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même piquantes, pendant qu'i'lles et) espéraient de remplies d'une tendre compiission. C'en fut assez pour t'accuser devant le Parlement de Rouen , qu'elle déclina.
L'affaire fut portée , par ordre de la cour, devant l'oflicial de Paris, l'an 1617, et devant le lieutenant-criminel eonjoiuteineiit. Il y avait déjà trois ans, c'est-à-dire dès 1644, que celte aff'aire faisait beaucoup de bruil dans Puris. Elle avait même esposé l'accusée aus insultes d'une populace qui ne manque point de prévenir les décisions judiciaires suivant ses impressions du moment. L'instruction de ce procès odieux dura jusqu'au 23 mars Hj53, que la mère Ilaugujn (Françoise de la Croix) fut renvoyée de TaccusalioTi intentée contre elle , sauf è se pourvoir eu réparation.
Malgré les sentences de l'ofTicial et du lieutenant criminel . il resta dans bien des esprits des impressions très-défavorables à l'institutrice des hôpitaux de la congrégation ; et même , Pierre Doudelot, serrurier à Palay , son neveu , n'en avait d'autre idée que celle d'une sorcière dont il n'osait parler. Il est vrtii que la prescription de vingt ans que Ton avait employée dans ses défenses , contribua à laisser quelques soupçons contre son innocenie; on eût peut-être mieux fait de n'employer que les autres moyens , assez puissans et sufHsans pour In laver aux yeux du public qui, s'il fut témoin de sa fermeté pendant celte longue et dure épreuve, put é;^alement admirer et sa patience et sa résignation.
On ne put la déterminer à reprendre la supériorité après quecette affaire fut terminée. Elle favorisa encore l'élection d'une autre de ses filles, préférant l'obéissance à l'autorité, par une humilité que ses disgrâces avaient forliQée. Quel est rinnocent accusé qui mérite de se trouver dans le cas de juger les autres? Elle se contenta de se montrer constamment l'exemple de la maison de la Place-Royale et de
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toutes celles de suii iii!>lilut, où elle lu- se rendit pas moins digne d'amour que de respect. La mort l'en sijpara le 14 oclohre l(>57, à l'âge de soi •atile-seizcan!» et un mois, suivant l'acte de baptfime que j'ai cité. L'abbé Gobelin , qui l'avait assistée à Si> niurt , tit la céri-monie de ses ruiiéraillcs et prononça son oraison funèbre. Son corps fut enterré dans le chœur de son église. Ce n'est qu'en 1718 qu'on lui a fait rhonneur d'une épilaphe.
Les religieuses de l'institut de cette Dunoise sont sous la rùgle de sailli Augustin, uvecdescoiistilutiuiis particulières. Elles se regardent en même temps comme GHvs de saint François. Elles ajouleriit aux vœux ordinaires celui dt! gouverner les femmes et filles malades dans leurs liôpitnm, tout en vivant renfermées. Elles dévoient manger dans la vai.iselle de terre et se .«servir de cuillères et assiettes de bots, ce ijui s'est pratiiiué dans lescommenccraens.
Leur liFibil était gris, aujourd'hui il est noir, de drap ou de serge.
On souffrit encore plus des pluies en 1681 qu'on n'avait faitrannceprécédenle, quoii|u'elles y eussent été violentes et de longue durée. l>ans celle-ci , le conduit souterrain qui s'ouvre dans le <;los des Cordeliers , et que l'on appelle le (iouflVe . s'en;.;orgea de telle fanon que le couvent l'ut inondé jusqu'au preniierétage;los |)apicrset la bit)liothèque furent presque entièrement perdus.
Depuis que, par la mort du duc d'Alençon en 1584. la ligue eut recommencé ses mouvemens, les Huguenots les suivirent pour se détendre. Le parti des poliliciues qui, ayant le roi à sa télé, voulait tenir la balance, fut obligé, par son petit nombre, à passer du côté de la ligue, qui montrait un intérêt apparent pour la religion. ClnUcaudun, dans ces troubles, sans essuyer de siège, continua d'être foulé par les passagers de ces différons partis.
m COMTÉ OE I)U^OIS.
Les restes de l'arm(5e du prime tle Condé furent dissipés dans la forêt de Marrbenoir, où ils trouvèrenl la fnciiilé d'échnpper par peloloiis îiiix troupes de la ligue qui ne pouvaient tout investi]'. Siiinl-riolais, ([ui étiiit à leur tôte, et qui inventa cet cjipédiorit pour sauver leur vie, sacrifia les bagages, qui consolèrent les ligueurs de la proie qui leur échappait.
f^a ligue particulière des Seize et la conduite du duc de Guise, qui donnèrent occasion aux barricades de Paris en 1588. et h !a fuite du roi Henri [lî ft Chartres , mirent ce monarque diins le cas de mettre beaucoup de dissimulation dans sa <:onduite. Il n'avait plus ni assez de force ut assez d'iiulorité pour faire face par lui-mÈme aux révoltes de ses sujets. Il ne se contenta pas de signer . nu mois de juillet , dans la ville de Rouen , le fameux édit d'union, il en fit encore ordonner la signature dans toutes ses villes.
L'adhésion de Châteaudiin à celte pièce ridicule commença le 18 août suivant, par le bailliage. La lecture de l'édit fui faite dans la grande chambre de Taudience, après laquelle Michel Costé , lieutenant-général , ordonna au greffier d'en faire l'enregistrement. Antoine Thuault, avocat Bscal , qui avait porté la parole à cette occasion , le procureur fiscal, les avocats et procureurs Brent le serment de la Sainte-Union.
On convoqua une assemblée générale des habitans pour le lendemain , dans l'h<Mel-de- ville , mais elle fut différée jusqu'au surlendemiiin 20 août. 11 s'y trouva le susdit Thuault, Charles Mé{»ret , Jacques Poulain , Jacques Marié et Marin Fouquet, f;chevins. Marin (iorteau, avocat et conseil delà ville , Jean Michnut , procureur dos habitans, Jean Keluche , prévôt de Saint-André. Marin Le Bert, chanoine de la même église, noble homme N. de Montaudin et autres habitans. Tous les aasistans ne jugèrent pas à propos
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de se prononcer imi fnveur de l'édit, t't Jacques Vigier. grolïier, dressa procùs-vcrbal des arlIu'Tcns eldt^a rofiisaris. Ces derniers voyaient apparemmenl assez ( lair pour sentir nu moins rinutililé de la cérémonie demnndéc ; mois le roi avait un hul qu'il ntlcignit aux États de Blols. Il s'y défît du l'ambitieux et redoutable dur de (iaise. On lui eut souhaité plus de vigueur et iissoî de courage pour <>lre wi» juge sévère cl non un timide assassin.
I,a violotice exercée coiilre le chef n'arrAla pus celle des soidîils. La ligue n'en devint que plus furieuse. Prédiinleurs l'iinnlrques , Sorbonne , etc., tout ce qui eût dik nu moins se taire, déclamait contre le faible souverain. Il eut recours, dans ces circonstances!, ù ses viljes fidèles pour en tirer les secours dunt il jui;eiiit auiir besoin. Ifè? Iiiiil jours «près le massacre du duc , il udressa cette lettre au% maire et éclicvins de Châlenudnn ;
« Chers et hien-aimés, l'alTerlion que vous avez en notre » service ne se peut mieux connaître que par les preuves )) que vous nous en rendrez en nous envoytint prompte- » ment le nombre de deuv cents liommes de pied, ou plus, n si vous pouvez, des meilleurs et des plus assurés de voire D ville, et que vous connaîtrez: pouvoir servir plus Bdf'le- » ment auprès de notre personne . où nous sommes résolu ft de les eniployer ; car c'est cliose i]ue supporte tellement D notre dit service et la conservation de notre étal, que » nous aurons |ierpétuelleraonl mémoire de voire devoir et » du secours que vous nous aurez fait si à propos , outre » le paiement que nous leur feroiiS' faire, étant arrivés en » notre armée.
» Mais il faudrait <iue tesdils gens de pied fussent rendus B sous lu charge de quelque honnête homme qui les con- 11 duira auprès d'Orléans avec nos autres troupes dans huit )» jours , d'autant que c'est chose pressée et très-importante
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» [luiir rioli'u (lit service ; à quui nous assurant que vous ne » l'ère/, faute, nous prions Dieu vous avoir, cliers et bien 0 ciimt's , en sa sainte garde. Ecrit à Hlois, le deuxième m jour de décembre lô88. — Heneu. a
Ce n'étiiit pas sntis raison qui^ le roi demandait du secours. Qutiique If! duc de MajeiHie désapprouvât les excès des membres de ce qu'on appelait la Sainte-Union , il crut qu'il était de son honneur de succéder à sou frùre pour le venger.
La ville de Ulois n'élnît pas assez bien fortjQée pour que le roi s'y crût en sûreté ; il passa dans celle de Tours où il ne Gt point de didicullé de proUter des bonnes intentions du roi de Navarre contre le duc de Mayenne.
