‹ Histoire du commerce français dans le Levant au XVIIe siècleChapitre 20 sur 117 · LES PROGRÎ-S DES ÉTRANGERS · texte numérisé non relu

LES PROGRÎ-S DES ÉTRANGERS

fLevant, sous la bannière de France, cliLTchèrcnt à profiter de la iccadencc des Français et de la brouille des Vénitiens avec les Turcs. [Is envoyèrent en 1645 une ambassade, chargée de demander des jpitulutions pour leur commerce et la permission d'avoir un imbassadcur à la Porte. Mazarin, qui reclicrchait l'alliance des petits îtaiî italiens contre l'Espagne, sacrifiant en cette occasion les intérêts du commerce à ceux delà politique, fit appuyer leur négociation, jui cependant é-clioua. Mais elle fut reprise et réussit en 1664, cette ns-c'i malgré les elTorts de M. de la Haye le fils, grâce i des pré- [sents considérables distribués au Divan et ;\ la protection des ambas- [siidcurs de l'empereur et de l'Angleterre. La Compagnie Génoise [ttu Lx;vant fut formée, et pendant quelques années elle eut un assez ^rand succès, dii surtout au commerce des pièces de 5 sols, avec lequel les Français élisaient alors de grands bénéfices. Les Génois ■altérèrent encore davantage cette monnaie, déjà de bas aloi, et ce fut leur insigne mauvaise fol qui amena le décri de cette monnaie par [les Turcs en 1670. Leur Compagnie ne fit dès lors que végéter et fils ne continuèrent A entretenir leur ambassadeur i la Porte que pour sauvegarder leur amour-propre ' .

La ville qui profita le plus de la ruine des Français fut Livourne,

iouvcllement bâtie au début du xvii' siècle, par les grands ducs de

iToscane. Non seulement elle devint le grand port de relâche et

l'entrepôt général des Anglais et des Hollandais, mais les Arméniens,

[courtiers des Européens dans le Levant, s'y établirent en grand

tnombre et y firent venir, sur des vaisseaux hollandais, quantité de

'marchandises, surtout des soies, dont Livourne devint le plus grand

marché en Europe. Les Livournais envoyaient aussi quelques navires

'dans le Lc\^nt ; chaque année Smyrne recevait six de leurs bâtiments

[chargés de draps et de satins de leurs manufactures, de cochenille,

[de plomb, d'étain, d'épiceries, qu'ils recevaient des HolLindais*.

Les Messinois firent un trafic important dans les échelles pendant cette période; ils allaient surtout y chercher sous la bannière de Jîrancc des soies pour alitîienter leurs importantes filatures'. Il n'y

(l) S.vVAttY. Diiiioiiit., col. 1450. — Chardin, t, 1, p. 6 et 7. —Parfait N/go~ ùûnl, p. J98.

(2^ SAVAk\- i3â/ti'n«..ci'l. 101:2 cl iDL'S. — D'AïaMtex, t. I, n. 448 : Livourne

G^ics ont prolîti- des dcbiis de noire cnnimcrct: et les échelles sont à picsent Eiiondiïcs Jes manufjctiircs de ces dcus villes.

(}) Savahv. DUtwnmvre, col. looî, — Cf. Pat/ait Nigociant, p. 398.

130 L ANARCHIE COMMERCIALE

avait pas jusqu'au duc de Savoie qui ne tentât de détourner de Marseille le passage des soies vendues à Lyon pour les attirer à Gênes, les foire passer à travers ses Etats par Suse, et entrer en France parle Pont deBeauvoisin. Un officier au « Parlement » de Chambéry fut envoyé à Paris pour négocier à ce sujet avec Mazarin et il était d'accord avec une partie des négociants lyonnais. Les Marseillais eurent beaucoup de peine à détourner ce nouveau coup qui menaçait leur commerce et à foire maintenir les déclarations royales de 1609 et de 16 17 qui portaient que les soies venues par mer ne pourraient entrer dans le royaume que par Marseille*.

