‹ Histoire du comté de GruyèreChapitre 134 sur 170 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

à Gasparr) de Monlmayeur; que le comte de Gruyère et ses hériiiersauraieDi la faculté de racheter, quand il leur plai^ raît, le château d'Orou et la maison de Vevey avec letirâ appartenances^ au priï de &h mille huit cents éeuâ d'or, bon poids, au coin du roi de France; qu'en attendant, le comte de Gruyère et ses héritiers garantiraient la possession du dit château à Gaspard de Montmayeur, et le défendraient à leurs frais et dépens, au défaut de quoi ils seraient responsables de tout dommage el dégàl envers le dit âeigneur; que le châleau de Palésieux et ses dépendances seraient échus aui créanciers de Romonl, à l'ordre de Pierre de Dompierre; entÎD, que le comte de Gruyère ferait approuver, dans le courant du prochain mois, le contenu de la sentence arbi* irale, par dame Aniotnette de Salins, veuve de Rodolphe lie Gruyère, fils défunt du dit comte, etc, »

Ainsi se termina, le siiième jour de sapiembre 1 402, dans la maison de révéque, à l^nsanne, une querelle qui, suscitée par le comte de Gruyère, eût pu armer contre lui la noblesse el la chevalerie du pays de Vaud et de la Savoie.

Aoïoioette, lille de feu Anselme de Satius, seigtieur de Vaugrenant, chevalier^ et veuve de Rodolphe de Gruyère, seigneur de Montsalvens ei d'Aubonne, chevalier, confirma, en faveur de Gaspard de Montmayenr, le compromis dont nous avons donné la substance, sous réserve des droits qu'elle pouvait avoir aut biens du comte Rodolphe et de son fils, dont elle était veuve^ exceptant de cette réserve lechâteaUt le bourg et le ressort d*Oron, avec leurs dépendances, dont elle n'avait aucune part à réclamer ^

^ Charie du 6 mtrs 14û^ (pour UÛ3ÎI ênnmée à It frécéOente ûu G spplemhrt 1403.

398 HI8T01RB DB LA GRDTàRE.

Cooformément à la seutence arbitrale qu^avaieoi proooocée révéque deLaosaDoeeilechevalierPierredeDompierre, le vieux comte de Gruyère, pour payer ses dettes, aliéoa la seigneurie de Palésieux et ses dépendances à Pierre de Dompierre, chevalier, et k Richard d'illens, doozei, deoienraol à Romont*. Il vendit à Pierre de Dompierre le chftteaa de Palésieux et tous les bois appartenant an dit châtean, ainsi que les villages ' de Palésieux et d*Eeoteaux, et ane moitié du village de Maracon (Fautre moitié appartenait à la dame de Bossonnens); de plus une rente annuelle de quatorK livres de Lausanne, ou environ , qui était due au comte par des gens de Servion, et une autre de douze livres, on ^ peu près, payable par des tenanciers d'Ëtagnières ; eo outre toutes les redevances en nature, les usages, services, tributs dont étaient tenus les paysans de la seigneurie de Palésieux, les droits de justice, bref, tous les droits féodaax qui dépendaient du château de Palésieux. Le comte vendit k Richard d'Illens le village de Billens, qui était une des appartenances du château de Palésieux, les redevances en argent et en nature, en un mot tous les droits attachés b la possession du dit village. Le tout fut cédé aux deux acquéreurs Pierre de Dompierre et Richard d'Illens au prix de sept mille florins dV, bonne monnaie ayant cours daos le pays de Vaud. Le vieux comte faisait la cession de toos les droits que lui et son fils Rodolphe avaient eus sur les terres prédites. Il remettait une lettre contenant la donatioQ irrévocable que François de Gruyère avait faite de ses bieas

' « yilias seu villagia. »

' Le florin ?alant 14 sous de Laosanne, comme on Ta déjà dit.

