‹ Histoire du commerce français dans le Levant au XVIIIe siècleChapitre 2 sur 46 · VI AVANT- PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVANT- PROPOS

le commerce du Levant avait tenue dans les préoccupations de Colbert et dans la vie économique du royaume. M. Carré, qui a rédigé avec sa compétence et son talent si appréciés les volumes relatifs à Louis XV et à Louis XVI, n'a consacré que quelques lignes bien peu exactes au même sujet; il a été réduit à répéter une erreur courante (1).

En effet, la décadence de notre influence politique à Constantinople après 1740 et l'impuissance de la France dans le règlement des affaires d'Orient ont fait croire que notre commerce était tombé au xviii" siècle et que l'époque de Colbert avait marqué son apogée. Le contraire est la vérité. Le début du règne de Louis XIV, c'est le moment de la plus grande dépression du commerce français; ses deux belles périodes sont le milieu du xvi' siècle et la plus grande partie du xviii'. D'autre part, on croirait à tort que le commerce du Levant a tenu moins de place dans les préoccupations du gouvernement de Louis XV et de Louis XVI ; il serait plus exact encore de penser le contraire. Le relèvement du commerce français, le triomphe de nos négociants sur des concurrents non moins ardents et plus nombreux qu'auparavant, représentent le résultat d'une politique toujours en éveil, d'une activité toujours soutenue, d'une masse énorme d'efforts : ministres et ambassadeurs. Bureau du commerce, Chambre du commerce de Marseille, inspecteurs du commerce du Levant, consuls, négociants, nombreux furent les artisans de ce succès national ; les archives sont là pour attester leur zèle et leur labeur.

Or, il n'importe pas seulement à la curiosité de ceux qu'intéresse l'histoire qu'on étudie à fond toutes nos traditions dans la Méditerranée ; il est nécessaire (|ue le grand public soit mis à même de les connaître. On ])eut penser, en eifet, que notre politique méditerranéenne aurait été mieux conduite depuis trente ans, que l'opinion publique et le Parle-

(1 1 y//»/o/rr (le France, t. ix, p. 22A.

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