cul
Venise, en 1440!, et voir dans l'ouvrage de Domenico Scinä comment, en 1448, on multipliait, aux environs de Palerme, les plantations de cannes et les fabriques de sucre*.
Shi faut en croire de Guignes*, dont l'assertion a été répétée par David Macpherson®, les cannes à sucre passèrent de la Sicile à Grenade, de là à Madère, d'où on les porta au Brésil et dans le reste de l'Amérique; mais l'historien du sucre, Moseley, s'élève contre cette supposition, qu'il qualifie d'erronée 5, On peut également douter que les Grenadins aient, les premiers de la P6-
À Cap, uxexu (Copia di zucchero comprate in Palerno), dans Pagnini, us Decima € delle altre gravezse, ete, &. IV. Lisbona e Lucea, MOCGLAVI, p. 205, 200,
2 La Topografia di Palerme, prove ed aanot., p. 36, note 8, — Na serail-co pas cette fbrication du suere en Sicile qui aurait fuit dire à Jeun de Meung, parhant dé la mort d'Empédocle dans l'Etna :
N'a qurblst ar me aniel ne sueres Ains eslul ilec sou sepoere nie Les sulpurens hote.
La omas de 4 ét, de Méoo, & 1, pu 140, +. V4.
1 est encore fait mention de la fabrication du sucre en Sicile dans un Lraité de Marina Sanuti (Saerea Adelinm eruois, M, 1, pars L, cap. 1: apnd Bongars, Gesln Del per Francs, ad calcem, p. 24, 1. 10) et dans lé commentaire de Jean de Saint-Amand sur T'Anlidotaire de Nicolus. (Histoire litéraire de La France, L. XXI, p. 265, Cf. p. 197.
À Méui, de l'Acad, des inscriptions, 1. XXXVU, p. 509.
À Annuts of Commerce, VOL: 1, p.358. CL. p. 20,
2 À Treurine on Sugar, 2 edit. p. 20, — SL faut en croire M, de Reiffenberg, cité par Depping, au commencement du ve slécle, deux navires venant des Canaries débarquérent à Anvers une eavgrison de sucre; on l'offrit à moins de trois gros la livre pesint. Gependant, soit que le haut prix de cette denrée n'eût pas permis jusqu'alors de la répandre dans les classes inférieures de La sncidté ot d'en rendre l'usage commun, soit que là concurrence fût trop grande, soit enfin qu'on ne fût point acéoutumé encore à recevoir des denrées parles navires de l'océan Atlantique, les marchands eurent beaueoup de peine h se define de leur suere, malgré le bus prix auquel Ns le duient. (Hist, due commeres entre le Levant et Europe, etc. Paris, muoac xxs, InBr, fr. 275,274.)
datée de l'an 1352!, mentionne le « sucre caffetin, où sucre blanc, » qui tirait sûrement son nom, si ce n'est son origine, de Caffa sur la mer Noire’, Dans des comptes de la même époque, il est marqué 13, 18 et 25 deniers la livre, prix qui diffère peu de celui d'une autre espèce, le sucre dit casson, sur les mêmes comptes *.
On employait le sucre dans les confitures, en bonbons, surtout en sirops et en remèdes. Pendant fort longtemps, le prix élevé de cette denrée la fit ranger dans cette dernière elasse. Les apothicaires la vendaient exelusivement#, ainsi que l'eau-de-vie, et de là vint le proverbe apothicaire sans sucre, qui n'est pas encore complétement hors d'usage, pour signaler un homme dépourvu de ce qui est essentiel à son état, En 1605, Henri IV écrivait à Sully de faire payer à son apothicaire la somme de 17,138 livres à Jui due, tant pour remèdes que pour sucres, épiceries et lambeaux,
Les apothicaires furent done les premiers confiseurs; mais quelles sortes de bonbons eréèrent-ils d'abord? c'est ce qu'il m'est bien difficile de déterminer d'une manière certaine. L'empereur Frédéric IE, mort le 13 dé-
+ Ordomances des roid de Mrance dé la troisième race, LA, p, 333.
2 Nous n'osons pas insinuer que euffetin puisse venir de due: mais IL est certain que le pays qui entourait Jatfa produisait du sucre. Le sire de Joinville, racontant l'itinéraire de saint Louis, du cette villo à Sade, cite les cannes d'un Mieu appelé Passe-poutain, (Édition du Louvre, p. 118.
