‹ Histoire du commerce et de la navigation à Bordeaux, principalement sous l'administration anglaiseChapitre 11 sur 34 · LAINES ET DRAPS · texte numérisé non relu

LAINES ET DRAPS

Exportation dé lainés auglaises pour la Guienne ; documiénts qui Lémoignent de l'ancienneté de cette exportation. — Fraude dans la vente de cot articio à Bordeoux. — Instructions d'Edreand HI à ses officiers dans cotte ville, — Conflit entre le maire ot 1e roi, — Importation de draps anglais à Bordeaux ; ancienneté do cette sorto de fabrication.— Draporie do Flandre importée sur le continent par navires espagnols. Commerce de draps d'Outre-Manche avec Bondeaux mu x1v* siècle ; réglements relatifs à co commerco.— Ancienne manufacture déuraps à Bordeaux ; ouvriers provençaux qui s'y trouvniont. — Sergours de Bordeaux; permission accordée à un ouvrior en drap d'or de faire Loule sarté d'éloffiss, — Tondeurs de draps, — Importation de draps anglais en France; prohibition des draps français on Angloterre,

En échange de productions avec la Guienne et les provinces limitrophes, l'Angleterre leur envoyait de ses laines et de celles d'Irlande : un ancien rimeur le dit positivement!; mais il existe des documents plus dignes de confiance, Avant 1323, date de celui qui nous fournit ce renseignement, on voit figurer huit saes de laine dans un procès entre la commune de la ville de Bristol et un bourgeois de Londres, qui la mettait en cause à la suite d'une saisie de marchandise opérée à Bordeaux et des représailles exercées dans cette ville, à celte occasion, sur les personnes et les biens des marchands de Bristol ?. Plus tard, il est fait mention d’un envoi de laines du pays de Galles en Gascogne et en Bretagne5. Dans un document du mois d'août 1334, il est parlé de six serpillières de laïnes chargées à Waterford, avec des cuirs, sur un

1 On Englend's commercial Policy, st X, (Th, Wright, Political Doems and Songs, ete, vol. 11, p. 245, 284.)

2 Rot, Vasc., 15, 16 et 17 Ed. 11, m. 8.

find, KO EAN, m. 15,

as name Am, à et nous montrent

le roi continuant à vendre des laines par le ministère

1 Hot, Vase., 8 Ed. 4, 10.9. Shi, 41 Ed. 1, m. 22 in dora,

% Ce vaisseau, appelé le Halhatow-Cogge, ayant eupluré quaranté-six sarpil- Hères de laine, se rendit à Bardeaux pour an faire la remise au sénéchül OÙ ver de Ina. qui les reçut des mains d'un sergent d'arnes du même prince, CParticuhe compil Jaharnis de Vesenhatm, el. SRE « Oilice, Navy Areounts, T, G. 713.)

#dtot, Vases, AA Ed LM, ms. 11.

ET DE LA NAVIGATION À BORDEAUX. si

du maire, du connétable et du sénéchal de Gascogne. Dans une lettre adressée en 1341 à ces officiers, il ordonne une enquêtegu sujet du sable ajouté à ses laines pour en augmenter frauduleusement le poids*; il leur écrit ensuite, en 1344, pour leur faire part des mesures arrêtées dans le dernier parlement concernant les exportations de cette espèce. Les maîtres des navires chargés de laines anglaises à destination d'outre-mer, étaient tenus de se munir d'un acquit-à-caution, ou, pour être plus exact, de s'engager, par écrit en double expédition, envers les receveurs des douanes, dans les ports d'embarquement : 1° à conduire leurs navires avec les lines susdites au plus prochain entrepôt; 2° à ne point décharger ces laines, où autres marchandises analogues, sujettes aux droits, avant que le maître del'entrepôt, ou son lieutenant, eussent examiné l'acte et le sceau, dit coket, dont 1 serait scellé, Dans un autre mandement, adressé celte fois au seul connétable de Bordeaux, le roi rappela à celui-ci ses prescriptions antérieures au sujet des laines, peaux, cuirs et autres marchandises sujettes aux droits, qui seraient apportées d'Angleterre, Les navires devaient être visités, el les articles dépourvus du coltet, ou cachet du fise, saisis et vendus,

