‹ Histoire du commerce et de la navigation à Bordeaux, principalement sous l'administration anglaise (volume 4)Chapitre 14 sur 49 · COMMERCE DE POISSON SALÉ, PÊCIUR DE LA MORUE FT DK LA RALRINE · texte numérisé non relu

COMMERCE DE POISSON SALÉ, PÊCIUR DE LA MORUE FT DK LA RALRINE

Part ccaslhdrable price par trs ségodiants de Boreaux à La pécho dé La morue; contrals à La grosse mir les plus notables d'evire eux dlans la savoie multi du xvi*ridcle. — Deux Farçeus bachiers emmprautent à a grosse pour faire Le vorage de Tôrre-Veuve. — Découvertes Lex Amérique opérés grâce aus capitans doi Bones; Le projet de Ia reprise da la Floride cou 6 préparé à Honleaux. — Progrès de ln pêche de la morue ; num de Chapeau-Houge sonné à une des pécheries. — Navires de Dondéaus armés pour le voyage de Terre-Xeuve. — Vania d'alosen de Saintonge à un bourgeis de Triton ; étrangers qui appruvisionnaient ati placo di pose salé; visiteurs de cette donne ; marunerit du Musée britannique relatif À Terre-Neuve el aux pâches des Français, — Intérêt que pure Galbert aus marchands, de Honbeaux en parte par Là péche de la morue. — Mémoires acremés à la Glunbre de com ierca au sujet de celte péche.— Pétitions de plasiours négociants concernant la commerce de cütte satalsan. — Do Bardem, le commerce de La saline s'étend jusqu'en Auvergns, — Achats à Honfeaue d'huile de balcine. — léition cuncernant des inurlations de Canous de haleine. — La syuimion de Danemark suecéste, ent otre marché, à cchut d'Écnse — Articles du Mésroïre de 4790 cousserés au enmmerco lo La morue à cetie épuque, — Capitaus borde ais esgagés dant les armements de péchie des Hasques où dos Malouins. — Müngpote ot Anvé mix marché te posée sai par be statuts de ordeaux ; courte dun des malsous de convert ie celte place. — Des négacianté anoblis restent flâles à leur professions

Le commerce du poisson salé forme un élément si considérable de l'histoire que nous avons entrepris de retracer, que l'on ne saurait nous blâmer d'y revenir, mème en remontant plus haut que le point où nous nous sommes arrèté.

Après le milieu du xv siècle, on voit à chaque insfan! les négociants de Bordeaux prendre part à la pêche de la morue sur le banc de Terre-Neuve, non directement, mais par leurs capitaux. Les narins et les armateurs étaient généralement des Basques et appartenaient au port de Saint-Jenn-le-Luz. Le 28 mars 1561, Jacques Pichon prête à Johanis de Harapsu, l'un d'eux,

Maurian, aussi damoiselle (minutes de Themer, 2 nov. folio 142 verso), semble indiquer que les Manrian avaient êté # Minutes de Denhors, 6, 20 mars, 12, 14,24, 29 avril aiipersiiÿ recto ex verso, lijs*x rpeta et liija x verso, m dernier renvoi se rapporte à un navire de Capbreton.

aussi !, soil qu'ils eussent acheté des chargements entiers, soit qu'ils se fussent associés avec d'autres pour en acquérir.

Avec eux on peut nommer Pierre Reynier et Étienne de Comet comme se livrant à des opérations semblables, avec cette particularité que le premier avançait ses fonds à un navire de notre port, la Jacguette-Colette, de Bordeaux5, et que l'autre se présenté avec un air équivoque de noblesse, tandis que Jean d'Ansogarlo, bourgeois du navire la Jeanne, de Saint-Jean-de-Luz, s'annonce avec la qualité d'écuyer dans deux contrats à la grosse passés dans la même étude et pour le même objet5,

Plus humble, mais non moins entreprenant, Jean Grenier, natif de Jonzac, compagnon, c'est-à-dire garçon barbier, demeurant à Bordeaux, empruntait 27 livres 10 sous tournois à deux négociants accoutumés à ces sortes d'affaires, « pour aller à la pesche de la molue en Terre-Neufve, dans le navire nommé la Jehanne, de

Minutes de Dénhors, 16 avril 1361; liasse 184-2, folio € xxY recto.

