‹ Histoire du comté de GruyèreChapitre 130 sur 170 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

comte de Gruyère, el noble AimoEel de Royer, de la cilé d'Aslî , au nom de son fils PercivaL Rodolphe de Gruyère^ |iour déiourner le malheur dont il était meDacé S vendit k Aîmonet de Roy or, pour le fils de cetuin^i, au prix de quatorze mille écus d'or au coin du roi de France, ses maisons tbrles d'Orou et de Palésieuï , dans le pays de Vaud , ealr^ Rue et Bossoneos, avec haute et basse seigneurie, avec te droit de glaive ou la justice du sang, et toutes les dépen^ dances de ces deux châteaux. L'acte de vente fut scellé, en présence de divers témoins, par le comte de Savoie, par son conseil, par ses auditeurs, et par les officiaux des cours do Genève et de Lausanne. Le 26 novembre suivant, le comte et seigneur de Grujère approuva cet acte en faveur de son fils, dans la chambre au-dessus de la grande salle du châ« teau de Gruyère, en présence de Guillaume de Vuisternees, de Romont, d'Etienne, bâtard d'Oron, et de Pierre Secbal^ d^Aubonne, donzels, et par devant Reymond Benedict, de

I Thonou, dans le diocèse de Genève, notaire public et juré

L de la cour du comte de Savoie.

^r En ce lemps-lk on s'entretenait beaucoup, sur les rives du Léman el dans les pays ci rcon voisins, d'un tragique événement. Bien des gens avaient assisté^ dans la capitale de la Bresse, au dernier acte d'un drame dont la victime avait été un des plus nobles el des plus puissants barons du pays de Vaud. Quoique le combat judiciaire qui coûta la vie h Olon de Grandson ait été raconté par dî^ — '^'**-'vains, nous devons cependant en rappeler le soi

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384 HISTOIRE DE LA GRUTftRB.

qu'il y a quelque inexactitude dans leurs récits, et surtoat parce que le nom du comte de Gruyère , on plutôt celui de son fils, Rodolphe de Montsalvens, se mêle à ceax des seigneurs et des chevaliers qui furent les témoins de cet affreux spectacle.

Oton de Grandson avait justifié au combat naval de la Rochelle S et pendant la défense de Cherbourg \ sa réputation d'intrépide et de vaillant guerrier. On sait pour quelle cause les fiefs de ce seigneur avaient été confisqués au profit de son suzerain, le comte de Savoie, et comment celui-ci oa plutôt la comtesse-régente et son conseil avaient vendu les seigneuries d'Aubonne et de Coppet à Rodolphe de Gruyère, seigneur de Montsalvens, et k Jean de La Baume, seigneur de FAbergement '•

Tandis qu'on disposait ainsi des biens d'Oton de Grandson , ce gentilhomme était en butte à la persécution d'un parti qui semblait avoir conjuré sa perte. La cause de œt acharnement est un mystère ^ ; Tempoisonnement supposé du comte Rouge en fut le prétexte. Il est certain que la mort douloureuse d'Amédée VU ne fut point le résultat d'un crime; mais des soupçons d'empoisonnement s'étaient élevés contre Jean de Granville , médecin du comte , qui , cependant, n'avait à se reprocher qu'une funeste ignorance. Messire Oton avait couvert de sa protection le c méchant phfsicieUf » et lui avait donné un asile. Il n'en fallut pas

> En 137Î.

• En 1379.

• Voir p. 856.

• On raconte qu'Olon de Grandson avait violé la femme de Gérard d'fiaiavayé; mais ce crime, dont Gérard n'a pas accusé son adversaire, n'est poiH avéré. Oton de Grandson nous paraît avoir été victime d'iiiietruiié< dont les fils étaient conduits par ses ennemis politiques.