Les autorités municipales de Bordeaux tinrent d'autant plus la main à l'exécution des nouvelles dispositions législatives prises à l'égard des importateurs de Jaines

4 a De lunis recipiendis et vendendis. » (or. Vuse,, 13 Ed. MI, m. 3.) — « De lanisnon cokeltatis arestandis. » (4bid.) — « De lanis Nicholao Usus Muris liberandis. » (Ibid. 14 Ed, UE, m.35.)— « De lanis in navibus ponendis. » (Hbid.) — « De seratinlo de anis et aliis faciendo. » (fl, 48 Ed. HI, m. 10.)

— « Dé lanis et aliis rebus arestatis vendondis, » (bid., m3. 5.) ? Hot, Vase, 15 Ed, M, m, #,

tirait de la Grande-Bretagne importait de ses draps de: L'autre côté. pe ere

À Hot, Vour,, 19 Ed, IN, m. 1: 22 Ed. I, DELLE CCS dorso ; 28 Ed. I, m. 14.

À 2e riens à ne on ner Vo. pe MUR RAS PUS

1 Les Olim, ete. À 1, purt. I, p. 173, 178, — On retrouve ancienne des relations commerciales de l'Espagne avec le nord de la dans un acte de 1264, par léquel l'évêque de Paris amende à Louis IX la faute qu'il avait commise en s'emparant du navire et des marchandises d'un Espugual saisis par les gens du rol, dans la rivière de Seine, pour contravention aux droits del hanse parisienne. Losoacogpeqe aprés à ve ++ ne 84.)

* Champollion, Lettres de rois, reines, ét, LA, pe 414, 5.

* Dans un passeport accordé à Simon dés Champs, marchand dé Douai, 11 est slipulé que celoi-ei pourra fire Le commerce dans tout le royaume, sans.

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aussi bien qu'en France‘; mais ce serait tomber dans une grave erreur que de croire que ce genre de fabrication fût inconnu chez nos voisins.

Un écrivain de notre nation n'a pas craint d'avancer que l'industrie du lissage des laines ne date que de l'an 1485, ajoutant, avec plus de fondement, que la grande prospérité des fabriques anglaises date du règne d'Élisabeth, qui profta des troubles auxquels les Pays-Bas étaient en proie, pour atlirer dans ses états nombre d'ouvriers flamands, et que ceux-ci donnèrent une nouvelle impulsion à cette industrie et mirent en mouvement celle des serges, des bayettes, des bas au métier?, ete.

Il est vrai qu'après le milieu du xv° siècle, les fabri-

étre soumis, pour ses draps, à aucune prise pour le compte du roi, (Pat, Hen, HI, m, 4; ap. Madox, Ve Hise. and Ant, of the Exrchequer, ele. ch. xvii, in-folio, p. 526, note 41,) La mention de draps d'outre-mer dans la coounission d'un officier chargé de l'aunage et de l'assise du drap en Angleterre, ne peut guère sé rapporter qu'h ceux de Flandre. (ilary Communta, 25 et 26 Ed. 4, rot. 1 recto, fer cormmissiones; ap. Madox, p. 558, note a.)

+ Au xuie siècle, un rimenr montre l'héroïne de l'une de ses chansons vêtue de drap de Cassel, « qui restineele, » (Leroux de Lines, Recueil de chants historiques français, A série, p. 227.)

