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CHAPITRE XIV

DISPOSITIONS LÉGISLATIVES RELATIVES AU COMMENCE DES VINS AVEC L'AN- GLETENRE AU XIV* ET AU XV SIÈCLE, ET AUTRES CHOSES NOTABLES.

Statut de la vingt=seplième année d'Edyvand IE, — Ordonnance de ce prines en 4564; récla= mations qu'elle soulève, —Statut de 1568; réclunalions dont il est pareillement l'objet ; permission donnée aux sujots britanniques d'aller achoter des vins en Gascogne, — Le salu de 1585 continue à subsister ; impôt consenti au roi, en 4974, par les marchands gns-cons, — Pou do sûreté des routes de Gascogno à La Gin du xive sidele; exactions qui s'y commettent,— Descente d'un équipage anglais dans les vignes de Margaux, en 1590 ; propos caractéristique d'un bourgeois de l'époque. — Ordonnance de 1384 sur la vente des vins en Angleterre, — Modifications subsiquentes apportées à la législation sur ce suje ; les vins do Portugal commencent à s'introduire dans les fes anglaises. — Débat ontro l'administration mnigipale de Bordeaux ot un bourgeois de la Roeholle, — Roprésaillos exoredes sur des Malouiss. — Hausse du vin de Bourg eu 1407; folle équipée par les Bordelais; leur ren= euntre avos los Français en Médoc. — Confirmation des privilégos de Bordeaux obtenue au prix de deux cent quarante harriques de vin. — Tequéte des communes anglaises en 1420; réponse du parlement. — Réglementation du commerces des vins par Henry TV, — Abondance du vin de Gascogne à Canterbury à l'époque d'un jubilé. — Grande consonumalion du celte cspèce de vin au Xv* sièéle, — Stipulation d'une brève en faveur des Rochelais. — Plainte au sujet des vins de Gascogne; moyens proposés pour remédiér max abus signalés. — Interruption du commerce de Bordeaux avec l'Angleterre. — Nouvelles pétitions adres= s6es au roi d'Angleterre par les communes, on 1444; décisions qui en sont la suite,

1 y avait plus d'un quart de siècle qu'Edward WE était sur le trône, quand il rendit une ordonnance qui a pris place parmi les statuts du royaume, Par cette ordonnance, il devait étre défendu à tous marchands anglais, sous les peines les plus sévères, d'aller en Gascogne pour y retenir à l'avance ou y acheter en gros des vins dont le prix, payable en Angleterre, serait supérieur au prix courant en Gascogne, et cela pour cause de frais d'apprêt, de risques de mer, ou pour quelque motif que ce füt. Tous les marchands gascons et étrangers pouvaient

ble de tenir la main à l'exécution de la loi ans après, Edward I rendait une ordonnar quelle il permettait à {ouf marchand en p po

* Statnte 1, re Edward NE, €. vvu, (Statutes of the Realm,

cité en justice hors du royaume, même pour des affalres civiles. (1 : patent, #3 Ed. 1, m. 27; apud Rymer, vol, I, pars 1, p. 406.) … # Hot. Vase, 28 Ed. HI, m. 46. ( De cursu monetarum, — De empelonibwes et vedieli hs JAbi oéraum mésaus argent Tacichdis.) = Ni, Fréne: Ed. I, m. 7. (De navibus Anglie à partibus Vascanle in Angliam redncendis.) — C'est cependant vers cette époque qu'Edward III rendait une ordonnance ainsi intitulée dans le Livre des Bouillons, n° #9, folio .xiv, recto : Liberia mereendE= sandi per totum duoatum Aguifanie, comecses major el Juris el real Hurdeyale, satrende antiquas eustumas. (West, 32 Ed. Ut)

ET DE LA NAVIGATION À BORDEAUX. . 3 droit de cité et non ouvrier, de passer en Gascogne pour y chercher des vins, afin d'amener l'abondance dans le royaume, el aux Gascons et à tous autres étrangers d'y venir avec leurs vins et d'y trafiquer librement, sans nul trouble ni empêchement, sous toutes réserves des droits du roit, ”

