‹ Histoire du commerce et de la navigation à Bordeaux, principalement sous l'administration anglaise (volume 3)Chapitre 41 sur 141 · CAFÉ · texte numérisé non relu

CAFÉ

En usage depuis un demi-siècle environ ?, le café, au-

pècher que l'arrêt du Conseil ne fût étendu aux produits de cette manufacture. On trouve encore dans le même volume une plainte d’un sieur Medine contre le commis aux huiles et savons. (Fes 1 et 2; 31 juill., 8, 13 et 22 août 1728.)

1 Reg. B, folio 224 recto, 7 mars 1726. — Reg. F. 12. 73, p. 355; 9 mai 17%. Suit un arrêt rendu en Conseil d'État, le 26 mai 1726, conformément à un autre arrèt du 5 octobre 1688. Cf. reg. B, folio 231 recto, 17 juillet.

? Dans une lettre publiée par la Patrie, numéro du 95 août 1867, M. Édouard Fournier a indiqué un passage curieux sur l'introduction du café en France; le voici tout entier :

Adieu, j'ay si mal à la teste Que je ne sçais où me tourner, Et que le mal icy m'arreste.

On ordonne de me saigner ; Mais je suis peu pour la saignée.

J'aime mieux prendre du kavé, Qui guérit en moins d'un avé Quand le reste ne peut guérir en une année.

Ce mot de kavé vous surprend :

C'est une liqueur arabesque, Ou bien, si vous voulez, turquesque, Que dans le Levant chacun prend.

On s’en sert eu Afrique, on s'en sert en Asie ; Elle a passé dans l'Italie, En Hollande et chez les Anglois, Où l'on la trouve fort utile;

jourd'hui si répandu en France, ne l'était pas encore beaucoup, à en juger par la quantité mentionnée dans le Mémoire de la Chambre de commerce de Guienne.

Bordeaux faisait acheter à Nantes, de la Compagnie des Indes, tous les ans, environ deux cents balles de café, pesant 250 livres, à 50 sous la livre, ce qui donne la somme de 125,000 livres tournois. Les balles, ‘étant à 250 livres chacune, font 50,000 livres tournois. En 1730, le café se vendait 48 sous, et des marchands, stationnaires ou ambulants, en débitaient à la tasse depuis plus de quarante ans!.

Et des Arméniens qui sont dans cette ville L'apportent encore aux François.

Sa vertu n'a point de pareille, Tout le monde s'en aperçoit,

Et surtout pour la femme elle opère merveille, Quand c'est le mary qui la boit.

La Muse Dauphine adressée à monseigneur le Dauphin, par le sieur de Subligny. A Paris, M. DC. LXVI., in-19, p. 261 ; XXVIII* semaine, du jeudi 2 décembre 1666. Dans la Relation de l'audience donnée par le sieur de Lyonne à Soliman Musta-Feraga, envoyé au roy par l'empereur des Turcs, le mardi 19 novemdre 1669, à Suresnes, on servit du cavé : ce mot est répété dans la Gazette d'alors pour désigner le café, qui était encore peu répandu en France, — Voyez encore le P. Labat, Nouveau Voyage aux isles de PAmérique, t. VI, p. 341-344 ; et surtout Le Grand d'Aussy, Histoire de la vie privée des Francois, t. NII, p. 129. — On a fréquemment répété que Mme de Sévigné avait écrit que Racine passerait comme le café, et M. C.-J. Jeannel est parti de là pour afirmer que « la marquise de Sévigné a peu goûté Racine. » (La Morale de Molière, etc. Paris, 1867, in-8°, p. 246.) La vérité est que non-seulement le propos n’a pas été tenu, mais encore que Voltaire, sur la foi duquel Laharpe, l'abbé de Vauxcelles et Suard, ont débité cette fable, n’en est pas l'auteur. Voyez la Notice sur Mme de Sévigné, par M. de Saint-Surin, en tête des lettres de cette dame, dans l'édition de Blaise, 1818, in-192, t. I, p. 152; et surtout PEsprit dans l'histoire, etc., par Édouard Fournier, 3° édit. Paris, 1837, in-18, p. 332-335.

1 Par ordonnance en date du 30 août 1687, les jurats avaient fait inhibitions et défenses à tous les vendeurs de café de vendre après onze heures du soir,

en toute saison. (Continuation de la Chronique bourdeloise, etc., p. 121.)

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