BODIN. — CAMPANELLA
cpi'il eut à subir pour avoir tenté d'arracher le royaume de Naples à la domination espagnole, sa Cité du Soleil passa inaperçue du siècle qui vit les Galilée^ les Bacon et les Descartes et fut ensevelie dans un juste oubli. Elle en a été tirée par les modernes utopistes qui se sont engagés dans la même voie ; et certes, en la mettant en lumière, ils ont rendu moins service à leur cause qu'à celle des défenseurs de l'ordre social. La Cité du soleil, en effet, est l'expression la plus complète, la plus radicale, la plus logique du système communiste, et cela précisément parce que son auteur, perdant complètement le sentiment du monde réel, habitué à vivre dans un milieu où régnait la communauté, a pu mieux que tout autre apercevoir et déduire les conséquences de ce principe d'organisation sociale, et reconnaître les conditions de son maintien. La promiscuité des sexes^ ua despotisme terrible et inquisitorial : tel est le dernier mot du communisme. On doit savoir gré à Campanellà de ravoir dit avec tant de franchise. Personne, du moins, ne pourra plus se tromper sur la portée et le résultat final de la doctrine qu'il a défendue.
182 nisTotAE Dt coHUumsifS.