Plus les Dunois donnaient de secours nu roi. et plus leur capitale se trouvait dans le cas d'ouvrir ses portes aus différens partis. l'ciidant qu'ils marquaient leur Pidélité à leur prince, le duc de Mayenru; recrutait son arméeâChAteaudun môme . dont il (il d'abord sa place d'armes.
Cette armée se trouvait forte de dis-liuit mille hommes de pied, et, selon Davila, de huit mille seulement et de deuï mille chevaux, lorsque le roi envoya faire des propositions au duc par Morosini , envoyé du légat du Saint- Siège. Morustni arriva à Châiteaudun dans le mois d'avril 1589. Ses instructions portaient que le roi abandonnerait volontiers au duc de Mayenne la jouissance de son gouvernement de BourgOi^nc , la nomination des gouverneurs des villes de cette province et celle de toutes les charges qui y vaqueraient; qu'il ajouterait quarante mille écus par an, le gouverriemeulde Champagne avec deux villes à son choix où il pourrait tenir garnison. On lui oiïrait d'autres avantages pour sa maison, qui mettaient presque le tiers du royaume entre les mains des Lorrains.
Le duc Je Mayenne Qt voir autant d'aveuglement dans
IIISiOIKË
cette conjoncture que le roi avait montré de faiblesse. Il ne rijpoiidil ù ces offres étoiuianles , sinon que le roi pourvût à ses affaires comme il reJiteiuirait. que pour lui il nimait mieux mourir que Je lui obéir, ChAleaudun resta aux ligueurs au départ du duc et du sou armtjc, parce qu'il y laissa une garnison.
On lui livra Vendôme eu passunt pour aller vers Tours, où la jonction du roi de Navarre avec Henri 111 dL^toncerta ses projets et lui fil prendre le parti de rabattre par le Maine pour gagner la Norniamiie, On lui liti^sa la roule libre, et l'armée dos deux rois prit celle de Paris le long de la Loire.
Le roi permit tiu sei^^iieur de Larges de s'en détacher avec cent vinpl liommes <le troupes légères. Celui-ci s'avança dans le Danois le plus secrètciiient qu'il lui l'ut possible , jusque vers Cbâteauduu. Il s'approcha de celte ville à petit bruit , surprit un fjiul.ourg . puis une porte de la ville mftD»e où il entra, ei lit l:i garmisoti [irisoiuiière de guerre.
L'armée royale était arrivée à Beaugency le 21 mai . selon Dflvila ; ee fut de là, selon les différens historiens, que, quelques jour» après la prise de (^hâteaudun par Lorges, le roi fit partiir un nouveau détacliemenl de coureurs (le son avanl-^garde, compoi>é de de'UX cents chevaux et de trois cents hommes de pied , comniandés pur François de Cliâlillon , lîls de l'amiral, qui eut ordre de battre l.i Beauce pour y prendre langue et aider l'entreprise formée par le capitaine Gentil sur la ville de Chartres.
Chèlillon ayant passé avec sa troupe au-dolà de Bonneval, où Tiercelin , marquis de Saveuse, et son beau-frère, baron de Brosse, avaient couché, et marchaient vers Chartres avec deux cents lances et cent arquebusiers , fit avancer son avant-garde sureux. Klle rencontra Arclainville, gouverneur de Chartres, qui faisait larrièfe-gardc de Saveuse, le chargea et le C{>nlraignit de fuir au galop jusi^u'à ce qu'il eût
DU COMTÉ DE DliNOIS.
rejoint le marquis de Saveuse auquel il Jonna l'alarme . ainsi qu'aux Picards (|u"il commandait. Ce ilernier fil faire volle-fiice et mit su trou|)i.M;n bon urdrc. Les duux pailis ne lîirdèrenl p-is à s'nvftnrer jusqu'à une distanre dé mille pas, diins une rase L-iimpagrie , sans haies ni l)iiis!ioiis. S;ivcuse avait mis en avant ses arquebusiers et tornié une haie de lanciers; il s'avançait à pclits pas à la renconti'e de son ennemi. Cliâtillon, dans une courte lialle, avait placé son infanterie au centre et sa cavalerie sur les deux ailes, Arrivé à la dislance de trente pas , Saveuse mil ses arquebusier» au galop et tour fil faire une décharge de fort près. Elle fut reçue avec intrcpiilitt' par rinF;inlcrie de Ci,âlillon ; mais elle n'eut pas plutôt cessé , que celle infanterie marclia avec vivacité contre ce rorps de cavalerie dont elle fil un le! carinifje qu'il rt'en resta pas un seul homme, excepté te marquis de Saveuse qui . se trouvant sans défense vis-à vis de ce centre, s'en fut attaquer l'aile droite dont il rompit les premiers rangs. Châlillon s'y était rendu en personne ; il y fut coutlié par terre avec huit ou di\ gentdslmmrnes dont il n'y eut cependant que deux ou trois Liesses, t^^uxci s'étant relevés combattirent à pied. Aidéjî par le peloton que commandait Ilnreivibure, qui vint à leur secours, ils rompirent encnre celui que leur opposait Saveuse , lui tuèrent cent vingt gentilshommes et le mirent en fuite.
Il revint à la chaigc avec une autre division. On lui tua encore soixante gentilshommes ; lui-même fut blessé et pris avec quarante autres, après avoir perdu deux cornettes.
Presque tous les historiens datent celte bataille du 18 mai t589. Cepetidanl, si Davila . historien reconnu exact et oEBcier contemporain , ne s'est point Uom|ié en fixant au 21 mai l'arrivée du roi à Heaugency, d'où les autres font partir comme lui le détathemetit de Coligny-Châtillon , il s'ensuit nalurellemenl que celte action n'a dû se passer au
UlSTOIRli
plus (ôl que le lendemain 22 mai. Les vainqueurs, accompagnas de leurs prisonniers, allèrent rendre compte de leur Iriomphe à l'arrin^'e rojnio, quiclail devant Jargoaii. le 23. Le roi leur lit reprendre le chentiin de Cliâteaudun , où ils vinrent se reposer pendant liuil jours.
La tradition du pays varie sur rempliicement de retle bataille que l'on poiiv;iit nommer la Noble, parla quantité de getitilshummes nunquels elle coûta la vie. Les historiens se cotilentetit de dire qu'elle se donna près Bonneviil. Dans le pays, plusieurs ont cru rjiie ce fut entre la Croix du Houssay. sur le {:;rand cliennin de Chartres, qu'ils ont nppiîlé la Crois de Saveuse, et le liamenu du bois de l-'ougèrcs; d'autres an-delà de re liarnoau , presque vis-à-vis de Luplanté ; en tin d'autres, suivis par Jean .Meunier de la Ilogue,dilns son très-petit manuscrit d'anecdotes ot de dati's, disent que cette action se passa le Iti mal, sur les banleurs des Coudrcaux et de Flacey.
Cependant le jeune comte de Uunois Henri I" d'Orléans, duc de Longueville, qui s'étiiil marié le 27 février de l'année préccdetite, avec Catherine de Gonzague, tille de Louis, prince de Mantoue, et d'Henriette de Clèves . duchesse de devers, commençait à se signaler en soutenant les itktérêts de son souverain. A la tête d'un corps de troupes, il avait sauvé Senlis le 17 mai , et liattu le duc d'Aumale qui en faisait le siège pour la ligue. Il était accompagné, entr'autres , par le capittiine La Noue, seigneur de la Koche-Bcrnard , près Châleaudun, qui était un des braves entre les Huguenots (!}. Le duc d'Aumale perdit deux mille hommes et ses bagages. Jusque-là le duc de Longtieville s'était occupé à tenir Paris en échec. Ayant appris l'heureuse
(1) Le comte de Ounoîa, don» cctlc occasion, dÉféra & l'iiilenigeacc de La Noue, quAil ordonna aui troupet de ragurdor comme leur général. • QuBiil à moi, diiait-i], je lui obèimi eoiuine feraii le simple soldai. ■
réussite de h bataille contre Sa veuse, il se rapprocha de cette capllale, où il annonça cette bonne nouvelle, aussi bien qne sa victoire de Seiilis, par plusieurs voltîes de canon. Quelques coups qui portèrent jusque dans les halles, jetèrent une furieuse alarme parmi le peuple. Le roi luimôme . avec son armée , s'était aussi avancé vers Paris avec le roi de Navarre, qui, Je vendredi 9 juin, avait pris Itrou et l'avait abandonné au pilla;^e. Le duc de Lon{Tuevtllc avait augmenté son armt^e de troupes qui lui étaient venues de Champagne et de la Suisse , avec des Lansquenets envoyés de Genève. Il se joignit aus deux rois près Pontoise, qui se rendit te lendemain dp la jonction, S'i juillet.
