MORUE SÈCHE
« H se fait à Bordeaux une grande consommation de morue sèche, qui provient des pêches faites par les armateurs de Saint-Malo et de Saint-Jean-de-Luz. Cette pêche se fait sur les bancs de Terre-Neuve ou à l'isle Royale '^ Les vaisseaux qui en viennent arrivent ordinairement dans ce port depuis la fin du mois de novembre jusqu'à celle de janvier.
« Bordeaux en reçoit non-seulement pour sa consommation, mais même pour celle des provinces du Languedoc, du Limousin, du Quercy et de plusieurs autres lieux.
« 11 en vient ordinairement 30,000 quintaux, à 16 livres le quintal, cy : 480,000 livres.
droits, pour l'avantage réciproque de ce commerce, et que, sur les éclaircissemcns qu'on pourra tirer par cette entremise, il sera pris ensuile telle résolution qu'il sera jugé a propos. »
' Voyez, dans le registre A des délibérations de la Cliambre de commerce, p. 479, a la date du 19 octubrc 1715, une plainte concernant une exaction de droits exliaordinaires sur les harengs.
^ Le rédacteur du Mémoire aurait pu ajouter le Canada. Dix ans plus tard, les négiiciants de Saint-.lean-de-Luz demandaient que les morues provenant de la pèche opérée dans ces parages tussent exemptes, a Dordeaux, du droit d'entrée. (Registre du Cunseil de cdniiiirire F. \-2. SS, p. I,"?, lôS; séance du ISmai 1711. i
X\0 IIISTOIRK Dr COMMKHCK
"' MOniE VERTi:
« La pèche de cette espèce de morue se fait par les liabitans des Sables-d'Olonne et des environs de la rivière de Seudre en Saintonge. Elle se fait au grand banc. Les vaisseaux qui reviennent de la pêche commencent à arriver dans ce port vers le commencement de juillet et successivement jusqu'à celui d'octobre, et y viennent aborder directement pour éviter les frais d'un déchargement et rechargement.
« Bordeaux en reçoit ordinairement, pour sa consommation et pour celle des pays voisins, cent soixante milliers, le millier composé de mille quatre cent vingt-six morues, évalué sur le pied d'années communes, à 500 livres; font : 80,000 livres.
« On donnera un compte sur l'armement d'un vaisseau destiné à cette pèche, dans le mémoire qu'on va faire pour la Rochelle, parce que cette ville est plus à portée de ces sortes d'entreprises que Bordeaux, qui n'en a jamais fait * . »
On est tenté de douter de cette assertion en voyant une plainte des négociants de Bordeaux intéressés à la pêche de la morue, au sujet d'une attaque des Anglais contre les habitants do l'île Royale, (pii se livraient à cette pèche à Canceaux-; mais il n'y a ici qu'une a])pa-
' A la lin ûv. 1 arliile sur la iiiuruc m'i.Iic, on lit : " On ne peut |)as ilonner icy" (le compte de rarmcmcnt d'un vaisseau destine jiour la pèciie, parce (|iio les ncKOclans de Bordeaux n'ont jamais fait des arincincns do celte espèce; on se réserve de le faire (juand on sera a Saint-,lean-de-Lu/,, on l'on passera en allant en Kspafine. »
■ Het;. Il de la C.hatnlire de eoMimerce, l'olio 7."» recto, I'' déeenilire 1718,