‹ Histoire du commerce français dans le Levant au XVIIe siècleChapitre 74 sur 117 · LES ÉCHELLES : ALEXANDRIE · texte numérisé non relu

LES ÉCHELLES : ALEXANDRIE

:n dehors de la population marchande on y voy.iit un grand nombre de « Maugarbins », gens sans aveu et vagabonds, qui habitaient les masures de la vieille ville et causaient souvent de grands désordres; leur haine pour les chrétiens et surtout pour les Francs était très vive, aussi les marchands d'Alexandrie étaient-ils plus exposés encore aux insultes et aux mauvais traitements que ceux du Caire. Plusieurs fois les pachas eux-mêmes s'inquiétèrent de leur turbulence et donnèrent ordre au bey de purger L\ ville de cette canaille.

Le fondique des Français, spacieux et commode, leur était fourni gratuitement par le Gr.md Seigneur, le consul recevait même ou devait recevoir, chaque année une somme d'argent pour l'entretien des bâtiments, Alexandrie avait deux ports, séparés par risthme étroit qui rattachait Pharos à la terre ferme : h. l'Ouest, le port vieux, l'Eunostos des anciens, vaste, bien abrité par l'ancienne île contre les vents du nord et très profond^ mais réservé aux vaisseaux et aux galères du Grand Seigneur' ; à l'Est le port neuf, seul ouvert aux vaisseaux marchands, était abrité par deux moles en forme de croiss;int qui portaient chacun à leur extrémité une forteresse. L;i plus considérable, à la pointe X.-E. de Pharos, s'appelait le Pharillon et était bien armé de r 50 pièces d'artillerie et d'environ 300 hommes de garnison. Le port marchand était ainsi bien garanti contre les tentatives des consaires, malheureusement, s'il était vaste, il était ouvert aux vents de gregal et de tramontane (N.-E. et N.), les plus dangereux dans cette mer, et de plus l'entrée en était fort dangereuse A cause de plusieurs éciieils qui s'y trouvaient, dont deux étaient célèbres sous le nom du Diamant et de la GiroHe.

Aussi, quand la mer était mauvaise, les navires allaient mouiller à quinze milles à t'Est, i\ la rade des Biquiers* (Aboukir), protégée des vents du Nord par plusieurs petites ilcs basses : sur la plage un assez mauvais château, avec une garnison d'une cinquantaine de janissaires défendait la rade. Les navires y attend.iient le moment propice pour entrer â Alexandrie et il arrivait même souvent que, pour éviter un détour inutile, ou pour fuir les avanies aux moments de troubles, on les déchargeait là sur les barques qui devaient trans-

(1) « L'n vaisseau du roi pour .avoir voulu venir au Port vieux avec la permission des puissances a excité une si grande sédition que ledit vaisseau fut cbligt!: de s'en retourner aux Biquicrs. k Leltie iln vict-consul d'.-Hexiiiuirie, le iS juillel '6^S. AA, }2o.

(z) Que les Turcs appellent .Mwuchar. I)'.'\RViEex, t. 1, p. 155.

TABLEAU nu COMMERCE

porteries marclmndiscs sur le Nil \ Rosette et au dire. L'inquiétude continuelle où vivaient les marchands à Alexandrie les tù même songer à charger ordinairement aux Biquiers. « Nous sommes bien aises, écrivaient les députes de la nation du Caire à la Chambre du commerce en 1697, de savoir si vous souhaiteriez que la coutume de charger aux Biquiers s'introduisit. Nous y voyons beaucoup d'apparence on affermira un usage qui va .i la liberté des bâtiments et qu'il faudra peut-être établir après avec peine, le port d'Alexandrie se remplissant d'un jour A l'autre '. h

Bien qu'Alexandrie ne fût qu'une ville assez misérable, que son port fût mauvais et son air très malsain, elle ne laissait pas de ûire un commerce très actit, mais ses marchands, pendant la plus grande j>artie du xvii' siècle, ne furent guère que les commissionnaires de ceux du Caire, chargés de présider au chargement et au déch-irgcmcnt des marchandises et aux formalités de la douane. Aussi la nation Irançiise y était-elle beaucoup moins nombreu.se qu'au Caire, mais, à la fin du xvii* siècle, le commerce tendait i se déplacer; à mesure que la nouvelle Alexandrie s'accroissait, elle devenait peu à peu un centre d'achats et de ventes aussi important que le dire même, et les résidents français qui venaient en Egypte s'établissaicnc:! plus nombreux i Alexandrie: il yen eut i66 de 1685 A 1719. Aussi] les marchands d'Alex.mdrie .s'impatientaient de ne pas former un corps de nation et d'être sous la dépendance de MM. du Caire pour toutes leurs affaires*.

Rosette ' était la vilîe la plus grande et la mieux bhùc de l'Egypte après le Caire. Ses maisons en briques de couleurs éclatantes, Jt deux ou trois étages, surmontées déterrasses, les nombreux « oqnellesn ou caravansérails bien bùtis et bien entretenus qu'elle offrait aux étrangers, de jolies places, les superbes jardins dont elle était entourée, son air qui passait pour le plus salubre d'Egypte, en faisaient une ville très agréable ;\ habiter. Malheureusement, située A cinq mille* de l'embouchure du Nil fermée en partie par une barre, elle n'était qu'un port Huvial où ne pouvaient remonter que les saïqucs des Grecs, les caramonsaux des Turcs qui faisaient le cabotage «nitr

(1) J7 /(u7/W t6çj. AA, J0Ç.

(a) V. Ulhaduf' juillet jf>9J, 2.faoiU tôçS.AA, j2n,iS jauvitr t6çi. AÀ,ti4'

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erreur. Kosette (en .irabc Rcchid), ne fut fondée qu'.iu tX"^ 5J6clc. C4Dope était

auprès d'.Mioukir.

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