2 fbid., V5 décembre 1561; folie ixe xiviÿ recto, — Le même notaire enregistre plus loin nn acte d'association entre Jean Joyeulx et Mery de In Noue, marchands de la Réole, et Jean Tortigue, marchand de Port-Sainte-Marie, pour a perte ou le gain résultant de la vente de quarante pipes de morue sèche, au prix de 16 livres lu pipe, et de vingt et un Lonneaux de vin, à 30 livres chacun, bia, NS février 1501; folio x jfje xix verso)

2 Minutes dé Denhors, ? avril E#01; folio x1 recto, Cf. 3 ot dernier jour du février (folins m ijeliif rocta et w ije ligue x verso)

1 foi... 206 avril 1861 ; folio € xIxj rectu,

2 {bid., 5 mai 1561 ; folio c Ixix verso, € Ixxj recto. — Jean d'Ansogarlo était en mème temps baile de Saint-Jean-de-Luz, Voyez cdessus, L. 1, p. 484, etun aete de Denhors, du 10 février 1561 (liasse 184-2. folio m ilje avi) verso), dans Tequel it est présenté comme débiteur d'un marchand de Bordeaux, conjointe ment avec un autre, Micheau de Susset, allié parsa femme, Marie de Saulgues, à l'un des notables c cants de coûte ville

l'âme des expéditions entreprises

© 1 Minutes de Denhors, 25 mars 1661; liasse 184-2, fe lex) récte,

2 tot, folie mitijehxxs recto. — 2 Job, folles x ije six recto gt ijel recto

la pêche de la baleine et de la morue, et que si ceux-ci ont fait des découvertes en Amérique, c'est grâce aux encouragements des Bordelais, La reprise de la Floride, en 1568, n'a pas d'autre origine. Le capitaine Dominique de Gourgues, méditant de recouvrer cette province sures Espagnols, trouvait à Bordeaux un concours qu'il eût vainement espéré ailleurs !.

A l'exemple des Biscaïens, les Normands, et suecessivement les Bretons, les Rochelais, les Saintongeois et les habitants des Sables d'Olonne, s'appliquèrent à cette pêche si lucrative, surtout depuis l'année 1604, où Henri IV favorisa l'établissement d'une nouvelle colonie au Canada*, et de bonne heure Bordeaux prit part à leurs opérations, Le nom de Chapeau-Rouge, donné à cérlaines pêcheries, est sûrement un souvenir de l'hôtellerie où les marins qui les fréquentaient venaient conclure des affaires.

2e. send son bien el emprancle de ses amys, tant pour fire bustir, arimer et équiper deux petits navires, en forme de roherge, el une patacle, eu fiçon de frégatte de Levant, qui, à Multe dé vent, peussent vo feussent propres pour entrer en la bouche des grandes rivières, acheter la provis les hommes de guerre et mariniers qu'il entendoit mener. » (La Reprise de la Floride, bail. de la Société des Bibliophiles de Guienne, p. 2, 30.) — Ca passig, joint à un acte de Castaigne, da 44 mai 1572, portant vente de quatre eents quintaux de Diseuit au vaillant capitaine d'aventure par deux marchands urnes de Hordeaus, semble init # amis personnels le serotrs qu'il PoquE pour son expédition, Où sait qu'élle partitile cé port le 2 aoûtz elle se eomposait, sans porter de deux barques, de tros navires, dont le prineiput avaib pour patron un Bordelais. François Lagué, marin consonmé, ant rapport de Dominique de Gourgnes, qui le qualilie de « homme aussi expérimenté aù fait de la marine qu'il en soit de ce tewps. » (Hide, p 48)

2 Yalin, Nowreau Commentaire sur l'ordonnence de la marine, Wv. V, M NT; 1 p.725 CC p. 75

A Minutes de Dourenu, 14 mars 1552

er à

lune année de vivres, et autres choses néccssaires poiit

1 Conterrolle de La recepte du bureau de la coustume de AT et 20 mars 462%; folles 25 recto, A3 recto el 38 recto.

% Hbïd., 27 février 1835; Folio 25 recto.

Minutes de Douzeau, 18 juin 1501.

Anciens el nouveaux Statuts, ele, p. 21-25,

* Additional Mss. 15402.

ET DE LA NAVIGATION À BORDEAUX. ÉTE] qu'il paraît, s'adonnaïent volontiers à la pêche de la morue. Colbert écrivait, le 3 janvier 1676, à M. de Sève, intendant de Guienne : « Il est nécessaire que les marchands de Bordeaux qui ont perdu leurs vaisseaux dans le voyage de Terre-Neuve, rapportent des pièces en bonne forme pour justifier de leur perte; et, sur le compte que j'auray l'honneur d'en rendre au roy, je ne doute pas que S. M. ne veuille bien les décharger du payement du droit de 3 livres par tonneau, pourvu que leur perte soit bien constante !, » etc.

