CHAPITRE PREMIER
réditaire, leur digoitc en souveraineté, pour ainsi dire, indépendante, et se constituèrent suzerains des contrées dont ils avaient été les simples justiciers. Ainsi firent les Comtes DE Genevois, qui étendirent même leur domination sur tout le Comté de Vaud, et, ne reconnaissant au-dessus d'eux que le chef de l'Empire, furent presque sans interruption, jusqu'il la domination de Pierre de Savoie, les supérieurs immédiats des comtes de Gruyère et de divers autres seigneurs féodaux, dès la frontière de la Savoie propre jusqn^à la jonction de PAar et de la Sarine^
Guillaume \^ vers 4080; en ii04etiii5.
Vers la fin du XI<» siècle, Téglise de Cbâteau-d'OEx, fondée au lieu dit lo Chanoz (le Chêne), sur une petite colline à quelques minutes du château , qu'elle a remplacé depuis*, était la seule église paroissiale qu'il y eût dans le Pays d'Enhaut. Elle avait à cette époque reculée des dîmes et des revenus dans les environs. La vallée de Château-d'OEx était habitée; la culture des terres et l'éducation du bétail avaient fait des progrès dans ce quartier. La population d'alentour allait croissant : elle rendait nécessaires de nouveaux défrichements et de nouveaux établissements, soit civils, soit religieux.
Dans ce temps, sous le pontificat d'Hildebrand, plus con-
' La vassalité des comtes de Gruyère envers les comtes de Genevois résultera de divers témoignages que nous aurons l'occasion de citer, et particulièrement de notre Mémoire sur les Comtes de Genevois.
* Voir Vlntroduciion, p. 28 et suivantes.
nu SOUS le nom de Gr^oire VII, sous le règne de Tempereur Henri IV, Bourcard étant évëque de Lausanne, dans la seconde moitié du onzième siècle, Guillaume comte d'Oco, soit de Gruyère, sa femme Agathe, leurs fils; Ulric, cousin du comte, sa femme Bertbe et leurs Gis; persuadés que: € L'aumône fait Texpiation des péchés \ > donnèrent librement et sans réserve , à Dieu et k S^-Pierre de Féglise de Cluny, le terrain alors inculte et désert entre les deux torrents qu*on appelle Flendrus', avec un homme, c'est-à-dire un chef de famille, pâtre ou cultivateur, nommé Gautier Châtel. C'est dans ce quartier, non loin de la Sarine, k une demi-lieue au-dessus du village alors naissant de Rougemont, que s'éleva l'église de Saint- Nicolas, dont il ne reste depuis longtemps que de faibles vestiges. Dans la suite, le même comie, divinement inspiré (dit Pacte de fondation), donna au couvent de S^-Nicolas tout ce qu'il avait de dimes ou qu'il espérait en avoir au deik de l'un des deux Flendrus, ou, plus exactement, au deIk du Griesbach, du côté qui touchait la limite des Alemans', c'est-k-dire du côté de Gessenay. Le comte Guillaume donna de plus au même prieuré, du consentement de tous ses fils et de Girard, évéque de Lausanne, la dîme qu'il avait dans la vallée d'QEx. Il y ajouta sa part de la dîme de Grosse-pierre et, de l'aveu de sa femme Agathe et de ses fils, la terre qu'un de ses vassaux, Martin del Flie, tenait de lui. Ulric, fils du comte, chanoine de l'église de Lausanne, allant entreprendre le voyage d'outremer, donna, du consentement de Girard, évéque de Lausanne, la moitié de l'église d*(£x et la moitié de l'avouerie
' Ecelésiattique , III, 31.
* «Entre les deux aygues* (eaux), dit un document du 17 juillet 1559.
• Voir V IfUroducHon, p. îl.