2 Ms. fr. dé la Bibl, imp, n° 7800, folio 183, L'auteur cîte en marge, note À : « Folios 246 ot 247 de l'introduction à l'histoire des principaux États dé l'Europé, ile Claude Roux. » — En 1341, 1355 et 1357, on Lrouve des saufs-conduils accordés par Edward TI à des disserands et u des ouvriers en draps, qu'il avait fait venir des Pays-Bas en Angleterre pour y travailler de leur état. (Par, 5 Ed. M, pars 1, m. 2%; 7 Ed, MI, pars L, mi, 26: 11 Ed. M, pars f, mi. 6, — Nous, Rym., vol. LL, part. H, p. 825, 849, 069.) Le mouvement rontinue jusqu'après le milieu du xive siècle, (Hot, lité, claus., 18 Ed. A, pars 14, mm. 4 éx dors, et 29 Ed. UN, tm. 27 ên dors, — Nouv. Rytn., vol. WE, part. 1, p. 25. Cf. Leitres de rois, reines, etc, À, 1, p. 490, 500.) — Au xvre, les fisserands étrangers « overours de draps » sc plaignent à Henry V d'être « grevensement pursuës et vexés » par les ouvriers anglais, de sorte qu'ils ne peuvent tra vailler comme par le passé, ni exercer leur industrie en exéeution dé la charte à eux concédée par Edward 1, Rod partiamentorum, vol. IV, p. 162, col. 1, n° u,)

# Un receveur des douanes à Bristol, en arrière visa-vis du Trésor pour des avait, on vue de s'acquitter, envoyé en Gaséogne des

draps et autres marchandises pour en opérer la vente, et, avec le produit, acheter des vins à destination de l'Angleterre. La cargaison partie de ve pays fut arrêtée à Bordeaux ; mais le roi, étant intéressé dans l'affaire, commanda de donner malnlevée de Ia saisie, si le propriétaire du chargement trouvait une caution suffisante de sa comparution devant la cour royale dé Gaséogne, ot de &1 sottmission ace qu'elle déciderait. (ter, Vase, 35 Ed, AN, 1, 102)

de même avec les Flamands, quand on voit le commerce de notre ville acheter en Flandre des tissus de laine, avee d'autres articles à destination de Bordeaux, lels que chapeaux, selles et euivre!.

Le commerce de draps anglais avec notre pays, par Bordeaux, était donc déjà bien établi quand Edward HE fit signifier au maire et aux jurats ce qui, dans le statut du parlement tenu à Northamplion en 1373, se rapportait au mesurage des draps?, En 1438, Henry VI nommant Peter Bowman contrôleur de l'assise ou coutume dans les port et ville de Bayonne, l'instituait en même temps inspeeleur des étoffes de laine et de toutes les autres marchandises importées d'Angleterre, ou d'ailleurs, à Bordeaux et à Bayonne, en joignant à cette qualité le contrôle sur les vins des rebelles, à exercer de la même manière que John Bowet. Peter Bowman devait, une fois paran, rendre compte au trésorier d'Angleterre, par l'avis et sous la direction du connétable de Bordeaux, non-seulement de tous les cokets et autres marchandises non estampillées arrivant dans cette ville et à Bayonne, mais aussi de tout ce qu'il aurait fait.

Il pourrait être intéressant, au moins pour nos voisins, de déterminer la provenance précise des draps que leurs ancêtres considéraient comme plus avantageux pour

4 ot. Vase., 25 Ed. NI, m. 5.

2 Joid., 48 Ed. IE, m.5.— Thé Stütutes of thé Reuln, vol. 1, p. 595. — Le Livre des Bouillons, n° 448, folio .cii. reuts. — Sous le titre de Composicion avecques les merchanz d'Engleterré du courdatge ét aunage des draps, ce detnier recueil renferme un accord passé, sous la médiation du roi de Castille et de Léon, avec le due de Lancastre, licutenant d'Edward Il eu Guienne, coneèrnant les draps d'Angleterre que les marchands anglais apportaient à Hordeaux.

