‹ Histoire du commerce français dans le Levant au XVIIe siècleChapitre 5 sur 117 · SV · texte numérisé non relu

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INTRODUCTION

Lovant et les Indes qui étaient du corail en branche et travaillé'. « Ils rapportaient les produits dont Venise avait autrefois le monopole : les soies de la Perse, les laines et les cuirs de l'Asie-Mineure, les tapis de Smvrnc, les aromates et les gommes- d'Arabie, mais les épiceries constituaient encore le fonds principal de leurs charycments*. En effet l'ariaiblisscmcnt du Portugal dans la seconde partie du xvi' siècle, puis sa soumission à l'Espagne en 1580, ne lui permirent pas de conserver le monopole commercial dans l'Inde, que lui avaient donné les Almeida et les Albuquerque. En attendant que les Hollandais et les Anglais eussent remplace les Portugais dans l'Océan Indien, les anciennes voies commerciales reprenaient de l'importance ; Alexandrie, Beyrouth, Tripoli pouv;iient fournir en quantité de riches cargaisons. Aussi comme le disaient les corsaires algériens, « la Méditerranée était toute grouillante de vaisseaux français. »

Cet éclat du commerce français fut de courte durée. En 1573 l'évéquc d'Acqs, François de Koailles, notre ambassadeur, écrivait de Constantinoplc que le négoce de la France en Turquie était peu considérable; cependant ce ne fut que dans les années qui suivirent qu'il lut profondément .ittcint. Les guerres de religion, qui pendant trente ans désolèrent sans exception toutes les provinces de la France, ruinèrent tgutc indu^itrie çt jojuLCQîUmÊ^Ke et plpngèrci^t le royaume Jansla plus profonde misère. Marseille se jeta avec ardeur dans la lutte TTépoque de la Ligue et, gouvernée par les fougueux ligueurs Louis d'Aix et Charles de Ca/eaulx, ne se rendit .1 Henri IV qu'en 1597. Outre les malheurs des guerres civiles, qui avaient fait abandonner tout négoce, le conmicrce du Levant soutirait d'autres maux qui lui étaient particuliers. L'alliance des lys et du croissant, d'abord intime et confiante sous François I" et Henri II, s'était peu .1 peu rel.khée et avait fait place des deux côtés ;\ une secrète défiance. Après la paix de Catcau Gimbrésis. elle av'ait cessé d'être offensive, et la réconciliation de la France et de l'Espagne avait porté ombrage A la Porte. C'est tout au plus si dans l'expédition de Lépantc on n'avait p.is vu les vaisseaux du roi parmi ceux de la flotte chrétienne. L'échec de quelques négociations refroidit encore les relations. Henri III, peu de temps après son avènement, se crut

d'It.ilid, d'Esp.i^ne et de Barbarie, cl peut-^tre envoyait tous les ans cinq ou six vaisseaux en Lcv.-int qui ne port.nicnt pus entre tous un fonds de jcw.cxhs ùcus et n'y iU'.iit en toutes les échelles ni consul, ni agent, ni facteur pour les Franij.iis. Mais, «îtant survenue l.t guerre entre les Vénitiens et les Turcs, tout ce grand négoce que Venise faisait en Levant et qui .ivnit rendu cette ville si fameuse, se tiiinsféra .1 Marseille.... Dés lors même on mit des consuls en toutes les échelles et fut établi l'ordre oui depuis a été obîcrvé, ce qui continua jusqu'aux troubles de France et guerre de la Ligue. »

(1) Mfmoirt dr Si. île Ijagny, ,lrch. Matiitf, JP, 497, fol. fjS-SS.

(2) Mémoire cité. IIH, 1.

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