Un mémoire présenté au ministre Pontchartrain en 1696 résume nettement les progrès qu'avaient foit les étrangers à notre détriment avant i6éi. Les Anglais et les Hollandais ne s'étaient pas bornés à nous supplanter dans le Levant, ils s'étaient emparés des principaux débouchés où les Provençaux écoulaient auparavant leurs marchandises : en Italie, où de nombreuses barques provençales avaient l'habitude de transporter une grande partie des produits du Levant, conduits d'abord à Marseille ; dans les ports français du Levant euxmêmes, car en apportant les produits de leurs pêcheries, et surtout les morues, dans la Méditerranée, ils ruinèrent la navigation des Malouins, qui faisaient auparavant de nombreux voyages en Espagne, en Italie, en Provence, et chargeaient à Marseille quantité de laines, de cotons, et d'autres matières brutes, nécessaires aux manufactures des Ponantais et particulièrement des Rouennais*.

Malgré les progrès rapides des étrangers A partir de 1620, les Français firent encore un grand commerce jusqu'en 1635 : les Anglais et les Hollandais étaient déjà les maîtres du marché de Smyrne qui tendait ;\ devenir le plus important de l'Orient, mais nos marchands l'emportaient encore dans les échelles de Syrie et d'Egypte ; à Alep ils faisaient presque le double des affaires des Anglais et des Vénitiens; dans d'autres échelles, comme ;\ Seïde, ils étaient encore les seuls à trafiquer*. Pendant ces 1 5 années la valeur de leur négoce se maintint entre 12 et 14.000.000 dont 7 à 8 pour les marchandises apportées du Levant ; ce n'était même plus la moitié

(i) BB, 36. Lettres au député en cour, it, ij avril 16^6.

(2) Arch. Marine. B^, 497, fol. jyS.

(}) Fermanel, p. 268.— D'Arvieux, t. I, p. 464.

LA RUINt DU COMMERCE

du chitTre qu'il atteignait de 1610 à 1620'. Mais la guerre avec l'Espagne vint encore aggraver sa ruine. Non sculemeiu la crainte de la flotte espagnole, qui menaçait la côte de Provence, et les pirateries des Majorquins, gênaient la navigation, mais surtout, par suite de l'interdiction du commerce avec l'Espagne, les Provençaux ne pouvaient plus aller y chercher les piastres qu'ils portaient dans le Levant, et ils n'y trouvaient plus le débouché des marchandises qu'ils en rapportaient. Ces échanges étaient si nécessaires aux deux pays, que la liberté du commerce avec l'Espagne fut rétablicen 1639*, mais il y avait tellement à craindre des vaisseaux de guerre des deux flottes royales, ainsi que des corsaires^ que les marchands ne durent guère en profiter. De plus la misère croissante du royaume, la lourdeur des impôts, la ruine de ce qui restait de manufactures, tous ces maux dont souHrait la prospérité générale du royaume, (^ti\ient aussi ressentis par le commerce du Levant. De 1635 A 1648 il diminua encore de moitié, il était alors tombé presque à rien, à 6 ou 7 millions tout au plus, dont 4 environ pour les importations en France.

Il semblait qu'il ne pouvait plus déchoir, mais les troubles du royaume ajoutés A la continuation de la guerre avec l'Espagne lui fîortèrcntle dernier coup. La Provence et Marseille souflrirent beau- «zuup de la Fronde: dès 1649 les Marseillais, au sujet de leurs élections municipales, se brouillèrent avec le comte d'Alais, gouverneur «de Provence et cousin de Condé, qui en i6)0 embrassa le parti des princes, et ils s'armèrent pour défendre leur ville qu'ils croyaient •KTienacéc d'un siège. Toulon, leur vieille rivale, voulant saisir l'occasion de les supplanter, devint la place d'armes du comte «J'Alais et ses corsaires vinrent attendre au passage les vaisseaux de .^irseille. Quand ces troubles furent apaisés en 1653 grâce au duc «Je Mercceur le nouveau gouverneur, une autre brouille surgit avec telui-ci et agita toute b ville jusqu'en 1660^. Au milieu des malheurs

ni D'après l'inspection Je Stnuiraii(i6î3), il partait cliaque .innée de Marseille 1$ b.Uiments pour Alexandrie, 8 pour Scide. 20 pour Alcxandrette, 12 pour Smvrne, 10 pour Constantinople, 4 ou > barques pour Satalieet quelques barques parfois pour Pelrachc (Patras) et Candie. — (CoiKsp. de Souidis. Coll. Doc. Int'd).