3 Jo. Vase. 25 Ed. D, mi. 5, — Voyez ci-dessus, p, 194, note 1

2 ot, lt, 0 en, ol 07 0 Sr accord le 30 mai 1364 à un marchand ;

sie de draps courts achetés dans les comtés de Somerset et de Devon | et destinés à être importés où Brelagne pour ÿ être ééhangés du miel, de la cire et de In toile. (og. Frime., 38 Ed. HA, mi, 13.) on trouve |

une licence nocordée à des marchands de Lynn d'exportér des draps dé worated et des‘ draps velus courts de douze aunes, ainsi qué Me À cnrs coguare, des ports de Saint-Botulph et de Lynn, à Calais d'outre-mer vers l'EsL ét le Nord, la Flandre exeeptéo, pour en faire commerce, etacheter, avee les deniers provenant de la vente, des vins et autres marchandises, (Ibid. . 14.) L'étape dé cès draps, comme de l'étain, du plomb et de | la plume, avait été, en 4348, établi à Calais. (Ibid, 22 Ed. VA, mm. 46 et 46 du dorse.)

# Altesurr. CAT TT ER er pe re

1 Edit. de ALLER

ET DE LA NAVIGATION À BORDEAUX. 380 frères Élie et Seguin Barba, à Raymond de Camparrian, bourgeois de Bordeaux !, et qui peut-être avaient été fabriqués dans cette ville,

I est du moins certain que, sous Edward I, il se trouvait à Bordeaux une manufacture de draps qui avait été l'objet d'un règlement dressé en présence de Jean de Grailly, sénéchal de Gascogne, et de son maitre, après consultation préalable des prud'hommes de Bordeaux ?, En 1290, cette ville comptait, au nombre de ses ouvriers, des drapiers provençaux, Pierre le Brun et Jean le Carter, dont on peut s'expliquer la présence à Bordeaux par le désir de perfectionner une industrie nouvelle en adoptant des procédés depuis longtemps employés ailleurs *. Plus connus sous le nom de sergewrs, les drapiers de Bordeaux fabriquaient encore à la fin du xvuf siècle. En 1678, un ouvrier en drap d'or, nommé Catos, s'étant présenté pour ouvrir un atelier, les sergeurs s'y opposèrent. Nonobstant leur opposition, il fut permis à cet ouvrier de faire toute sorte d'étoffes et de draps d'or, d'argent

1 Pal, ditt. fact. in Vase. 37 Hen, EN, m.3,— Mot. par, et chart., 57 01 38 Hen, HN, m1, 47,4. — Not. Vase, 50 Hen. 14, m, 42, 9 et 2. — Dans le premier de ces reoucils on trouve encore (m, 1, 13) une fourniture de draps et de polleteries à Henry 1, par Arnaud de Lugayn, marchand de Toulouse, et ur. 2) une vente de draps au mûme prince, par deux bourgeois d'Agen, déja ses créanciers pour trois cents barriques de M. 5.) D'un autre côté, un rôle de 4255 nous montre Henrs LU envoyant de Loupiac son tailleur en Angleterre pour acheter des draps et fourrures aux foires dé Saint-Edwand, (Claus, lite. faet.in Vase., 31 Hen. INl, m1. 19.) En 1252, le même prince donnait à un Bordélais, Galhard Colum, l'ordre d'acheter à Montpellier vingt draps de soie, quatre d'écarlate et trois cordes de gingembre, et de les ni envoyer à Bordeaux. (Rot. Franc., 10 Ken. M, m. 5.)

2 Rot. Vase. 8,9, 40 Ed. 1, m. 2, ot du dorso m. 4. — Rymer, Faderu, ete., LI, p. 1085,

à ftot. Vase., 48 Ed. 1, m. 5,

le reste à Bordeaux, en draps bons et marchant couleurs qui suivent, savoir : deuxedraps roug violet éeu, un vert écu, pre an u prix de 20 écus petite pièce, complant 27 sous et demi par éu%, Au siècle suivant, on commence à voir paraître les draps de France, coneurremment avee les draps anglais. Le 15 novembre 1546, le notaire Douzeau enregistre une promesse pour 15 livres 5 sous tournois, à raison de le vente de trois aunes de drap Senchrun vicomte de Rouen, de deux aunes de drap rouge de Paris, et de deux. tiers de drap noir « à faire chaperon, » Le 16 octobre de l'année suivante, le même notaire prête son ministère à

* Continuat, de la Chron. bourdeloise depuis Le mois de décembre 1674, p.58, % Anciens el nouveus Statuts de la ville et cité de Bourdeaus, p. #3. + Minutes de Bose, 19 dée, 1498, folio N7 verso, Cf. Douzeau, 24 mov. #4.

