COMMERCE DE DORDEAUX AVEC LES PAYS-BAS AU AVIS ET AU XVII SIÈCLE
Passage de l'historien de Thou relatif aux navires qui fréquontaient le port de Bordomx au Awr siècle. — Relations de celle placo avoc le Conquet. — Commerçants des Pays-as eu rapport avoe Bordeaux; marchandises qu'ils importaient où exportaient, — Navires hollan dais ot sélandais soumis en 1620 à ümé quarantaine, à leur arrivée à Bordeaux, — Flamands 4 Hollandais établis en Guisnne au xv1 ot au xvur siècle. — Suecursalos bardolaises da aise des Pays-Mlax. — Familles fliandes el hollandaises ansquelles est dà le desséchement dos marais du Médoc ; traces de la part qu'y prirent ces étrangers, — Prépondérance de La marine hollandaise au xv1r siècle, — Consommation des vins de Guicanc dans le non de l'Éspague; expéditions de Bordeaux pour Les ports de la Biscaye et des Asturios.
Avec les Anglais et les Écossais, quels étaient les étrangers qui, au xvi° et au xvn® siècle, venaient à Bordeaux achéter des vins? De Thou va nous l'apprendre. Racontant les projets que formait l'Espagne sur le Conquet, port de Bretagne, dont elle s'était emparée pendant les troubles de la Ligue, il dit que ce port étant l'abord de tous les vaisseaux anglais, hollandais, danois et autres, qui venaient de la mer Baltique et de la Moscovie pour charger des vins de Bordeaux et du sel de Brouage!, et
Nous voyons ici la raison pour laquelle cértains marchands étrangers se faisaient adresser en Saintonge les vins qu'ils achetaient à Bordeaux. Parmi les minutes dé Douzeau, on trouve, à la date du 29 avril et du 4 mai 1346, un payement, par Peyroton du Perrey, marchand et bourgeois de cette ville, à Jean Brygenbareh, marchand de Lubeck, auquel ledit Peyroton devait livrer un cer- Lan nombre de balles de pastel «en Broaige; » et un engagement de ce dernier à livrer au même endroit trente-sept balles de la même denrée à un marchand de Delft. — Ce du Pérrey, que nous avons déja vu, p. 195, note 1, ét 395, et Que nous réverrons p, 434, noto 1, est shrement le même qui tenañt le logis du Chapeau-Houge, principalement dans le but de profiter, pour son commerce, de son contaet journalier avec les Flamands qui fréquentaient sa maison. H leur
passer au Conquet, ny desvoyer, si.
Plusieurs actes des années 1548 et sence d'habitants du Conquet à Bon trailer des affaires®, et l'un d'eux ac qu tonneaux de vin « claretz et marchans, et |
d'iceulx non vert d'auleun, » à livrer sur le
vendait du pastel, ainsi que des vins clarefz de son cru d'Eyzines et du Vigean, el récévait en payement des Douzean, 44 décembre 41546.) 1 Ja. Aug. Thuun. Hist, sui temp, D, GX, € xt: ed, |
? State Papers, Domestic Series, Elizabeth, 2 Nov, 4568; vi n° Cf. n° 59, — Selon toute apparence, e'étaient les mêmes que ceux at desquels des marchands de Cork, en lrlande, adressaient une pétitio William Gécil. (Hbid., Febr. 1309; vol, XLIX, n° 55. 1.) -
+ Minutes de Doureau, 22 mai 1546. + bia, 7 octobre 1546.