(2) PlGEONNt-^U. t. H, p. 423.

(3) V. P.\Pos et RcFFi. — .-irch, Comm.Cûrresp., p, /6jo et suiv. — BB. 26, awiUs iCfo tl suiv. — Au milieu de ce désarroi se produisit l'extraordinaire affaire Patac. Ce Patac. un trait.nnt qui avait acheté diverses dettes restées en souffrance des créanciers de Césy et Je Marchevillc, muni d'un arrêt de la Chambre

L ANARCHIE COMMERCIALE

causés par les troubles, la peste, qui avait déjà désolé la ville en 1630, sévit de nouveau en 1649 et 1650 ; les navires furent

obligés d'nbordcr au petit port de Cassis et, longtemps après la cessation du tlcau, les villes jalouses de Marseille, comme Gcnes cl LivouniL-, en profitaient pour mettre des obstacles ;i son commerce*. Enfin les procédés financiers des surintendants rendaient encore le commerce plus précaire : en 1653 la Cliambre du commerce se plaignait à la cour du surhaussenient du prix des monnaies qui ruinait le négoce*.

Le commerce parut près de succomber entièrement sous le poids de tous ces maux vers 1660 : les importations du Levant en France atteignaient au plus, d'après Savary, 2 1/2 à 5.000.000 de livres ; quant aux exportations elles étaient presque réduites à rien : le commerce des draps et des papiers, les deux principaux articles de ^ vente, avait été complètement ruiné par les abus*. Ce n'était plus M seulement à Smyrne que les Anglais et les Hollandais avaient établi leur prépondérance, mais à Alcp la vieille citadelle du commerce français. Il n'y avait plus guère parmi les grandes échelles que Seîde où les Provençaux tussent les maîtres du commerce, aussi éfciit-ellc devenue leur cclielle'de prédilection V I^e commerce du Levant, qui jusqu'en 1620 avait été de beaucoup le plus important du royaume, était loin en 1660 d'atteindre la valeur de celui du Ponant puisque, I

brc de l'cdit JuDauphinc, se posi.i sur le chemin de Lyon avec des gens .irmés et s'empara à diverses reprises des convois de voitures portant les murcliandises de Marseille à Lyon. Messieurs de Lyon cl de Marseille interdirent le coninicfire entre les deux villes ius(|u'i ce iiu'ils eussent obtenu du conseil un arrêt pour rétablir la sûreté des clKMnins. M.iis bien que cet arrêt eût été obtenu et placardé partout, les exploits de Patac continuèrent. Les Marseillais durent faire escorter leurs muletiers et mettre « nombre de pcrNonncs armées aux endroits dangereux ». Enfin, d.ms l'un des combats i.]ui furent livrés, Patac finit par être pris et resta longtemiis enfermé dans la prison de Pierre Seize à Lyon. — Voir de nombreuses lettres de 'a Chambre: BB, 26, ilii 3 fiv. lôfS à </iV. 1663. — Patac meurt à Pierre Eucise, le i8 fév. 1686. BB, 4, fol. 31}.

(i) Aich. Commun. Comspond., 3 aoiit lô^p, 3^ fh:, 3Ç nian, avril, 3, 16 mai, juin tôfv. ,

(2) BB, 2rt. 20 avril i6s}. — Voir Pierre CLi;.\iKxr. Hist. </<.• Co)l>eit, t. I, p, J72-74. Série de changements dans la valeur des monnaies opérés par Fouquct.

(5> lie BtAeuEP.MRF,. luiml. des Arcb. dt Houcit. — .Assemblée du t2 avril i66j : Il Le commerce des draps occupait la plus faraude partie du peuple de ccttî ville qui V trouvait sa vie i gagner; mais depuis quelques années il a été tellement diminué qu'on a été obligé de l'employer aux ateliers publics ». — Cf. BB, t. IXlil'halion du 10 nviit 16 5S.