A son tour, cette mesure souleva des réclamations, qui se firent jour dans le parlement. Les marchands anglais qui passaient en Gascogne pour y acheter des vins, exportaient l'or en grande quantité hors du royaume, et les Gascons, voyant la hâte des Anglais à quitter, pour rentrer chez eux, une terre étrangère où ils ne pouvaient demeurer longtemps sans de grands frais, élevaient le prix de leurs vins pendant le temps de leur séjour; tandis que si les Gascons les menaient eux-mêmes en Angleterre, on les aurait à bien meilleur marché, sans parler de l'obligation imposée à tous les étrangers de rapporter des produits anglais en échange de leurs denrées?, 1 semblait donc aux communes qu'il serait bon de restreindre pour un temps la faculté donnée aux Anglais d'aller chercher des vins, pour voir si cela pourrait influer sur les prix. Elles demandaient, en outre, qu'il ne fût accordé aucun warrant partieulier, c'est-à-dire aucune dispense aux Anglais, et qu'à leur arrivée dans les

1 Rotuli parliamentorum, À. D. 13645, 38 Ed. 1; vol, IT, p. 287, col, 2.

* Pour empéeher l'exportation du numéraire, Edward WI avait ordonné de mettre en écrit dans chaque port l'argent venu avec les marchands étrangers, ain qu'il n'en sortit pas plus avec eux. (Hot. part, vol. M, p. 249, col, 2.) — A la fin du xrve siècle, un marchand dé Pontoise, qui avait mené une partie dé vins en Angleterre, étant rentré en France avec le montant des ventes qu'il avait réalisées, se vit pour cela saisir par le fise tout 6 qu'il avait laissé dervibre lui, {Rot, France. 15 Ric. 1, m, 14.

à s'élever encore. Bien que la loi par laquelle il n'était permis qu'aux étrangers d'importer des vins en Angleterre senblät avantageuse à tout le royaume, néanmoins, comme le prince de Galles, qui était en même temps duc d'Aquitaine, se plaignait que son revenu fût diminué par l'absence des acheteurs anglais et que de fortes quantités de vins restassent invendues, au grend dommage ‘les Gasecus, qui vivaient pour la plupart de ce commerce ‘, il fut arrêté que tout individu natif J'Angleterre, d'Irlande ou de Galles, autre qu'un ouvrier, pourrait aller en Gascogne acheter des vins, en donnant caution aux magistrats des ports de départ qu'il achèterit au moins cent tonnes de vin, et ne les importerait dans aucun autre pays, sous peine de confiscation du navire et ‘le sa cargaison, outre la prison *,

Toutefois le statut de 1353 ne fut pas rapporté, mais séulement suspendu jusqu'à ce que l'on pût juger des ef-

+ Rotali pariamentorum, À. D. 1369, 45 Edw. HN; vol. IE, p. 301, col, 2.— Deux marchands de Londres avaient amené dans cette ville eL mis on vente six barriques de vin de Gascogne; n'ayant pas trouvé à s'en défaire à un prix raisonnable, ils solieltèrent et obtinrent, en 1364, la licence nécessaire pour les rembarquer ét les diriger sur Cakais, (ot. Franc. 38 Ed, HI, m, 8.) Un autre Anglais, bourgeois de Bordeaux, qui avait pareillement expédié à Sandwich vingt-deux barriques de vin rouge de Gascogne, se vit, par la même raison, obligé d'avoir recours au roi pour pouvoir les envoyer en Bretagne ou ailleurs. (Hid., em. 12.) Edward IT permettait encore, en 4307, à Nicholas de Lovoyne, sènéchal de Ponthieu, de réexporter dans cette province, pour l'usage dé cét oilicier et de sa famille, vingt barriques de vin vieux de sa cave, que Willin Strete, bouteiller du roi, avait déclaré impropres à la consommation dés Anglais, (Jbid., 40 Ed. IH, m, 2.) Ce qui précbde peut servir à expliquer né autre permission semblable, relative à quatre pipes de vin de La Hymne existant à York et admises h passer en Prusse par la voie de Kingston-sur-Hull, Cbid., 40 Ed INT, m. 46.)