Après le crime qui termina les jours de Henri IM, le duc de Longueville fut des premiers à reconnaître Henri IV pour le légitime souverain , mais aussi à opiner pour la nécessité de sa conversion à la véritable religion. Il refusa cependant à la noblesse de son parti de ]iorter In parole au nouveau roi à te sujet, parce qu'on voulait qu'il dît cruemenl et sans ménagement au monarque, quecetle noblesse n'obéirait jamais à un roi huguenot. Il Qt passer la députation au seigneur de Fieniies.
La déclaration de ce dernier conduisit à un traité du nouveau roi avec les princes et les grands du parti catholique, qui lui accordèrent six mois pour se faire instruire. Le comte de Duiiois , duc de Longueville , y signa le trots iènie, comme prince légitimé, immédiatement après le prince de Conti et le duc de Motilpensîer. Puis il lut signé par les ducs de Luxembourg, Pinci et de Monlbazon, comme issus de maisons souveraines. Les marécliaux de France signèrent après ceux-ci , parce une l'acte se pussnit dans l'armée. Les ducs et pairs Désignèrent qu'après.
Malgré cet arrangement , le prétexte de la religion fit quitter l'armiîe à bien du monde. Elle se trouva trop faible
IIISTOIUK
pour entreprendre le siège de Paris. Le roi la parlngea en trois corps. Il donna le conimniidcmenl de l'un d'eiii au duc de Longueville . avec ordre de marcher dans la Picardie, dont il était gouverneur. Le duc d'Âumont s'avança dans la Chnmpngnc Avec urt autre, et Henri IV, à la lêlc dn troisième, m;>rilia et» Normandie.
Ils rejoignirent ce monarque après sa victoire à Arques . pour lui aider à en tirer des avantages éclalans. que la politique du duc de Biron arrôla , dans h crainte , dit-il à son Qts, de retourner plcuiler des choux dans ses terres.
Toute l'armée revint devant Paris h la Toussaint , mais elle n'agit que faiblement, par ménngement. On sépara encore les troupes. Le duc de Longueville ramena les siennes en Picardie, après la prise J'Ktampes . le 5 novembre. Pour le rof, il partît de celte ville le 10. avec son corps d'armée, et le II il prit Janvilte. Dès le lendemain, ou le mardi au plus tard, ciir les dates varient dans les Itisloriens , il vint coucher à Châteaudun , où l'on vit avec grand plaisir ce monarque et sa cour remplir le palais du comte.
Ce fut dans ce lieu qu'il donna audience aux capitaines suisses, que les chefs de leurs troupes en France avaient envoyés à leurs cantons, après le massacre de Henri III, pour en recevoir les ordres sur ce qu'ils auraient à faire en conséquence dccetévënement. Ces ordres furent favorables au nouveau rannarquc. avec lequel ils furent chargés dû renouveler les traités de leur nation avec la France.
Lorsqu'ils curent été inlru<Iuits devant Henri IV , dans la grande salle du château, ils lui déclarèrent que les cantons désiraient vivre avec lui dans la même amitié qu'avec sou prédécesseur; qne leurs maîtres tenaient, dès celle heure, l'alliance avec ses prédécesseurs comme confirmée, et qu'ils ufTpaieril de lui donner tels secours qu'il jugerait convenahlo d'en exiger. Le roi leur répondit comme il
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convenait. On fit nussilâl |n)iL aii\ Iroupus répitnducs dans la ville et les iiiiilourgs, de ce traite d'alliance renouvelé et confirmé. Elles firent éclater leur joie ; les habitnns y prirent part , et elle fui annoncée par <|uelques volées d'artillerie.
Pendant ce même séjour du roi à Châteaudun , Jacqiies- Aufiusle di; TliotJ , baron de Meslayle-Vidaine, auteur de l'Histoire , y vint lui rendre ses devoirs. Il arrivait d'Allemagne . où il (Hait allé négocier pour Henri III, et n'avait appris la mort de ce souverain qu'à Venise, où il s'était rcnilu ensuite, il rendit oompie à Henri IV de l'exécution des ortlres de son prédécesseur. Le roi , après être resté trois jours à (Jiâteaudun , alla prendre Vendônne , et flt plusieurs conquêtes dans la Touraine, le Maine et la Normandie.
Le duc de Majenno lit tous ses efTurts pour les arrêter l'année suivante, mais il échoua surtout à la bataille dlvry. Charles de Bcûusoucles. seigneur de Cigogne-en-ltiinois , près Marchenoir, portait à cette bataille l'élendard de la Ligue; il l'y perdit et fut fait prisonnier. Ce lui même ce qui le porta à renoncer à cette Ligue pour s'attacher à Henri IV, dont il devint courtisan jusque dans ses plaisirs (!].
(1) Cette GODduite le Cl beaucoup maltraiLer ctana tes satires de son temps, spécialemenl duD» celle iiiUtulée: Les C'omctiient de ta Cour, qui parut ïur la lin (J'octobre 1633 , où ou lit :
f Sire, premièrcnieiii, |)Ovir ua bon Pélroliu t Qui !içaît Taire iiux aoiana un doux mnquereliage, » Et qui a de nature un iispcci de fn()tiiii , I Ce c. de CI|;ogiie est fort bon iiersonnage. > El ft la fin :
* O troupe Yuleui'euse, ô bienheureux farceurs i
> D'avoir avec vous le Pétroliii Cigogael
» Vous serei par son nom lea meilleurs bateleurs
> Que l'on ait janmi; vus daus l'iiùtel (te Bourgogne, d
Chartes de Cigo^c (Beausouoles) ne s'coricbiL pas it la cour. S'il f Gt
Ce[>endanl, Georges IJilboti . baron d'AHuyes, attaché ù hi Li^uc , îivait réuni un corps de Iroiipos à Orléans II s'en Sfrvil pour se rfiidrc iiiuîlro de Cliûtcauduti , dont In garnison se trouva trop i'aitile pour lui résister. Il savait qu'on l'avait ncfîlîgre, et eu fut ce qui le dûterminan s'y présenter. On lui en ouvrit 1rs portes le 11 moi 1590. Il y laissa pour gouverneur ponr la Ligue un nommé hi Palrière, et un capilnine que les historiens uppctiont le capitaine Dasque. Babou , qui était gouverneur de Chartres de por In Ligue , allii le lendemain de la [uise de Cliâleaudun, à l'abbnye de Snint-Avit avec un petit délacberaent. Il s'y comporta d'nue façon qui conveiiiiil moins à un seigneur du pays qu'il tout autre. Outre les ndi^iieuses, il y avait dans ce monastère plusieurs dames du canton qui s'y étaient retirées. Il y mit tout à <-ontribntii>n. Les anecdotes ne nous instruisent pas clairement de ce qu'il eu coûta à cliacutte ; mais on devine assez comment dilt se comporter le chef d'une famille assez liceusieuse (1).
Je ne dirai pas non plus si ce fut par celle prise de Châteaudun que les deux sœurs d'Henri I-', comte de Dunoîs , duc de Longuevillc, devinrent prisonnières du duc de
rnrluni?, ce ne Tut qu'en plaisii's, et il dc laissa pas cbet lui de quoi se fuire eitlerrcr, lorscpi'il mourut Jiu mois d'avril Itill. Ci*Lail d'ailleur» uii homme Ir^s-brave, letlré, bou ami. Dom Sirou, dnus sa iiibliotbëque cbnrlraine, dit qu'on trouve quelques pi^ces sous <Ma nom dans Ie6'd6iiief
(i) Georges Batmu ëlBil fils de Jean. Il fut pËre de Frauioite Babou, Temmu d'AïUoiiic d'i^slrées, maîtresse du marquis d'Allègre «t mère de GabiieJle d'Est rf^cB, iiiai(rcss« d'HciiiilV. BlisabclU , aui te litlc de Georges, quittait comlc lie S;iyoanc, cl qui avait |iour fumuie Maileltiiiie dit Belloi , i^pou^a François d'Ecoubleau , marquis de Sourdis,, à qui clic porta la baronnip d'Alluyes. Ce Sourdi», qui était eu Tuveur à lu cour, a été bico maîlrailé dans la Confeiswn de Saticy, ouvrage attribué â M. d'Aubigné. On parle encore d'une aulvc fille du même BnLou, (jue l'on nommait de Sajonnc. Elle Tut dame d'Uonneur de la reine Mûrie de Mt'dici», qui Vèloi^D parce qu'on la «urjirit dans son Uiavrc le baron de Termes.
I)U COMIÉ DE DUNOiS.
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Mayenne. Il tes échangea l'année suivante contre le vicomte de Turcnnc. pris par les royalistes lorsqu'il voulait secourir iNojon.
Le rui était autour de Paris lorsqu'il apprit que les Ligueurs s'étaient rendus rmiîtrcs de Cliâleaudun. L'importance de [fi pldce, qui lui servait d'entrepôt, et d*où des troupes ennemies pouvaient arrôter les convois et les provisions qu'il en tiraitpour son armée, le porta à donner des ordres pour la reprendre promplement. Il fit partir à cet oiïet de Siiiiit-Cloiid le maréchul d'Aumont avec un bon détachement. Ce maréchal et sa troupe joignirent dans les faubourgs de ChMeaudun le prince de Conti, qui était venu de la Fcrté-lleroard avec sa petite armée, pour reprendre la ville, car il avait été averti qu'elle avait passe aux Ligueurs.
