‹ Histoire du communismeChapitre 13 sur 57 · ROME · texte numérisé non relu

ROME

plèbe, devenue la plus vile des populaces, vécut des distributions gratuites et de la vente de ses suffrages. Elle ne demanda plus à ses dominateurs que du pain et les jeux du Cirque.

Au milieu des dissensions qui signalèrent la fin de la république, le principe de la propriété et de l'hérédité ne flit point mis en question ; mais si Ton ne fit point la guerre i la propriété elle-même , on la fit aux propriétaires. L'histoire de cette période n'est en effet qu'une longue suite de spoliations. La cupidité, plus encore que la vengeance, dicta les proscriptions des Marins , des Sylla et des triumvirs. On dépouilla les nobles au profit des chevaliers, les chevaliers au profit des nobles , les Italiens en faveur des vétérans, les provinces au profit de chaque parti victorieux. Au commencement de l'empire, il n'y avait guère de propriété, en Italie, dont l'origine ne fût souillée de sangou entachée de violenee.

Un seul genre de propriété fut sérieusement attaqué dans la société romaine , ce fut la possession de Thomme par l'homme, l'esclavage. Les grands propriétaires^ envahisseurs de l'Italie, avaient partout substitué aux anciens agriculteurs libres des esclaves qui, plus d'une fois, revendiquèrent leur liberté les armes à la main. Les historiens' latins eux-mêmes ont immortalisé l'héroïque courage de Spartacus.Hais ces tentatives désespérées échouèrent contre la puissance et la fortune de Rome.

Le principe de la communauté ne fut donc jamais invoqué dans les luttes politiques qui agitèrent le monde romain. Cependant , quelques-uns des dogmes qui se sont presque toujours combinés avec le communisme, paraissent avoir pénétré dans la cité éternelle à une époque assez ancienne : je veux parler de la promiscuité des sexes et de la sanctification de la débauche. Telles furent ces fameuses bacchanales qui , 186 ans avant Jésus-Christ, avaient pro-

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voqué les rigueurs du sénat et des consuls. Les initiés à ces ioâmes mystères se réunissaient secrët^ooent » pour célébrer le culte effréné de la vie et de la mort. La prostitiUion et le meurtre en formaient les rites essentiels. Nous ver« rons les mêmes horreurs s'associer aux doctrines du communisme chez les premiers gnostîques et chez les anabaptistes du XYP siècle. Les historiens ne nous apprennent point si quelques principes sociaux et politiques se rattachaient à ce culte abominable. La sévérité que le séul^ déploya contre ses adeptes , permet de soupçoooer qvfil. poursuivait en eux autre chose que la violation, d^ loU 4^! la morale, déjà fort relâchées à cette époque. Oo^ çon^âtaj^ par une enquête, que, dans Rome seuiement, ,7^000 per-, sonnes s'étaient affiliées à la mystérieuse société. EUe avait, des ramifications dans l'Etrurie et la Campanié. Deg gardes! furjent établies la nuit dans tous les quartiers de la ville y on fit des perquisitions, on livra les coupables au dernier supplice, et beaucoup de femmes furent remises à leurs parents pour être exécutées dans leurs maisons. De Rome la répression s'étendit dans l'Italie ; les consuls poursuivirent leurs informations de ville en ville, et extirpèrent la.nou.-. velle secte par des moyens énergiques.

Sous les empereurs, la propriété romaine perdit le carac-. tère sauvage et violent qu'elle avait présenté pendant la république, et le droit national finit par se confondre avec ce droit plus humain, plus simple et plus général^ que les préteurs reconnaissaient, sous le nom de droit des gens, comme présidant aux rapports des hommes, abstraction faite de leur nationalité. On proclama , dans la définition légale de l'esclavage , que cette institution était contraire à la nature (1) : progrès immense, qui place les jurisconsultes de

[ï) Servitus est consiilutio juris gentiuiH; qua quis dominio alieno

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