‹ Histoire du commerce et de la navigation à Bordeaux, principalement sous l'administration anglaiseChapitre 14 sur 34 · MANCFACTURE D'ARMES DE BORDEAUX.— ORFÊVRES DE CETTE VILLE · texte numérisé non relu

MANCFACTURE D'ARMES DE BORDEAUX.— ORFÊVRES DE CETTE VILLE

Célébrité de l'ancienne manufacture d'armes de Ronleaux; ses produits; Raymond de Buer desux, fabricant d'armoures; Perrin de Hordeaux, fondeur de canons en Navarre; mehat de carreaux d'un marchand de Tuulouss, — Loi écossaise relative à l'importation des armes — Pénurie de docmnents sur l'ancien conmeres du fer à Bonloaux; mentions du forges du Périgont, — Achat de joyaux pat Extvurd +, d'un bourgeois de Bordeaux ; cor porntion des orfévres de cette ville. — Slatuts de ces artisans, — Commandes de joafllorie 8 achats d'argenterie en Francc.— Orfévre de Durdeaux créaneler do Lx reine de Navarre.

Jusqu'à présent nous n'avons parlé que d'une seule industrie bordelaise; il est certain, cependant, qu'il en existait d'autres. Dès le xn° siècle, on trouve à Bordeaux une manufacture d'armes, célèbre au point d'avoir donné lieu à un écrivain arabe du xu° de mentionner ayee éloges les épées de cette ville?. Cette manufacture produisait également des targes et des lances®; et, vers le même temps, nous voyons un certain « Reymunde de Burdieus » occupé à fabriquer des armures pour des chevaliers anglais #. Dans le siècle suivant, un document des Rôles gascons signale la sortie d’un navire de Dieppe

! Lance porte el esen qui ést dé Bordel.

(Gérard de Rossitton, p. 545, 1, 8e CL. p. 546, 1. 9.)

Un document de l'an 4206 Gt menton d'une amende imposée à ua maître de navire qui avait négligé d'apporter au roi ses armes de Gascogne. (fotuti dé oblalis et finibus, 7 Johann, p. 361.)

2 Ibn-Sayd, cité par Makkuri. (Mist. de lt guerre de Navarre, ete., p. 405, noté 3.)

1 ot, Vase., 27 Men. WI, m.9.

4 Close roll de la cinquante-quatrième année de Henry HE, cité par Sir Sam, Ru Mevrick, dans @ critical Inquire into antient Armour, À 1, ji, 150,

un certain Perrin de Bordeaux, nones. Naturellement les armes bla

1 ot, Vase., #5, 16 et 47 Ed, M, m. 43 én durs. » 4 ? Les Chroniques de sire Jean Froissart, lv. 1, part. 11, ann: 1384, édit. du Panth. Hit, L 1, p. 294, col. 2.

# Jbid., eh. xum, ann. 136; p. 392, col. 2

# oid., Liv. 4, ch. xx, ann. 1385; L II, p. 429, col, 2.

# Jhid., iv. H, ch. v, ann, 4377 (4 NM, p. 5, col. 4); eh. 1x, an. p.967, col, 2, Cf, ch. xiv, ann, 1388, p. 40, col, 1. L

$ Chronique de Bertrand du Guesclin, v. 6017: 4 1,p.32. à É-

7 De la Maledicion sur ceul qui requiereat à faire armes, publ. par Crapelel. (Poésies morales et historiques d'Eustarhe Deschamps, p. 132, 153.) =

# Vanguas ÿ Miranda, Diccionario de antiguedades del réino ile Novarre, LA, p.68. }

? Le fer emplasé parles armuriers dé Bordeaux dévoit venir du Lobourd, | du moins c'est là qu'Edward 1e envoyall une commande en 4289, (Nef, Vase, | 17 Ed. 1, part. 11, mi. 2.) — Le 24 fivrier 1205, Jes onvriérs en fer de Bayonne adressaient une pétition à ce même prinee pour qu'il Mt remèdié au tort que leur faisait l'importation de la clouterie et de la taillanderie des manuMetures

des armes et des chevaux de prix ! : aussi ne connaissaiton guère, dans le midi de la France, que les lames de Toulouse, les épées d'Allemagne ou de Poitou?; ces premières venaient même en Guienne, si l'on peut donner le nom de lames à des armes dé jet, En 1253, Henry IL faisait payer à Guillaume le Roux, marchand de Toulouse, 33 livres bordelaises, prix de onze milliers de carreaux à un pied, achetés par le comte de Leicester et livrés à Guillaume de Chabanais pour servir de munition au château de Casteljaloux %; mais, à la fin du xiv° siècle, l'Angleterre était en état d'exporter de ces projectiles, aussi bien que des lances, ferrées ou non, des ares et des flèches de guerre #.