Le siège , qui dura peu de jours , commença le mercredi 6 juin. Les portes des faubourgs, qui subsislaieul encore alors au nombre de neuf, avaient été ouvertes aux assiégeans avec la même facilité que ci-devant aux assiégés, qui n'étaient pas en nombre suffisant pour essayer de les défendre. Le capitaine IJasque, pour en écarter ceux qui y étaient entrés , St jeter , de concert avec le gouverneur La Palrièrc, des feus d'artifice par les fenêtres du château sur celui de Saint-Médard , la nuit du 6 au 7 , au lieu du bûcher qu'on avait coutume d'y allumer en signe de réjouissance de In fête dti patron , qui arrive le 8. L'artifice communiqua le feu A l'église et aux maisons de tout ce faubourg, qui fut réduit en cendres , excepté quelques maisons dans le quartier de Corn i 11 eau.
L'embrasement dura deux jours. 11 passa au faubourg de Saint-Aignan , qui fut pareillement consumi: ; mais on ne dit pas distinctement si son église fut comprise dans cet incendie comme celle de Saint-Médard , dont le curé écrit
AS
lIÏSTOÏftK
qu'après ce désastre il alla faire son ofTIn; paroissinl h Saînt- Avit (I).
C'ëtail lu dessein du capitaine Basque . aiJé de quelques scélérats Ligueurs , de brûler tous les faubourgs de CtiAleaudun avant que d'être obligés de sortir de la ville. Pour réussir, ils mirent le feu dans la ville même, dam la rue de la Vieille-Salle , entre la porte d'Amont et l'ancien Grenierà-Sel, Ce qu'ils altendaiftit de l'incendie de (.'ctte rue arriva. Le feu se commuuuiua par dessous les murs, à un quartier du dehors qui était enlre le Calvaire, l'église de Saint- Âignan et la porte du Guichet, qui dotinait le nom à ce catitoti que les jielils éi-rits de ce temps appellent le quartier du Guichet {2). Le feu passa avec encore plus de facilité dans le faubourg de Saint- Valérien , où il brûla une partie des maisons de la rue de la Douvcrio, appelée autrement la Grand'Rue; urtc partie de celles de la place du Marchéau-Blé, près ladite porte d'Amont, jusqu'aux Trois- Rois , auberge qui conserve encore le même nom, près le Saint- Sépulcre, et de là jusqu'à une porte du mCme faubourg, appelée de rE{;uillei ie.
Dans ces deux incendies, il y eut plus de mille maisons de brûlées, dont une partie était très-fournie de provisions,
(1) • Les jeudi cl vendredi suirarts, dil Garcis, uoire église de Sain 1- ■ MÉdard Cul brùfée avec les maisons du nitae faubourg, par le capilaine t de la Patrouille el autres gens de la Li|;ue, où je perdis mes mcublej.. • Ce curé rei;retlail a la perle csliinuble qu'avaient fiiite ses bons paroit- * eieiia. » La clmrpeDle et la coureflure de son égliw furent rëlaliliei arantan mort, arrivCc eu IGOl.
(3) Après rinceiidie général de 1733 , on tint pendant quelques niois le marché devant Suinl-Alédard. On le tronsréra ensuite â <.-et ancien quartier du Guicliet, enlre la porte et le cimelière de l'Hûtcl-Dieu , que l'on a rempli de terre en partie depuis ce temps, Les maisons de ce quartier ii'araient point été rétablies depuis Piacendic dont il est ici qocalioa, Le marché avait donné occciiou d'j bâlir quelques niaisonuelles au pied des murs de la cille. Elles oat été rat^s pour former la nouvelle porte de sortie is la ville, en dehors.
AU
m COMTÉ UE DIINOIS.
de grains de toute espèce et d'autres marchandises. L'estimation de la perle Fut portée i^plus de cent mille écus.
Une pareille barbarie irrita !e prince de Conti , qui n'avait pu , dans ces nuits de trouble, parer à ces désastres comme il l'eût souhaité. Dès que le désordre occasionné par ces incendies eut cessé, il fit battre la ville en brèche. Les Ligueurs, qui n'étaient pas en état de tenir longtemps, demandèrent à capituler après les premiers coups de canon.
Ils crurent, par cette offre précipitée, tirer meilleur parti des nssiégeans, mais le général était trop indigné de leurs excès, et ils lurent forcés de se rendre à discrétion.
Le gouverneur La Patrière fit de son mieux pour se disculper auprès du prince, mais il lui manquait de bons moyens de défense , et il fut conduit en lieu de sûreté. Pour le capitaine Basque et sept ou huit misérables, coupables comme lui de plusieurs forfaits , ils furent condamnés à la corde et eséculés sur-le-champ. Le prince, avant de se retirer, pourvut à mettre la ville à l'abri des attaques des Ligueurs, en y laissant une bonne garnison.
La mémoire de Henri lU était toujours respectée. L'année révolue de sa mort, on lui fit encore un service solennel dans l'église de la .Madeleine. G'cstainsi ques'eiprime à ce sujet Jean Garcis :
if Le jeudi 26 juillet 1590, fut fait le bout de l'an, en » l'église abbatiale Sainte-Marie-Madeleine, de nenri de » Valois, naguères roi de France, où les processions tant D de la ville que des faubourgs assistèrent. t>
Ces faubourgs n'étaient pas à l'abri des insultes des gens de guerre-, le prince n'avait laissé que ce qu'il fallait de troupes pour garder la ville seulement. Le 15 août, un parti de la Ligue ne sut faire pis que d'augmenter le désastre du faubourg de Saint- Valéri en par le feu. L'église paroissiale fui comprise dans ce dernier incendie, et, comme on né-
insroinE
gligea] d'enduire le dessus de ses voûtes jusqu'à œ qu'on fut en étal de rétablir la cliarpenle , elles commencèrent à s'écrouler au mois de mars de l'année suivante , avant qu'on eût rétabli sa couverture (1).
Le roi , cependant . ne remplissait point la promesse qu'il avait faite de se faire instruire dans lii religion etitholique , ce qui , en diminuant l'espérance de sa conversion , coramencait à inspirer de l'éloigncment pour lui à bien des grands de sa cour. Henri 1", comte de Dunuis, était du nombre. Son zèle pour Sa Majesté parut se ralentir jusqu'à son sacre. Il alla môme jusqu'à concevoir cette aiinéo 1591, l'idée de foire passer la couronne au cardinal de Bourbon , aussi bien que son frère le comte de Sainl-Pol.
Henri IV flt semblant d'ignorer leurs complots. Il &e comporta vîs-à-vis d'eux avec les ménagemens convenables à sa situation et cet air de conGunce qui relient les sujets malgré qu'ils en aient, en sorte que le duc de Longueville était à ses côtés devant Paris , à la journée des Farines, au mois de janvier, et qu'il lui continua ses services en 1592. Ce ne fut pas sans se joindre au parti que l'on nommait des Politiques, qui, la même année, résolurent de signifier au roi que s'il n'embrassait la religion catboliquc dans un temps marqué , ils procéderaient à l'électinn d'un roi qui professât la véritable religion.
Ce parti traita néanmoins les choses d'un style moins dur dans l'ciécution de cet arrêté , où l'on donnait la préférence au îèle sur la justice. Le monarque le calma parles marques de conversion qu'il donna publiquement dans l'église de Saint-Denis en France , le 25 juillet 1592. A l'offrande qui
(1] Le lundi 11 mars 1S91, la voûte de râglise de Saint-ValÉrîen comtnença à (omber par l'JDcendSe naguùres de lodile «^gltse, el surtout par la Bâgligence des gagnés. Celle égl in: Tut rftabllc daus les aonies 1593 et 15D9, çvmioe pone une ÎDScriplion qui armouce qu»le avait été détruite dam l'incendie général du f^iubourg, ea 1590.
^^^Sm
]){] CUAITE Dli DINOIS.
fut fuite à In messe célt'brée pour cette cérémonie , le duc de Longueville prit rang comme prince légitimé , et fut suivi immédiatement par son frère le comte de Saint-Po!. Il fit son office de grand-chambellan au sacre du même roi, dans la cathédrale de Chartres, le 25 février iô9i. Il en reçut le collier de l'ordre du Saint-Esprit, le 8 janvier 1595, année qui on fui une de deuil pour bien des familles, par la quantité de pcrsanTle!^ qui furent enlevées par des fièvres chaudes et pestilentielles.
