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CHAPITRE DEUXIÈME

Le commerce extérieur et la compagnie des Indes.

— Dupleix et La Bourdonnaye. 1

Le commerce colonial de 1722 à 1742. — Sous les administrations éphémères de Dubois et de Bourbon

\. Voir H. Martin, Histoire de France , t. XV.

(1722-26), comme sous lé long ministère de Fleury (1726-1743), la France jouit d’une "paixpresque continue; car la guerre de succession de Pologne fut de courte durée et n’atteignit pas nos frontières continentales ni les colonies françaises ; elle nous assura même éventuellement la Lorraine. Aussi pendant ces vingt années le commerce extérieur se releva vite de Paccablement où l’avait d’abord jeté la ruine du système. La colonie de la Nouvelle-Orléans n’avait pas d’abord prospéré à la Louisiane, étant.composée en grande partie de vagabonds recrutés par la police sur le pavé de Paris ou de condamnés libérés après avoir subi leur peine en France. La Compagnie rétrocéda la Louisiane et le Canada à la couronne en 1731. La liberté du commerce individuel ayant succédé au monopole, des relations s’établirent entre ces deux parties éloignées de nos possessions américaines. Saint-Louis fut fondé en 1734 dans une aussi belle position que celle de la Nouvelle-Orléans, au centre du bassin du Mississipi, près du confluent de ses deux grandes rivières, le Missouri et l’Ohio qui lui apportent les produits de l’orient et de l’occident, à égale distance des grands lacs et du golfe du Mexique. Ce ne fut d’abord qu’un poste militaire reliant la Nouvelle-Orléans à Québec ; c’est aujourd’hui une ville de 330,000 habitants.

Le commerce des Antilles tombé en 1713 s’était relevé .sous la direction de la compagnie d’Occident. Un règlement de 1717, desserrant lesliens étroits du

pacte colonial, affranchit de tout droit les produits français destinés à ces îles, et même autorisa les produits des Antilles amenés en France à en ressortir librement moyennant un droit de 3 0/0. Les cultures de sucre et de café prospérèrent tellement à Saint-Domingue, à la Martinique, à la Guadeloupe qu’elles chassèrent le sucre anglais des marchés européens. La Martinique seule vit sa population noire monter del3,000 esclaves en 1.7 1 S à 72 , 000 en 1736; ses ports recevaient plus de 300 vaisseaux par an. Marseille se releva de la terrible peste de 1720, depuis qu’elle fut admise à faire le commerce de l’Amérique, ce qui ouvrit la Méditerranée à nos denrées coloniales; cette ville se couvrit, ainsi que Nantes et Bordeaux, de somptueux édifices encore admirés aujourd’hui.

La nouvelle Compagnie des bides. — Ce fut elle surtout qui profita de cette résurrection du commerce extérieur. Un instant menacée de périr avec la Banque à la chute du système, elle fut réorganisée plus modestement, ce qui la sauva. Allégée de ses attributions exorbitantes des fermes-générales et des monnaies, ses actions furent réduites par le visa à 36,000 au taux de 3,000 livres. Leur trafic fut régularisé et reçutun caractère officiel ; c’est l’origine du cours de la Bourse établi rue Vivienne, et étendu en 1724 à la négociation de tous les papiers de commerce, marchandises et effets, sauf les rentes sur l’État. La Compagnie des Indes conserva du reste

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tous ses privilèges .commerciaux auxquels fut joint en 1723 le monopole de la vente de tabac et de café : c’était encore la possession de presque tout le commerce extérieur de la France. Elle ne l’avait pas laissé péricliter. Son point de départ en France était Lorient, chantier de la première compagnie des Indes sous Colbert ; on n’y comptait encore en 1726 que 900 habitants ; elle devint en peu d’années une belle ville dont le commerce monta de 2 millions en 1719 à 18 millions en 1 736.