Au xvié siècle, la manufacture d'armes de Bordeaux ne fonctionnait plus, si l'on peut tirer une pareille induction d'un acte du notaire Brunet, du 24 février 1533, par lequel Andrieu de Lasserre, armurier de la paroisse de Saint-Siméon, reconnaît devoir à Jean Baro, « marchand de la ville de Crecq, » 4 livres tournois pour la vente d'un cerlain nombre de lames d'épée, Mais une exportation de neuf paires de ciseaux de tondeur

Mrangères, notamment de l'Espagne et de la Navarre, et à celle pièce était joint un projet de mandement par eux proposé à ce prince pour défendre l'ap- Port de ces ouvrages. A ce qu'il paraît, ce projet fut adopté. {Lettres de rois, reines, ele, LE, p. 411-515, n° occxs él GCxH.)

* Roi. Franc, 52 Ed, NE, m. 44, et in dorso.

# Le Roman de Joffroi de Poiliers, cité dns les notes de l'Histoire de la guerre de Navarre, p. 405, note 8, — Pelit Thalamms de Montpelli Lë pur M, Germain, dans son Histoire du commerce de cetté ville, £. 1, p. 51.

3 Claus, Lite, fact. in Vase., 37 Hen, II, m. 10,

# Rob, Franc, 49 Mic. H, m3; 21 Ric. LE, m.8, 13; { Hen, IV, m. 7,

On a le pendant de cette dans une reconnaissance d'une dette de 7 livres 4 sous tournois contractée par maitre Pierre Darman, fonrbisseur de

voulu pouvoir parler du commerce du mais, à notre grand regret, nous n’avo cun document ancien qui l'éclairät. Au Anglais, à ce qu'il paraît, n'avaient point à produire le fer et l'acier®; et, au milieu l'exportation de ces articles était prohibée +. l'importation des fers d'Espagne en Anglet

li paroisse Saint-Pierre d'Aressan Entre-deux-Mers, envers Pierre tuaitre fourbissour, parvissé Saint-Romi de Bordeaux, « pour venditi livrance de certaines alumelles et gardes d'espécs. » (Minutes dé D 3 décembre 1551.)

‘Minutes de Douzeau, 12 octobre 1548,

% James 1. Seventh Parliament (1340), e. 05. |

* Voyez la chronique de Thomas Wikes, citée ci-dessus , p. D, note & —"\ En 1300, l'évêque de Durham ayant établi des hauts-fourneaux ét promené la cognés dans les bois du domainé de son église pour produire le charbon né | siré à la fonte du fer et du plomb, défense lui fut faite par Edward Ier de. continuer de pareilles déprédations. (Hot, parliament., vol, L, p. 108, col. 1)

# Voyez le statut de la trente-septième année d'Edwand AN (1354), ch, +. | Che Statutes at large, ete. vol, L. London, moccLvit, in-folio, p. MS: for, parliament., Vol, 11, p. 200, 60), 13

Ven

ET DE LA NAVIGATION À BORDEAUX. 19 marchands italiens et autres, qui y conduisaient également des grains, de l'huile, de la cire et des fruits, donnait lieu à une pétition des communes restée sans effel 1: il y avait done lieu de penser que les fers de la Guienne et du Périgord prenaient le même ehemin en passant par Bordeaux; toutefois, ce n'est qu'au milieu du xvi sièele que nous trouvons un grand marchand bordelais de l'époque engagé dans ces sortes d'afaires®. Un des actes qui leur sont relatifs nous le montre achetant, d'un marchand de Bergerac”, quatre quintaux de fer de Périgord, «de la forge de Bugue ou des Aysis, » moyeunant le prix de 40 sous tournois le quintal, au poids de Bergerac. Un autre acte porte vente de soixante quintaux de fer, « bon et marchand, » de la forge de Larmandie en la rivière de Miremont, à Brandelyn de la Ramyere, par Jean Burete, dudit Miremont, fer de fonte, uffiné et martelé, moyennant la somme de 49 sous lournois le quintal #, Trois ans après, un marchand de la ville de Saint-Cyprien, en Périgord, vendait au même négociant de Bordeaux vingt quintaux de fer de fonte, pareillement affiné et martelé, de la forge de Manaurie; mais, ou les fers de cetté provenance étaient plus chers, ou l'article avait enchéri, car le prix stipulé est de 50 sous le quintal®, Plus tard, nous voyons le

4 Hot. parliament., vol. V, p. 34, col, 2, — Après le milieu du xve siècle, lé fer travaillé fui compris parmi des articles dont l'impurtution en Angleterre ait prohibée sous peine de confiscation. ({bid., p. 507, col, 4.)

