CHAPITRE DIXIÈMB
Le comte, sa femme Marguerite el sod frère Jean apposèrent à cet acte de vente leurs sceaux privés. Rodolphe et Marie de Gruyère demandèrent qu*on y appliquât, pour eux, le sceau de vénérable Jean de Billens, prieur de Rougemonl, et celui du doyen d*Ogo, qui acquiescèrent k cette demande à eux présentée par Antoine de Vuippens, leur notaire juré. Cet acte important fut passé en présence d*Aimon de Billens, chevalier, d*Alamand de St-Germain, donzel, et de plusieurs autres témoins '.
La commune de Gessenay venait de faire un grand* pas dans la carrière si longue et si difficile des affranchissements. Ce nouveau progrès devait être suivi d^autres encore plus considérables, que nous marquerons en leur temps. Divers habitants de la Haute-Gruyère profitèrent des circonstances présentes pour obtenir certaines libertés, ou faire reconnaître par leur souverain celles quMIs avaient acquises à prix d'argent de ses prédécesseurs. Rodolphe IV ne fut peut-être pas toujours très scrupuleux dans le choix des moyens qu'il employa pour faire entrer de l'argent dans son coffre épuisé. Il se fit payer, par Perrod dit Bricod, de TEssert, la somme de quinze florins d'or, bon poids*, pour la confirmation d'une charte de franchises que ce vassal avait obtenue en 1357, à prix d'argent, de Jean seigneur de Montsalvens, du consentement de Pierre IV'. Une nouvelle
^ Cb. du 24 novembre 1371. Copie vidlmée en 1539 par le notaire Pierre Pomier (Pomerii) en présence de révérend dom Pierre de Gruyère, prolono- Uire apostolique et commendauire perpétuel du prieuré de Rougemont, et de vénérable dom Guillerme Henrici, recteur de l'église paroissiale de Grand villars.
• Ch. du mois d'avril 1372.
* Voir à la page 294.
M 6m et docuh X. 21
confirmation des mêmes libertés eut lieu encore pins tard moyennant 35 sous que paya le cessionnaire^.
Deux autres paroissiens de Gb&teau-d'OEx, Bertholet, fils d'un nommé Jean des Coullayes, et Jaques Grossier (?), qui avaient obtenu de Jean de Gruyère, seigneur de Montsalvens, Texemption des usages, au prix d*un chesal qu'ils lai avaient cédé en faveur d'une chapelle', furent sommés par le comte Rodolphe IV, agissant pour lui et au nom de son frère Jean, qui à cette époque était loin de son pays , d'acquitter les devoirs auxquels ils étaient obligés envers ces deux seigneurs. Les deux paysans de Ch&teau-d'OEx durent payer vingt florins d'or raiTranchissemeut des usages dont ils avaient déjà été libérés par le seigneur de Hootsalvens, oncle du comte régnant '.
Deux autres hommes de la même seigneurie payèrent huit florins d'or la dispense des mêmes usages \
On pourrait croire que le comte de Gruyère vendit, à celle époque, des franchises en vue des fêtes qu'on allait célébrer
' Cb. da ^septembre 1309. — Il est dUdansune pièce de Tan 1363, codcernanl Bricod : « Nobis tenebalar in tali piliacberia seu tribato qoali oeteri bomioescastellanie dœx, scilicet corvata, capoae, capa bladi, jornena et vendis. > On lui avait accordé les franchises dont jouissaient les babiunts da bourg de Cbâteau-d'OEx ( «in burgo castri dOGx » ) , c'est-à-dire Texemption des cbarges et des services que nous venons de mentionner. Ces francbises, mal définies dans l'acte d'exemption, donnèrent lieu, beaucoup plus tard, à un procès. En 1666 le gouvernement de Berne ne voulait entendre sous la dénomination de pélucherie (voir notre Ituroduct,, p. 336 et suiv.) que le focage [Ibid., p. 318 et suiv). Il résulu de l'enquèle que raffrancbissemeut dont il s'agit comprenait les divers usages désignés ci-dessus. Doc. du 18 oct. 1666. On voit par cet exemple combien éuieot précaires les libertés chèrement acquises et mal définies.
* Cb. du mois d'avril 1373.
* Cb. du mois de mai 1372.