2 Comptes de l'argenterie des rois de France, etc. p. 200, 212, 220, 240,
# Magistri Johannis de Garlandia Dictionarius, apud Géraud, Paris sous Philippe Le Bel; Paris, 1857, in-4, p. 006, Cf, Histoire litiéraire de la France, L XXI, p.41. — Voyez, pour le détail des drogues dont se composait la boutlque d'un hpolhicaire, ou espicier de l'époque, l'inventaire de l'éplcerie de Pierre Gilles (HS), dans l'Histoire de la Jucquerle d'uprès des documents inédits, par Siméon Luce, Paris, 1850, in-8e, p. 251-295.
ET DE LA NAVIGATION À BORDEAUX. ET Un électnaire, répond Guyot de Provins, qui cite le vio- Jat en compagnie du rosat, du gigimbraiz, du pliris, du diadragum, du penidoin, du diadoro Julii, du diamargaréton, et autres préparations que Montpellier expédiait en boites et que deux trouvères représentent comme nau- Séabondes et humides!. Plus explicite, un médecin mort au commencement du x siècle, Arnaud de Villeneuve, nous apprendra tout ce que nous pouvons désirer au sujet de cet article, électuaire ou non, comme on voudra l'appeler. Au dire du vieux praticien, le sucre violat avait mille qualités, dont an peut lire le détail dans le chapitre xv de son Anfidotarinum, après un autre consacré au sucre rasat, dont les vertus n'étaient ni moins nombreuses ni moins admirables?. À ces deux sortes de préparations, dont le sucre formait la base, il faut ajouter le sucre muscaret où mouscarrat, mentionné dans uncompte du siècle suivant relatif à la dépense du roi Jean en Angleterre, Le silence que garde sur cet article le rédacteur de la table des Comptes de l'argenterie, montre bien qu'il n’est point aussi aisé de deviner ce qui entrait dans la composition de cette espèce de mix-
envoger trois livres dé sucre d'Alexandrie, de choix, sil s'en (rouvait dans sûtie promière ville, autrement de lui expédier la même quantité de sucre de ezy. H demandait encore, éntre autres épiceries, une oace de sucre rosat et line Jivre de sucre violut. (ot lit, claus., an, 40 Hen, HN, LA, p.12, 68. 2.) Voila bien quatre espéces de sucre, une de plus que dans le Mémoire AT le commerce maritime de Hewen. Voy. LL, pe 243,284
Lie Hible Guiot de Provins, +. 8620-51. (Fablians et Contes, LU, HA) — De P'Emperer! qui garda sa chasteé par moult temptacions, v. 2524, (Nouv, Rec de fabliaux et contes, vol. 11, p. S0, v. 254,
M Araltt Villanovani… Opera omnie, ele, Basile, cote xxev, inolio, col AZ7-154, — On trouve unie recette pour faire le sucré rosat dans Je Ménagler de Paris, 1.1, p.274,
2 Comptes dé l'irpenterie des rois de France, Cle. D. 245, 216, 53.
pour le lieu où il s'établimit, « de fugitifs, pour autre cause que lèse-n qu'ils ne fussent échappez des g se peussent retirer audit Hières et y e comme l'on fait en Cecille et Portugal en cas
D. Morice, Mémoires pour servèr de preuves à col, 1546.
ET DE LA NAVIGATION À BORDEAUX. 209 car aullrement il seroit malnisé que ceulx du pays se peussent si lost accoustumer aux peines qu'il ÿ convient mectre, comme aux pressoirs, portées, chaudières, et aulires faix de grand'peine, » 1] demandait encore : 1e l'intervention royale pour obtenir de S. M. T.-F, la permission de tirer de son ile de Madère une caraique pleine de plants et cannes à. sucre ; 2° les terres d'Hyères pendant dix aus, pour les mettre en nature et en tirer produit, moyennant une redevance du cinquième aù roi, comme cela se faisait en Portugal, Sicile et ailleurs; 3 le privilége exclusif, pendant dix ans, de la fabrication et de la vente du sucre fin en France, au moins depuis la Provence jusqu'à la Seine; 4° une subveution de 20,000 écus, payable en trois ans, ou la remise du droit de cinquième pendant dix.
« I est à noter, dit en terminant Gabriel, que aucuns marchans italiens, ayant cy-devant entendu comme le feu roy avoit accordé audiet Sucerier tout ce que dessus est dict, pour le cuyder supplanter, sont naguères venuz en court, et ont, par le moyen de monsieur le cardinal de Ferrare, obtenu permission et privilége du roy pour afñner succres seulement; ce que après ils ont délaissé, fant parce qu'ils ne le sgauroïent faire sans ledict Succrier, dont ils se fesoient forts. comme aussi que aucuns marchans de Roen qui ont entreprins d'afliner succres, se sont opposés à l'entérinement dudiet privilége, » ete. Le pélitionnaire s'offre à rendre raison devant le conseil du roi de tout ce qu'il avance! : nous ignorons quelle réponse lui fut faite.
