‹ Histoire du commerce français dans le Levant au XVIIe siècleChapitre 9 sur 117 · XXX · texte numérisé non relu

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bres de la nation '. Il eût fallu beaucoup de soin ce de prudence pour organiser ces communautés lointaines, cependant il semble que tout fut laissé au hasard, l'usage seul tint lieu de règle et ni le gouvernement royal, ni l'ambassadeur de Constaïuinople, ni la communauté de Marseille ne paraissent être inter\enus. La nation française dut s'établir en corps à peu près vers le même temps dans les grandes échelles, elle adopta partout les mêmes formes extérieures de gouvernement, ce n'est que dans le détail que l'usage établit des différences. Il y avait de graves dangers dans cette absence de législation imposée aux échelles : rien n'y déterminait les droits des consuls et des assemblées, l'autorité des ambassadeurs ou celle de la communauté de Marseille qui, métropole de ces colonies, avait sur elles un droit de surveillance que les consuls reconnaissaient en principe, mais qu'ils respectaient peu dans la pratique.

Mais les abus aui devaient naître de ce déiaut d'organisation ne prirent leur développement qu'après Henri IV, et, sous son régne, on est surtout frappé par l'heureux effet qu'eurent sur le commerce du Levant le relèvement de notre prestige à Constantinople et les efforts pour rétablir la sécurité des mers. La prospérité ramenée dans le royaume, l'industrie renaissante, les routes reconstruites, le poids des impôts rendu moins lourd, les traités ouvrant des déboucnés i notre commerce, tous ces heureux effets de la collaboration du roi et de son ministre Sully durent exercer aussi leur action fivorable sur les progrès du commerce du Levant*.

Il est bien difficile de donner pour cette époque des chiffres qui puissent présenter quelque sûreté. D'après Savary de Brèves, le commerce avec le Levant atteignit 30.000.000 de livres et occupa mille navires. * En la côte de Provence, dit-il, il y a un nombre inlini de vaisseaux, ceux qui en sont propriétaires les louent A tant le mois ou à tant pour voyage, ainsi ils sont guidés çaetlù. Les Espagnols, Genevois, Napolitains et Siciliens s'en servent ordinairement pour le port de leurs blés, vins et victuailles^ » De longtemps, de pareils chiffres ne devaient plus être atteints dans le cours du xvii* siècle. Des

(s) C'est sous ik-nri IV principalemc-iU quL- s'organisa le corps de ta nation Jans les (ichcUts, auparavant les Français venaient plutôt y trafiquer qu'y risidcr. V, Ar(h. Mur. Métn. île La^ny, B', 4i-j-/, p. jjS-SS.

(j) On pourrait reprocher à Henri IV d'avoir rtieompensé Pierre de Libcrtat, .n qui il devait la soumission de Marseille, en lui accordant, par lettres patentes du 10 juillet 1596, le produit d'un droit de 2 0/0 sur tout le commerce du Levant au préjudice des franchises de la ville. Les Marseillais se plaignirent en li-txi que ce droit détournait le commerce .i Toulon, La Ciotat et autres lieux de la cùlc « où les entnScs et yssaux étaient libres » et ils obtinrent lieureusemont la suppression du droit, {.hitmblceiiu jojain 1600. Arch. Coiitm.) — Mais Henri IV avait dû racheter son royaume et c'était là une concession provisoire qu'excuse la situation difficile où il se trouvait.

(}) Dk Brèvis. Soks sur quehiius articles des Capitulations {A la suite de sa Relation de voyage). — Deu\ autres inuicaiions concordent avec le chiffre de de Brèves:

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