Elle en fut une en particulier pour la maison de notre comte et pour tout le Dunois, où il était tant aimé. On y pleura le funeste accident qui enleva le prince. Le roi l'ayant envoyé dans son gouvernement de I^icardie, pour en visiter toutes les places et pourvoir à tout ce qui y serait à propos pour le bien de son service . les lioiiiieurs qu'il reçut en entrant dans la ville de Dourlens rendirent impossible tous ceux qu'il aurait pu mériter dans la suite. Dans une sahe d'arquebusade, il en partit nue chargée à balle qui, du môme coup, tua le duc de Longueville et le capitaine Ramel , homme très-expérimenlé pour les fortifications, à qui il parlait en entrant. Si on encruit les mémoires de l'Etoile, le coup qui renversa ce duc, que Brantôme appelle « un fort adroit prince et un bon gendarme, n ne fut point un effet du hasard : ils taxent le maréchal d'Ancre d'en avoir été l'auteur (1).
Kamel mourut sur-le-champ, et le duc quelques jours après seulement, c'est-à-dire le 2!) avril. Les historiens conviennent qu'il fut généralement regretté et qu'il le raé-
(4) D'aulici en cLargcnl Gubricllc d'KsIiéc», avec laquelle le comle avait eu de» liaisons secrètes. Il l'aïaîl irrilée en la U'ompant, lorsqu'il lui rendit set billeLid'aaiour , pour téder la |ilace à Henri IV et ne se pas exposer tt une ili.<>grace en tcnaiiL lioii vis-A-vJ» de la belle, il avait gardé les bjlleU, qui parlaient te plus clairement du monde, el l'on prétend qu'il n'avait pas gardé le secret.
IIISTOIKK
ritait. Les habilnns d'Amiens , où il mourut, donnèrent, à sa mort, des marques éclatantes de leur douleur. Son corps fut apporté à ChiUcnudun et descendu dans le caveau de la Sainte-Chapelle, avec ceux de ses ancêtres; ses entrailles Turent portées à Bloîs , et son cœur dans la chapelle d'Orléans , aux Célestins de Paris.
Oeuri II d'Orléans succéda en naissant h Denri I*', son père , dans le comté de Danois , le duché de Longueville, la souveraineté de Neufchiltei , etc. , et dans la charge de grnnd-cliainbelJan. Catherine de Gonzti^uc , sa naère , n'était accouchée de lui que deux jours avant l'accident dont je viens de parler. Le roi , touché comme les autres de la mort du duc , qui était son neveu, pour donner des marques de son attention pour sa veuve et d'estime pour le déTunt, voulut tenir sur les Tonls le fils qui venait de lui naître ; il le nommn lleiiri et lui conféra le gouvernement de la Picardie. Son oncle , le comte de Saint-Pol, ût tes fonctions de gouverneur dans cette province , pendant le bas-âge de son neveu , qui , dans la suite, fut fait gouverneur de Normandie.
Sa mère donna une attention particulière à son éducation. Il répondit si bien aux soins de cette princesse, qu'il devint un prince aimable, bon , généreux et d'une conduite généralement estimée.
La paix de Vervins, entre Henri IV et Philippe It, fut annoncée publiquement à Châteaudun, par les magistrats du corps de ville , au mois de juin 1598. Le lundi 1.5 de ce mois, au matin, le clergé assemblé dans l'église collégiale de Saint-André, en partit processionnellement, précédé parles deux compagnies bourgeoises et suivi des différens corps de la magistrature, pour aller dans l'église de Saint- Valéricn . où l'on célébrait la fétc de saint Vitte. Le Te Deum y fut chanté solennellement, après quoi le corps de
ville, escorté de deuxcompagnitis de milices bourgeoises, alla meltre le feu au bûcher. Il y eut la veille et le jour plusieurs décharges de l'artillerie , et le soir des feui dans différeris quartiers tant de la ville que des faubourgs.
Ce fut Catherine de Gonzaguc qui, pendant la minorité du comte de Dunois, Henri II d'Orléans, soti Fils, donua les provisions du baillioge de Dunois à Charles Loiseau, le 19 juillet IGOO. Ce snvanl légiste <Stail né à Paris en 15G4-, de Renaud Loiseau , avocat au Parlement , originaire de No{;i'iit-lc-Roi , diocèse de Chartres. Il eut pour marraine la duchesse de Valeiitinois. Les matières de droit firent de bonne heure le fond de ses études. Plusieurs érudits pensent qu'il avait mieuî cutendu les derniers livres du Code que le fameux Cujas. il n'avait que vingt-sis ans lorsqu'on 1590 il fut fait lieutenant particulier de la ville de Sens. Il posséda cet office jusqu'à ce qu'il devînt bailli de Dunois. H en exerça la charge pendant dix ans . après quoi il usa son séjour à Paris, où il se rendit utile au public par ses cousullations. On dit dans le pays que sa sortie de Châleaudun fut occasionnée par une brouillerie qu'il eut avec Catherine de Gonzague, et qu'il encourut la disgrâce de cette comtesse douairière , pour avoir rendu contre elle une sentence eu faveur d'un maréchal de Châteaudun, dont le mémoire paraissait trop enflé à la dame et qui parut juste au bailli. Charles Loiseau mourut h Paris , sur la paroisse de Saiut-Cosrae, le 25 octobre 1G27. On voit son épitaphe dons l'église de Saint-Cosme. Il avait été marié aveo une ûlle de Nicolas Tourlier et de Rose Altégo, Ce Tourlier était trésorier de Catherine de Gonzague.
Ce fut à Châteaudun que Loiseau composa la majeure p'jrlie de ses ouvrages. Celui des Offices, qu'il dédia à Catherine de Gonzague, les Traités du Déguerpisseraent, de la Garantie, de l'Abus des justices de villages, etc. Du
33fi
îiisroïKli
temps de Loiseau , le siège de Châlcaudun avait de bons avocals, tels iiue Le Jny, Téron el Michel Martin, qui comimuiiqua à Belleforûts ce qu'il savait sur Châteaudun.
L'année 1G05 fut rem<irqualilc pnr une fonte de neige si considérable, que le samedi *2-2 ftivrier, les deu.v bras de rivière qui forment l'île de Chemars ne formèrent qu'un tout, et s'élevèrent à une si grande liauleur que , non-seulement les habitaiis de rîle, mais plusieurs de Saint-Jean et de Saint Médard ne Irouvèrcnt de salut que dans leurs greniers, et ceux des maisons les plus basses , sur leurs toits. Le pont de Saitit-Médard s'entr'ouvrit par le milieu. Le lendemain . la rivière était couverte de débris de naaisons et de moulins qu'elle cliarriait. La plus grande partie de l'eau était arrivée pendant ta nuit , dans l'horreur de la(|uellc les cris des pauvres habitons de Ctiemars dominaient le bruit des flots, et semblaient à chaque instant annoncer leur perte à ceux de la ville, qui gémissaient de no pouvoir leur donner aucun secours. Il ne périt cependant que trois personnes de Chemars, savoir : un enfant au berceau , un homme dont la maison fut emportée prés le pont de Saint- Jean , et qui s'était réfugié sur un arbre. Il le quitta trop tôt le dimanche après midi , pour gagner à la nage un petit endroit où on l'encourageait à passer, parce qu'on pouvait lui doinier du secours. Il fut emporté dans le trajet et noyé ; on le trouva le lundi, tout brisé, au pied d'un autro arbre qu'il tenait embrassé; la troisième personne noyée fut une servante du Moulin-à-Tan. Son maître, sa maîtresse et un petit enfant s'étaient abandonnés dans leur petit batclet à la Providence, et ils eurent le bonheur d'aborder du calé de la Boissiète.
Cet accident fut suivi de maladies contagicuseg , et les dimanche et lundi de Pâques de l'année suivante , il 7 eut des foudres et des tcmpÈtes qqi firent beaucoup de dégâts.
Il nvait paru des eomùles depuis 156i, et le peuple ne chercha pas nilk'urs les causes de ces événenicns.
Les frères niinoiirs de l'Etroite-Observance, formés en Espagne en tô31 , avaient été introduits en France, et d'ijbord à Nevers, l'on t592, pur Louis de Goitzague, père de la liucliesse de Lont;ueville. !l ne fut pas dilfloile à ces religieux . que nous appelons llécollets, dans ce royaume, d'obtenir l« prolectioii de celte dume pour s'y étendre. Elle s'eiiiremil dans celle année pour leurprocurer une maison dans le Duiiois:
La Maladrerie de SaintLaiare-iès-Châleaudun lui parut uu lieu convenable pour donner une retraite à ces réformés de Sailli-François. Elle fit proposer son dessein au corps de lu ville, qui, dmis une assemblée générale tenue dans riiétel commun le '2k juillet , dontia son consentement à ce nouvel établissement , à condition que l'es charges de l'ancien y seraient luquillécs comme par le passé.
Il fallait ijûssi le consentement spécial du chapitre de la Sainte-Chapelle, qui était devenu propriétaire de cet hôpital où il entretenait un chapelain. Il fui signé par les capitulans le lendemain. Deux jours après . c'est-à-dire Ie27 du même mois, la princesse protectrice obtint un arrêt du Conseil d'Etat du roi » qui autorisait l'introduction des frères Kécotlets dans l'hâpitat de la Maladrerie de Ch&teaudun , et le 1" août suivaitl, des lettres-patentes pour le même objet.
