‹ Histoire du comté de GruyèreChapitre 124 sur 170 · CHAPITRE OMZtÈMB · texte numérisé non relu

CHAPITRE OMZtÈMB

la nïérae époque le comie de Gruyère et ses deux (ils afTraiichifenl de la m ai a morte Broc et Châtel-sur-Montsaltens, moyennaDt la somme de 380 ^l,^ Ils se réservèrent pareillement les cens et rentes, les lods ei rentière seign eu-rie des terres mouvantes de leur fief.

Quels que soient les véritables motifs qui ont dirigé le comte de Gruyère eu cette occasion , el qui lui ont dicté le préambule de l'acte mémorable qu'on vient de lire, ses paroles sout la jcondamnation d'une servitude sous laquelle gémissaient les populations. Il est iniéressant de voir, au quatorzième siècle, un puissant seigneur féodal déetarer que la mainmorte était une iniquité, que Texercice de ce droit était un pécbé qui avait compromis le salul de ses ancêtres, un mal qui avait empêché le développement de la prospérité publique*, ta suppreàsion de la mainmorte était le meilleur moyen d'encourager te travail, d'intéresser Thomme de la campagne à la culture des terres et du bétail, d^assurer le bien-être des individus et des familles, de favoriser Taccroissemeut de la population, de donner plus de prix h Taciivité du cultivateur, plus de fertilité au cbamp, plus de valeur au capital immobilier. L'aflranctiissemeut de la mainmorte devait améliorer sensiblement la condition d*uu peuple composé de pâtres et d'agriculteurs. Il marquait un nou^ veau progrès dans tes droits de propriété et de liberté.

^ Cil* du 2 noTemlïre et du 4 décembre i308, sîgBée comme 1b précédénie. {Noie communiquée. J

* Le comIe de G ru j ère D'ec cootinua pas moins d'exercer le droH de mil n morte dans la seigneurie de Gesseoay , qui ne iJ*eD affranctiil qu'en- Tirou dix ans |>Lu^ uird. Il e^i vrai que !e comte ne pouvait pas céder soq droit grjloitemenl.

364 HISTOIRB DB LA GRUTÈBB.

Depuis , Rodolphe de Gruyère, de Pavis du comte, soo père, vendit à Aimoo Cléry, donzel, de Gruyère, divers cens dans le ressort de Moutbovon et d^Estavauens, an prix de 210 L. de Lausanne ^.

Le comte de Gruyère et son fils Rodolphe auraient encore vendu ^ Henri dit Turrenberg, de Gessenay, pour le prix de 10 L. (?), leur droit de vente, c'est-à-direleur droit sur les denrées et les marchandises qui se vendaient dans la paroisse de Gessenay *.

Les mêmes seigneurs , toujours en quête d'argent , cédèrent b Richard dMllens, fils de feu Jean dlllensde RomonU donzel , en retour de 640 florins d'or , bon poids , une rente annuelle de 64' fl., de 14 sous de Lausanne le florin, qu'ils s'engagèrent à lui payer chaque année k la fêle de St-Ândré , apôtre. Ils trouvèrent des amis qui se portèrent garants de la dite rente, savoir Pierre de Corbières, coseigneur de Bellegarde, Antoine de Flendru (paroisse de Rougemont), Alamand de St-Germain, les frères Pierre et Simon de Cléry, de Gruyère, Rolet dit Champion, et Perret dit Griot, bourgeois de Gruyère, Jeannet dit Castella, de Nérive (ou Nérigue), et Mermet dit d'Ey, habitant d'en-Ey, paroisse de Gruyère. Ces garants répondirent individuellement du tout. Ils obligèrent à cet efiet leurs biens, et promirent de se constituer otages, ^ Romont, dans les huit

' Manuscr, Bourqaenod, an. 1389.

* 10 déc. 1891 , Saanen Docum. Bueh (aux archives d'Etat à Berne), t. H, p. 417. L'acte original manque. H y a sans doute, dans l'analyse de ce document, une erreur considérable quant au prix de cession du droit dont fl s'agit. Le même droit fut vendu , le 30 juin 1450, par Nicolas Baumer, à un de ses compatriotes au prix de 300 L. de Lausanne, Ibid., p. 419.

châpithë of^ziÈUE.

jours après la première sommation qui leur serait adressée*.