GHAPITaB ONZIÈVE,

davantage pour le regarder comme complice de la raorl di» soû suzerain, Amédéc de Savoie, prioce d'Achaïe, fil occuper le château de Grandson, el Oton lui-même fui cilé au iribuual du roi de France et des ducs de Bourgogne et de Berri» (mur y répoodr* h un interrogatoire sévère. Ce iriboual auguste recounul ritinocence de raccusé. Daus Tespoir qu'il serait déctiargé du crime que ses ennemis lui avaient imputé, Otou de Grandson revint dans son pajs. Mais, à son retour, les haines qu'il croyait étouiïécs éclatèrent plus violentes. Uu de ses adversaires les plus ardents, Gérard d'Estavayé, d'une ancienne maison , rivale de celle dé Graodson, s^éleva contre Olon, renouvelant raccusation dont celui-ci avait été l'objet. Gérard fit sa plainte devant le bailli de Vaud, Louis de loin ville, seigneur de Divonne et conseiller do comte de Savoie, le requérant de citer Oton de Graodson, h un jour usé, k Moudon, où il maintiendrait son accusation. Les communautés du pays de Vaud Turent convoquées k Moudon, pour y déterminer de combien chaque ville aiderait messire Gérard d'Estavayé dans la cause pour laquelle il avait prié le seigneur bailli de citer Oton V Le comte de Savoie fit ajourner les parties en sa ville de Bourg en Bresse, te 15 novembre 1396. Elles ne firent pas déraut, Gérard d'Estavayé y accusa Oton de Grandson d'élre la cause de la mort du comte Amédée Vil, et de plus de la mort de Hugues^ sire de Grandson ^ son seigneur *, et il jeta

' * La TîUe de Moudon ioviia celle de Nyon à T aider poar c€Ue cause de 60 fiorim, Docum. rehtifi â VhiH, du payî de Vaud, p. 32, d* el 7* alinéas,

* Hn^eSt seigneur de Grandson, ei Oion 6e Grandson a Talent eu pour pères: le f^remier, Oton. seigneur de Grâodaon, qui lUDurni ou du rooitt!? tetta en 1375 ; le second* Guitiaumede ^raudsoa Ifrère puîné du {irécëdeutK

nia. it ooccji a 23

soD gage de duel devant le comte de Savoie, demaDdani qo'il fût remis par devant le bailli de Vaud, à Moudoo. Sire Oton de Graudsoa était uo preux à planter son écussoo pour combattre à outrance contre tout venant. Prenant Dieu à témoio de la vérité, il déclara que Gérard d*Estavajé mentait , et qu*il avait menti autant de fois qu'il avait répété soo accusation : cela dit, il jeta pareillement son gage de défi devant le comte de Savoie. Celui-ci, après mûre délibération, eiooî le conseil de ses princes, barons, chevaliers, etc., parmi lesquels siégeaient c Raoul de Gruyère, » Antoine sire de la Tour-Cbàtillon, et Jean de La Baume, seigneur de Vallufin, permit le combat par son ordonnance du jour aientionné ci-dessus, et par sa déclaration donnée le dernier jour do mois de juin 1397 il en fixa le jour au 7 août suivant. Dès la veille les deux adversaires parurent entourés de leurs nombreux parents et amis, qui avaient pris couleur pour se distinguer. Ceux du parti de Gérard portaient la figure d*uD râteau brodé sur Tépaule, et les adhérents d'Otoo une aiguillette à leurs souliers. La capitale de la Bresse put à peine contenir alors la fière noblesse du pays de Vand, da Bugey et de la Savoie. Les bonnes villes du pays de Vaad avaient été requises d*envoyer, k leurs frais, un certaio

seignearde Saiote-Croix et d'Àubonne, qui moaraten 1389. Hugues, eB sa qaalité de sire de Grandsoo , chef de la famille et de la seignevie, était le seigneur d'Oton, son cousin, qui eut pour adversaire Gérard d*Es- Uvayé. Il arriva, dit-on, qu'en 1386 (?) Hugues, soit pour flatter le doc de Bourgogne, soit pour se soustraire aux hommages qu*U devait, répandit des titres entachés de faux , dont Tun donnait à Philippe , duc de Boorgogne. un droit de protection sur la maison de Grandson , contre le ooMte de Montbelliard et le comte de Savoie. Hugues fut condamné à mort; nais il trouva, paraît-il, le secret d'éviter Texécution de ce jugement. Noss M savons comment son cousin aurait causé sa perte.

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