‹ Histoire du commerce français dans le Levant au XVIIe siècleChapitre 40 sur 117 · LA LUTTE CONTRE LES DARBARESQUES · texte numérisé non relu

LA LUTTE CONTRE LES DARBARESQUES

exclurions. Ils avaient mOnic commencé A trnitcr nvcc Duqucsne pendant un armistice du second bombardement et la restitution des aptifs s'opérait', quand une révolvuion fut excitée par le fameux reïs Mezzomorto, qui se lit proclamer dey sous le nom de Hadji Hussein et rouvrit aussitôt les hostilités. En 1684 Hadji Hussein Un-mèmc avoua à Dusault, charge par le roi d'ouvrir des négociations, que, « si le roi voulait la paix une fuis, lui la voulait dix. n Le 2 avril 1684, Tourvillc accompagné d'un capidji de la Porte arriva à Alger avec une grosse escadre, il fut très honorablement reçu et signa la paix qui fut proclamée pour une durée de 100 ans*; immédiate- -r»-ient les Algériens déclarèrent la guerre aux Anglais et aux Hollandais. Mais Seignelay se faisait singulièrement illusion quand il «5-crivait à l'intendant Morant le 9 octobre 1 684 : « il me paraît qu'ils (^Ics corsaires) ont été si rudement punis en dernier lieu et ce qui :s"*cst passé h Alger servira d'un si grand exemple il tous les autres, c^ u'il n'3' a pas d'apparence qu'ils osent jamais enfreindre la paix qui 1 «?ur est accordée'. » Malgré tout le retentissement des bombarde- »~ï.icnt5 de Duquesne, la paix de 168 4, qui avait coûté si cher au roi et . -u commerce, n'était pas plus solide que celle que Seignelay avait iiis-sé rompre en 1681.

Pendant ce temps, les Tripolins avaient repris impunément leurs

r ourses en 1682 avec leurs neuf vaisseaux, sous prétexte qu'il n'était

«encore venu ni lettre de la' cour, ni aucun vaisseau pour ratifier la

^:iaix imposée par Duqucsne en 1681, et en novembre 1682. Ils

x-jiirent. H la chaîne le consul de France, disant qu'ils ne pouvaient

Subsister sans avoir la guerre*. Avant d'apprendre la rupture de la

Jr^aix, le roi, pour les satisfaire, envoya A la Chambre du conuiierce

Vjne lettre adressée au pacha "et la Chambre députa le fils du premier

^chevin pour la porter à Tripoli. Celui-ci échoua avec sa barque sur

xjn écueil en vue de la ville, on s'empara de lui et il fut fait esclave

iïvec l'équipage, sans que le pacha voulût lire les lettres dont il était

porteur. Seignelay écrivit A la Chambre que « ceux de Tripoli se

II) 141 .furent rendus le 29 juin, 124 le 50, 152 le i-^' juillet, 83 le 2. — De Crammont, p, 251.

(2) IsAMBERT. 23; avril 1684.

(}) Dfjping, t. m, p. 629.

<4) Lftiif de Plastrier, roi'sul ik Tunis, 7 dhcmhn 16S3. .i.l, ^44. — Uttrtf de M. Je la Magâeltinr, consul de Tripoli, 1; lUcnnbre 1683 , 2/ mars tôS}. .4A , j^j. (5) V, le texte de cette lettre annexée à la délibération du 25 janv. 168}. BB, }.

repentiraient de leur téméritc A déclarer la guerre * » et Duquesne, aussitôt après le second bombardement d'Alger, reçut l'ordre d'aller les châtier: la vengeance fut complète* et Tripoli fut abandonnée dans un état de ruine dont elle ne devait jamais se relever. La guerre continua cependant, car les Tripolins qui étaient dans le Levant loi-s du bombardement avaient échappé au désastre. Deux d'entre eux prirent un vaisseau français sous le feu de la forteresse tunisienne de la Galipie, et sept autres en capturèrent un, aux abords de Metelin. C'est alors que d'Estrées vint de nouveau bombarder la ville, et les Tripolins se décidèrent ;\ signer la paix le 29 juin 1683 : ils reçurent un nouveau consul et restituèrent les esclaves français au commandant d'un vaisseau du roi qui vint les prendre en 1686 '.

