‹ Histoire du communismeChapitre 11 sur 57 · PLATON · texte numérisé non relu

PLATON

leindre à ce résultat. La plupart des Etats grecs poursuivi* rent le même but au prix de fréquentes révolutions. L'éga* iiléy un moment rétablie, ne tardait pas à être rompue par l'effet inévitable des différences natinrelles d'aptitudes et de earact&res. C'était l'œuvre de Pénélope, le roch«r de Sisyphe.

Pbton comprit, et c'est là son mérite, que la propriété individuelle, si restreinte qu'elle soit, est incompatible avec l'égalité absolue ; il vit que le seul moyen de faire régner cette égalité, c'était la suppression complète de la propriété, Tattribution à l'Etat de^la souveraine disposition des biens et des personnes. Et, comme son esprit pénétrant attdgnait d'un regard à l'extrémité des choses, il reconnut que l'abolition de la famille était la condition nécessaire, la suite inévitable delà communauté des biens. Il proclama ces résultats avec l'impassibilité de lalogique, mais il ne fut pas compris, etceux-làroémesqui étaient le plus attachés au dogme del'é* galité absolue, en repoussèrent obstinémentles conséquences.

Ce fut alors que Platon revint, dans le Linre des Lois, au vieux système de conciliation, de transaction entre l'égalité et la propriété. Mais il ne le fit qu'à regret, et sans abandonner sa doctrine de la communauté. Loin de désavouer le livre de la République dans son second traité politique, il le confirme au contraire: c L'Etat, le gouvernement et les lois «c qu'il faut mettre au premier rang, dit-il^ sont ceux où l'on c pratique le plus à la lettre, dans toutes les parties de € l'Etat, l'ancien proverbe qui dit que tout est véritablement c commun entre amis. Quelque part donc que cela se réalise « ou doive se réaliser un jour, que les femmes soient com- « munes, les enfants communs, les biens de toute espèce c communs, et qu'on apporte tous les soins imaginables c- pour retrancher du commerce de la vie jusqu'au nom même c de proiNfiété; de sorte que les choses mêmes que la na* a ture a données en propre à chaque homme deviennent

( en quelque sorte communes à tous autant qu^il se pc n ra... En un mot, partout où les lois viseront de tout! c pouvoir à rendre l'Etat parfaitement un^ on peut assi « que c'est là le comble de la vertu politique (i). »

Platon déclare ensuite que, sous le rapport de la perl tion, l'Etat^ organisé d*après les bases du Livre des L n'occupe que le second rang. A son point de vne, et à c des politiques grecs, il a parfaitement raison. La comi nauté est en effet la conclusion nécessaire du principe l'égalité absolue des fortunes. Ce principe admis, il a en dehors de la communauté que des transactions imp santés et illogiques, d'inutiles efforts pour concilier des ments contradictoires.

En posant nettement la doctrine de la communauté, 1 ton n'avait donc fait que pousser à ses dernières coi quences et réduire à l'absurde le socialisme égalitaire c toute la Grèce était infatuée. Mais ni Platon, ni ses adi saires ne soupçonnèrent que telle fût la véritable portée livre de la République. Le principe de l'égalité absolue | lo-o-ou) était trop enraciné pour succomber à cette éprei Nul ne voulut y renoncer. En acceptant ses dernières c séquences, Platon sacrifia la raison à la logique; ses adi saires, en les repoussant, aimèrent mieux être illogiq pour rester raisonnables. Tels sont les hommes: lorsqui déductions d'une idée fausse, mais chère à leurs passio les amènent en face d'un résultat qui heurte le bon sexkî se rencontre quelques esprits hardis qui n'hésitent pi l'admettre; mais le vulgaire se borne à nier la conclusi et ne peut se décider à condamner les prémisses. Pai nos modernes égalitaires, beaucoup en sont au même pc que les contemporains de Platon. Us repoussent le comi nisme^ tout en défendant le principe d'où il découle.

(1) Lei lois, Ut. r.

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