2 Stat. 45 Edw. HI, c. 2. (The Statutes of the Real, ele, vol, 1, p.50, C2 Macpherson, Annals of Commerce, vol. 1, p. 577.

ser que | fai ais dns ur qe.

mandé au sire d'Albret des 1 nait Deudnor et se n lui répondit qu'il se portait a ajouta-til, j'avais plus d'argent, et m je faisais la guerre pour le roi d'Anglete:

ai maintenant; car quand nous chevau ture, nous trouvions toujours quelques ri de Toulouse, de Condom, de la Réole ou d se passait peu de jours que nous ne fissions bonne prise, et maintenant tout est mort5.

né dit rien des marchands de Bordeaux; mais p sant qu'ils fussent respectés par les pillards, ils étaient”

+ Rotuli parliamentorum, 45 Ed. HE; vol. 11, p. 306, eol. 2.

# hd, p. 504, col, 1.

3 Les Chroniques de sire Jean Froissar!, ann. 45388, lix. TI, éd théon littéraire, À. AL, p. 447, col. 2. CL Hot. Fr., 1 en. V, m, 7 et conduits délivrés à des marchands de Toulouse, de Condom et de Montauban, pour circuler avec des blés, des vins et autres marchandises deanx). — Au xive siècle, le Languedoc n'était pas mieux partagé que la. Guienne, L'histoire a conservé le souvenir des courses d'une bande de pastous reaux dans l'Albigeoïs, en 1320 (Roger, Archér, his, p, 417 et suir, — Rôssiguol, Monographies communales. du département du Tarn, ete, part. LI, p. 305, nole 4), et de compagnons qui ravageaient la firovinee, en jan- | vier ones ve 0 ele Er LV, p. M0, CL LE cle:

outrageusement rançonnés par les propriétaires des terriloires sur lesquels il leur arrivait de passer !.

À défaut de ces riches marchands que le sire d'Al bret regrettait tant de ne pouvoir plus dépouiller, les Anglais s'en prenaient, à la même époque, aux arbres mêmes et aux vignes du Médoc. Nous avons déjà cité ua acte dans lequel il est fait mention de la descente d'un équipage de cette nation dans les vignes de Margaux, en 1399*; neuf ans plus lard, un marchand de Bordeaux, Bertrand Usanna, rapportait un fait semblable pour justifier la haine qu'il exhalait contre les Anglais, maîtres de la Guienne * : « Sachez, disait-il un tailleur de sa connaissance, qu'il nous faut secouer leur joug. » Son interlocuteur lui répondit par une exclamation et en demandant comment une ville qui avait jusque-là été si loyale à la couronne d'Angleterre, pourrait chercher à lui échapper, et comment vivraient les pauvres cultivateurs et les sujets du roi une fois qu'ils n'auraient plus la facilité de vendre leurs vins ni de recevoir en échange des marchandises anglaises. Usanna répartit qu'il ne fallait point s'inquiéter; « car, disait-il, nous vivrons bien sans eux; nous arracherons la moitié de nos vignes, et nous sèmerons du blé à la place. »

À Quedam penalia inhibitia contra extorquentes novas imposiciones 4 civibus Burdegale, dum per edrum districts transeunt, seu écrin bona transduci [ucut, Wesun., 20 Bic. I, 43 Mart. 1307. (Le Livre des Bouillons, n° GO, fuio .lxi. recto.)

2 Voyez ci-dessus, p. 475, note 4, L 3 et 4.

Bases par un temps qu'est passé furent à Margaus où à Machau, et cou= poient les arbres avec lez fruyts et les portoient dedoinz lour niefs, » ete, (Hat, Vasc., 9 Hen. IV, m, 14.— Lettres de rois, reines, ele., L El, p. 446,) Voyez encore, relativement à la même affaire, le rôle gascon de la 7-8° année de Henry IV, m, 10,

ser la mer pour les aller chercher et les amener en quelque endroit du royaume, il ne devait pas les vendre, sous peine de confiscation, plus cher que les prix fixés ainsi, savoir : In barrique du meilleur vin de Gascogne, d'Osoye ou d'Espagne, 100 sous, et le vin commun des mêmes pays moins cher, selon la valeur, comme 7 mares, 6 mares el demi, et 6 mares; la barrique du meilleur vin de la Rochelle, 6 mares et moins, suivant la valeur, par exemple 5 mares et demi, 5 mares, 4 mares et demi et 4 mares. Les pipes et autres vaisseaux de moindre eapacité devaient être vendus suivant leur contenance et la bonté du vin. Quant à la vente en détail des vins de Gascogne, d'Osoye et d'Espagne, le meilleur ne devait point être vendu dans le royaume, et sur place fe dedeinz), plus de 6 deniers, suivant la valeur, sous peine de confiscation de tout le vin; et le prix de celui de la Rochelle ne devait pas dépasser 4 deniers.