A Négociations, lettres et pièces diverses relatives au règne de François LL, ele., publ, par Louis Paris, Paris, M nccc xut, in-$°, D, TÜWTTA
d'arans, Ung petye barÿl sÿf, es over * Dons le reglatre du Conseil El
Cf. vol. CLVI, ns 70. Ordre aux commissaires des prises de! nando Mendoza de Costa, gant pags aa À Lomé QT deux caisses de cassonade apportées pur le Suiitef damné comme dé bonne prise n
de 2 e té de Boneaux près le Conseil de commerce éerivait à bu ur la prier de S'informer Si y avait quelque raffinerie établie dns parce que, dans le cas contraire, l'article du tarif de cette n6 pourrait regarder que ceux de l'étrans 195 verso ot 198 recto; AG mars et fer juin 1724.) 1 re eu au contrôleur gènèral, à l'effet d'obtenie la pro ï , pour douze äns, d'un arrêt du 30 octobre 5708, portant prolongation ï “ négodinnt eite des leitres patentes de l'annde 1002, date de La n Ja France, (Registre du Conseil de commerce F. 12,55, : séance du 10 juillet 741.) … à Letres, instructions ét mémoires de Colbert, LU, Le partie, introduer., Cf. t. Hi, 2 partie, p, 475, 477,06. — Anoïeus ef nouveune Stututs, de 4505, p. 314. — Pendant les foires dé Hordeaux, Il se fuisait un grand “eomimerco de sirops de capillaire ot de grenade, aussi bien que d'eaux de la roine de Hongrie el die Meur d'orange, qui étaient apportées par les marehands dé Languedoc et dé Provence, (Arr8t du Conseil d'État du 17 décembre 1698, apporté dans les Anciens ef nouveaux Statuts, édit. de 1701, p. 258.) — Un article des statuis des apothicaires, porinl recommandation de n'emploser pour leurs sirops que de bon suere où dé bonne cassonade blanche, « sans y mesler des sucres meschans, ny sucre de Saint-Homer, » donne une pauvre idée dés sucres qui sortaient des raffinerie des Pays
1 Correspondance administrative sons le rigue de L
GB. Depring, LIL, p. 200. — Letres, Enatruetions et » LU, 2e partie, p. 58
done pas de les exciter fortement de travailler à cet establissement, estant certain que l'augmentation de ce commerce produira assurément beaucoup d'advantage à la ville de Bourdeaux ‘. »
En même temps, Colbert veillait au salut des raffineries déjà existantes, menacées par la contrebande. Informé, par un mémoire des propriétaires, de l'entrée des cassonades par le Languedoc, il écrivait à l'intendant de Bordeaux, le 26 décembre 1670, pour l'assurer qu'il y mettrait ordre, et que l'imposition de 12 pour 100 serait établie dans celte province.
Chose singulière! pendant que Colbert encouragenit ainsi le développement des raffineries à Bordeaux, il favorisait la même industrie dans les pays de production, dé manière à susciter une sérieuse concurrence à ces établissements. Le 29 novembre 1672, il écrivait à M. de Bans, gouverneur et lieutenant général des îles d'Amérique: « Vous sçavez assez combien il importe au commerce des isles françoises de l'Amérique de porter les habitants à rafliner eux-mesmes leurs sucres et les rendre par ce moyen d'un débit plus facile et plus aseuré : ainsy je me contenterai de vous dire que la compagnie des Indes occidentales ayant chargé le sieur de Loover, habitant de la Guadeloupe, des ordres, inslructions et ustensiles nécessaires pour montrer auxdits habitans la manière de rafiner leurs sucres, où du moins de les convertir en cassonades blanches, lerrées et raîi-
26.4 Dépping, Correspondance administrative sous le règne de Louts XI, À ME, pu RGO, — Lettres, énarrmerions et mémoires de Colbert, 1.1, 2 partie, TES
2 Lettres, instr. et mé. de Colbert, 1, 3 parie, p TMS.
aûs IISTOIRE DU COMMENCE
nées, il sera nécessaire que vous donniez, s'il vous plaist, non-seulement toutes les protections et l'assistance qui dépendront de vous audit Loover pour l'exécution de ce dessein, mais mesme que vous fnssiez connoïistre en publie et en particulier à lous les habitans l'avantage qu'il leur reviendra de s'appliquer à la manufaèture des sucres !. »
Quelque temps après, il s'établissait une nouvelle raf- Bnerie sur un autre point, éloigné, il est vrai, mais pas assez pour que les Bordelais n’y vissent point une concur= rence. Le 1° mai 1673, le conseil municipal d'Angers intervenait en faveur du sieur Vanbedenbec, raflineur de sucre et castonnades fie), « appelé par ce corps et les rats de la ville pour establir sa manufaclure et exercer son commerce » à Angers ?. Celte affaire n'était pas encore terminée en 1677.
