CHAPITRE IV
De la propriété à Rome.
Luttes poUtiques dans la république romaine sur les questions de ' propriété. — . Absences d'idées communistes. — Caractère des h>ii -agrîtiréif. — La propriété soos la République et sous les empereur!.
^ La Grèce nous offre, dans les consUtntions de la Crète et (^e Lacédémone, une application partielle du principe de la çommunaulé, et dans Platon, un éloquent défenseur de ce mode d'organisation sociale. On chercherait vainement quelque chose, d'analogue dans Thistoire du peuple romain : l'idée de la communauté parait avoir été complètement étrangère à son génie.
Parmi toutes les sociétés anciennes et modernes» il n'en est auçun^ chez laf|uelle le droit de prop^piéléait été aussi fortement conÉUlné, ait revêtu un caractère aussi énefgîqiiê QlausâLnalÎQiIlliqtte chez ce peuple conquérant etdomi* natepr^ Noasantom^nl ce droit s'appliquait aux objets matériels et aux escla ves ; mais il s'étendait encore jusque sur les hommes libres, et pénétrait dans les relations de la famille. L'épouse, l'enfant étaient la propriété du chef. Le père pouvait vendre son fils, et ce n'était qu'après trois ventes successives que se trouvait épuisée la terrible puissance de la paternité. La lance était le symbole de cette propriété romaine, qui ne se transmettait que par des actes solennels. Ce fut seulement vers la fin de la république et sous le empereurs que la rigueur du droit s'adotjycit^ par les fictions
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et les tempéraments de la jurisprudence des préteurs. On comprend que, dans une société ainsi organisée, il n'y ait point eu place pour l'idée de la communauté.
Le droit de propriété en lui-même ne fut donc jamais attaqué dans les agitations du forum ; les prolétaires de Rome luttaient^ non pour abolir ce droit, mais pour y participer. Ils protestaient contre l'usurpation des terres domaniales par les nobles et les chevaliers^ et réclamaient leur part de ces dépouilles conquises sur l'ennemi au prix du sang plâMien. Tel était l'objet des lois agraires proposées par les Gracqoes. Elles tendaient à réintégrer la république dans ses domaines injustement détenus, et h les distribuer aux hommes libres ruinés par les guerres et par les extorsions d'une aristocratie usurière. Le premier des Gracques poussait très foin les ménagements envers les puissants détenteurs des terres lisurpées. Cinq cents arpents étaient abandonnés définitivement à chacun d'eux ; le surplus ne devait retourner à l'Etat que moyennant une indemnité acquittée en numéraire. C'est donc par suite d'une fausse interprétation que le mot de la loi agraire est devenu synonyme de la spoliation des propriétaires fonciers, et du partage ^al de tous Uib hiri* tages. ^
La chute tragique des Gracques consacra le triomphe définitif des nobles et des riches, et fit perdre aux prolétaires la dernière espérance de s'élever à la propriété. La race dis vieux plébéiens , décimée par les guerres et la pauvreté, s'éteignait rapidement. Des italiens, des affranchis, créattiilBS dévouées à leurs puissants patrons, les remplacèrent dans le forum. Aux luttes de la plèbe et de l'aristocratie, succédèrent celles des diverses classes de l'aristocratie entre elles, des patriciens contre les chevaliers, des nobles contre les riches. Les grands de Rome se disputèrent avec acharnement les meilleures parts dans lés dépouilles du monde, ta