‹ Histoire du comté de GruyèreChapitre 125 sur 170 · CHAPITRE ONZilllIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZilllIE

Bolère, le village de Prîiigy et le lerriloire de Coolremesse, avec leurs droits et dépeodaDces, et que le comte Rodolphe avait promis h Tëvêque Gui , prédécesseur immédiat de révéqiie actuel, de désigner et de déclarer, aussi souvent qu'il en serait requis par le dit évêquc ou par ses successeurs, le fief et les possessions quit tenait de Téglise de Lausanne. Guillaume de Menthonay exigeait de la part du comte rhommage dont celui-ci était tenu envers lui, et de plus raccoraplisseraenl de la promesse qu'il avait faite au dernier ëvéque.^Le comte refusait, disant qu'il ne pouvait être astreint h faire la spécification demandée, attendu que la Tour de Trème, la foret, le village et le territoire prédits relevaient du comte de Savoie avant qu'ils eussent été rais sous la mouvance de l'évêquede Lausanne, L*évéque demandait, en ce cas, une Juste compensation. Les parties, ne pouvant s'accorder, choisirent des arbitres pour pacifier leur différend. Ceux-ci décidèrent que le comte de Gruyère, en compensation des choses féodales susdites I paierait k Tévéque, dans le terme de dix ans, la somme de 700 L., monnaie courante de Lausanne, estimées 1000 H. d'or, bon poids \ laquelle somme serait affectée h l'acquisition de fiefs équivalents à ceux dont il a été question ei-dessus; qu'en attendant le paiement de la somme de sept cents livres, le comte ferait à Tévéque une assignation ou reconnaissance de cette valeur, ou le dédommagerait au moyen de terres, de cens, de rentes, etc.; qu'il pritmeuraît de faire agréer cet accord au comte de Savoie, sou seigneur ou suzerain ** Plusieurs gentilshommes se por-

^ Le OofTii d'or valait II sous de Lanâanne.

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tëreol garants du comte de Groyère, savoir Nicolas, aeîgneor de Blooay, chevalier. Jaques Champion, Pierre de Dompierre, chacun pour 200 florins; AimoD dllleos, jurisconsulte, Jean, fils de feu Henri d'illens, Jean de Bussy, donzel , et Rodolphe de Bulle , donzel , chacun pour 100 fl. Les cautions engagèrent, suivant l'usage, la totalité de leurs biens, pour sûreté du paiement de la somme susdite. Cette transaction eut lieu le 28 juillet 1596 dans la maison épiscopale, dans la chapelle de Sl-Nicoias, eo présence du juge du Chablais et d*autres témoins notables. L^official de Lausanne y apposa son scel , par ordre de révéque et à la requête du comte de Gruyère et de son fils. Après avoir ainsi approuvé Taccord ménagé par les amiables compositeurs et promis de Tobserver fidèlement, le comte de Gruyère, Rodolphe IV S après mAre délibération, passa dans la chambre peinte de TEvéché, et Ik, en présence de ses pairs , les chevaliers Rodolphe de Gruyère, son fils» seigneur de Hontsalvens, Nicolas (Nicod), seigneur de Blonay, Rodolphe, seigneur de Langin, Jaques Champioo et Pierre de Dompierre, il rendit foi et hommage k Févèque, réservant la fidélité dont il était tenu envers Tillustre prince et seigneur Amédée, comte de Savoie, en tant qu*elle pouvait être exceptée et acceptable ', reconnaissant tenir et vouloir tenir de Tévéqne de Lausanne une assignation d*une valeur égale à la somme convenue ci-dessus , on les fonds, cens et rentes qu'il acquerrait dans les dix futures années,

' Non pas son fils , comme l'a dit Tabbé Girard , qui donne à tort à celai-ci le titre de Rodolphe V» comte de Gruyère. [TabUaM» de la SmsK, p. 28.)

* « in quantum excipienda et etiam accipienda, » pour aatant qa*elJe pouvait être réservée au comte de Savoie et acceptée par ce prince?

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el qai serviraient d^éqaivalent de la Tour de Trëme, du bois de Bolère, du village de Pringy et du territoire de Gootremesse, jadis reconnus et déclarés fiefs liges de Tévéque de Lausanne ^

Un fait important parait ressortir de ces actes, savoir la tendance du comte de Gruyère à s^affrancbir du vasselage envers Tévêque et Téglise de Lausanne. Avant que dix ans se soient écoulés, Tbommage lige du comte de Gruyère envers le comte de Savoie se sera étendu k la Tour de Trème.

Tout nouvel engagement pris par le comte de Gruyère et son fils leur imposait la loi de cbercber un moyen de le remplir. L'argent leur faisant défaut , ils étaient obligés ou d'emprunter à gro3 intérêts, ou, ce qui valait mieux, de vendre une partie de leurs droits féodaux , expédient ordinaire des seigneurs du moyen âge.

Le comte de Gruyère et son fils Rodolpbe , seigneur de Montsalvens et de Vaugrenant, vendirent à François dit Vassaul, pour lui et ses héritiers, des cens et rentes que le dit François devait acquitter cbaque année h la St-Martin^ d'biver aux deux seigneurs mentionnés, savoir 4 L. 13 sous et 3 deniers de Lausanne , outre quelques redevances en nature. Il leur devait cela k raison des fonds de terre qu'il tenait d'eux dans la paroisse de Cbâteau-d'OEx. Le comte et son fils vendirent la dite rente annuelle à François Vassaul , au prix de cent et quatre livres de Lausanne, qui, comme tant d'autre sommes, devaient leur servir k payer

' Ch. du 98 jaillel de l'an de la Dativité 1306. Indict. i , la deuxième année du pontificat de Benoît XIU.

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leurs, dettes. Ils lui promirent de faire en sorte que chaque année, ^ la St-Martin, il pût retirer de ses tenures la valeor de rintérét de la somme quMI leur avait payée, à raison de un sol pour livre (soit de 104 sous de cens annae) poor 104 L.), et de suppléer ce qui pourrait manquer^. Les deux seigneurs de Gruyère, vendeurs, garantissaient à Françw Vassaul le 5 7o ^^ capital qu*il leur avait livré.

Le même jour, la commune de PEtivaz, de la paroisse de Cbâteau-d'OEx, qui avait été affranchie de certains images par un des prédécesseurs de Rodolphe IV, obtint de œ comte et de son fils Rodolphe de Hontsalvens la confirmation de la dite franchise.

L'objet de celle-ci ayant été mal défini, donna Heo, quatre-vingts ans plus tard ', à un débat qui fut vidé aa détriment de la commune.

Si les embarras financiers des comtes de Gruyère profitaient h leurs sujets , ceux-ci , en revanche, payaient cher les droits et les libertés qu'on leur cédait à prix d'argent, et même la confirmation de droits acquis: en voici un nouvel exemple. En 1559 le comte de Savoie, Amédée VI , avait accordé à la ville de Gruyère les franchises de Mondon. Environ quarante ans plus tard, le comte de Gruyère et son fils Rodolphe, instruits, disaient-ils, par plusieurs documents authentiques, que leur ville de Gruyère avait, dès sa fondation, joui des coutumes et des libertés de la ville de Moudon , et considérant les bons services que les nobles, bourgeois et habitants de leur ville de Gruyère leur avaient rendus, ainsi qu'à leurs ancêtres, confirmèrent

' Cb. da 30 décembre 1396.

• En 1478.

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