Un autre Hollandais, nommé René Tinnebacg, avañt élabli pareillement une raffinerie à Saumur; mais, à ln révocation de l'édit de Nantes, il avait émigré et perdu. son établissement. Le malheureux ainsi dépouillé ayant réclamé, le marquisde Seignelay écrivait, le 18 avril 1887, au comle d'Avaux, ambassadeur en Hollande, une lettre de refus qui se lermine ainsi : « Il y # trop de profità entretenir les raflineries pour craindre que l'adjudicataine
mag
* Létires, instructions et mémoires de Cotbert, LU, % partie, p. 850
Les rallineries établies dans les Îles devinrent si importantes qu'elles ea rent du préjndice à celles de la métropole, dont les ouvriers même passaies en Amérique. En janvier 1684, on défendit d'en établir de nouvelles, et pl tard on supprimu celles qui existaient, (Boyer-Peyreleau, der Arilies fr ete, Paris, 18 p.54,55
élestin Port, furentaire analytique des archives macicanes dé la ma d'Angers, ete. Paris ei Angers, 1861, grand in-8, pr. HG:
ET DE LA NAVIGATION À BORDEAUX, 305 dudiet Tinnebacq ne la fera pas valoir, et, quand cela servit, ce qu'il né féroit se trouveroit remplacé par les autres rafineries qui ont des establissemens dans le mesme endroit et dans les autres villes maritimes du royaume !. » Vers le même temps, un autre protestant, converti, agrandissait à Dieppe une raffinerie qu'il avait déjà, et envoÿyait chaque année plusieurs navires aux Îles d'Amérique?
En 1699, Louis XIV rendait une ordonnance dont le trente et unième article regardait les droits pour des cas particuliers eu faveur du raîinage du sucre brut, dans les villes de Bordeaux, la Rochelle, Rouen et Dieppe. Le 1inovembre 1733, le Conseil rendit un arrêt en-interprélalion de cet articles. ,
Au commencement du xvuf siècle, un sieur Jacob Ratier et des frères Payen, qui avaient une raflinerie de sucre à Bordeaux, exposaient au Conseil de commerce le préjudice que leur eausait le transit des sucres que les étrangers tiraient de Portugal, et qu'ils entreposaient à Bayonne et à Marseille pour les faire passer ensuite à Genève; ils demandaient qu'il fût remédié à cet état de choses, fatal à leur établissement. Le Conseil ordonna la jonction de la lettre des raffineurs bordelais à un dossier concernant la suppression, que le député de Lyon demandait, du transit accordé de Marseille à Genève par Lyon, el arréla que, sur le tout, après le rapport fait, il serait siatué #.
À Correspondance tubministratire sous Le régné de Louis XIV, ete, & IN, D. 406.
2 Ibid, p. 416, 2 Yalin, Gommentoire sur l'ardounance de la marine, L. 3, p.24. # Reg. du Conseil de corumerce F. 12, 51, folio 219 verm; séance du 7 sep LL ”
propos de déclarer cet arnêt commun entre les négociants de Bordeaux et ceux de la Rochelle, c'est-à-dire de placer les uns.et les autres sur le même pied !; et quatre jours après, il inlervint un arrêt conforme émané du Conseil du roi.