En”

des transactions roulant sur de petites quantités de gris de Niort, de frise d'Angleterre, de drap blane de Paris et de drap de Carcassonne. Nous ne parlons pas d'une affaire de cinquante pièees de cordillas blane, traitée le 11 avril 1547, parce que nous ignorons la provenance de cette étoffe !; mais nous mentionnerons une oblige de 1050 écus dus à un marchand d'Ipswich par les facteurs d'un riche négociant bordelais, valenr reçue en draps, et une vente de draps de laine livrés à Niort, à un marchand de Bordeaux, par Léon Lenormant, marchand d'Orléans (12 juin 1548), pour placer un mot sur le commerce dé laine qu'Orléans faisait, à l'époque, avee Bordeaux. Le 5 avril 1532, Douzeau enregistre l'embarquement, sur la Clémence de Bordeaux, de vingt-cinq balles de laine par Jean Boileau, d'Orléans, qui, vingt jours après, effectue un autre envoi de treize balles pour la même ville; les 7 et 24 août, c'est le tour de Pierre Haubelin, aussi d'Orléans; et successivement des expéditions de laine et

1 On voit, par un acte de Douzeau, en date du 16 mars 1550, ane vente importante dé cordillus, et d'estmets à un Bordelais par un marchand de Toulouse, qui avait déja vendu au même des exfumets de plusieurs couleurs, (2 août, 4 février 1550, CE 18 mars et LE avril 1551.) Albo mentionne les cordelats d'Aignan parmi d'autres draps façon d'Espagne, de Hollande, d'Angléterre, draps de Sapte, d'Elbeuf, de Rouen, Sedan, du Seeau (ou plutét d'Usséau), de Berry, des serges de Ségovie et de Limestre, des draguets et des ratines de Sommières, du eudis d'Aniane, du crépon de Castres, (lustrnotion generale pour la téinlure des lüines, ele... One part, N° CLXXVNI, CLAXIX, CLAXX, Exxxin, p. ,) Voyez, sur des noms dé ceriuins de ces draps, les notes dont M. lournie à divérses pièces du Lome HE de ses Varidiés historiques et littéraires, p.37, 43, 209.

2 Gend-auit, 20 fevrier 1550. — Douzeau, 12 mars 1550.

3 Ce personnage, auquel ln famille du membre de l'institut peut se rattacher, entretenait des rapports très-êtroits avec notre place. Les 12 et 15 juillet 1550, on le voit dans l'étude de Douzeau bailler à loyer une maison rie Poitévine, et, le 7 janvier suivant, donner une procuration.

Lena rest Von marchand deaux, ceux de Toulouse et «d'Alby fasient ce come | merce; ils y joignaient, à l'occasion, celui des draps anglais, dont ils s'approvisionnaient sur notre placé, où qu'ils récevaient d'Angleterre. À la date du 11 juin 1546, | on voit figurer parmi les minutes de Douzeau un € ment, sur le port de la Lune, de trois pacques de drap cordées et d'une pacque de frise aussi cordée, « pour mener au bazacle de Thoulouse; » et, le 1® février de la même année, un marchand de cette ville reconnaît avoir retiré de l'un des nôtres une pacque de drap de Nortdut®, contenant quarante pièces, qu'un autre marchand 4 Minutes de Douzeau, 21 août et © novembre 1532. | * Jbid., 29 mai et à juin 1548. * Ibid, A2 août 1548.

