant, comme les autres nobles, de la faculté d'avoir une certaine quantité de vin pour ma maison sans payer de droits, les charges journalières que je supporte depuis un an, c'est chose bien connue, à cause de la reine d'Ecosse, sont si considérables, que force m'est de vous solliciter de vouloir bien avoir égard d'une façon amicale à la nécessité de mes grandes dépenses. En vérité, deux tonnes par mois n'ont point été jusqu'ici ordinairement suffisantes, outre ce qui est parfois employé pour les bains de cette princesse et autres usages semblables5, » etc.
terre. Les vins importés en 1612 sont ainsi décrits et classés dans le tarif des douanes écossaises, après les vins de Gascogne et de France qui ouvrent la liste : « Muscats, malvoisies, et tous autres vins des crus des mers du Levant; sacks, Canaries, malagas, romneyis, hullokis, bâtards, teynts et alicantes. » Tous ces vins étaient sujets a un droit uniforme de 32 livres 8 sous d'Ecosse.— En 1618, les vins en usage à Glasgow étaient ceux de France, d'Espagne, du Rhin et de Grèce. (Wodrow, Collections upon the Lives of the Reformer» and the most eminent Ministers of the Chitrch of Scotland, vol. II. Glasgow : m.dccc.xlv., in-40, note C, p. xxvii.)
1 En 1504, l'aie était, en Ecosse, à 16 deniers le gallon ; en 1520, ce prix fut élevé a 30 deniers, pendant que le vin de France n'était que de 12. Voir sur le premier usage de la bière en Angleterre, en 1521, Macpherson, Annals of Commerce, vol. II, p. 63, et un petit volume de l'archidiacre Bolleston, intitulé : Oïvoç xpmvoç. A Dissertation concerning the Origin and Antiquitij of Barleij Wine. Oxford, mdccl, in-4°.
2 G. Innés, Scotland in the Middle Ages, etc., ch. vu, p. 237.
3 Lodge, Illustrations of British llistory, etc., vol. IL p. 489. - Ces bains de
k'il HISTOIRE DU COMMERCE
L'année suivante, les marchands écossais ayant été arrêtés en France à l'instigation de Marie Stuart , Elizabeth écrivait au comte de Sussex : « Nous avons également trouvé l'embargo mis en France, par les manœuvres de la reine d'Ecosse, sur les marchands et les navires de ce pays, mesure très-préjudiciable au parti du roi, particulièrement à cette époque des vendanges : en conséquence, nous avons fait demander à l'évêque de Ross d'obtenir que cet embargo fût levé pendant la trêve qui doit être conclue bientôt. Il semble disposé à y consentir; mais il dit ne pouvoir obtenir la levée de l'arrêt, si ce n'est par la reine sa maîtresse, et son ambassadeur en France, l'évêque de Glasgow1. »
Écossais ou Anglais, tous étaient, à ce qu'il paraît, sur le même pied à Bordeaux, tandis que, dans le reste de la France, les premiers étaient exempts du droit de mouvement, que les seconds et les autres étrangers devaient payer pour leurs marchandises-; mais, comme les Flamands, il leur fallait acquitter la coutume, c'est-
vin étaient sans doute pour donner de la vigueur a l'auguste prisonnière. En 1555, Biaise de Montluc, parlant de deux petits flacons de vin grée qu'il avait reçus du cardinal d'Armagnac, «je m'en frottay un peu les mains, dit-il, puis m'en lavay fort le visaige, jusques a ce qu'il eust prins un peu de couleur rouge, et en beu, prenant un petit morceau de pain, trois doigts, » etc. Colleet. Petitot, lre série, t. XXI. p. -27>ù. Cf. p. Kî6.) Pierre Frotter, premier écuyer de corps et maître de l'écurie du régent, depuis Charles VU, rapportant l'itinéraire de ce prince en Orléanais et en Berrv 1 i 19), mentionne qu'a chaque halte, on lavait avec du vin et du miel les jambes des chevaux. « ('/est de cet usage, sans doute, ajoute M. Vallet de Viri ville, que vient le dicton appliqué de nos jours aux vins inférieurs et de mauvaise qualité : On n'en laverait pas les pieds des chevaux. » (J. Chartier, Chronique de Charles VU, etc. A Paris. mdccclyiii, in-18, t. III, p. 304.)