L'année suivante, le Conseil de commerce fut appelé à Slatuèr sur la pétition du propriétaire de la raflinerie de sucre établie à Marseille. Louis XIV, voulant favoriser le commerce des îles françaises de l'Amérique, et jugeant qu'il était nécessaire d'accorder le transit aux raffineries de Bordeaux pour leurs sucres, et la restitution des droits d'entrée, avait ordonné cette restitution par arrét du 31 juin 1671, « lorsque les sucres de ces raffineries provenant des moscoundes de Vos?, auroient esté portés en Savoye, en Halie et autres pays estrangers. » Le pétitionnaïre fait observer que si les marchands et les raffineurs
1'Megistre du Conseil de commencé F. 13. 51, fülio 577 verso; séance du 3 février 1700, — Affriandès par ce résullat, les raffiaours d'Orléans demandent plus tand à être traîtés comme leues confrères dé Rordeaux at de la Rodelle: mais ils échouent, « parce qu'estunt comme au centré du roçaume, non-seulément fs ont la ville de Paris, qui fait une très-grande consommation de leurs sucres, maïs encore toutes les provinces limitrophes, où ls es envolent facilement par le moyen des rivières, et qu'ils ne sont point hornez f uine polite consommation comme les raüineurs de Hordeaux et de la Rochelle, dont le commerce souffriroit également par une concurrence qui leur deviendroit onéreuse, et qui. en ruinant leurs rufineries, ruineroïit auxsy Lo tommerce des Tales si nécessaire au soutien de nos colonies, « ete. (Reg F 12 5. folio 322 recto; séanee du 14 septembre 1741) — Une délibération ile bi Chambre dé commerce de Guienne, en date du à jansier 1704, nous apprend que Honleaux envoyait aussi à Paris des sucres rafinés. (Registre À, pe: 80, 01, 04.)
* Lé registre porté dewos; mais nous avons conjécluré que ce nom pouvait venir de celui de quelque raflineur hollandais éwiblien France, comme le charpéntier dé Vos, mentionné dans la correspondance de Colbert, en 1671, Voyez LV, p 48, 560 et 4
nies, il auroit fallu renoncer au commerce que nous Maisons par ces colonies, et par conséquent à leur entretien. » La permission demandée fut donc refusée !.
Le Conseil repoussa pareillement une requête adressée par les sieurs Peyronnet et veuve et Funo de Suint-Laurent, négociants bordelais, au contrôleur général, pour obtenir la permission de consommer dans le royaume quatre-vingts coffres de sucre brut et terré du Brésil, provenant d'une prise faite par un armateur de Saint- Malo el menée ensuite à Bilbao. Le directeur des fermes s'opposait aussi à la consommation de quarante barriques d'huile de sarde arrivées à Bordeaux et provenant de la pêche des Espagnols, sous prétexte que cette origine n'était pas bien justifiée. A la suite d'une longue discussion, la permission demandée fut accordée pour l'huile, après justification de la provenance alléguée, mais refusée pour le sucre?.
A ce qu'il parait, Bordeaux exportait alors en Espagre des sucres raflinés, Des négociants signalèrent à la Chambre de commerce de Guienne les abus qui se commeltaïent à Bayonne dans ces sortes d'affaires 5, les fraudes auxquelles elles donnaient lieu#; et les raflineurs firent une proposition au sujet de l'arrêt sollicité par les fermiers généraux à l'égard des sucres déclarés pour l'exportation®. Fout le monde avait intérêt à ce que cette denrée
À Registre du Conseil de commerce F. 12, 3, folie 243 verso; séance du 30 mars 1711 2 id, V, 12. SS, follo 25 verso; séance du 24 avril 1744. 2 Reg. À de la Chambre de commerce, p. 20% et 209; séances des 24 mai et 2 juillet A7LL.
# Hbid., pu. SOA, 47 juillet 4741 Hoid.. pr, 505, A7 juillet
2'Registre du Conseil de commerce F. 12. 99, foin 15.
<embre 1715. CL. Éd .
ET DE LA NAVIGATION À BORDEAUX. 3 à l'arrêt du Conseil du 20 juin 1698, savoir : 20 sous pour le fermier des cinq grosses fermes el 40 sous pour celui du domaine d'Occident, « et, en outre, 3 pour 100 audit fermier. » A l'égard des sucres bruts qui seraient extraits des magasins en question pour être exportés à l'étranger et qui ne pourraient sortir que par mer, ils ne payeraient aucun droit, sauf 3 pour 100 au fermier du domaine d'Occident, en prenant acquit-à-caution pour justifier, dans un délai convenable, de l'embarquement, transport et décharge desdits sucres bruts au lieu de leur destination.