“li, 15 décembre 48; LA mai, 7 novembre 1540,
le s
ville. En 1550, un autre marchand du Conquet traitait une affaire semblable à Sainte-Foy la Grande?; un second chargeait une forte partie de vins pour Dumbarton où Leith5, précédant de quelques mois deux autres expéditions du même genre pour l'Irlande, Un troisième s'était rendu acquéreur, par le ministère d'un courtier de Bordeaux, de huit tonneaux de vin, pour lesquels il avait, solidairement avec celui-ci, contracté une dette de 120 livres tournois. Enfin d'autres marchands du Conquet se montrent à Bordeaux en 1558, l'un d'eux en compagnie d'un bourgeois de cette ville, Pierre Garat5,
En tête des étrangers qui venaient charger des vins à Bordeaux au xvi° siècle, de Thou nomme les Anglais; il ne paraît pas cependant qu'ils fussent aussi nombreux que les Flamands et les Hollandais, et l'on peut affirmer que le chiffre des affaires traitées par les marchands des Pays-Bas leur donnait la prééminence sur tous les autres. Pour un Anglais qui figure dans le répertoire de Douzeau ?, on trouve une multitude de commerçants des
1 Minates de Donzeau, 15 novembre 1549.
* Ibid. 24 avril 4590.
2 [bid., 5 décembre 1550. Voir un autre acte du 25 janvier de la même année, etun second du 54 mars LXÿL.
+ Hbid., 6 et 7 mai 1550, Cf. 6 février, mème année.
à fbid., 20 avril 481.
8 fbid., 48 janvier, 44 février 1558.
7 Nous né pouvons entreprendre même de les énumérer; nots nous laisse rons aller, cependant, x nommer Adam Goman, où Gradman , d'Exeter, repré sénté par un certain Thomas Goswin , qui faisait acheter, par le ministère d'un commissionnaire, vingt-neuf tonneaux , de quatre burriques chacun , du vin du cru dé Bordeaux, et dix tonnéaux de sel pour un marchand de Bermeo en Biscaye (er juillet 1349). Le commissionnaire lui-même était Espagnol, comme Bertrand de la Salle, facteur d'un marchand de Toulouse, qui plaidait contre un marchand de Bordeaux (reg, du parlement, B, 17; 9 juillet 1429, et comme
1 Voyez ci-dessus, p.
culture de la vigne en Belgique , Gans 2 Messager de 6 ee pays, t. L (Gand, 1833), in&e, p. 8520.
+ Parmi eux, on remarque un navire breton | ï Û DORE PE up hic sat tint VOS re. 1 leront et amasseront à ces prochaines vendanges ai o destination de Morlaix ou de Middelbourg, Oinntes de Douze; bre 447.) 2, 0
3 Suivant acte de Douxeau, du 25 août 1550, un marchand fesse devoir à un habitant de Saint-Seurin de Chalain en bordelais « à cause et pour raisan de la vendition kiwi tonneaux dagras bons et marchans, à raison de trante sou Peut-être s'agit-il de dégras pour passer les euirs en blanc eL les! méables. f
+ Acte du 2 février 1849. — Dans in autre du 25 octobre 1350, on ve marchands de Bordeaux charger, le premier, pour et au de Carrion, marchand, demeurant à Anvers, cent lonnéaux de Lope de Carrion , demeurant h Londres; le deuxième, en son
4550, 2 juillet 4351. Cf, Couthures,
mars 667, 65,» oabre de maisons des Pays ant espagnales, n'y
à point à s'étonner que des navires de ces contrées aient reçu un nom emprunté
4 la langue castillane, Tel était le San Salvador, d'Anvers, nommé dans un acte,
par lequel le patron, à la veille de partir de Bordeaux avee un chargement de
‘vin, de vinaigre et de pastel, destiné à des marchands de Lille, s'engage à servir
dé père à un pauvre orphelin, Agé d'environ cinq ans, recueilli par un maitre
joueur d'épée compagnon cordonnier (Douzeau, 8 avril 1540), espèce d'artiste
moins autorisé sans doute que les « maistres generaux du jeu de l'espié » qui délivrent un brevet rapporté par Gendrault, à la date du 23 février 1848.
