‹ Histoire du comté de GruyèreChapitre 9 sur 170 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Le royaume de Bourgogne transjurane^ fondé en 888 par Rodolphe, comte et marquis de cette province sous le règne de Charles le Gros S comprenait entre autres le comté de Vaud, comikUtis Watdetmt, dont il est déjà fait mention dans une charte de Tan 885'. Ce comtcU oucettejuridiction, dont l'administrateur portait le titre de Comte ou de Juge (œmesy iudex) , s'étendait sur toute la partie du diocèse de Lausanne renfermée entre le pont d'Allaman ou la rivière d'Aubonne, le Léman, la Veveyse (frontière du vieux Chablais), la Sarine, le Jura ^ et limitée au N. par le canal de la Broie et par la Biberen, entre le lac de Neuchàtel et la Sarine, ou, plus exactement, par le pont de Barges sur TAar, au delà du village de Bargen, près du confluent de FAar et de la Sarine, en face d*Arbcrg\ Le comté de Vaud comprenait en conséquence non seulement la basse Gruyère, mais aussi le Hochgau ou VOgo, soit le Pays d^EnhatU ou la haute Gruyère, au moins jusqu'à la Sarine, sinon jusqu'aux Alpes bernoises. En effet, suivant une charte de Tan 1040, le lieu dit Ogo, c'est-à-dire Castrum in Ogo, soit ChàieaudCOEx, était situé dans le comté de Vaud\

* Mém, ei Doc, t. VI, p. 132, 276 et 277, oa t. IX, p. 19 et la oote 2.

* Ibid., t. VI, p. 132.

* On lit dans la charte de fondation du prieuré de Bevaix, de l'an 908, que ce monastère est situé au - dessus du lac d'Yverdon, dans l'évèché de Lausanne , dans le comté de Vaud , m eomitatu Waldensi. Matile , Monum. de fhist. de Neuchàtel, N<> I.

*' La limite septentrionale que nous donnons au comté de Vaud résulte de chartes que nous aurons l'occasion de citer dans un autre endroit de cet ouvrage. Nous entrons dans plus de détails sur cette question dans notre Mémoire sur les Comtes de Genevois, publié dans le 2^ vol. des Mémoires de l'Institut national genevois.

* «In eomitatu Valdense, in loco qui dicitur Osgo. » Mém. et Doc, t. IX, p. 53, note 1, ou p. 56 et la note 5.

Dans Torigine, le œmié d^Ogo était à proprement parler un pagtAS minor (Gau)^ ou district du comté de Vaud*.

Celui-ci, administré par un des officiers de la couronne, fut aliéné par un prince faible et dévot. En 1011, Rodolphe III, dernier roi de la Bourgogne transjurane, donna \k Tévêque de Lausanne le comté de Vaud, tel qu'il était compris dans ses anciennes limites*. Biais la charte royale ne reçut pas son entier accomplissement. Le prélat dut borner son ambition \k la jouissance de la seigneurie de la cité épiscopale, et des droits régaliens dans cette cité et dans les domaines de son église. Ce ne fut d'ailleurs que dans le courant du XV® siècle que les évéques de Lausanne prirent le le titre de comte, ^Episcopus et come$\ Quant an comUat, c'est-à-dire au droit de haute justice ou de juridiction .sur le pays indépendant de Téglise de Lausanne on de la cité épiscopale, il continua d'être exercé par des comtes. Cen&-ci, lorsque le second royaume de Bourgogne, € déjà languissant dans les mains débiles de Rodolphe le Fainéant, eut passé sous la suzeraineté contestée et lointaine des empereurs germaniques, > transformèrent \euv office en seigneurie bé-

' La plupart des pagi constituèrent des comtés (comitatus) de mtoe nom. De là vient qoe ces noms sont souvent confondus. Nous trouvons dans les chartes un pagus vjaldemis , qui tantôt désigne le comitatus , tantôt une subdivision de celui-ci ; un comitatus vuisliacensis , qui n'était en réalité qu'un pagus minor (le Vully), autre fraaion du comté de Vaud.

* « Comitatum waldensem sicut ab antiquis terminationibus est determinatus. » [Mém, et Doc. , t. VII, p. 9. ) Est-ce à dire, comme on lit dans d'autres chartes, où cependant le nom de comté de Vaud n'est pas exprimé, entre la Sarine, le mont Joutl ou le Grand S^ - Bernard , le pont de Genève (soit d*Allaman), le Jura et les Alpes? Ibid., p. 4, 14, 25; Comp. t. VI, p. 89. Le pays du S^-Bemard jusqu'à la Veveyse fut cédé vers la fin du XI« siècle au comte de Maurienne. Cp. Mém. et Doc, 1. 1, p. 37, note 54; p. 76 et la note 159.

• Mém et Doc, t. VII, p. 3.

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