La Bourdonnaye. — Commerce des îles de France et Bourbon. — Ce commerce aurait grandi bien autrement en Asie et nous aurait donné le puissant empire des Indes, si le courage et le génie de deux hommes extraordinaires, La Bourdonnaye et Dupleix, eussent été soutenus par le gouvernement de Louis XY, comme l’Angleterre savait défendre ses colons et ses marchands. La Bourdonnaye, né en 1699 à Saint-Malo d’une famille d’armateurs et entré à 20 ans au service de la Compagnie, avait conquis en 1724 la place de Mahé , pour nous assurer une position commerciale et politique sur la côte occidentale des Indes, comme les Portugais possédaient depuis longtemps Goa, et les Anglais plus récemment Bombay. Nommé en 1733 gouverneur des îles Bourbon et de France, il fit de la première une riche colonie agricole parla culture du café importé de Moka, et de la seconde, munie d’un excellent port, une station navale intermédiaire entre l’Afrique etles Indes. Il y joignit

la dernière des Mascareignes, Rodrigues, et l'archipel des Seychelles encore plus rapproché de l’Asie. Il se tenait prêt à détruire les comptoirs Anglais aux Indes, quand la France entra en lutle avec l’Angleterre au commencement de la guerre de Succession d’Autriche (1742).

Dupleix, son administration commerciale de 1730 à 1748. — Dupleix avait fait encore de plus grandes choses dans les Indes. Né à Landrecies en 1C96 et fils d’un des directeurs de la Compagnie, il entra dès 1721 au conseil supérieur de Pondichéri. Bien que la Compagnie possédât le monopole du commerce direct entre l’Inde et la France, elle laissait à ses agents et autres commerçants français la liberté du trafic d 'Inde en Inde ou du grand cabotage jusqu’en Chine. La Bourdonnaye et Dupleix s’étaient enrichis à ce négoce, surtout Dupleix depuis qu’il fut gouverneur de Chandernagor (1730) ; 72 navires frétés par lui partaient de cette ancienne bourgade devenue par ses soins une ville florissante, et parcouraient tout l’Océan Indien depuis l’Arabie jusqu’aux Philippines. Remontant le Gange, il fonda au Bengal une second comptoir français à Patna , pendant que le gouverneur-général Dumas acquérait Karikal au sjid de Pondichéri, et obtenait du Grand Mogôl le droit de battre monnaie refusé aux autres Européens (carte 21).

C’était le commencement d’une puissance politique. Dupleix, nommé gouverneur-général après'

Dumas, en 1742, voulut l'agrandir et donnera la France sa part dans ce magnifique empire de l’In-

doustan. Depuis la mortduGrand-Mogol Aureng-zeb (1707) dont les ancêtres avaient conquis ce pays en 1328, l’Inde était tombée dans une profonde anar-

chie sous de méprisables souverains. Les Persans l’avaient envahie et démembrée au nord pendant qu’au midi les gouverneurs des provinces, soubabs ou nababs, aspiraient à se rendre indépendants. Personne n’a mieux exposé les desseins de Dupleix que l’illustre historien anglais Macaulay. « Un Français, le premier, devina qu’il était possible de fonder » une domination européenne sur les ruines de la » monarchie mongole ; ce fut Dupleix. Son intelli- » gence active, vaste, remuante, novatrice, avait déjà » formé ce plan à une époque où les plus habiles » agents de la Compagnie anglaise ne s’occupaient » encore que de connaissements et d’affréfages. Et il » ne s’était pas seulement proposé ce but sublime ; » il avait conçu avec une netteté, une justesse de » vues qu’on ne saurait trop admirer, les moyens » les plus propres à l’y conduire. Il s’était dit que la » plus puissante armée dont pussent disposer les » princes indiens serait incapable de lutter contre » un petit corps discipliné à l’européenne et dirigé » selon les lois de la tactique civilisée. Enfin il savait » à merveille que, pour exercer dans l’Inde une au- » torité suprême, un aventurier d’Europe n’avait rien » de mieux à faire que de s’assurer un ascendant » durable sur quelqu’une de ces vaines idoles hono- » rées du titre de Nabab ou de Nizam, vrai manne- » quin dont il dirigerait les mouvements et par la » bouche duquel passeraient ses ordres. En un mot,

» les artifices guerriers ou politiques qu’employé-

» renlavec tant de succès quelques années plus tard » les Anglais qui menèrent à bien la conquête de » l’Inde, furent compris et pratiqués d’abord par ce » Français ingénieux, hardi et plein d’ambition. » (Macaulay, Essais ; biographie de Clive.)