4 Get article que nous avons négligé, figure fréquemment sur les connaissements des navires expédiés de Bordeaux pour le Nord, On en voit jusqu'à onze tonneaux, avéc trois cent treize pièces de résine et six cents pièces dé hüis, sur la Lévrière d'Anvers, à destination de cette place; trois barriques, avec deux barieauts de coings et un petit baricaut « d'eau de main, » sur la Française d'Arvert, h destination de Londres, et 2 tonneaux avee une pipe d'huile et certaines autres marchandises, comme verres, h conduire à Brest, (Minutes de Douzeau, des 8 juin et 16 novembre 1546, Voyez encore le 7 janvier et le A6 février 1547, les 19 mai et 24 novembre 4548, et le 15 mars 1530.)
CR
a ren fe
Hd, 20 avril 1075, folio 335 rocto.
%0n le trouve nommé Jean Baudoñin, dans la signification d'un arrêt du parlement de Bordeaux, du 14 décembre 1644. (Ediets, déclarations, arrests et
de Bordeaux, ele. p.34, 57.) 2
+ On disait plutät de haut pays, comme on lit dans deux uetes dé Douzeau, L'on du 28 novembre 4548, T'autre du 44 décembre 148; le premier relatif a Lembarquement, sur la Marie de Bordeaur, de cinquante-quatre tonneaux de vin pour ka provision de la maison de la reine Marguerite; le second cancer nant une expédition de soixante-six tonneaux , par la voie de Nantes, au rardinal de Châtillon.
PMinntes de Couthures, 21 mars 1687, folio 25 verso.
LSire Pierre de Bonnegarde, marchand et bourgeois de Bordeaux, reconnait “devoir & Anthony de Fontvielhe, marchand d'Alby. la somme de 375 livres Lotmnois pour cinq lets dé harengs de Flandre, vendus et livrés à Bordeaux,
. (Minutes de Douzeau, 8 juillet 1946.) — Le last formait un poids de 4,000 li- … res, où doux tonneaux en termes de mer; it fallait dix milliers dé harengs
les commerçants venus des
Je feu et l'eau !. Les jurats 0
vires mouilleraïent devant les |
y faire leur quarantaine, et que
de déplier toutes les raie à mer.
Au nombre des importations des F
saurs pour un last, et douze cuirs dé bœuf seulement. Le Jaxt, cité de 80 bwshels, valait un peut de 29 hectolitres. 4 Minutes de Douzeaur, à la date du 30 juin 4946, — Sire
le prix d'un fort envoi de ces sortes de denrées.
* Minutes de Couthures, acte du 30 oetobre 1607, folio
3 fbid., acte du 45 février 1655, foliu 50 recto.
4 En 4597, uné « maladie et péstilencé » s'étant manif marchands de cette ville, qui se rendaient à la foire de Niort, notaire Doureau un certificat afin de trouver à sé loger sur la n
cembre, el un troisième lé 45 février suivant ; par ces plèces on est ain de tous les mouvements de nas Toulousains, et de leurs appréhensions. % Continuat. à la Chron. bourde oise, commençant l'année 1820, 66, pm
Sp enepe Re LA ar der
nous des Flamands et des Hollandais. Un acte du 28 avril 1343 fait connaitre un Bernard Guillaume de Bruges#, associé avec Pierre Virac, comme lui marchand et bour-
A Vente par Sophorien de Corse, marchand flamand, d'un cabinet, pour la
. somme de 30 livres. — Vente de quélques tableaux de Flandre, par Jean de
Beyer, pour Ja somme de 42 écus et demi. (La Rochelle, 42 et 13 juillet 1588. Archives du département des Basses-Pyrènées, B. 2045.)
# Minutes de Douze, 19 février et 7 novembre 1539,
3 Ibid, T juin 1549.
+ Ge nom, qui est aussi celui d'une commune voisine de Bordeaux, sur les confins du Médoc, dont élle faisait partie (minutes dé Dartigamala, 7 mai 1474, et de Capuci, 25 juillet 1549), pourrait tout aussi bien en venir; mais, de bonne heure, la ville flamande tirait des vins dé nos contrées, Douzeau prend note d'un chargement par Pierre Poictou, marchand de Bruges, de soixante Arois tonneaux de vin à destination du port de Boulogne. (6 mars 1546.1