{4) y. U\\rvieu\ qui él.iit alors .i Seide, t. H, p. j.ji : « Oe 1660 à 1665, plus de ;oo conniiissionnaires des marchands de Marseille et de Lyon qui detncuraient à Scvde et aux environs gagnaient des somme» considérables. »

LA Rl'rXE DU COMMERCn

d'après Colbcrt, les importations totales s'élevaient pour le royaume à 20.000.000 de livres et les exportations de 12 A 18 millions'.

La ruine du commerce apparaît aussi clairement quand on voit

graduellement diminuer de 1610 à 1661 le nombre des bâtiments

français employés au commerce du Levant. D'après Savary de

Brèves les Provençaux avaient, avant 16 10, un millier de bâtiments,

dont les « Espagnols, Génois, Napolitains, Siciliens » se servaient

ordinairement pour leurs transports. En 1621, l'envoyé du roi

Dcshayes compte encore 400 vaisseaux sur la côte de Provence et du

Languedoc qui s'entretiennent par le trafic du Levant. Sur 554 b.âti-

ments de toute sorte servant au commerce que M. de Seguiran

trouva dans les ports de Provence en 1633, il n'y en avait que

182 destinés à la navigation du Levant ; les autres, barques ou

tartanes de très faible tonnage, ne faisaient que le cabotage sur les

côtes du Languedoc ou du nord de l'Italie et de l'Espagne. Parmi

ceux du Levant, 90 environ étaient de grosses barques de 100 A

200 tonneaux, 40 des polacres de 150 à 250 qui pouvaient déjà

nicriter le nom de vaisseaux et il n'y avait que 50 gros vaisseaux de

3000 a 7000 quintaux : l'un des vaisseaux de Marseille atteignait

toooo quintaux, c'était le géant de In flotte marchande du Levant*.

"r.indis qu'auparavant les Provençaux nolisaieni leurs bâtiments aux

étrangers, ils ne suffis;iicni même plus aux besoins de leur commerce

iiinoindri. L'article du code Michiui qui interdisait de fréter des

(i) Discours prononcii le ) ;ioùt 1664 i l'ouverture du premier conseil de com- '■^-»erce, — Clément, t. 1, p. 35).

(2) Il est intéressant de connaître, pour chacun des ports de Provence, l'itat des

■>. avircs qui composaient leur flotte. Voici la liste dressée par Seguiran : Marseille :

■ «3 vaisse.iux de 3 à totnx) quintaux — 7 polacres de i>oo à 2500 — 6 f>rosscs

^iirques de 1 500 i 2000 — 8 barques de 1000 à 1 300 — 70 barques de 300 .\ 8tX3

— ■ — 2 tartanes de itx3o. — (Mais il ne parle que des bâtiments qu'il trouva dans le

►ort — pour les .lutres ports on lui indiqua tous ceux qui y étaient attachés). —

^.\ssis : 2 polacres de 2000 quintaux, .[ b.irques de 1500, 7 de 1200 pour l'Es-

^j^nc et l'Italie. — La Ciotat : 60 vaisseaux, barques nu polacres de la portée,

' ** une pour l'autre, de 1500 quintaux. — Bal'don (BanJol) : 6 tartanes de 30t>quin-

t^-i»ux pour le cabotage. — Lovary (Sanan) : 20 barques de 5K0 i 600 quintaux

3Ur le cabotage. — La Seyne, terroir de Silbur : 10 vaisseaux de 4 A 6000 quin-

iu\, 10 polacres ou grosses barques et 60 tartanes. — Toulon : 12 vaisseaux de

|3 à 70CK1 quintaux, 7 polacres de 1700 A 2400, 14 barques de jtKD .i 2500, 15 lar-

(%=«ncs. — BokMES : i tartane et 12 bateaux. — St-Tropez: 7 vaisseaux de 5CXX)

«=| uintaux. j polacres de 2i 2500 qx, 19 barques de 8ixj a 2500, 12 tartanes. —

^ Ktjes, Cannes, Ani iBts, Marth;l I s. .^RLi-s.N.-D.v.ME-DE-LA-MEK f/it5/('i-Affl» i«^,

' S-r-CH.\.M.v5, Bekre, ne possédaient connue Bandol, Sanary et Rormes que des

l>arqucsct des tartanes faisant le cabotage avec l'Italie et l'Espagne. — V. Itispec-

ftvtion dt Seguiiiin. Conesp. de Sourdis.