Quoique tous ces préparatifs eussent été faits avec beaucoup de diligence , le mauvais état des biitimcns de Saint- Lazare fut une des causes pour lesquelles les Kécoltets tardèrent encore deux ans à prendre possession de cette maison. Ils y furent introduits solennellement le 26 août 1608 seulement . par les prévôt et chtfnoinès de la Sainle-Chapclle. On pàrlit processionneliement de leur église. Jean de Beausourles, soigneur de Bourguérin, gouverneur de
8 JltSTOmE
Dunois { I ) , à lu (été du corps de ville . suivait la proression. Lorsqu'on fut arrivé ;i Saiiit-Lnzare, le prévûlde la Sainte- Chapelle bénit une croîs qui y fut pliintée , ensuite le gou- Terneur posa la première pierre d'un bâtiment qui a subsisté jusqu'fn 1729, que [es religieux oui commencé à le rebâtir, et n'ont laissé subsister des anciens bàtimens que l'église et un petit corps fie logis en face de la grande porte coclière , dont ils ont c'ié autrefois redevables a un bourgeois de Ch^teandiin nommé Travers.
Par les conventions entre le corps de viile et les tlécollets, ceux-ci s'étaient obligés d'entretenir une sali» pour loger les lépreux , s'il s'en présentait, et comme ils tardaient à remplir cotte obligation, ils furent attaqués par la ville. qui voulut les contraindre à snlisfaireii leur engagement. Celle afTsire fut apaisée par le zèle de la comtesse douairière ("2) et pur M"" deSourdis, baronne d'Alluyes, qui se portèrent caulinn ptitir les religieux d'une somme de six cents livres, àrefl'eldc la constiuctiou de la salha demandée.
Les religieux s'obligèrent, en attendant qu'ils fussent en état de faire construire le bâtiment requis, de loger dans le leur les m.ilades lépreux qui se présenteraient, de leur dire la messe, d'en avoir tous les soins convenables, sauf pour l'administration des sacromens. Ils avaient déjà éti^ déliés condilionncllement de celle dernière charge, par le chapitre de la Sainte-Chapelle, dans le traité du 26 juillet 1606. C'est qiip ces religieux , dont l'humilité et la pénileiicc étaient les princrpates conditions d'existence, ne devaient pas s'immiscer dans le ministère hiérarchique. Il fallait une permission de leurs supérieurs pour déroger à ce point ,
(1) Il ilait r«lé vcnT, en 1601 , de Jl^anne de Hfonlmorency-Fosseux.
(I) Il y a dans l'hùtel-de-TUIc une lettre de la comlcsae douairière â ce sujet, datée du cbâieau du Coulonimier», [e 10 juin 1616, adressée aux maire et échcTius de Chàleaudun.
IlU COMTÉ DE I)IIN015.
selon l'exigefice des cas. Il ne paraît cependant pas qu'ilse trouvât eiK-orc de fréquentes occasions d'être utile aux malades de la lépro dJins cette maisoB, depuis que l'art mt'dictil a trouvé te moyen de prévervir celte afl'reuse maladie. Les Récollcls sont, je crois, restés seuls et tranquilles dans cet liôpital jusqu'à ce jour.
Jacques Eary , chirurgien de CliÂleau^lun , qui vivait dans ces temps, dit (l)quc l'an 1009, une maladie inconnue mit au tombeau ceux qui en lurent frappés^ sans qu'on pût y remédier. Les médecins lui donnèrent le nom de cristalline, parce qu'elle consistait dans une grosse tumeur blanchâtre cl lucide, ainsi que s'exprime ccchirurgien. 11 ajoute qu'au mois d'aoiit de la même année, il survînt des fièvres que l'on nontma enragées, parce que ceux qui en étaient atteints soulTraietit d'une chaleur extrême qui , cependant , ne leur causait aucune altération. Ils avaient, nu contraire, tant d'iiorreur pour te hoire, que les médecins jugèrent qu'il les Tallaît bâillonner pour leur faire avaler desliqueurs de force. Par ce moren , on en sauva plusieurs. Ceux que l'on ne put faire boire en moururent.
Le livre dans lequel Bary rapporte ces faits el d'autres , est un petit traité de chirurgie de cent soixante-quinze paj^es, intitulé : La Logique Chirurgicale, qu'il avait fait imprimer à Paris, chez Saugrain , en 1613, et dédié au comte de Dunois , Henri U, duc de Longueville. Quoique Bary ne sût ni grec ni latin , comme il le dit lui-même, on voit néanmoins qu'il n'ignorait pas tout ce qui a été écrit dans ces langues de relatif h son art, La lecture el la réflexion , l'assiduité au travail sous Bertrand Bauchet, habile chirurgien à Chfttcaudun , et l'ardeur qu'il mit à profiter des leçons de ce maître, avaicntparô h ce défaut dans Dary, dont le petit traité oc parut pas assez mauvais pour échapper
(1) DaniEa Logique Ckinirgiealtj jecMon premiirc.
iiisToiiu:
à tn critique de ceux qui lui portaient envie. Il paraît, par son épître dédicaloirc , qu'il était attaché au seigneur à qui il l'avait dédié , et qui résidait souvent à Châleniidun , où il faisait son amusement du jeu de paume, entr'autres exercices.
Henri II d'Orléans n'élail âgé quede vingt-un ans lorsque le II avril 1617, on lui fil contracter mariiigeavoc Louise, fille de Charles de Bpurbon-Soissons , grand-maître de France. Il devint veuf le 9 septembre 1637, et il ne luî resta de ce mariage qu'une fille dont il sera question ciaprès<
Louise de Bourbon était une princesse pieuse qui n'eut pas toutes les prémices de l'iSj^e nubile de ïïcnrill. Jacqueline d'IlJiers-d'Entragucs avait eu part au cœur du prince avant et pendant qu'elle futabbesse de Saint-Avil, au grand scandale de son étal (1). Il no parut cependant pas de fruit de cette liaison pendant les trois ans qu'elle fut abbcssc. Suivant ce que j'ai lu à son sujet, ce ne doit f-tre que quatre ans après la résignation do son abbayo-à sa sœur , et lorsqu'elle était, à ce qu'on croit, retournée vivre dans la maison paternelle à Chantemesie , c'est-à-dire l'année môme du premier mariage du duc de Longuevillc. qu'elle accoucha d'une fille nommée Gallierine-Aiigélique, que ce duc . qui en était le pérc, ûl élever avec soin (2).
{i) Henri s'intratlnisLiit mCnic h nuit ebei l'abbpstn^ par une petite porte du jnrdin rie Sainl-Avil qui donne surle closi-uiniî nummé le Muid. Cette porte est niur<^e, et cependant. connue sous le uom de Porte de Longuevillc,
(î) La Gaule Chrétienne dit que Jacqueline eut cette fille du comte de DuDois avant que d'être abbe^e. C'est apparemment pour adoucir le fait. Selon Morfry el d'autres, celte fille est morte al)l»csse de Moubcsisson Tan 1664, étant âgée de quarante-sept ans. Elle de*Bil, par con!<^qiier)l, Cire Tpnue au monde en 1(>17, qui est l'année du premier mariage du duc de Longuevitle, son |)6re. Pour sa mî-re, elle avait résipoé son ahbayc à «a MEUT, Catherine d'Klier», en 101.3, el l'on croit danj le p»y» qu'elle mourut à Cbanteiocslc en i&2li.
im COMTÉ 1)E DlINOIS.
;ni
DèsiiueccUcenfanlt'utsHSCRptiblede recevoirrenscignemetit, le fhic la mit dans l'abbnye de Manbiiisson , où elle passa dans ta suite de In pension au Tioviciat. La mère Saireau , originaire de Cliartres, en élail abbcsse. C'était le zèle de Louise de Bourbon, première épouse du duc de [.ongueville, qui avait Tait passer reltc religieuse de Port- Uoyal à Maubuisson , pour en Ôlrc la réformatrice. Elle n'en eut pas plus de ménagement pour la fille naturelle de ce duc. Ce fut contre son gré que la jeune novice fut admise à faire sa profession dès l'âge de dix-huit ans , le 30 juin
Quelque temps après, ledtio de Longueville sollicita par lui-mémr la mère Saireau, el la fit solliciter par l'évoque de Ltsicus, potir qu'elle couscrilît A ce que Catherine- Angélique fût la coadjulrice. Non-seulement il eut le désagrément d'élre refusé, mais aussi celui d'entendre dire désohtigeammentà l'alibcssequc la mère Catherine- Angélique u'élail pas en état de conduire les autres. lîomi méprisa celte décision et son auteur. Il obtint de la cour un changement de maison pour sa fille ; elle fut conduite à .Moiilivilliers. De là elle passa à Saint Pierrc-dc-Rccors en qualité d'abhesse, le 27 février 1645, puisàralibajcdn Lieu-hieu. et enfin à celle de Maubuisson rafmc ou Malnoûe, le 8 juin 16^3.