4 Hhid., 7 janvier 4547. # Ibid, 5 juillet 1549. “Le même notaire présente, à la date du 26 oct, 1533, une mention de draps

fi

de Toulouse lui avait envoyée de Londres pour la livrer contre remboursement de 119 livres tournois.

Le 9 avril de l'année suivante, noble homme Jean d'Aste, citoyen de Bordeaux, mettait arrèt, entre les mains d’un marchand de cette ville, sur certaines pièces de drap qu'un marchand de Londres avait fait porter dans la maison de eelui-ei et sur lesquelles notre compatriote prétendait avoir des droits comme étant la propriété d'autres Anglais, sans doute ses débiteurs !. À quelque temps de là, trois Bordelais achetaient d'un marchand du Croisie, par l'intermédiaire de leurs facteurs et négociateurs, une partie considérable de camelots, de serges d'Arras, de demi-ostades, de draps d'Angleterre et de Flandre, de futaines et de toiles, « tant fines que grosses ?. » Ces faits, comme nombre d'autres, méritent à peine d’être recueillis; si nous leur donnons place ici, c'est pour achever de montrer à quel point l'importation des draps anglais était autrefois considérable à Bordeaux, et généralement dans toute la France. L'exportation des draps français n'était point interdite, comme l'a eru M. Édouard Fournier5; mais cet article était prohibé de l’autre côté

de mort d'Angleterre; sous le 28 mai 1551, un chargement, pour la Corogne, dé vins et de draps, dont vingt-cinq » cordeluts de nor et onze nortz; » et, sous le 40 août, une vente dé drap de mort (Niort?) et de cordelhat de mort de diverses couleurs,

1 Minutes de Douzeau, 9 avril 4547. — Le même Jean d'Aste reparaît le 48 novembre 1550, dans un acte de vente de trois aunes larges de drap d'Angleterre et de sept aunes d'escardis, au prix de 29 fr.; et dans un autre acte de vente Qu 22 mai 1552 (Minutes de Carrière, 82. 4) figure un « maistre escardeur de la paroisse de Saint-Vincent de Romaigne, terre ct scigneurie de Blaignac, diocèse de Burats. » Dans cet eseardeur faut-il voir un fabricant d’escardis, où simplement un eardeur de laine ?

2 Acte du 17 janvier 1548, cité dans un autre de Douzeau, du 22 déc, 1550,

1 Variétés historiques et littéraires, ete, t. I, p. 411, note 1.

et cependant, ajoute-t-il, «le Berry et la À

nous peuvent fournir de draps aussi fins et de

services que ceux d'Angleterre * .» Des draps di

n'en est plus question, pas plus pa

d'Espagne5, A pan M Se EE

pour ne plus se relever. Ps ANNE Font Dale md in-4, à partie, p. 02. :

Nouvean Reglement general sur toutes sortes de marchandises et wennfuc-

dures qui sont utiles el necessaires dans ce royaune, ele., par M. le marquis dé

la Gomberdière, (Variétés historiques et littéraires, ete. t. AM, p. 419, 130) \ * Inventaire de 1663, parmi les minutes de Couthures, folios 60 verso, 702

verse, — Dans un acte plus anelen (Arfeulhe, 19 avril 13453), Il ost fait men-

fian de « couvertes blanches faictés à la mode de Tholouze ; » el un notairé,

Douxreau, à la date du 47 mars 1450, enregistre le chargement pour Anvers d'un

paquet d'estame et de couvertures de lit par François Puget, de Toulouse, et,

sous Le 28 junvier A4, la vente de quatre couvertures de laine de Montpellier

par deux marchands de Toulouse, à un bourgeois ét courratiér de Bordeaux.—

En remontant plus haut (Clans, Lite, fat, in Vase, 37 Mon. WI, 1, 3), on

rencuntre du fil de Toulouse où d'Espagne; mais Ia il ne s'agit plus dé Haine.

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