Mais avant d’accomplir ces grands desseins, il fallait détruire le commerce anglais dans l’Inde. Dupleix et La Bourdonnaye étaient d’accord sur ce point. Bien qu’il n’eût reçu de France que des renforts insuffisants, La Bourdonnaye s’empara en 174G de la principale place de la Compagnie anglaise, Madras ; il promettait de la rendre à la paix, moyennant une rançon de 9 millions. Mais Dupleix voulait la garder ou la détruire. Leur dissentiment fut fatal aux intérêts français. La Bourdonnaye de retour en Europe fut jeté à la Bastille comme coupable de trahison envers la Compagnie ; il fut tenu deux ans au secret, acquitté après trois ans de captivité et mourut en 1753. La faiblesse de la marine française, réduite à lutter avec 8 navires contre 23 vaisseaux de ligne anglais, empêcha Dupleix de prendre les autres places anglaises dans l’Inde : il dut même rendre Madras d’après les conditions du traité d’Aix-la-Chapelle (1748).

Commerce et puissance de la Compagnie de 1748 à 1754. — Si la paix existait officiellement enire les deux gouvernements de France et d’Angleterre, la lutte continuait indirectement aux Indes entre les deux Compagnies. Dupleix était convaincu que le

commerce de la Compagnie ne pouvail êlre florissant que par la conquête, à cause des extorsions des princes indiens, absorban t presque tous les bénéfices faits sur les marchandises. 11 appliqua donc les projets qu’il méditait depuis longtemps, intervenir dans les querelles des princes et se faire céder par eux de vastes territoires dont la Compagnie serait souveraine. C’est ainsi que par son habile diplomatie et au moyen d’une petite armée de 600 Français et de 3000 réguliers indigènes commandés par ses lieutenants Bussi et d’Auteuil, il intervint entre les prétendants aux trônes du Dekkan et du Carnatic. Pour prix de ses secours, il reçut des vainqueurs la suzeraineté de toutes les provinces au sud de la Krichna, c’est-à-dire d’un pays presque aussi grand que la France, et la possession directe des Circars ou provinces de la côte d’Orissa, depuis la Krichna jusqu’au Bengale. C’était un royaume de plusieurs millions de sujets et de 15 millions de revenus pour la Compagnie. Sa capitale, Mazulipatam, fabriquait les plus fines mousselines et les pius belles toiles peintes des Indes. (1749-1751). La France dominait directement ou indirectement sur un tiers de la péninsule.

Mais le gouvernement anglais, inquiet de tant de puissance, réclamait auprès de Louis XV dont l’indolence s’alarmait à la menace d’une nouvelleguerre. Aces clameurs sejoig,naient lesplainles de la Compagnie française elle-même. Elle ne com-

prenait pas que la politique de Dupleix lui assurait dans un avenir prochain, non seulement le commerce de toute l’Inde, mais encore la souveraineté de ce vaste pays, comme fit depuis la Compagnie anglaise : elle voyait seulement la diminution présente de ses revenus. Dupleix avait même avancé 13 millions à la Compagnie sur sa fortune particulière pour la solde des troupes et les fortifications des places. Louis XY céda et rappela Dupleix (1734). De retour en France, il ne put obtenir justice de la Compagnie ni du gouvernement pour les sommes avancées par lui, ses parents et ses amis ; il faillit être mis en prison pour dettes et mourut pauvre en 1763.