Daoâ ce temps-lh, ceriaînes propriétés provenant de la maison de BilleoB étaient contestées au comte de Gruyère par diverses personnes. Afin de mettre on terme h leurs réclamations, Uumberl de Billens, évêque de Sien, neveu do comte, déclara solennellement que c'était de son plein gré que Rodolpbe, comte et seigneur de Gruyère, son oncle maternel \ était en posscssiDu de cens, de rentes et de fonds de terre épars dans le diocèse de Lausanne, lesquels provenaient de la succession de Ten noble Aimon de Billens, chevalier, père du dit évéqne. Le prélat ordonna expressement à tous les iniéresscs de reconnaitre le comte de Gruyère pour leur seigneur féodal, et d'acquitter les rede^ vaoccs dont ils étaient tenus envers lui ^

François d'Oroo, donzel, ayant hérité de son oncle paleroel Girard d'Oron, doyen de Valérie, diocèse de Sioo, des tjiens que celui-ci possédait dans les paroisses de Corsier et de Si-Saphorin, avait, en 1565, rendu foi et hommage, à raison de ces biens, k Tévéque de Lausanne, qui était alors Aimon de Cossonay, reconnaissant les tenir de ce prélat et de son église , comme sous-fief des seigneurs de Blonay , qui en supporteraient la charge ^ A la mort

' Donnêp qiuni aa comte de Gruyère i te 6* jour de janvier , ei quint

a m cautions, le 17 Tévrier de l'an de r Incarna lion 1395 11396 nouv. stjle).

' « avnnciilns noster »

' Cb. dn 10 avtil 1396, sceUée par l'évé«tue de Slon en|>résenGededoni GbrislÎD de Bulle ^ caré de TreyvauXp d'ElieiiTie bâiard d*Oron , de Guillaume de Ylllarâ , doniel ^ ei de Pierre Sunems, notai re, ei expédiée par le-an de Blonay.

* «... predïcias tas ego prcfaïus Fiiincisciis (domîuus de Orons demi*

de François d'Oron , ces biens échurent à sod beaupère , Rodolphe , comte de Gruyère. Dans une entreYoe que celui-ci eut, en i592, au ch&leau de Bulle, avec Gui de PranginSf évéque de Lausanne, il avoua tenir eo fief de ce prélat et de son église, aux mêmes conditions que son prédécesseur, les biens et les droits qu'ils possédait dans les paroisses de Corsier et de St-Saphorin, et qu'il avait hérités de François d'Oron , chevalier ^

Le comte de Gruyère se trouva donc être le vassal de l'évéque de Lausanne à raison des nouvelles possessions qu'il venait d'acquérir. On sait qu'il était depuis longtemps son homme lige à raison de la Tour de Trème.

Les rapports entre la maison souveraine de Gruyère et la cour épiscopale de Lausanne semblaient devenir toujours plus difficiles. La noble maison de Gruyère n'oubliait pas la conduite des évéques et du chapitre de Lausanne à son égard ; elle souffrait de devoir relever certains fiefs de l'évéque , d'être obligée de lui en rendre foi et hommage. Vers la 6n du quatorzième siècle il s'éleva une contestation entre Rodolphe IV , comte de Gruyère , et Guillaume de Menthonay, successeur de Gui de Prangins à l'évéché de Lausanne. Ce prélat affirmait que le comte Rodolphe et ses prédécesseurs avaient fait hommage lige aux évéques et h l'église de Lausanne, et reconnu qu'ils tenaient d'eux et de la dite église, en fief lige, la Tour de Trème, le bois de

ceUus) confiteor tenere a prefato domioo episcopo nomîne suo et ecdeât sue Lausano. m feudum tub feudo Ulorum de BUmay qui debwt parlart mus dieti feucli — Daium iD Castro de Lucbds die Veoeris aote domiDicam qaa cantatas Lsure (21 mars)i Indict. tertia, anno Dai. millesimo CGC* sexagesimo quinto. »

' Ch. du 17 août 1392. Indiction 14* ( « qaarU décima»).

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