En 1717, les négociants de Bordeaux adressèrent au contrôleur général un nouveau mémoire au sujet de la restitution à faire sur les sucres raffinés dans le royaume qui étaient exportés à l'étranger, restitution qui devait, disaient-ils, se régler sur les droits à payer à l'entrée sur les sueres bruts des Îles; en sorte que si les droits avaient été payés sur ces sucres à raison de 3 livres par quintal, la restitution à opérer sur le sucre rafliné devait être de 6 livres 15 sous par cent pesant, el de 5 livres 12 sous 6 deniers seulement, s'il n'avait été payé sur les autres que 50 sous. L'affaire ayant été portée au Conseil de commerce, l'assemblée fut unaniment d'avis que, pour prévenir les contestalions et les procès, il devait être fixé une époque pour ces remboursements, el ordonné que tous les sucres raffinés qui avaient 616 destinés pour l'étranger, et pour lesquels il avait été pris des ac- Qquils-à-caution avant le 1° août 1717, jouiraient de la restitution de G livres 15 sous par quintal; et qu'à l'égard iles sucres raffinés déclarés pour l'étranger et pour lesquels les acquits-à-caution n'auraient été pris que depuis
là que du provisoire, et il tardait à tout | sortir de cet état. mer
À var une requête p de commerce F. 12. 61 Hole 6, Fpret riens À
Reg. Fe 13, 74, p.40: sance di 13 juillet 4728.
2 Ib, p.59: séance du 27 juillet de la même année. + Jbid., p. 213, #2 octobre suivant.
See. 12. 75, p.650.
permission de faire usage de charbon anglais, avec prort him de droits déjà en vigueur'.
Peu après les fermiers généraux présentaient un mémoire par lequel ils proposaient un nouveau règlement pour mettre un terme aux abus qui arrivaient, par le versement des sucres raffinés à Bordeaux, dans l'étendue des cinq grosses fermes, sous le prétexte du transit de cette dénrée à l'étranger. Ce mémoire, renvoyé au Conseil de commerce, y provoqua une délibération, le 13 octobre 1729, et donna lieu à un projet d'arrêt dressé en conformité des conclusions du rapport fait dans cette séance, projet qui fut approuvé ?.
Au mémoire des fermiers généraux succéda bientôt unautre mémoire des raffineurs, présenté à la Chambre, dans lequel ils exposaient le préjudice que porterait à leur indusirie l'exécution de l'arrèt du Conseil du 14 Février 1730, qui les assujétissait à rapporter dans quatre mois les acquits-à-caution des sucres raffinés destinés à l'étranger, au lieu de six mois qu'ils avaient auparavant, et à payer le quadruple des droits si la vente avait lieu dans l'intérieur du royaume. « Vous sçavez, dit In Chambre, écrivant à son député à Paris, que les propriétaires des raflineries qui font le commerce avoient la liberté,
À Bogistre du Conseil de commerce F. 12, 75, p. 817, 7 octobre 1738, — Deux de ces raflineurs, Pierre Lhostaley Lacoste et Le sieur Rozé, sont notnmés dans tn aëte du notre Bancherean, du 2 février 1728, portant vente, à eux faite par les sieurs Hostein frères, associés, de quatre-vingtdixsept barriques et cinq quarts de sueré brut, à raison de 25 livres 13 sous le quintal, pris à M'antrepôt, « qui est lo prix courant de la meilleure marchandise de cette es
pèce,
2Megistre du Conseil de commerce F. 12.77, p. 07-75; séance du 16 fetrier 1750
2heg, C dé la Chanibire de commerce, folio QU roéto ; séance du 22 juin 1730,
1 Troisième registre des leuires, folio 74 verso; 15 juillet 1750. * Reg. du Conseil de rommerce F. 12, 70, pu 433; séance du 27 * 1bid., p. 345, 10 jullet,
# Ibid, p.321; séance du 3 avril 1732.
' Laulanié, res qu'il ne. et mpêcher à l'avenir les fraudes égard en faisant venir ces moule dé Ja Hollande ou de Dunkerps, il y auroit lieu de faire avertir ceux qui dirigent la fabrication de
marines. du proilége libre, — Importation a confiscation de pipes de Hollande on 1740,
‘que nous avons en Saintonge, le meilleur du
jour saller, et qui excede en bonté, en valeur et
celuy de Lorraine, de Bourgogne, de
ee et de Languedoc, » donnait lieu à un grand commerce d'exportation, Bodin, unissant son témoignage à celui du Discours sur les causes de l'extresme cherté qui est aujourd'huy en France!, ajoute : « Cela fait que
AA Hounileaus, mn. exxve., petit in, (Variéfés historiques et littéraires, pull: par Ed, Fourmier, L. VIE, p. 195.) — Plus Join (p. 186), l'auteur de cet
M pe”
J ut, Viv. L, part, IE, chap. xx 4 1 p 522, DA arr a chute de eus de las des rois de ln troisième race, p. 22. art. 4, et dans dés anélénmes lois francuises, d'isambert, L AV, p 758 et
il y eut des ordres donnés en conséq impôts sur le sel jusque dans les salines
— Get écrivain ne dit rien du soulèvement de 1342. * Regisine du parlement B, 24, arrèt du 18 mai 1542, Hd. arrêt dl 2 juillet 1543,
Bordeaux, re parte, iv. 1, p, 106, — Cet auteur e Bouchet, part. IV, p. DG4 ot suiv., et l'Hisjuste de Thou; on peut y joindre un Discours
| de l'Europe, Asie, que des Indes, ete. À Lyon, M.0.Extmn, AA juin 1549.
