CHAPITRE PREMIE
(le cette église. Raimond, autre fils du comte, céda la terre de Rossîoière, avec les dépendances et les vignes qu'il possédait à Corsier.
Le cousin du comte, savoir Ulric, apparemment seigneur du Vanel , fit don ^ la dite église de tout ce qu'il possédait de dîmes au deik du Griesbach. Puis son fils Hugues, prenant la croii pour aller combattre en Terre-Sainte avec son cousin le chanoine Ulric, donna au prieuré de S^-Nicolas de Rougemont l'autre moitié de l'église de Chàteau-d'OEx. D'autres personnes, désirant participer aux travaux et aux prières des religieux, et s'associer aux bienfaiteurs du couvent, offrirent k Dieo et k S^Nicolas les dîmes qu'ils avaient dans la vallée d'OEx. Turin et Hubert, petits-fils ou neveux (nepotes) du comte, donnèrent la dime qu'ils possédaient; un autre Turin et Gui, ses petits-fils ou neveux, leur dime de la montagne de Perausa; Réchon, vidomne de Villar (nommé depuis Grand-villars), la dime que le comte lui avait inféodée; Arnold et ses frères de Villar, la dime qui leur appartenait. Radbod de Mangins, voulant aller k Jérusalem, céda ce qu'il avait en propre dans le même village et dans d'autres localités, ajoutant k ce don divers serfs des deux sexes, que Jean, prieur de Rougemont, paya cent-cinq sous. Ensuite plusieurs autres, qui ne percevaient pas de dimes, donnèrent jusqn'k dix arpents de terre. Les religieux et leurs colons ne tardèrent pas k défricher ce sol encore infertile. Outre les bienfaiteurs du couvent de Rougemont que nous avons nommés, un bon nombre d'autres personnes lui donnèrent ou lui vendirent des dîmes et des fonds dans des localités qu'il n'est point facile de déterminer.
Parmi les offrandes ci-dessus mentionnées, qui servirent
à doter l'église fondée en Thonneur de S^-Nicolas, évéque de Myre au IV^ siècle, il en est plusieurs qui, faites du consentement de Girard (ou Girod) de Faucigny, évêque de Lausanne, furent confirmées par ce prélat peu de temps après son avènement au siège èpiscopal, qui eut lieu en 1 103. Le docte moine qui, vers la fin du XV® siècle, a retouché et augmenté le Faisceau des temps^y avait sans doute dans la pensée la confirmation dont nous parlons, lorsqu'il écrivit que le monastère de Rougemont fut fondé (c'est-k-dire construit) en 1 104 par les habitants de ce lieu et doté par Guillaume, comlede Gruyère*. Les divers actes de donations dont ce prieuré fut l'objet sous le régime du comte Guillaume I^, ont été confirmés par Girard, évéque de Lausanne, et Boson, évéque d*Âoste, dans une pancarte' ou charte collective, rédigée ou délivrée le huitième dimanche après la Pentecôte (1®' août) de Tan 1115, en présence de l'évêque Girard, du comte Guillaume ,' de Turin de Broc, de Lambert de Pringy, de Nantelme de Riaz, de Turin d'Epagny , et d^autres témoins, et munie du sceau de l'évêque de Lausanne, à la demande de Chrétien, prieur de Rougemont, qui, on le devine aisément, tenait k posséder un acte de reconnaissance et de confirmation de toutes les donations faites en divers temps au couvent dont il était le chef^.
On voit par la charte de fondation du prieuré de Rouge-
* Voir V Introduction, p. 78.
' < Anno 1104 monasteriom Rubeimontis fandatum ab iocoUs loci iUios et per WiUeriam comitem Graerie dolatam. Fascic. tempor. de Tan 1481, fol. 75, recto. 9
' On doooait le oom de pancarte à une charte de fondation renfermant plusieurs donations , faites par différentes personnes , postérieurement à celle du fondateur principal.
^ Il existe une traduction de la charte de l'an 1115, par le doyen Bridel,