‹ Histoire du comté de GruyèreChapitre 111 sur 170 · CHAPITRE DtXtÈHE · texte numérisé non relu

CHAPITRE DtXtÈHE

Certaiûes dispositioas testamentaires du comte Jean suscilèreot des diûicullés, entre autres avec Huinilimont. Le comLe Rodolphe Ht conuaîire par acte public que son oncle, feu le comte Jean, du consentement de son neveu Jean, chevalier (frère du comie Rodolphe), avait légué au dit coQveal certaiiie vigoe, que Ton nommait vulgairement la mgùBàiaMarreta, sise en Dézaley, sous condition que les religieux de ce monastère paieraient aux Frères prêcheurs de Lausanne 40 L., et aux clercs du chœur de la cathédrale 10 L-, qui leur avaient jadis été louées par Marguerite de Blooay \ femme du dit comte Jean ; de plus, 30 sous bons de Lausanne, de cens annuel, que le comte Jean leur avait donnés pour la célébration de son anniversaire; G L. et 6 sous de Lausanne, destinés à doter Tautel de la sainte Croii, érigé au couvent d*Hu mil i mont , sur lequel les religieux devaient, chaque semaine, célébrer trois messes pour le salut de son âme> Le différend qui $*éteva, au sujet de ces legs, entre le comte de Gruyère et Tabbaye d^IIumilimont, fut terminé par des arbitres, parmi lesquels on remarque Aimonet, coseigneur de Pont \

La détresse financière du comle Rodolphe IV servit la cause de la liberté, en ce qu'elle offrit aux individus et aux communes roccasion d'acquérir, à prix d'argent, de nouvelles franchises. Les habitants du Gesseoay, peuple robuste, intelligent, dévoué à ses princes, et ami de la liberté, firent volontiers le sacrifice du fruit de leur travail et de leur industrie pour améliorer leur condition* Ils avaient acquis

^ La même que M^rgaeritu d'Orott , dool nous afuus parlé p %95 el suiv,. et 307, noie 1.

' Ch. du 7 avril W3, commun, pur M. L'alibè J* Gremiud,

diverses franchises en 1541. Trente ans plus tard, ib eo obtinrent de nouvelles, qui leur furent vendues par le oonite Rodolphe et son frère Jean de Gruyère. Ces deux seigneurs, manquant d*ai^ent, résolurent d*un commun accord, et de ravis de Marguerite de Grandson, dame de Joux, comtesse de Gruyère, ainsi que de Rodolphe et Marie, enfants du premier lit, alors âgés de plus de quatorze ans, d^aocorder k la communauté des paysans et habitants de leur terre de Gessenay et de toute la paroisse de ce nom, pour eux et leurs descendants à perpétuité, tous les usages, droits et services dus aux seigneurs Rodolphe et Jean , k raison des possessions, héritages, tenures et autres fonds occupés par les geos de Gessenay, dans toute retendue de la seigneurie de ce nom, c*est-k-dire: d*un côté, dès le château du Vanel jusqu'aux rochers du Vallais; et, de Tautre, depuis les seigneuries de Bellegarde et du Simmenthal ^ jusqu'aux montagnes des Ormonts et k la vallée de TEtivaz. Les cédants se réservèrent les cens, revenus, tributs, la directe seigneurie, et le droit de mainmorte. Le comte de Gruyère et son frère affranchirent ainsi les paroissiens de Gessenay et les déclarèrent affranchis des usages subits, moyennant la somme de deux mille deux cents soixante fl. de Florence, bon or et bon poids. Quelque héritage, quelque bien-fonds dût-il échoir, par le droit de mainmorte, ou par suite d*un homicide, aux seigneurs Rodolphe et Jean, ou à leurs héritiers, dans les limites susdites, ces deux seigneurs ou leurs héritiers n*y pourraient point rétablir les usages dont ils venaient de décharger leurs vassaux. Leurs châtelains, mestraux et autres olBciers ne pourraient plus les exiger à l'avenir.

* « joria Allatnanie. >

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