Guerre de Sept Ans : perte des colonies et rame dit commerce extérieur. — Il eut la douleur de voir les désastres de nos colonies et de notre commerce. Deux jours après son départ de l’Inde, son successeur, Godeheu, avait signé par ordre de Louis XY un traité par lequel, sous prétexte d’égalité, les deux Compagnies rendaient aux princes indiens les territoires conquis sur eux depuis 1748, c’.est-à-dire l’Angleterre quelques bourgades, la France tout un royaume ; elles s’interdisaient également d’intervenir dans les querelles des princes.

Louis XY ne put même pas éviter la guerre. Des discussions s’étant élevées sur les limites du Canada et de l' Acadie cédée aux Anglais depuis 1713, le gouvernement britannique fit capturer plus de 300 de nos vaisseaux de commerce avant toute déclaration de

guerre. Louis XY aurait dû réserver toutes ses forces pour lutter contre l’Angleterre sur mer et aux Cololonies ; mais il se laissa entraîner, contre tous les intérêts de la France, dans une guerre continentale pour agrandir l'Autriche notre ennemie séculaire, contre la Prusse alors faible et notre alliée naturelle conlre l’Autriche. L’ensemble de ces hostilités sur terre et* sur mer s’appelle la Guerre de Sept Ans, encore plus lamentable que celle de 1701, entreprise aussi par des ministres incapables comme Bernis, par des généraux ineptes comme Soubise, quand l'Angleterre avait Pitt au ministère et Clive aux Indes, terminée enfin par un traité encore plus désastreux. Vaincus» sur terre à Rosbach et à Crefeld, vaincus sur mer à Belle-Ile, aux Antilles et au Saint-Laurent, notre marine fut presque ruinée et notre commerce maritime anéanti. La paix de Paris en 1763 nous enleva presque toutes nos Colonies : le Canada avec toutes les îles du Golfe Saint-Laurent, moins les îlotsde Saint-Pierre et Miquelon réservés pour la pêche ; la Louisiane à l’Est du Mississipi ; les Antilles, moins la Martinique et la Guadeloupe ; le Sénégal, moins l’îlot de Gorée ; la côte des Circars tout entière ; nos petits comptoirs de l’Inde nous étaient rendus, mais ruinés par la guerre et avec défense d’y élever des fortifications, même d’envoyer des troupes à Chandernagor trop voisin de Calcutta. Comme l’Espagne entraînée par Louis XV dans cette guerre avait dû céder la Floride aux Anglais

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devenus'ainsi maîtres de toute la côte orientale ‘d’Amérique, on lui abandonna en dédommagement la Louisiane à l’Ouest du Mississipi avec la Nouvelle- Orléans. Ainsi le pavillon français disparaissait d’une terre illustrée par Cartier, Champlain et Cavelier de la Salle, plus complètement encore que de l’Inde où avait régné Dupleix.

Fin de la Compagnie des Indes. — Pendant ce temps, l’Angleterre 11e s’était pas seulement enrichie de nos désastres; elle s’était instruite à nos leçons La Compagnie Anglaise ne resta pas longtemps fidèle au traité de 1754 ; son général Clive reprit pour son pays les projets de Dupleix. Sa victoire de Plassey (1757) donna le Bengale à l’Angleterre et la paix de Paris lui assura les provinces des Cir cars. C’est le véritable commencement de son empire Anglo-Indien. Elle possédait déjà presque toute la côte orientale del’Inde et le bassin inférieur de son plus beau fleuve, le Gange ; cet empire rapportait déjà à la Compagnie en 1772 plus de cent vingt millions de revenus, outre les bénéfices de son commerce. A ce moment la Compagnie française n’existait plus. En 1764 elle avait rétrocédé au Roi les îles de France et Bourbon en échange de douze mille de ses actions appartenant au trésor, et du droit de s’administrer elle-même sans commissaires royaux. Mais elle ne dura pas longtemps ainsi. Les économistes attaquaient son privilège comme funeste au commerce il lui fut enlevé en 1769 et le commerce

aveéTlnde déclaré libre. Impuissante à lutter contre la concurrence, elle céda tous ses biens au gouvernement à charge de payer la rente de ses actions à 5 O/o et de satisfaire ses créanciers (1770).