Pour le vin du Rhin, comme les vaisseaux dans lesquels il était logé n'avaient point de contenance certaine, il avait été décidé que le gallon du meilleur, en gros où en détail, ne serait vendu par les Anglais, en aucun lieu du royaume, au-dessus de 6 deniers, sous la même peine !. Ces prix étaient les mêmes que les prix fixés dans le règlement du 26 novembre 1342°,

ries, Charles 1, 16514, vol, CXCVI, n° 2); mais en récourant aux Rôles du parlément, vol. V, p. 447, col. ?, on voit que ces High Country wynes étaient des vins de Gascogne.

1 Rotult parliamentorum, À. D. 15841, 5 Ric. LI, vol, HI, p. 121, col. 1 et 2. — Rymer, Fœdera, vol. VII, p. 578; cd. HI, 1, HN, pars 1, p. 147, col, 1, (De Precio vinorwm proclamando.) — Macpherson, Annals of Commerée, vol. À, p. DS,

? Collection générale des documents français, ele, p. 09, n° Ext.

Ps Grand

À Rotidi pariamentorum, À: D. 1582, 6.

? hot, pardiament., À. D, 4885, 7 Rie, 11,

empruntée aux Réles gascans, par laquelle ce

et privilèges dont jouissaient les marchands

vertu d'une concession d'Edward HI (Letires de +

250); mais il faut prendre garde qué la date de 1568, à par l'éditeur français, et celle de la deuxième année dé 1 dent pas, par suite d'une faute d'impression qui à changé chiffre romain. 11 faut lire onsième année et rattacher

à un autre transcrit dans le Livre des Bouillons sous le ei sous cetle rubrique : Séafwfa concernencia éilitutem mer yale. Le roi notifie aux Bordelais, le 45 juin 1588, un statut arrôté nier parlement et en rapporte les termes ; il s'attache ensuite à ass qui voudraient acheter ou véndre blès, vins, « avoir de pois,

sons et autres vivres, lines, draps, mercerie « et toutes mani choses. » — On retrouve, memb. 49 du rôle de l'an 44 de Henry 1 mus des lettres de confirmation de la concession d'Edward I par 3 Parmi les comptes de l'échiquier royal pour l'année 141245, L Martin, marchand portugais, à l'occasion d'un 3-compte du payement dé vres ordonnancé à son bénéfice pour quaire-vingt-seize pipes de vin des ves fourniés au roi au prix de 4 livres la pipe. (Devon, fasiés of the Er p. 328, 329.) — Gilles le Bouvier, décrivant le Portugal, a grand soin d « En cedit royaulme eroist de bons vins et grant foison figues et ras meinent vendre en Angleterre pour ce que ilz sant aliez averqi

Près de toucher à son terme, le xiv° siècle s'agitait dans les convulsions d'une guerre qui n'en était encore arrivée qu'à la moitié de sa durée, et dont le cours n'était interrompu que par des trêves!. Pendant l'un de ces armistices, des corsaires armés par l'administration municipale de Bordeaux, ayant brûlé en mer une barque rochelaise chargée de cinquante tonneaux de vin, contrairement aux stipulations arrêtées entre les belligérants, le sire de Pons, l'un des deux conservateurs dés trèves, octroya marque sur la cité de Bordeaux à Guyot Potard, de la Rochelle, et fit prendre et retenir à Pons un cerlain nombre de Bordelais, Des réclamations s'élevèrent au sujet de ces mesures prétendues illégales par ceux qu'elles atteignaient, et le débat fut porté devant les conservateurs des trêves, le sire de Pons et Henry Percy, lieutenant du roi d'Angleterre en Guienne, Il se termina par un appointement arrêté dans l'église de Chenae, en la châtellenie de Mortagne, le 2 mars 1393*, et les vins de la Rochelle, importés en Angleterre même par les