CHAPiTHE ONZIÈUË*

eo faveur de son frère Rodolphe, seigoeur de Monlsalvens^ de même ime lettre de coDsignation de dot, faiie en faveur de feu Marguerile de Grandson par feu Pierre de Bî liens, chevalier; enfin une leltre de quiUement ou de décharge' en faveur du comte de Savoie, touchant Tadminisiraiion des hieii9 du comte de Gruyère et de b fortune des enfants de feu Rodolphe de Gruyère, son (ils. Celte administration avait été exercée par le comte de Savoie, ou plutôt en son nom par un ou plusieurs commissaires. — L'acte de vente dont nous venons de parler, a été consenti par Antoinette de Salins, darae de Vaugrenaut, sous réserve des droits qu'elle |)ouvait avoir aux biens du comte Rodol[die et de feu son mari. Les parties contractantes el la dame de Vaugrenant ont fait sceller le dit acte par le bailli de Vaud, qui était alors Gaspard de Monlmayeur, seigneur de Villars-Salet, chevalier. Donné, quant au comte Rodolphe et h Pierre de Dompierre, le i^^ jour de décembre, el quant h ta dame de Vaugrenant (élanl eu présence de noble Aimon de La Sarra, seigneur de Mont, de Nieod de Gimel, et de Perrod Parissodi) le 4® jour du même mois, de Tan !402,

La transaclion à laquelle nous venons d*assîsler fui apparemment le dernier acte public auquel le vieux comte Rodolplie put prendre parL II mourut entre le 6 mars et le 26 juin 1 405 \ laissant le gouvernemeni de ses Etats k son peiit-ûls

* « (Elteram donallonts seu quitta troc la vel remissîûDis. » ' Rodolphe IV ne vivait plas à l'époque oti la liaute Grujère Pf nouvela son traité de f!ombourg«obie avec Bârne. Il n'est donc pas eiaei de dire que ce trailé fut conctu sans Ta r ré meut du co m le, et que celui-ci protesta contre cet acte, comme on t'a pensé. iOirarJ, TaHeauM de la Suisse, p* 31, elle Getchkhîfùrtcher. lUl ^48.)

AotoÎDe, encore enfant, placé sous la lotelle d*tto étranger. Les temps étaient critiques. Les franchises et libertés des communes, acquises aux prix de sommes considérables, fruits d'ua travail opiniâtre, semblaient compromises. Eo pareille occurence un peuple énergique n'hésite pas. La commune de Gessenay prit la résolution qiii convenait k des bonunes braves , intelligents , qui savaient apprécier les bienfaits de la liberté. Elle envoya k Berne une nombreuse députation , qui avait pour instruction de renouveler avec cette noble et puissante cité le traité de eombourgeoisîe do 30 juillet 1401, lequel, on s'en souvient, expirait k la mort du comte Rodolphe. Les habitants du Gesseoay , au-dessus de la Tine, que les Bernois avaient pris naguère, avec leur seigneur, sous la protection du saint Empire roaiain et sons la garde de leur cité, vinrent donc à Berne renouveler leur traité de combourgeoisie. Ils s'engagèrent, pour eux et leur postérité, k maintenir et k observer ce traité, k se montrer fidèles k la cité de Berne et k TEmpire, k unir leurs hommes d'armes k ceux de Berne quand ils seraient appelés au service militaire, bref, k s'acquitter des devoirs qui découlaient du droit de bourgeoisie auquel ils étaient associés. Toutefois, le présent traité ne devait porter aucun dommage aux droits du seigneur de Gessenay. Tout différend entre personnes des deux parties contractantes serait pacifié k l'amiable , ou selon le droit , dans une journée qui se tiendrait k Erlenbach, par quatre arbitres, dont chaque partie élirait la moitié. Au besoin, le plaignant choisirait, au lieu de soo domicile, un surarbitre pour départager les autres; k Berne, ce surarbilre serait pris parmi les membres du Conseil. Toute contestation touchant les intérêts de la ville de Berne ou ceux de la commune de Gessenay, serait vidée par

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