Cette obbesse y mourut généraiemenl regrettée, lo 16 juillet lG6i. Elle s'était fait estimer par son esprit et par ses mœurs. L'évéque de Périgueux prononça son oraison funèbre, et celui d'Amiens fit son épitaphc, où il faisait valoir les dons de la grftcc ot de h nature dont la défunte était ornée, sa bonté qui lui avait gagné tous les cœurs . sa piété, son esprit doux et éclairé, ferme et soumis, son zèle pour Dieu, sa charité pour le prochain , sa générosité et sa modération, sa sagesse et sa magniOccnce dans les
ÎJV2
iiisroïKE
occasions convenables, le soin do sa sanctification . ses talens pour la sanctiUcalioii des autres, et spécialement de celles qui étaient sous sa discipline , par ses exemples . ses discours et ses écrits. Il concluait que. par ses bonnes œuvres, elle avait beaucoup vécu, el trop peu par ses années.
Quelques mois avant le mnriage de Henri II d'Orléans, c'est à-dire sur la fin de 1616, Louis XIII aviiit réuni les gouvernemens particuliers des pays Charlrnin . Blaisois. Vendômois et l>unois à celui d'Orléans, en faveur du duc de Saint-I^ol , oncle de Henri. Les maire et échevins do ChAteaudun reçurent à ce sujet des lettres de Sa Majesté, datées du 21 mars 1017. par lesquelles il leur faisait part de celle union, et leur ordunimil d'obéir au nouveau gouverneur dans tout ce qu'il commanderait pour son service , leur repos el l'intérêt public.
Les seigneurs ne laissèrent pas de continuer à nommer de leur autorité des gouverneurs de leurs villes el de leurs ch&tenux , quoiqu'ils ne russci;[ pas recuimus en cette qualité par les Parlemens, selon Loiseau, dans son Irailé des Offices. Henéd'Alès. seigneurdu Corbet, était dans ces temps gouverneur des ville et cliilteau de Chûteauduu (1).
Lorsque le grand gouvernement (ut foimé, il y eut des émeutes de la part desProtestans. Le gouverneur leii apaisa au moyen de quelques troupes disciplinées. Il mourut te 7 octobre 1631 , à CliAtcauneuf-sur-Loire; son corps fut apporté à Châteaudnn et descendu dans le caveau de la Sainte-Chapelle ; son cœur fui transporté h Orléans, dans
(1) Il avait été nommé gouverncar par le roi Henri IV, à la sollicilation des bourgeois de Cli&leauilut). Ce roi voulait leur donner une garnison pour la garde de la Tille. Comme ils prévoj'aieni que, dans un Iptnpt de misère, etie leur serait à charg'e, ils rcmoDlrèrent A ce uionarque que , s'il voulaii leur donner tieoé d'Alés pour leur capilaioe et gouverneur, ils te garderaient eux-mfmes, te qui leur fut scrordé.
DU COMIii ItH DUMUS.
la chapelle de Notre-Dame de l'église de Sainte-Croix, que son épouse, Anne de Cauroont, ovait tait orner de mîirbre. Ils avaiont eu un fils nommé Léonor , qui avait été tué en 1622, ou siège de Vlonlpellipr . où il reçut Irenterinq blessures , n'étant ûgéque de dii-sept ans.
Depuis la triste Cn du maréchal d'Ancre et de sa femme, Sébastien (laligaï , on si l'on veut Sophas , frère de In maréchale et flis d'un menuisier de Florence , mais archevêque de Tours et abbé de Marmouliers, s'était retiré dans le lugubre manoir des Bois-de-Nottonville , dit Nottonvillel'Abbayc-en-Dunois, pour y finir ses chagrins. Ce prélat avnit été nommé abbé de Marmoutiers en 1610.
Leï> moines, dont les richesses font quelquefois des hommes vains, ne le reçurent que par force , disant que Galigaï avnit été fossoyeur à Florence , et qu'ils étaient faits pour n'avoir que des princes pour abbés. On dit que le pauvre Galigaï était si mince (excepté peut-être du côté de la roattérej qu'il y avait quatre ans qu'il travaillait à apprendre ù lire , sans cn pouvoir venir à bout d'une façon satisfaisante , lorsqu'il fut pourvu de celte abbaye. Son extérieur ne devait guère servir de voile à son ignorance, car on le nommait communément le magot de la cour. Quoiqu'il en soit, il joignit la crosse de l'archevêché de Tours à celle de l'abbaye de Marmouliers dans sa personne. Il ne vécut que quatre ans dans sa retraite de Noltonvillel'Abbaye. II y mourut âgé de cinquante-neuf ans, le IG décembre 1G2I. Son corps fut inhumé dans le chœur de l'église paroissiale de Nottonville, où il a fondé son anniversaire. Son cœur resta dans sa chapelle des Bois-dc-Nottonville, oA il fut scellé dans ta muraille. Jacques de Sanardy , seigneur de Bellenu , gouverneor et prévôt de Bonneval , qui lui avait été attaché et qui avait été son protégé , a fait son épitaphe. placée au mur de l'église , du côté de
S'il
HISTOIKK
l'épîlre. en face du lomboau. C'est ainsi qu'il s'y exprime IJOur fitire lï'loge du prébl :
• Vitx iiitcgj'ilatF, aiiimi coustaniiâ, ■ Morutii itiDOccnliâ conspicuus ;
» Imriiudicis t:ini bliindiiiiilis
t Quaiu iKCvieivlis rurluiia? conalibui ,
• Ncc clalo unquatn , nec dcjeclw. »
Les édileiirsdu suppIéniLMil <Ic IMorcry ont élu mnl iuforrtié», lors«iu'ils oui avance qu'il sVlait rL-tiiù en Italie aiec une |)ension , pour y finir ses juuis avec son neveu. L'écusson de ses arrnes , à l't'piiaplie , est semé d'argent et d'azur et clirtrgé de bois , chevrons de gueules.
Le G mai 1(126 , il y eut à Châteaudun une grande inondfllion, qui fut causée par des pluies considérables. Elles Cureiil accompagnées d'oraj^es l'nrieux , pendant lesquels le lonnerrelombasurliioliapeliedeNotre-Dame-du-Champdé, et brûla la majeure partie de sa couverture.
LesalTaires du Canada étaient en très-mauvais étal dans ces temps. Jacques de lu Ferté , successeur de René , son Irére , dans l'abbaye de la Madeleine deCiiûteaudun, touché du peu de progrès des colonies Itançaises dans cette contrée, fut des premiers, en zélé patriote, à former, en 1627, la compagnie des cent associés, pour rétablir le commerce dans cette partie du Nouvcau-Moadc et y faire fleurir la religion catholique. Le roi Louis XIII goûta leurs bonnes intentions. Satisfait de leur projet, et n'étant pas en étal d'agir par lui-même , il abaïK^onna à ces associés la propriété du Canada, sauf son droit de souverain, la foi et hommage et une couronne d'or à chaque mutation de roi.
Quoique l'abbé de la Madeleine sentît bien que l'entreprisu était plus critique que ne pensaient plusieurs de ses associés, il se mil cependant à la léte de celle société, pour contribuer, du moins pendant quelque temps, sinon à
m COMTK 1>K DUNOIS.
augtncnler, du moins à ne pas laisser perdre pour le
royaume tout II' fruit des découvertes de Vérazanî, de Jacques Cartier, des dépenses du ranrquis de In Roche et de M. de Monta et autres. Il porta sa compagnie à exclure de ce pays louslesreligioniiairesetà leur en fermer l'entrée. Il consentit qu'on eu rappelai les llécollets, à cause de leur pauvreté, peut-être aussi pour plaire aux Jésuites , qui y envoyèrent de Irès-Lons missionnaires.
Le zèle des associas plus que leurs facultés contribua , pendant leur règne, à l'établissement du collégede Québec, pour lu fonihitiun du(iucl Uuliuul de Gamaclie. leur admirateur, donna sis mille écus l'an 1635. Ceui des Hospitalières et des Llrsulincs de la même ville de Québec, les colonies de Sillery et de Motit-ttéal , où Ton fonda un hôpital en 1059 , sont dus aussi aux associés.
Ils eurent cependant le chagrin de voir les Iroquois prendre le dessus sur les Hurons, nos alliés, jusqu'à détruire cette nation dont les restes se dispersèrent en 16i9 , faute de secours que la compagnie n'était pas en état de fournir. Elle tombait elle-même , et il n'en restait plus que quarante-cinq membres, lesquels, compris l'abbé de Chèteaudun , désespérant , faute de moyens, d'être davantage utiles à la colonie , se démirent, en 166i, entre les mains deLouisXlV.de tous les droits qui leur avaient étéconcédés sur le Canada.
