‹ Histoire du commerce français dans le Levant au XVIIe siècleChapitre 21 sur 117 · LA RUINE DU COMMERCE I · texte numérisé non relu

LA RUINE DU COMMERCE I

avaient cependant résisté avec constance. Si la pauvreté de leur sol et la tradition ininterrompue des siècles n'avaient fait d'eux des marins et des négociants, on comprendrait à peine qu'ils n'eussent pas abandonné le commerce du Levant. L'importance croissante que prenait la route maritime des Indes semblait encore menacer le commerce français d'une décadence plus profonde. Les Anglais et les Hollandais, entièrement maîtres de cette route, cherchaient de plus en plus à attirer les marchandises de l'Asie dans les ports de l'Océan Indien au détriment de ceux du Levant. Ce n'étaient plus seulement les épices et les drogueries qui abandonnaient leur ancienne route, les soies de la Perse à leur tour s'acheminaient vers Ormuz,au lieu de venir à Alep et à Smyrne. C'est pourquoi la plupart deceux qui dans le gouvernement s'occupaient de commerce maritime et de colonisation, négligeant ce commerce du Levant qui semblait voué à la ruine, tournaient toute leur attention vers les Indes Orientales et Occidentales, dont ils voulaient disputer le trafic aux Anglais et aux Hollandais. N'auraient-ils pas dû cependant songer à conserver avant tout au commerce français l'ancien domaine que la situation des ports de Provence semblait lui réserver : puisque les Espagnols, et les Italiens, rivaux naturels des Provençaux, ne pouvaient pas leur disputer la suprématie dans les mers du Levant, personne n'aurait dû pouvoir la leur prendre. Ce fut une lourde faute d'avoir laissé pour la première fois les Anglais et les Hollandais pénétrer dans la Méditerranée, où ils ne devaient plus cesser de lutter pour rester les maîtres, sans avoir réussi A leur rien enlever de leur trafic dans les mers de l'Inde.

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