Descriptions des pays et regions où il a esté de son vivant. (Ms, de la Bibliothéque impériale fr. 5875, folio #2 recto,) — Dans une charte du 10 février de Ta quarante-sixième année d'Edward [, il est fait mention d'un chargément de cent neuf tonneaux de vin « dé la Rebasele » opèrè dans le port de Lisbonne par un marchand de Gênes, sans doute à destination de l'Angleterre, (Publié Record Office, Navy Accounts, 44-47 Ed, NI, T. G. 25522.) Depuis l'an 135, il existait un traité entre l'Angleterre, Lisbonne et Porto. (Hot. Fr, 27 Ed. 111, m. { àn dorso.)

1 Le 42 février 1584, mission est donnée à Nicholas de Dagworthe et Robert de Cholmeste d'aller en Guienne proclamer les trèves conclues entre les rois dé France et d'Angleterre, (tot, Fr., 7 Ric, I, m, 7.) Elles n'étaient pas expirées qu'un certain William de Tonge, bourgeois et lavernier de Londres, ayant éxporté du blé à Bordeaux pour l'échanger contre des vins, sollicitail un sauf conduit qui le mit à l'abri des hostilités, et il l'obtint, (fbid., 8 Ric. (1, m, 7.)

2 Le Livre des Houillons, n° 440, folio C,xxifii, verso.

1 Voyez, dans le rôle français de la onzième an: L

un sauf-conduit octroyé à un navire de Stralsund chargé par tin 1 Gênes de vins de la Rochelle et d'autres marchandises; et, dans cais de la treirième année de Henry IV, m. 3, un sauf-conduit aë

Anglais el à un Gascon pour importer en Angleterre une « vins et autres denrées achetés à des marchands de la Hochelle. Ù * L'acte de sa nomination se trouve parmi les rôles français de Ja v trième année d'Edward 1, membr, 3. « 3 On peut s'en faire une idée en rceourant à uné lettre d'Ex de France, au sujet d'un navire anglais expédié à Bordeaux pou vins, frêté dans ce port pour en porter à Nouen, et arrélé par le Bre= tagne, alors notre allié. (Hot. lit, claus., 14 Ed. IN, m, 22 ôn dorse; npud) |

Bymer, vol, HE, p. 064, nov. ed., vol. LE, pars F, p. 435, col. 2.) -

4 Ro. Franc, #9 Ric, M, m. 5, — Eu 1547, Richard 11 avait octroyé à à Jean, due dé Bretagne, un sauf-conduit pour une barque de Nantes qui se ren dait à Bordeaux afin d'y éharger des vins à l'usage de Fi maison dé cé dernier prinee, {Hbid.. 14 Bic, AE, m. 7) .

# Le Livre des Douillôns, n° 64, folio JIxii, verso,

dant, et l'on vit monter le prix de celui de Bourg jusqu'à 40 fr, la barrique, près de trois fois plus qu'il ne coûtait environ cent ans plus tard‘, Cette hausse se manifesta pendant le siége de Blaye par le duc d'Orléans, qui eut lieu en janvier 1407, à l'époque où les étrangers venaient acheter les vins nouveaux. Il y avait alors en rade, à Bordeaux, cinquante navires marchands venant du dehors. Soit que les Bordelais les missent en réquisition, ou, ce qui est moins probable, qu'ils armassent des bâtiments à eux, ils équipèrent une flotte, qui alla à la rencontre des Français jusque devant Saint-Julien en Médoc, et leur livra bataille ?.