Nouveaux principes de commerce maritime ; le blocus et les droits de neutres. — Cette guerre de Sept Ans, si funeste au commerce français, vit formuler des principes conlradictoires de droit maritime sur lesquels la discussion demeura ouverte pendantplus d’un siècle. Les Hollandais n’avaient pas voulu se déclarer pour l’Angleterre contre la France, afin de conserveries bénéfices de la neutralité et de se faire les commissionnaires du commerce français. L’Angleterre saisit d’abord' leurs navires, puis déclara tous les ports de France bloqués, annonçant l’intention de s’emparer de tous les navires expédiés pour ces ports. (1756). C’est le principe du blocus fictif , opposé au blocus réel admis partout en temps de guerre, quand une escadre stationne véritablement devant un port ennemi ; c’était aussi la ruine du commerce des Neutres. Aussi le Danemark et la Suède, jaloux de maintenir la neutralité du commerce dans la Baltique, signèrent dès 1755 une alliance défensive pour faire respecter leurs droits. La Russie, quoique plus intéressée encore à conserver ses relations avec l’Angleterre à qui elle vendait fes matières navales, conclut en 1759 avec la Suède un pacte remarquable pour assurer la liberté commerciale dans la Baltique. Les- deux puissances s’enga-

geaient à résister à quiconque voudrait troubler le commerce maritime. Bien qu’en guerre avecla Prusse, elles s’interdisaient la course largement pratiquée par l’Angleterre et la France : elles ne prohibaient que la marchandise de guerre, et ne défendaient le commerce aux Neutres qu’avec les ports prussiens réellement bloqués. Ce sont déjà les principes de la Neutralité armée de 1780 et de la Ligue des neutres de 1801, que la France soutiendra énergiquement contre la tyrannie maritime de l’Angleterre.

Mais avec une inconséquence dont les gouvernements ne sont pas plus exempts que les particuliers, la France voulait employer la contrainte à l'égard des Neutres favorables aux Anglais. Par une singulière coïncidence, c’est dans la péninsule hispanique qu’apparaissent dès 1762 des desseins politiques et que s’accomplissent des expéditions militaires analogues à quelques-unes des plus gigantesques conceptions de Napoléon. Choiseul avait conclu en 1762 le Pacte de famille entre les quatre branches de la maison de Bourbon, France, Espagne, Deux-Siciles et Parme ; elles devaient se porter de mutuels secours et avoir des intérêts communs. C’est surtout entre les deux plus puissantes, France et Espagne, que l’alliance contre l’Angleterre pouvait avoir des résultats importants. La cour d’Espagne eut même la pensée d’un blocus continental , auquel les Neutres du Nord auraient été invités à accéder. Choiseul rejeta le projet comme impraticable, mais tourna les

efforts de l’alliance contre le Portugal, lié avec l’Angleterre d’une étroite amitié commerciale depuis le traité de Methuen en 1703, ri étant pas juste, disait le traité , qu’il continue d enrichir les ennemis des deux souverains, pendant qu’ils se sacrifient pour ï avantage commun des nations maritimes. Le Portugal fut envahi, comme plus tard en 1807, par une armée franco-espagnole ; comme en 1807 également, les Anglais débarqués à Lisbonne aidèrent les Portugais à repousser l’invasion.

Par le même pacte de famille, Choiseul avait obtenu la réciprocité commerciale dans les ports de France, d’Espagne et des Deux-Siciles, sans que ces mêmes droits pussent être accordés à d’autres nations. Un des faits les plus importants du ministère de Choiseul fut l’acquisition de la Corse. Sujette des Génois et révoltée contre eux sous le commandement du célèbre patriote Paoli, elle fut cédée en 1768 à la France ; 11 ne fallait pas que l’Angleterre, déjà maîtresse de Gibraltar et de Minorque, dominât le commerce de la Méditerranée occidentale.

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