à Minutes de Douzeau, 23 asril et 7 septembre E48,

4 Hbid., 14 janvier 1548,

# bid., 45 février 1548,

5 fbid., 5 juin 1551, — Un autre acte du 48 juin de la même année nous informe que Andre Brandelyo de la Ramyore demeurait sur le grand fussé du

l'ordre d'y faire fabriquer un calice et à Meilhan en Pazadais, où iles tom

déléguer, sur le revenu de la grande coutume deaux, une somme de 9 mares sterling, achetés de l’un de ses bourgeois nommé 4.

Châleau-Trompetté, non loin de Dourcau, son notaire, 1

dans uné vente de fer à Marsault Croysé, maitre serrurier, d

rue des Capérans, et, le # mars, dans ane livraison de deux quintaux amétal à Jeun Paseaut, maltré maréchal à Bordeaux, moyennant 40 fi délais,

2 Minutes dé Couthures, 48 et 19 novembre 1654; folios 480 roeto. 0 = + Minutes de Douzeau, en date du 95 novembre 1541. — La nüture n'est point spécifiée dans l'acte ; mais il est probable qu'il s'agit cloche, comme dans une autre pièce des mêmes minutes, dt

mere pn enseignes |

bordelais, dans un nete de Douzeau, du 37 janvier. ss À Clips, Lib. fact. in Vase., 37 en. I, m. 7. + Hot. Vase, #9, 10 Edw. 1, 5

ET DE LA NAVIGATION À BORDEAUX au vrai que rien n'indique que ces bijoux cussent été fabriqués dans cette ville!; mais nous savons par ailleurs qu'elle possédait une puissante corporation d'orfévres, à laquelle Edward HI donna des statuts calqués sur ceux des orfévres de Londres et rendus communs à toutes les villes d'Angleterre *. De même, dans toutes les cités et villes du duché de Guienne où il y avait des orfévres et que fréquentaient les marchands, ces artisans devaient être régis par les mêmes ordonnances que ceux de Bordeaux, et déléguer un ou deux d'entre eux pour venir dans la métropole chercher auprès du connétable « lour certen touche d'or, et ensement le punchon ou la testa de leopard pour mercher lour overages, » e‘est-à-dire pour arrêter le titre de l'or qu'ils devaient employer, et recevoir le poinçon à la tête de léopard” dont il leur était enjomt de marquer leurs ouvrages depuis une époque déjà ancienne #.

# La mème objection se présente à l'esprit 4 Ja lecture d'un acte du 3 sep tembre 4527, par lequel honorable homme Arthus Meynardet s'engage à fournir a noble demoiselle Véronique de Laurensane « ung callice d'argent avecques sa palénne, tout dauré entierement tant haut que bas, pesant lé poix de trois mares et ang gros d'argent, et dans lequel ÿ a singung custodes, une aymage une Nostre-Dume, et l'autre dé Saint-Jean. » (Minutes dé Gharrior, folio 4 réeto.)

2 Jet. Vase. 514 Ed. M, m1, 10: 52 Ed. IN, pars E, m. 9, 10; 55 Ed. HI, m. 5.—Ms. lat, Bibl, imp. 9138, fol, lix verso @t Ix recto, — Le Liver des Houïllans, ne 25, folio .xlij. récto. (Ordinacie facta per Eduardum super anril'abris in prejudicium civitatis, in postulacionem eorumdem .)

2 Ms. de la Bibliothèque fmpériale, fonds latin, ne MS4, folio lix. verso, — Les lettres patentes d'Edward I sont datéos de Westminster, lé 4 juillet de la trente-deuxième année de son rogne,

# n Si eu lo rey nostre senhor 6 sous progénilours antiquement an ordépat. » (Copla artioulorum aurifabrorum ville et civitatis Burdegale, art, 5.) - Les règlements rappelés jet furent renouvelès en 1362, dans une ordonnance où sont invoqués les nsages de la fabrique d'orfévrerie de Paris : « Tom est

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