En septembre 1415, Henry V, étant en France, “i recours à Bordeaux pour obtenir des subsides, et la ville profitait de l'occasion pour obtenir, de son côté, une nouvellg confirmation de ses priviléges. Espérant tenir la campagne, le vainqueur d'Azincourt demandait à son sénéchal en Guienne jusqu'à sept cents barriques de vin. La ville lui en envoya deux cents en échange de cette

1 Vente de seize tonneaux de vin, au prix de 42 fr. bordelais l'un, par Jean Andron de Lansac, seigneur dé Maurion, à Jean du Bognau, dit Bogrélot, marchand de Bordeaux. (Acte du notaire Bosco, en date du 4 avril 1497,) — Dans d'autres affaires de la méme espèce conclues postérieurement, le tonneau de vin rouge, blanc ou clairet, du cru de Bourg est porté à 20 francs bordelais, 40 franes la pipe (minutes de Douzeau, 46 soplembre, 3 octobre 151), et plus tird à 48 fr., rendit à Bordeaux. (fbid., 9 septembre 4550.) — Parmi lès pays où lé vin de Bourg paraît avoir étà en faveur, il faut compter d'abord la Bretagne (Claus. lit, fact. àn Vasc., 37 en. HI, m4), puis l'Irlande, (Douzean, 19septembre 1560. Cf. 3 novembre 1846.)

2% Archives du département de la Gironde, série FL. 057; ordre de Malte, terrier 1206. — A la suite de eette pièce, publiée dans les Archives historiques, éte., t, HN, p. 179481, le séribe mentionne les prix dés diverses denrées, tels que blé, froment damoiseau, seigle, millet, vin, etc., et parle d'une forte gelée, qui, en 1406, emporta une grande partie de la récolle, en Guicnne.

bourgeois, d'en vendre de cette manière et en taverne depuis le jour de la Pentecôte jusqu'à la fête de Saint- Michel. Passé cette époque, tout le monde était libre de vendre son vin comme il l'entendait !.

Le jubilé qui eut lieu cette même année 1420 à Canlerbury, et qui attira au tombeau de saint Thomas environ cent mille pèlerins de toutes les parties tant de la Grande-Bretagne que de l'Irlande et même du continent, parait avoir été une source de profit pour le commerce de Bordeaux. Du moins, un document de l'époque porte que le vin de Gascogne abondaït dans la métropole anglaise, au point qu'une houteille de vin rouge s'y vendait 8 deniers, et une bouteille de vin blane 6°,

La guerre de Cent ans, qui régnait alors, rendait les communications avec la Rochelle, et sans doute avee Bordeaux, difficiles et dangereuses, ce qui n'empêchait pas la consommation d'être chez nos voisins au-delà de toute créance. En 1410, une trève ayant été conclue

* Jiat, Vase., 2 Men. 1V, 10, 20. — Delurbe, Chronique bordeloise, folio 23 ve,

2 W. Sormner, he Antiguities of Canterbury, ete. London, mncent, in-folin, part 1, append., p. 5,

3 Ala fête qui eut lieu pour l'intronisation de George Nevil, archevéque d'York, em 1467, il fut consommé cent barriqués de vin. (Sownér, {he Antiquitiés of Canterbury, ete. part. Il, app. de Nicolas Battely, p, 29.) À une fôte pareille donne pour l'installation de l'archevéque dé Canterbury, Warham, én 1004, on but six harriques de vin rouge, à 4 livres l'une ; quatre de vin elairet, du péix de 75 sous 4 deniers la pièce; deux de vin blane, l'un de choix et de 5 livres BG sous, l'autre pour la cuisine et marqué 5 livres, À cette énorme quantité, fl faut ajouter une butf de malvoisie, coûlant quatre livres, une pipe d'ossey, du prix de 5 livres, ot deux almes (allem. œun ?) de vin dé Reane, comptés 1 livre Gsous, (Zbb., p. 27. — Archurologia, ete, vol, 1, p. 550.) 11 n'est pas inutile de faire remarquer en passant que Drake, qui a donné la mème liste que Battels, la recule jusqu'a l'archevêque Robert Winchelsea, intronisé en 1295, (Muitheri Parker. de Aniqutate Britannicæ Ecelesiær, ete. Londini, Mocexxrs, in-folio, ad caleem Acad, Hist, Cantcbrigiensis, p. Ixiii.