Les Tunisiens eux-mêmes, imitant l'exemple des Tripolins et des Algériens, rompirent à la- fin de 1681 la paix qui durait depuis 1672. Comme ceux-ci ils étaient irrités de ne pouvoir obtenir la mise en liberté des leurs, esclaves sur les galères royales*; lorsqu'ils apprirent enfin que quelques uns des leurs, pris par les Anglais, s' étant sauvés sur des vaisseaux du roi où ils croyaient trouver le salut, avaient été mis sur les galères, ils décidèrent de courir sus aux bâtiments français et débutèrent en s'emparant par surprise de sept ou huit navires. Mais Tunis était dans un état misérable ; depuis dix ans elle était en proie â la guerre civile et deux frères s'y disputaient le gouvernement. Des négociations s'ouvrirent donc, cependant elles n'aboutirent définitivement qu'en 1685 ; il f;illut les bombardements d'Alger et de Tripoli pour triompher des hésitations des Tunisiens et d'Estrées signa le 30 août 1685 un nouveau traité pour la durée de cent années''.

La paix était donc rétablie en 1685 avec tous les Barbaresqucs quand les hostilités reprirent avec les Algériens. Ils se plaignaient de la dilliculté qu'ils éprouvaient à retirer leurs esclaves de France

(1) 16 (loi'il 16S}. — V. ur avril 1685. La Ch.uiibrc lui a appris la capture de deux vaisseaux venant de Syrie. — lU), Sj. ,

(2) V. D'Auviue.K, t. VI, p. .)H3-

(3) V. pour tous ces laits, une série de lettres: jj Jl'ir. if^Sf. AA. /i,. — j./ mai 16S). ,-i./, /./;. — y Jr^'r. lOSO. AA. )//. ■ - 11 jVvr. i^>S<k A A, jSf.

(4) V. Letlifs </(• Si'ij^'mhiy j /:/ Ckiiiihii-. Hli, S2.

(5) V. Plantit pour les négociations. — Texte du traité, p. 5 19-)7. — V. une série de lettres du consul de Tunis, AA. ji6. — Lettres de la (lltambre, JiB, 27.

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tsn vertu du traité de i6S.|.' et les reis ne pouvaient renoncera la

t:ourse qui les faisaient vivre. Deux démonstrations navales furent biics en i686 pour les contenir dans le devoir*. Les relations 'aigrirent encore en 1687 et la guerre fut de nouveau déclarée'. D'Estrécs, après avoir châtie Tunis et Tripoli, qui, à l'exemple des ilgêriens, observaient fort mal les traites, parut devant Alger le 26 juin 1688 avec une llotte considérable, mais son bombardement, jien que les ctFets en aient été plus terribles encore pour la ville que :eux de Duquesnc, laissa en partie intacte la flotte des reïs qui ne perdit que cinq vaisseaux ancres dans le port*. Après son départ, les ravages des corsaires lurent plus terribles que jamais et les Marseillais kLitêrcnt en doléances". La cour se décida ù entamer d'abord de L'crètcs négociations puis envoya le commissaire de la marine, lircel, qui renouvela le 25 septembre 1689 le traité de 1684 avec juelqucs modirtcations insignifiantes. Cette nouvelle paLx fut difficile à bien établir ; le commissaire Marcel écrivait à Seignelay «qu'il avait [trouvé les corsaires enflés des prises faites sur nos vaisseaux et ne cliercliant qu'à continuer la guerre ". » La restitution des esclaves se prolongea jusqu'à la fin de 1690, et même davantage, et les Algériens

{i) Le âcy Hadji-Husscin rccLimc encore j6 Turcs par une lettre de janvier >86. (Plamtet, Corrtsp., p. iiy). — Sans doute les rcchcrclics étaient ditHciies, ' lais les oflSciers de Toulon et particulièrement M. de Vauvré, intendant de la lariiic, y mettaient certainement de la mauvaise volonté. — l'our entretenir les iinurmc» des f;aléres on violait ouvertement les Capitulations et on risquait de se rooUk-r avec les Turcs en favorisant le trafic des esclaves Turcs que des capitaines rovcnçjux .nchetaieni aux corsaires chrétiens de TArchipcl. — V. une curieuse Itrc de Seignef.iy, ;o noveiubre i6Sa. RB, Si.

<2) Par le duc de Morteman, général des galères et M. de Blainville, chef ^escadre. — Comme leurs réclamations furent inutiles, des croisières furent de ^uveau organisées contre eux et leur firent perdre une vingtaine de bâtiments. La chambre offrit .lux corsaires fiançais 3000 livres pour chaque vaissuiu ïéricn pris {arrti du constil du if oclobu i6Sy). (3) Lettn de DinauU à Si!tj;riflay, rj» leptetnbre i6Sy, PuvNTET, Corrap., p. 148,

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