C'était'encare un bourgeois de Poitiers q fps 2 À Ban, ES
bid, 4e août 11, # Location pur Jean Deausse, marchand ét hourgéois maisons rue des Argentiers, d'une aure rue de la Poil
Mollème rue des Argonters (ina de Doureus, 3 full 0
ET DE LA NAVIGATION A BORDEAUX. Fr]
pas mince, Le3 novembre 1552, suivant acte de Douzeau, ik réglait son compte avec Bernard Vergès, marchand, demeurant à Langon; deux jours après, le même notaire drossait acte d'une reconnaissance de 40 éeus d'or sol, prétés par Jean Beausse à Menaull, dit Tastet, marchand de Bazas, et le 16 novembre notre Poitevin avançait une somme plus considérable (400 éeus d'or sol, à raison de AG:sous tournois, valant 920 livres) à Giron Girard, Remoud Caussé et Pierre Renyer, marchands de Bordeaux. À celle époque, il'avait pour associé en la ferme du quart et demi du sel, André Janvier, sieur de la Peugucrie, receveur du domaine royal à Angoulême, qui figuré dans un contrat passé, le 6 novembre 1552, par Douzeau, pour un achat de cent cents de sel, chaque cent contenant douze muids, mesure de Paris, Par un autre contrat du 14 du même mois, Jean Beausse s'engageenvers deux marchands bordelais, Arnault de Mesplèdeset Arnault Durançau, à transporter du sel par eau jusqu'à Bordeaux et à Langon, et il achète au premier, par acte du 30 janvier 1552, tout le sel qui se trouvera en deux navires « de present estant en avant Blaye. » En mème temps que Jean Beausse, d'autres marchands faisaient le commerce du sel. À ln date du 9 décembre 1552, on trouve, parmi les minutes de Douzeau, la charte partie d'affrétement, par Amaury Bigol, échevin de la ville de Saintes, d'un navire breton de cinquante touneaux, pour aller chercher au havre de Brouage « et en la chenal sppelé de Mandormy, » deux cents et demi de sel, et les conduire à Bordeaux; et le même registre fournit, à la date du 30 décembre, un contrat de vente de cinq mille sept cent soïxante-dix-huit pipes de sel
ne veulent point de gabelles, ni de marque d'étain tabac, ni de papier limbré, ni de greffes d'arl Le maréchal, à leur merci, dut faire sancti
‘Minutes de Gouthures, 16 juillet 168%, folio 545 recto; et méme année, Folio SU recto.
*Les a dr gg) foicres et publiées sur
LIDALEOSE 2
, disant qu'il n'était pus au pouvoir du
Dames ais, Chutes 1, 1000, Sept, 4, vol, CLXX, n° tructions ef mémoires de Colbert, À, 14, Lee partie, p 436, 654, 52, note de note, 055, 60, 608, O7. —
recepte de La couvtume de Bayonne (C. innnces,
date du 34 mai 4035, il est fait mention de l'entrée d'un nav chargé de sel; mais il est sûr que ce sel venait d'Espag pers, de, vol. A, King Menrs VAL, part Hi feontinned),
eV. 12 85, folio G18 verso ; 24 août A7UI.
Hogistre du Conseil de commerce F. 12.
26 seplembre 1713.
? Les sieurs Mercier et Cie avaient demandé de fi deaux trois navires hambourgeois qui sur j es sels La Role an Have et à Hour, pour © leur chargement de vins et eaux-le»vie sut y fa) Cette roquête eut un plein succès. (eg. du Conseil de flio 208 verso; séance du 22 décembre 1715.) — La moins uecommodante quand il s'agissait de sols étrangers. d'une saisie à Bordeaux de vingt-deux pipes un arrêt rapporté plus loin, à la date du 5 mars 1722. (|
p.172) , 2 Registre du Conseil de commerce F, 12, 87, folie 207 recto,
eue . 12 novembre 1714, un es d'Olonne apparait à Bordeaux
de commerce, p, 382; séance du 16 juin 1712.
ofl di Conseil de commerce (4, 12. 78, p. GS, U 280, pe, 3 janvier 1735), AL est fait mention d'un arx namtaé Acyarfy, ce qui ressemble bien à Aguars,
asile dite nr bee (l
! Ces matières devaient sûrement servie Asa Lien oil Nine 0e CR RL ARS LOT 2: Hé eur hp achepler marchandises, bruy, el
# Dans eette pièce, 1 est ail mention d'une ba ue » jar le sieur Luneman, que nous avons déjà «p.27.
es quatre dernières. L'article 11 du occasion désigne, au nombre des
re de la vie et de l'administration de Colbert, ol.