ET DE LA NAVIGATION À BORDEAUX. ÉLE lesquels on les loge en sortant du pressoir, ne soient pleins, lesdits vins ne peuvent avoir leur ébullition naturele et rejeter leur écume au dehors, comme ils devraient le faire, De là, non-seulement grande déconvenue pour les maitres de maisons importantes qui se croyaient sufsamment pourvus de telle denrée, mais encore sérieux dommage et perte pour les autres acheteurs et vendeurs, au temps présent et passé, et, selon toute apparence, dans l'avenir, au cas où il ne serait point apporté un prompt remède à cet état de choses. Dans ce but, les pétitionnaires proposaient au roi de charger le sénéchal de Guienne, par lettres scellées du sceau privé et adressées à loutes les villes et bourgs de la province, comme aux maire et jurats de la ville de Bordeaux, de faire une ordonnance par laquelle, en chaque endroit où marché des côtes où l'on ferait du vin, il serait nommé des experls pour rechercher ou faire rechercher et détruire les abus nouvellement introduits dans la fabrication des vins, et ramener la véritable et loyale méthode autrefois usitée Aucune futaille de vin ne serait autorisée à passer du lieu de production sur aucun marché pour être vendue de l'autre côté de la mer, à moins d’avoir été essayée el marquée, comme bonne et bien faite, d’un signe connu, d'une marque de fabrique, accompagnée de l'estampille des personnes commises à la surveillance et à l'essai desdites futailles, et cela sous peine de confiscation d'icelles et du vin ainsi mis en vente au mépris des règlements, Si dans quelqu'une desdites villes ou bourgs, il était trouvé frelaté ou gaté, les fonds supérieurs dés futailles seraient enlevés, et le vin publiquement répandu, conformément à la coutume observée

En 1444, les communes s'ad roi, en son parlement, pour le prier de e points qu'elles lui soumeltaient. Depuis un morial, une grande partie des vins récoltés e de Bayonne, par terre et par eau, chaque ann de saint Martin. C'étaient, comme ce sont € « saient les pétitionnaires, les meilleurs vins, les plus agr Rae ee PR L

dans ces cantons. À cette époque, grande quantité ces vins el de ceux qui étaient récoltés dans le voisin

venait en Angleterre et s'y vendait à meilleur marché et

U fiot, partiament., À. D. V32, 10 Hen. VI: vol, IV, p, 405, col, 2. É 2 Létiré adressée à Henry VI par ses ambassadeurs en 142, et publiée à 1 suite lu Journal du serviteur de l'évéque eckington, p, 54.

avec plus d'abondance que maintenant. 1 y avait aussi un plus grand nombre de marchands dans ce pays, et de plus riches, parce qu'ils pouvaient acheter et vendre des vins et d'autres marchandises dans tous les coins du duché; comme aussi beaucoup plus de marchands gascons de la ville de Bordeaux et d'autres localités dudit duché se rendaient d'habitude et annuellement , à l'époque des vendanges, en Angleterre, avec leurs vins, parce qu'ils ne pouvaient pas les vendre à Bordeaux ni dans les autres localités de la Guienne, aux marchands anglais. De même, dans ce temps-là, l'Angleterre possédait moitié plus de navires et de bâtiments qu'aujourd'hui : ce qui était un bien réel pour tous les états et conditions, une grande richesse, et, par la puissance d'une telle marine, une sécurité pour tout le pays et un sujet sérieux de crainte pour tous ses ennemis, « Et maintenant, au temps qui court, ajoutent les pétitionnaires, lesdits marchands anglais sont forcés d'acheter leurs vins et de vendre leurs marchandises à Bordeaux et à Bayonne, et nulle autre part, au grand dommage de tout ce pays et à l'amoindrissement du commerce et de la marine susdits. » Làdessus, ils demandaient au parlement d'ordonner et d'établir que toute espèce de vin du duché sous l'obéissance du roi d'Angleterre püt être admis librement dans lesdits ports, et que les marchands anglais pussent ensuile acheter et vendre librement des vins et toutes sortes de marchandises dans toute l'étendue de la Guienne, comme ils étaient accoutumés à le faire dans les anciens temps, sans aucun empêchement ni violence de personne, sous peine, pour les coupables, d'une amende de 1,000 livres de monnaie anglaise légale; se soumettant,

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A. D. 144,35 Hen. VI; vol. V, ps 145 # Hbid, ol, V, pe 417, col. 9.

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