‹ Histoire du commerce français dans le Levant au XVIIe siècleChapitre 47 sur 117 · ACHEVEMENT DE L ŒUVRE DE COLBERT · texte numérisé non relu

ACHEVEMENT DE L ŒUVRE DE COLBERT

ixttendant d'en Ctrc remboursce par le roi, un grand nombre de sol- «Jats déserteurs au ser\iccde l'empereur et de Venise, qui revenaient <:rombatirc dans les armées du roi*.

En niiïmc temps que grandissait l'autorité de b Chambre, croissait ra-ussi celle de l'intendant : placé à côté d'elle pour la surveiller et la «contrôler, il était devenu bientôt son meilleur auxiliaire, un colla- 'fcjoratcur dévoué plutôt qu'un surveillant j^ênaut, un appui précieux <r:ontre l'insubordination des consuls, des marchands ou des capit^aines, ou contre les intrigues et le mauvais vouloir des ministres. H.CS relations de la Chambre, qui avaient été cordiales avec l'inten- «-iant Rouillé, le devinrent encore plus avec M. de Morant, son suc- «zesseur, et M. Lebret. Elles montrent que les Marseillais gagnaient iTk être vus de près et qu'ils valaient beaucoup mieux que la réputa- 'K:ation que des critiques intéressés leur faisaient à la cour. Le soin «Jes affaires du commerce était devenu tellement important pourTin- "^:endant de Provence que M. de Morant vint habiter .\ Marseille* et *^ue le roi lui ht payer, pour ce surcroit de frais et de travail, ^000 livres de pension annuelle par la Chambre du commerce, qui s'y ^:sE<nimit sans répugnance. Lebret, qui lui succéda, en 1687, n'habita Xr>as ;\ Marseille, il continua cepc-ndant de toucher la pension de ^?ooo livres attachée désormais au titre d'inspecteur du commerce ■«z^ue porta l'intendant de Provence. Lebret était peu préparé i\ ces fonctions, comme il l'avouait dans une lettre à Seignelay : « Je suis novice ^2n matière de commerce, lui-disait-il, et il faut tant de temps et de "5:>ratique pour bien distinguer ce qui est de conséquence en pareille mivitière, de ce qui ne mérite aucune considération, que je ne ■^uis point surpris que le roi ait )ugé de cette dernière qualité ïcs raisons par lesquelles je croyais à propos de défendre au consul

(t) Pour les blés, voir la Corrcsp. p.issim. — Pour les dt-scrteurs, ibid, à partir «du 17 décembre 1692. BB , 83. — Pour les paguets du roi. voir 3n juillet lôSç : ia Chambre en est chargée pour la prcniiire ibis sur la demande de Croissy. — J7 juillet, 20 juillet 16^1. BU, 2S. — /j juillel i6ç). BB. Si. — Le nMc de la <Ihaiubre apparaît assez nettement dans tout le cours de cette histoire pour qu'il ■soit nécessaire de préciser davantage ici ses aitributions. — Pour son organisation i.ntûn«rurc, ses dépenses, les recettes dont elle disposait, voir à l'appendice la note sor la Chambre.

(2) 29 janvier i6Ss. BB, 4. — Morant fait savoir que. suivant une lettre de Sci- Enclay du 14, S. M, a bien voulu lui accorder 6000 livres par an en considération 3c5 dépenses qu'il est obligé de faire pour les dépenses du commerce, et de l'obligation dans laquelle cela le met de faire son séjour à MaiT>eille et de faire de îréquents voyages à Aix, où il tient maison et famille séparés. — Morant avait «Jcjà S.1 résidence ordinaire A Marseille depuis deux ans.

de Chypre de faire le commerce'. » Mais c'était un homme consciencieux, il s'appliqua avec ardeur à la tâche qui lui incombait, et, dans le cours des vingt ans (1687-1706) pendant lesquels il resta chargé de l'inspection du commerce, il acquit peu à peu une compétence et une autorité reconnues de tous*. Il s'honora dès ses débuts en soutenant auprès de Seignelay les plaintes que lui Élisait la Chambre au sujet des consuls, ce qui lui attira l'hostilité de l'irascible ministre. Il continua de vivre en parfaite communion d'idées avec la Chambre et il soutint toujours avec énergie auprès de Pontchartrain et de Chamillart la cause de la liberté du commerce qu'elle défendait. Lebret, qui était en même temps premier président du Parlement d'Aix, ne garda que cette dernière charge et transmit l'intendance à son fils, en 1704, puis l'inspection du commerce, en 1706. A sa mort, en 1710, Lebret fils, devenu premier président, céda l'intendance du commerce i M. ArnouP, intendant des galères ; ainsi, pendant près de vingt-cinq ans, les intérêts du commerce furent confiés aux mains des deux Lebret ; les Marseillais n'eurent qu'à s'en louer.

Pontchartrain accomplit une réforme capitale qui fut l'honneur de son administration : ce fut l'organisation définitive des consulats. Seignelay, fatigué des plaintes incessantes auxquelles donnaient lieu les commis de la Compagnie de la Méditerranée, fit proposer à la Chambre, peu de temps avant sa mort, d'acheter les consulats ou de les prendre elle-même à ferme. Les députés du commerce lui répondirent en acceptant la proposition de la ferme*, mais la mort du ministre empêcha cette affiiire d'aboutir. Pontchartrain conçut immédiatement le projet de fiure nommer les consuls par le roi et de

(i) 16 août 1688. Il est vrai que Lebret est ici très ironique, car cette question était précisément de la plus haute importance.

(2) Sur la personne de Lebret. V. Marchand : Un intendant sous Louis XIJ'.

(3) Arnoul, intendant des galères, avait intrigué en 1704 pour que l'inspection du commerce fût rattachée à l'intendance des galères, mais Lebret, par ses sollicit.itions, avait obtenu que son fils en fût chargé. (Cependant .^rnoul triompha en 1710, car Pontchartrain s'adresse à lui pour les affaires du conmierce; il l'appelle intendant du commerce, intendant des galères et du commerce. (V. BB, cS';). — Il fiiut remarquer, à ce sujet, que la Chambre tend A perdre son caractère de corps indépendant pour devenir un corps administratif, instrument du ministre et de l'intendant. Pontchartrain, le tïls, prend l'habitude de ne plus correspondre directement avec elle, il s'adresse toujours ;\ l'intendant Arnoul, et c'est sur la communication de ses lettres que celle-ci donne son avis sur les questions qu'on lui soumet; parfois même, Arnoul, de 171 1 à 1715, la fait délibérer en sa présence.

(4) ] mai i(hjo. BB, 2S.

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