1 Ms. Cott., Caligula, C. II, folio 452 verso.
2 Sir Henry Neville a Winwood. Londres. S décembre 1004. Memorials of
à dire payer pour droits de douane, 2 deniers une maille d'entrée, sans parler d'autres obligations spécifiées dans les anciens et nouveaux Statuts de la ville et cité de Bourdeaus1. Après l'union, les relations entre cette place et l'Ecosse continuèrent : il est inutile d'en rechercher les faits2; mais nous devons encore signaler entre les deux pays une espèce d'échange, dont un acte notarié fournit un exemple bon à enregistrer ici.
Avant le milieu du xvie siècle un Écossais , Alexander Bezet, était venu s'établir à Bordeaux, où il était plus connu sous le nom à'Escot. Il y faisait le commerce 3, surtout avec ses compatriotes, et déjà il s'occupait de placer sa famille dans sa nouvelle patrie : le 1er mars 1541, Douzeau dressait le contrat par lequel il donnait pour apprenti à Guilhem Beguey, maître chirurgien, un sien frère nommé William. Plus tard, étant devenu hospitalier de l'hôpital neuf de Saint-André4, il continua à faire des affaires avec ses compatriotes5 et à rendre de bons offices à ses parents. Fondé de pouvoir de Patrick Bezet, marchand d'Edinburgh, il donnait pareillement pour apprenti à Jeannot de Saulx, Alexander Bezet, fils de Patrick , pour apprendre le commerce , sans que le père
Affairs of State in the Reiyns of Q. EUzabeth and IL James, etc. London, 1725, in-folio, vol. II, p. 38.) — Dans le Ms. Cottonien, Vespasien, F. IX, folio 303, on trouve un certificat des prérogatives des marchands écossais en France.
1 P. 104, loi. — Les Écossais en France, etc., vol. I, p. 362, note 1.
2 Pour en citer un pris au hasard, le 1er mars 1661-5, on annonçait d'Edinburgh la prise de trois bâtiments écossais faisant le commerce avec Bordeaux. {State Papers, Domestic Séries, Charles 11, vol. CXIV, n° 2.)
3 Minutes de Douzeau, 9 novembre 1341.
1 Voyez en quoi consistait cette charge, dans les anciens et nouveaux Statuts de Bourdeaus, p. 58-60.
8 Minutes de Douzeau, 1« décembre 1551.
Mï HISTOIRE DU COMMENCE
eût rien à débourser pour cet apprentissage; celui-ci devait seulement recevoir chez lui en Ecosse et entretenir pendant le même espace de temps, c'est-à-dire pendant deux ans et aux mêmes conditions, Jean de Saulx, fds de Jeannot l. Pour celui-ci, il ne s'agissait point d'apprendre l'anglais, puisque, à Edinburgh, on parlait écossais, ni pour le jeune Alexandre d'apprendre le français, moins usité à Bordeaux que le gascon : il eût été à meilleure école à Rouen ou à Dieppe; mais on avait préféré notre ville « pour apprendre le trafficq de marchandise » sous l'œil d'un parent; et l'état des relations commerciales entre la Guienne et l'Ecosse était encore assez florissant après le milieu du xvie siècle pour engager un marchand bordelais à un semblable échange de services.