I}4 L ANARCHIE COMMERCIALE

navires étrangers n'était pas exécuté et les consuls de Marseille s'en plaignirent vivement ;\ la cour : « Divers marcliands, écrivaient-ils à leur avocat au conseil, au lieu de tréter et noliser des vaisseaux et barques de cette ville, pour faire leurs diverses négociations, en frètent et nolisent des étrangers, anglais ou flamands, qui ôtent le pain et la vie à nos mariniers qui sont contraints de la chercher ailleurs, laissant notre port désert*. » Mais les nécessités politiques qui faisaient craindre h Richelieu de froisser les Hollandais et les Anglais, renipéchtrcnt d'envoyer les ordres du roi sollicités par les MarseiîLiis*. Notre flotte continua de diminuer rapidement ; d'après l'état de 1.1 marine marchande que Colbert fit dresser en 1664, sur les procès-verbaux qui lui furent envoyés parles officiers de l'amirauté, la Provence entière ne comptait plus que 30 voiles qui fissent le commerce: 21 pour l'aniirautc de Marseille et 9 pour celle de Toulon; 8 gros vaisseaux seulement jaugeaient de 230 à 400 ton- ■ neaux, 2 polacrcs de 200 à 250 et les 20 autres voiles n'étaient que des barques de 100 à 200 tonneaux. Pour toute la côte du Lmguedoc la flotte de commerce était représentée par une barque d'Agde de

De 30 millions de livres le commerce tombé à 4 millions environ *, de 1000 kîtiments de mer le nombre réduit à 30, tel était le résultat de cinquante ans de malheurs, auxquels les marchands provençaux

(i) iS juin 1641, cf. 3f filin 164X, 21 jaitv'ur 1642. .'irch. Commun.

(2) Ijttm de l'avocat YcarJ, )i janv. j()^2, 2/ mars 1642.

(j) .4icb. délit Mûfine, B', 4SS, lirtise. — Table conienant le notnbrv des vaisveaux app.irtcn;iiis aux sujets du roi en 1664, d'après les procùs-verbaux envoyés à M. Colbcrt pur les oflkicrs de l'amirauté, .amirauté- de Marseille : 2 de 100 à 120 tonneaux, 5 de I20ii I 50, 6dc i)û A 200, 2 de 200 à 250, 3 de 250 A joo, 5 de Jfxi i 400. — .\mir.nuté de Toulon : 4 de 100 à 120 tonneaux, t de 120 3 150. 2 de 150 h 200, 2 de 300 à 400. — Les amirautt-s de Fréjus, Martigucs, Arles, Aigues-Mortes, Frontignan, Agde n'ont que des bateaux de péchc et de petits iiabotcurs; N.irbonne est indiquée avec In mentinti néant. — La flotte totale du royaume est représcniée par 529 bStimetits de 100 à 400 tonneaux jaugeant ensemble 55840 tonneaux; c'était moins que n'en comptait la flotte provençale en 16}}. — A ces bâtiments de commerce s'ajoutaient cependant 2039 iMïtits caboteurs de 10 à icki tonneaux jauf^cant 75765 tonne.iux. — La flotte an^ldise pendant la même période suivait une marche inverse grâce aux encouragements continus du gouvernement et en particulier à l'acte de navigation. « L'ûifluencede cet acte se résume par un chiffre: Avant le règne de Charles I" on ne connai.ssait dans les ports d'.\nglcterre que 3 bitimcnis marchands de 500 tonneaux et à la mort de Charles II on en comptait plus de 4cx> de cette force. » {Corresp. dtSourdis. Pi .'face, p. .XJIl. — Coll. Doc. IiièJ.).

(4) Dans un mémoire adressé au roi en 1663, Colbert écrivait que Marseille ne (aisjit plus la dixième partie de son commerce en Levant. C'était rigoureusement CX.ICI. — Dlties et List. Tome II. Introducl. f>. CXXF.

Page 1