Au commencement du xvnf siècle, les négociants de Bordeaux continuaient à prendre part à la pêche de la morue. La Chambre de commerce adressuit au contréleur général un mérmoire, pour demander la suppression des droits sur foule la cargaison des navires qui allaient à Terre-Neuve faire la troque ou la pêche du poisson sec ou vert, et elle se faisait lire. un autre mémoire au sujet du rétablissement de la pêche au mème endroit et du reversement des sels, devant Bordeaux ou Blaye, dans les bâtiments destinés à ces expéditions ?,

En 1709, les sieurs Ayma, Pujols et Due, négociants de Bordeaux, demandaient qu'il leur fût permis d'acheter en Hollande un navire de construction anglaise, qu'ils déstinaient à la pêche de la morue et au commerce de l'Amérique sous pavillon français. Les directeurs de la Chambre de commerce, consultés, ayant rendu le meilleur témoignage aux pétitionnaires, ceux-ci obtinrent du Conseil supérieur la pérmission qu'ils sollicitaient; mais

1 Lettres, instructions et mémoires de Colbert, à. WA, dre part, p. #96, nole 2,

#egistre À de la Chambre de commerce, p, 94 (9 février 1709). p. 100 UD avril ATOS), pe. 100 (54 man, p 1O7 (AS juin), p. 114 et 112 (35 juillet)

pren ri art

devront eue renvogées À Fetrangi, a

le sieur Boyd que les deniers qui p d vente qui s'en fera soient 1 “Rogisire du Conseil de commerce F. 12. 23, folio 20: verso (s

3 mai 4709) ; et folio 205 reclo (6 septembre 1710). Reg F. 12, 67, folio # verso; séance du 18 janvier 1720.

quez si... ibest justifié que ces morues viennent de nos ennemis, «

Un registre dés archives départementales de la Gi ronde que-nous avons déjà eu l'occasion de citer plus d'une fois, le Rôle des bateaux qui remontèrent la Garonne jusqu'à Marmande en l'année 1593, présente à chaque ligne des mentions de transports de morue, qui montrent bien dans quelle proportion énorme cette espèce de salaison contribuait à l'alimentation publique. Bordeaux en envoyait jusque dans le centre de la France, si l'on peut tirer une pareille conclusion d'un acte du 30 janvier 1561, portant vente à un marchand de Moussages, en Auvergne, de merluehe, baleine et hareng ?.

À cette époque, les Basques allaient encore à la pêche de la baleine, et, sans sortir des minutes du notaire Denhors, on trouve des achats de fortes parties d'huile de ve poisson à des armateurs de Saint-Jean-de-Luz el de Saint-Vincent 5; mais il parait qu'au xvu° sièele, la

Mitegsste lu Conseil de commerce F, 12. 35, fülio LE versu; seance dut 24 février 1740.

% Minutes de Denhors, lusse 18422, tie x je ai recto. — Le 18 février de La mème année, Jean Bochier, ui res lournois à François dé Ponteastel, marchand, bourgeus et Jurat de Bone deaus, pour prix de quatre pipes le merhiche ot de morue, {fbdd., fee miijexxxix recto et xijexl recto.)

2 Minutes de Denhors, 12 et 20 mars 1504; lasse FRA, folins iije aix verso tm ijelstli recto, — Dans le premier des deux contrats, il s'agit de barriques de graisse de baleine achetées au prix de & livres 15 sous Lou tro l'une; et dus de second, de vingt barriques d'huile moyennant © Hvres lors nuls éhneune, us n'avons pas lrou:

arant 4707, date d'une affaire sou quelle est question de quarante-deux barils d'huile de foie de stuËkf-h, venus au sieur Loué par un navire danois (reg. À, p.72, Hf juillet 1707). Plus Led

chund dé Périgueux, reconnait devais 3 li

te

ee terme d'huile, wa lieu de prnissr,

D RE f lésée dans ses priviléges?, puis un né

la Chambre intervint dans une autre affaire relatis

d'huile de poisson. (Pl, D. 246, © novembre 170) * Voyer, h ce sujet, une lettre d'un sieur Turbide (sans.

SaintJean-de-Luz, au sujet dé la péché dé la baleine, di

2 Reg. F. 13,55, | folio 265 verso; séance du 2 mars |’ 16 mars,

* Le premier président de Pontac à Colbert, Bordeaux, ADI, ep, Golh 411, Mol., folie 433 recto.) — Ce u

ET DE LA NAVIGATION À BORDEAUX. 347 bli à Bordeaux, le sieur Luetkens. avait reçu une partie de fanons et se les vit saisir par les commis des fermiers généraux. I eut beau réclamer, prétendant que cette marchandise provenait de la pêche des sujets du due de Holstein-Goltorp : la Chambre de commerce, à liquelle il avait porté ses doléances, ne jugea pas même à propos d'envoyer son mémoire au contrôleur général, comme elle le fit plus tard dans une circonstance analogue !.