Ces relations sont encore éclairées par un autre acte où reparaît Alexander Buzet, comme témoin tle l'identité de John Forester, Adam Wallace et William Ballantyne, marchands de Perth. Après avoir parlé d'un navire de ce port, d'environ cent dix tonneaux, qui « avoyt esté au mois de février ou de décembre prias par certains Espaigneulx venans dudict Sainct-Jehan Der et chargés de harengs, cuyrs et draps, au port de la Rochelle,
1 Minutes de Martin Arfeulhe, a la date du 15 mars 1508. — In autre notaire enregistre la convention par laquelle Jean de Yillcboys, marchand et bourgeois de Bordeaux, donne a honorable homme William Spenser, marchand et bourgeois de Londres, présent, son fils John, « pour et allin que ledit Despansier soit tenu le mètre, s il ne le veut faire avec lui, chez quelque homme de bien marchand a Londres, pour lui enseigner et apprendre la façon de vivre et traffic et marchandise, et ce pour la somme de 20 escus sol. » Minutes de Douzeau, 16 novembre 1516.) — Le père ou le tils reparait dans un autre acte de Douzeau, du 12 décembre KiTiS, qui le qualifie de « bourgeois et marchand de Bordeaux, et seigneur de la maison noble de la Salle de Noyers, sise au bourg de la Marque en Medoc. »
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ledict navire pour lors estant à l'Isle-Dieu, » le notaire déclare que « le sire Alixanclre Bezet, bourgeois et hospitalier du grand hospital Sainct-Àndré de Bourdeaux, et natif d'Abredin, aussi en Escosse, a, comme dessus, certiffié et attesté cognoistre lesdicts Forester, Yalloys et Yallantin, dix-huict ans ou envyron, et les avoir logés en la maison qu'il tenoit pour lors en la présent ville et cyté de Bourdeaux... scituée en la parroisse Sainct-Remy et près le portai de Corn, » etc. Vient ensuite Jean Saturnye, qui dépose avoir vu, à Bergerac, William Ballantyne dans la maison de son père, avec un certain nombre d'Écossais qui avaient acheté du vin de Bergerac de ce dernier1.
À cette époque, Glasgow exportait en France des draps fpladding), du charbon et des harengs, qui s'échangeaient sûrement à Bordeaux et à la Rochelle, contre du sel, du papier, de la résine et des prunes. L'écrivain qui nous fournit ce renseignement 2 ne mentionne ni vin ni eau-de-vie; il est certain, cependant, que ces deux articles entraient ordinairement dans la cargaison des navires qui portaient du papier et des prunes dans la Grande-Bretagne 3.
En retour, l'Ecosse continua longtemps à nous envoyer du hareng; on le voit par une anecdote qui nous reporte au règne de Louis XIII : « Un Ecossois, qui n'avoit pu vendre son hareng à propos, dit un auteur de l'époque,
1 Minutes de Douzeau, 6 mars 15o2.
2 Report by Thomas Tucker upon the Seulement of the Revenues of Excise and Customs in Scotland , A. D. mdclvi, éd. by Lord Murray for the Bannatyne Club in 1821, in-4°, p. 38. — On rencontre une mention de drap d'Ecosse dans un acte de Douzeau, du 30 novembre 1541.
3 State Papers, Domestic Séries, Charles II, ann. 1667; vol. CX€, nos o5-74.
s'alla promener, aux fêtes de Pâques, à Bordeaux, dans les allées du cardinal de Sourdis ; le rossignol chantoit déjà : « Ah ! petit l'oiseau, dit-il, toi n'avoir point d'harengs à vendre * . »
Ce n'est guère que dans la seconde partie du siècle dernier que cet état de choses changea, et que la politique, par l'élévation des droits, parvint à substituer les vins pernicieux de la Péninsule au bienfaisant clairet de nos contrées. « L'Écossais, dit un poète du temps, dans un quatrain devenu célèbre, se tenait ferme et droit; son mouton était vieux et son clairet bon. « Qu'il boive du vin de Porto, » s'écria un homme d'État anglais. Il but le poison, et son esprit mourut2. »
1 Les Historiettes de Tallemant des lléaux, édit. in-12, t. X, p. 174.
2 Firm and crect tlic Caledonian stood : Oldwas liis mat ton, and liis claret good.
" Lct liim drink port, " an English statcsnian criod. Hc drank tlic poison, and his spirit died.
Home's Works, Edinlmrgli, 1822, in-8», vol. I, p. 164. —
A biographical Dictionary of eminent Scotsmen, etc. Blackie and Son, HDCCCLV, in-S°, vol. III, p. 78.)
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