Dans l'année (GSO, il y eut disette de grains et des maladies contagieuses; cellcï-ci furent encore plus terribles l'année suivante, spécialement dans le mois de mai. Les morts furent si subites et si fréquentes dans la ville même de Châteaudun, que la plupart de ceu:i qui ne se sentaient pas eneorc atteints de la maladie prirent le parti de la fuite. La terreur passa dans le clergé , de façon que leschanoines de Saint-André furent se réfugier a Bonnc^al , où ils firent
leur office dnns l'église paroissiale de NeUre-Pame. Ceux de l<i Soinle-Chapelîe allèrent à Droué , cl tirent leur collégiale de Noire-Dame de Boisselcau. Il ratliil un arrêt du Conseil pour empi?clit'r tous les ofDciers de la justice d'en Taire aulonl. Il fuldérentlu par cet arrêt aux nlTiciers du fisc, de sortir de Chûtenudnn , sous peine de In vie. Les précoulions que l'ou prit ne furent point inutiles.
La mort termina dans la tour de ClnUeaudun, le 7 aoât 1632, tes chagrins du {;arde-des-sceaus Michel de Marillac. Il y était détenu prisonnier d'I'Ual, ou plutôt victime de la vengeance outrée du cardinal de Bîclielieu. Cet implacable ministre déchargeait sur lui une partie de la punition d'une faute où on ne put le convaincre d'avoir eu part. Le maréchal do Marillac, frèredu prisonnier, s'était rendu coupable vis-à-vis du ministre , à la journée de Sniiit-Mirrtin ou des Dupes, où il avilit opiné pour qu'on se défît du cardinal , qui ne se trouva pas sufHs.immeiit vengé en faisant tomber la tôtedu maréchal. Le corps du garde-des-sceaux fut transporté de Chùteauduri à Paris, et ses entrailles inhumées dans l'église de» Hécullels duditChâteaudun.
La même année 1632, on vit éclore à Chfiteaudun les fruits brillans du travail et du génie d'un habile artiste de cette ville. Jusque-là on n'avait connaissance que des émaui traiisparcns de très-peu de couleurs différentes, comme le noir, le blanc, la couleur de chair et quelques autres teintes (1). Jean Toutrn , wrèvre de Chàteaudun , qui excellait dans ceux- liï, avait inventé les émaui opaques composés de couleurs mates de toutes les espèces , et avec lesquels il pratiquait tout ce qu'on peut faire généralement avec les couleurs à l'huile. Cette sorte de peinture , qui est entièrement minérale, doit son éclat et son vernis inella-
(1) On donne Polygnotc-Tbarieu pour le premier peintre en éaiail oa couLeun lunduei.
1>U COMTÉ UE DIINOIS.
cable à la dureté el l'union que le feu communique aux couleurs mélaltiques.
Jean Toutin était de ces caractères eommunicatifs qui mettent leurintériJt ù part lorsqu'il s'agit de contribuer à la gloire de la pairie. Cet habile orfèvre et peintre . nu lieu de cacher soii secret pour sa seule fortune , ou du moins de ne le faire passer qu'à son Ûls. artiste d'un génie fécond comme lui , en fit (lart à Gribeliu , son disciple , à Dubié, qui travaillait dans les galeries du Louvre, à Molière, orfèvre à lUois , et à plusieurs autres, qu'il encourageait à travailler autant qu'il était en euv, et à porter sa découverte à sa plus grande perfection. Son fils , qui se nommait Henri, lit, entr'autres ouvrages en ce genre . une boîte de montre qui fît l'admiration de la cour, pour la r«inc Anne d'Autriche, pendiuil sa régence, sous la minorité de Louis XIV.
Reriiicr, dans son histoire , fait mention au même siècle d'un nommé Guedou . trèa-liabile musicien, originaire de Châieaudun.
Quoique l'abbé Jacques de la Ferlé ne fût que comraendatnire de l'abbaye de la Madeleine , comme il habitait assez souvent sa maison paternelle , pnroisse de Saint-Lubin de Châleaudun , il sonbjiitaitavec le plus grand zèle de voir le bon ordre etlédiGcalion régner dans son abbaye, et c'est ce qui y manquait dans ce temps.
La réforme de 1573, dont nous avons parlé , n'avait eu que très-peu d'effet. Celle de la Congrégation de France (tffrit un moyen à l'abbé de la Fertéde rétablir le bon ordre et 1^ décence dans la principale église de Châteaudun. Le relâchement y était si public, que le commendataire présenta simplement sa requête au cardinal de La Rochefoucaud, commissaire-député par le pape Urbain VTIL, à la réforme des chanoines réguliers , entreprise par le père Charles Faare . alors visileur-générîil de la Congrégation-
1IISTU11U-:
pette démarche , approuvée par la cour, eut l'effet qu'il souhaitait. Il traita avec les Kérormés le k septembre l(S3k, pour les introduire dans snti nblmye. L'acte tut dressé par Capitan et Charles, notiiires à Paris, et le 29 du même mois, il obtint un arrêt du conseil qui autorisait le traité, et qui ordonnait qu'il eût son efTet. En conséquence, Barthélémy, bailli d'Orléans .commissaire nommé par la cour, conjoinlcment avec le réformateur Charles Faurc, coadjuteur de l'abbaye de Sainte-Geneviève, introduisirent des chanoines de la nouvelle réforme dans In Madeleine , le lundi 18 (icccmbre suivant, il y avaitencore dans la maison dis anciens chanoines à qui il était permis d'y rester. Ils remirent les clefs aux nouveaux, et ne firent point difficulté d'assister au Te Deum qui fut ehanté h leur instalInLion dans le chœur.
Le 53 mai 163C, on essuya une tempête si furieuse à Chateaudun , qu'elle renversa un beau portique en pierre qui furmiiit l'entrée de la chapelle du Champdé, dont elle emporta encore une partie de la couverture. Elle fui suivie d'une inondation qui fit de nouveaux ûégdl^^ au couvent des Cordeliers. L'eau s'éleva dans leur choeur jusqu'au dessus de la boiserie de leurs stalles.
Le jeune ^omle de Dunois. Henri II, duc de Longueville (I], gouverneur de Normandie, avait donné dans la politique depuis son mariage. Aussi capable dans les conseils que dans le commandement des troupes, il n'était pas moins jalous que les autres princes et bien des grands de l'ascendant que le cardinal de Richelieu avait pris au Conseil pour le gouvernement du royaume. S'il sentait combien le
[1] Suivant un compulsoirf fait le 26 août 1634 . le roi Henri IV donna des letlrcs portant éreclion du comté d«]liinoi»en duché-pairie, en faveur de Henri ]I d'Orléans, Le ticur Scucltay , qui fail meoLion de ceci dans «on manuscrit, n'a point marqué où ce compultoire a Été fait ni la date de ces leUres, qui n'out point été euregislrées.
m COMTE DE DUNOIs.
système du cardinal étnil avantageux à celur qui tient le sceptre et à l'Etat en générnl , il n'en sucromba pas moins au dépit que lui causa \u désavantage qui L>n résuKail pour les grands trop ambitieux. Ou ne sait que trop qu'jl a 6té taxii d'avoir poussé avec eux ce dépit jusqu'à traiter du massacre de ce prëlnt à Eleury . l'an 102G , projet exmable, et que le caractère doux et plein de grandeur du duc de Lougucville n'eût jamais eiitanlr. S'il parut s'y prêter , ce fut pour ne pas encourir l'inimitié des princes du sang, parmi lesquels il était jaloux de conserver le secoîid rang, qui avait été soloiiricllement accordé à ses artcêtres ; mais le délaut d'exécution de ce lâche projet ne fut rien moins qu'une peine pour lui.
La cour eut lieu d'élre satisfaite de ses services après ces bourrasques. L'an 1(J37. il prit sur les Espagnols Saint- Amour, Lons-le-Saulnier en Franche-Comté, Blwtterans, etc. L'année suivante, il défit le duc Cliarles de Lorraine, se rendit maître de Poligriy, et, le 7 novembre, il vainquit le prince Savelli , près de Blamotit. Le. 2 mai de colle année 1638, il porta à Louis Xlll foi et hommage pour le comté de Dunois, à cause île son château du Louvre , ce que les conntes ont continue depuis.
Il commanda en Italie l'an 1639. ensuite éfi Allemagne, où on le fit passer pour prendre la conduite de rarinée du duc de Weimar , après la mort de ce général II y lit plusieurs conquêtes , tant dans le Palatinat que dans l'électoral de Mayence, jusqu'en 164.1.
J'ai dit que Louise de Bourbon-Soissons l'avait laissé veuf en 1637. Il ne conlracta une seconde allianie que le 2 juin 16'*2. Ce fut avec Anne-Geneviève, princesse de Bourbon-Condé. àqui on reproche autant l'esprit de trouble et de galanterie qu'on loue la première femme de Henri, pour son caractère de paii et d'union cl l'inlégrité de ses