# Minutes de Gouthures, 10 novemitine HGSS, folie 42 relo.
ET DE LA NAVIGATION A BORDEAUX. 333 d'une manière précise les communes autorisées à planter du tabac. Ces communes, au nombre de trente-deux, formaient ce que l'on appelait la juridiction du eru du royaume où du cru de Guienne, el font aujourd'hui partie des départements de Lot-et-Garonne et de Tam-
Le 1° octobre 1680, la ferme du tabac fut réunie aux aulres fermes du roi, et comprise dans le bail fait à celte époque avec un certain P. Boutet. Pendant la durée de ce bail, parut l'ordonnance réglementaire du 22 juillet 1681, statuant sur une foule de détails et fixant les prix auxquels devaient être livrés les tabacs du royaume et des iles françaises et ceux des pays étrangers. Il fut encore désigné des ports, tant pour la sortie des tabacs indigènes que pour l'entrée des tabacs exotiques : Bordeaux est porté sur ces deux listes; mais on ne voit pas figurer les tabacs étrangers parmi les denrées qu'aitirait le commerce bordelais, L'arlicle lui venait de l'Agenais, ce qui n'empêchait pas les commis du bureau du tabac de faire éprouver des vexations sans nombre aux maîtres et aux matelots des navires étrangers, en opérant la visite à bord de leurs bâtiments !.
Les fermiers avaient le droit de prendre, par préférence, tous les tabacs qui leur étaient nécessaires, en les payant au cours. Pour le reste, on délivrait des permis d'exportation, au moyen desquels on l'envoyait en Hialie. On embarquait peu de tabacs à Bordeaux ?, la ferme (elle
1 Hegistre À de lu Chambre de commerce, p.04, {05, 111, 207, 208; 1 fe wrier, 6 mars, 40 juillet 1708, 30 mai et 5 juin 1710.
2 Mémoire concernant la gônéralité de Bonleaux, par M. de Besons, Ms. ile la Bibliothèque impériale, fonds Mortemart, n° 08, folio R recto el 48 recto
ET DE LA NAVIGATION A BORDEAUX. 335 mere de notre place s'opposa à cette prétention; mais les Lraïtants Liurent bon, et six mois après le jour où des doléances s'étaient produites à la Chambre, le directeur du bureau refusait encore de relâcher les droits que l'on exigenit sur lesdits tabacs !. À neuf ans de là, les mêmes prétentions s'étant fait jour à propos d'une partie de {a bacs venue, de la Havane dans un navire parti de Bordeaux en1726, et déchargé à Bayonne, la même Chambre de commerce appuya la demande adressée au Conseil pour la restitution des droits que le receveur du domaine d'Occident avait perçus à Bordeaux, et obtint cette reslitution ?.
En vueude favoriser dans nos contrées la production du sol, on donna aux négociants de Dunkerque la permission de lirer de Bordeaux le tabac de Clairac qu'ils y avaient fait acheter, en payant les droits, comme les étrangers, de 45 sous par quintal de tabac sans côtes, et de 17 sous pour le tabac « exprès et commun, s
Un mois après, un arrêt du Conseil révoquant le privilége exclusif de la vente du tabac accordé à un certain Jean Lamirail, le convertit en un droit payable à l'enlrée, et permit à tous les sujets de S. M. de faire le commerce en gros et en détail de cette denrée, et même de la manufacturer#. Vint ensuite la déclaration du 1® août 1721, portant règlement général pour la régie de la ferme du tabac.
L Regisire B de la Chambre de commerce, folio 33 recto; 17 juin 1716,
2 Hhegistre €, folio 40 verso ; séance du 15 janvier 1728.
à Registre du Conseil de commerce F. 12. 85, fblio 339 reclo; 30 nov, 1719,
# Registre B de la Chambre de commere nce du 12 février 4720. — Plus loin, folio 15 23), IL est fait mention d'un mémoire des marchands et manufue do tubue du cru de Guienne
ET DE LA NAVIGATION À BORDEAUX. Ur