‹ Histoire du comté de GruyèreChapitre 101 sur 170 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

» Les parties comprises dans le présent traité se feront siocèrement remise de tout ressentiment, de toute offense, de toute rancune. Les haines secrètes feront place à l'ancien amour, qui, Dieu aidant, durera & jamais ^ »

Ce traité mémorable, dicté par un esprit de conciliation, de paix , de vraie charité , mit fin à une guerre obstinée et désastreuse, que Berne, Fribourg et les barons féodaux se faisaient avec un acharnement et une violence qui lui donnaient le caractère d*un duel , d'un combat à outrance.

Un des bons effets de la pacification de 1350 fut l'adhésion du comte de Gruyère au traité d'alliance, ou plutôt au renouvellement des traités de confédération conclus entre Berne et Fribourg. Le comte de Gruyère déclara que lui et ses vassaux étant combourgeois de Fribourg, ils demeureraient attachés au pacte dont il s'agit '.

Le fort du Vanel , dont le sire de Krambourg , se fondant nous ne savons sur quels droits, avait contesté la possession légitime au comte de Gruyère, demeura la propriété de celui-ci.

^ Ch. dalée de Payerne, le 25 janvier de Tan 1 349 de rincarnalioD et de l'an 1350 de la Nativité , dans le Recueil dipl. dt^ canton de Fribourg , m. 108 et suiv. — Nous avions déjà traduit dans notre ouvrage le contenu de cette charte , quand nous en vîmes l'analyse dans le Mémorial de Fribourg, cahier de mars 1855. Lorsqu'on nous remit ce cahier, qui contient des deuils et des documents relatifs à la chartreuse de la Val-Sainte, le chapitre VI de notre Histoire, consacré à la Val-Sainte et à la Part-Dieu, était imprimé. C'est pourquoi le M^'morial n'y est pas cité.

* Ch. du 18 mars 135-2 de la Nativité. Ibid. , p. 124. — Le premier traité d'alliance ou de confédération entre Berne et Fril)ourg, est du 20 novembre 1243. 11 fut renouvelé plusieurs fois, p. ex. en 1271 et en 1341. La pacte de 1341 parle d'un renouvellement à l'avenir. Justiiiger dit (p 140) qu'en 1349 les Bernois et les Fribourgeois firent l'alliance qu'on renouvelait chaque année le 8^ jour après la Pentecôte.

Il paraîtrait que le différend qui s*élait élevé entre le comte de Gruyère et Jean de Boubenberg avait pour objet le château et les dépendances de Mannenberg, que l'avoyer bernois disputait au comte. I^es prétentions de ce dernier paraissaient fondées. Suivant un document, le comte de Gruyère aurait inféodé au magistrat bernois la seigneurie de Mannenberg. Lévéque de Lausanne aurait scellé la charte d'inféodation , qui porterait la date de 135i \ Quelque temps après, le dit fief aurait fait réversion au comte de Gruyère, moyennant une somme que celui-ci aurait payée à Ulric de Boubenberg, donzel, fils de Favoyer, et il aurait été aliéné de nouveau en 1356 '. En effet, le 28 décembre de cette année, Pierre, comte de Gruyère, vendit & Jaques de Duens, frère de Guillaume, bourgeois de Fribourg, le château de Laubeck et celui de Mannenberg avec leurs dépendances, entre autres onze villages ', et la belle montagne de Schlûndi, sur la frontière N.-E. du Gessenay; tous les fonds et cens qu'il avait rachetés d*Ulric de Boubenberg, ceux quMI possédait à Zweisimmen, à St-Etienne, tout ce que son père avait acquis d'Henri de Straetlingen , et ce quMI avait de biens dès les marches ou limites de la seigneurie de Simmeneck jusqu'à celles du Vallais, et entre les limites de Froutiguen et du' Gessenay. Il vendit tous ces fonds et les droits y attachés au prix de trois mille et soixante

^ « Manuscrit de Gruyère, » cité par Caslellaz , dans ses Notices histor. et généal.

* Geschichtforscher. XIIl, 179.

* Ceux de Lilolspacb ei d'Unlerbachen , dans la paroisse de Boltigen ; de Grobenwald , zum Sewe et d'Oberried , dans la paroisse de Zweisimmen ; de An der Matlen , de Zenhiisern et de Grodevey , dans la paroisse de St-Etienne; de Miinzenmatt (?), de Pœschenried et de An den Bleicben. dans la paroisse de Lenk.

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