‹ Histoire du commerce français dans le Levant au XVIIe siècleChapitre 76 sur 117 · LES ÉCHELLES : COMMERCE DE L'ÉGYPTE · texte numérisé non relu

LES ÉCHELLES : COMMERCE DE L'ÉGYPTE

Malgré toutes ces diiHcuités k-s achats de café étaient tort considt^rablcs, en 1714 et en 1715 leur valeur s'éleva pour chaque année à près de 3.500.000 livres. Mats ils revenaient à un prix exorbitant ; les donatives que l'on faisait augmentaient le prix de une et même deux piastres par quintal. De plus il flillait passer par l'intermédiaire des Turcs, des Juifs et des Arabes qui faisaient les achats et les transports de Moka au Caire par Djedda et Suez ; or, écrivait le consul du Ciire, « les vendeurs se sont accoutumés à la douce habitude de n'en vendre qu'A ino "/„ de profit. >• Aussi le prix du café varia en ligypte, entre 1 700 et 1 7 î 5 , de 20 à 40 sols la livre ', chiffre très considérable pour l'époque. C'est autant pour échapper à ces coûteux intermédiaires que pour rendre à l'Egypte et enlever aux Anglais et aux Hollandais le commerce des Indes que l'on avait fait tant d'efforts sous Louis XIV, pour ouvrir aux vaisseaux français la K navigation de la mer Houge.

^ Au début du xvMi' siècle les Français gardaient en lîgvpte la prépondérance qu'ils avaient eue pendant tout le xvji' siècle et qu'ils I avaient réussi ;\ transformer en un véritable monopole de 1686 à 1698. Cependant leur commerce n'y était pas établi avec la même sûreté que dans les autres échelles. La grande puissance des pachas, l'indiscipline et l'avidité des milices, l'hostilité de la population rendaient leur situation toujours précaire et exposaient le négoce à de grands troubles. De plus les Anglais, établis de nouveau au Qiirc en corps de nation, depuis 1698, avaient fait, pendant la guerre de succession, les plus grands efforts pour amoindrir l'influence française, et menaçaient les marchands français en 1715 «i'unc redoutable concurrence.

(il Voir: II, 1;. — 20 sols en 1 700^ 40 sois en 171U, îo iols en 1714.

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