Fort de cette décision, le directeur des fermes de Bordeaux fit saisir un paquet de fanons de baleine apporté par le capitaine d’une navire suédois. Un négociant de notre ville, dont le nom a déjà passé sous nos yeux*, Thomas Clock, intervint en même temps que les directeurs de la Chambre de commerce de Guienne, et, sur leurs représentations réunies, le Conseil supérieur prononça mainlevée de la saisie, à charge de renvoi du paquet à l'étranger *.

Au nombre des salaisons que les étrangers continuaient à importer à Bordeaux, nous avons encore à mentionner

mage qui pourrait résulter pour les fermiers du convoi, si la saisie était maintenue, À eette époque, le fermier des cinq grosses fermes de France l'était en subme temps des apprèts des huiles et finons de baleine. Un contrat à la grosse reçu par le notaire Hrisson donne à penser que ce nt se laissait aller quelquefois h s'intéresser aux armements de pêche. (Minutes de Couthures, 18 septembre 16065 et 11 janvier 4007.)

1 Registre À des délibérations de la Chambre de commerce, p, 24 (10 dèæembre 4705) et 54 (10 novembre 4706). Cf, p. 73 (38 juillet 1707).

# Voyez cidiessus, p, 241.

2 Meglôtre À de la Chambre de commerce, p. 408; séance du 2? juin 1708. — Hogistré du Conseil de commerce F. 12. 53, folios 322 réctr et 535 verso; Séances des 30 juin et 6 juillet 1708 — La maison Clock existait encore vers le milieu du xvue siècle, comme en témoignent deux actes du notaire Treyssae des 46 juin et 13 juillet 1744 (folios K30 et #70), relatifs à l'abandon de la cargaison d'a navire

RP RE Era factures ne souffrant aueun don d'Écosse, car nous ne peschons poil

* Registre du Conseil de commerce F, 12. 351, ! 9 juillet 1704. « Et après diverses réflexions (uit L Aa êlé arresté que les députès de Roûen et de Bordeaux | cians de ces deux villes qui ant quelque commerce et relatl les pressentir sur les veûes qu'ils peuvent le les Eavassois, et sur l'espérance dant ils pourraient : peut-estre pas impossible que Le roy ne les favorisät de

€ cümméree, el que, sur les éclaireïsse ectie entremise, il sera pris ensuite telle résol-

La 5 À registre À des délibérations de Hi Chambre de commerre, ate du A9 octobre 1713, une plainte cuncernunt une exuction

sur les horengs.

Lajouter le Canada. Dix ans plus tard, demandaient que les mortes provenant de ces parages fussent exemples, à Ronleaux, du droit d'en de commerce F. 12, 88, p. 157, 158; séance du

se réserve de Le faire quand on sera allant en Espagne. »

2 Reg 1 de la Chambre de commerce, folio 7% recto, Le

rence de contradiction. Les Bordelais, nous l'avons déja dit, n'armaient pas de bâtiments pour Terre-Neuve; ils engageaient seulement leurs capitaux dans ces entreprises, aussi bien que dans les armements qui avaient pour objet la pêche de la baleine !.

Les retours des chargements de morue sèche se faisaient à Bordeaux, aussi bien qu'à Nantes, en Espagne et en Portugal? quelquefois en échange du sel qui nous en vemit®, A l'arrivée d'une cargaison de ce genre dans notre port, les marchands qui faisaient ce commerce se la partageaient, conformément au statut, et, autorisés par un statut spécial, ils ne souffraient pas que la marchandise leur échappât pour aller sur un autre marché, « La raison et le motif des règlemens, disait l'un d'eux dans une sommation relative à une partie de morue de 160 quintaux vendue à des marchands toulousains, est qu'il faut que la ville soit pourveue, et qu'il est juste que les marchands d'icelle qui en supportent les Charges, soient préférés à des estrangers®, »

Ces marchands, dénommés dans une sommation semblable, du 28 octobre 1713, dépassaient le nombre de

Aufhestrare. dit Savary, que les marchands dé Bordeaux ayent des vais seaux en propre pour la pêche de la baleine; mais il ÿ en a beaucoup qui s'intéressent dans les armemens qui se font pour cela à Rayonne, Saint-Jeun deLuz et SuintMalo. » (Dierionnaire universel de commerce, édit, de 4748, 1.1. pe 4, col. 4)

3 Le feuf, Dm Commerce de Nantes, p. 125. CC D. 10.

À Parmi les minutes de Goëhet, on trouve, à la date du 35 décembre 1520 tn acte de vente de quatre-vingt-douze pipes de sel de Portugal, « quictes do xj pipes pour xk, » moyennant la somme de 652 livres et demie tournois, par Pierre Boyer, marchand de a Rochelle, à Mathurin Rondeat, marchand dé La paroisse Saint-Miche}

4 Minutes de Michelet, 17 fevrier 1741

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