‹ Histoire du comté de GruyèreChapitre 139 sur 170 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

Conseil , savoir Rodolphe Hofmeister , doDzel S bourgeois de Berne, et Pierre de Gruyère, châtelain du Haut-Simmenihal. Ces deux commissaires ayant ouï les parties, décidèrent que les communes de Gessenay et de Château-d^GEx paieraient annuellement chacune un marc d^argent à la ville de Berne, au jour fixé dans la lettre de combourgeoisie ; qu'en outre la commune de Château-d'Œx paierait 60 L. de Lausanne k celle de Gessenay, en compensation des frais que celle-ci avait eu h supporter à l'occasion du susdit traité de comboui^eoisie. D'autres points, d'une moindre importance, furent également réglés. Cette pacification , faite le jeudi avant la fête de St-Valentin (soit le 12 février) de Tan de la nativité 1405, fut corroborée par l'opposition des sceaux des deux arbitres *.

Les deux communes de la Haute-Gruyère, qui, dans un moment critique, avaient placé leurs libertés sous l'égide de la puissante cité de l'Aar, étaient paiement intéressées au maintien de la paix que les arbitres de leur difiërend avaient rétablie. Si l'on en croit la tradition , elle aurait été bientôt troublée par la haine qui aurait éclaté entre les habitants de Château-d'OEx et ceux de Gessenay. On a cherché la cause de la lutte dont nous allons parler dans l'antagonisme des deux populations d'origine diverse qui habitaient la Haute- Gruyère. Jusqu'ici nous n'avons remarqué dans l'histoire du comté de Gruyère aucun vestige de la prétendue hostilité de ces deux races.

 celte époque, l'administration du comté de Gruyère

* « Edelknecbt. »

* Copie de l'acte original aux archives de l'Etat de Vaad . et dans le Saanen-Buch, U h P- 15i aux archives de l'Etat de B^rne.

414 HISTOIRE DE LA GRUTàRB.

était confiée k Louis de Joioville, sire de Divonoe, vîce-gooveroeur ^ d'Antoioe. Il paraîtrait que Joinville se serait proposé ranoulation du traité de combourgeoisie que ia Haute-Gruyère avait renouvelé avec Berne. Ce traité, quoique réservant les droits du comte de Gruyère comme seigneur de Gessenay et de Chàteau-d'Œs , semblait répondre aui vues politiques de la cité de Berne, dont Tambition et l'accroissement avaient constamment rencontré une sérieuse oppositioo de la part des comtes de Gruyère. Les hommes de Gessenay étaient les principaux auteurs de ce traité ; comme teK ils devenaient odieux au comte de Savoie, ou à son lieutenant, qui aurait résolu de les soumettre à sa volonté. A cet effet, Joinville aurait imaginé un coup de main , et choisi pour Texéculer le jour d'un grand marché de bétail k Château-d'OEx, où ce jour devait réunir beaucoup de paysans de Gessenay. Il aurait eu le dessein de faire enlever les plus notables et de les prendre pour otages. Une troupe de cinq cents hommes de la Basse-Gruyère aurait été rassemblée pour exécuter le projet de Joinville. Les conjurés, dit la chronique, avaient choisi Tagreste vallon de TEtivaz pour lieu de réunion. Mais, quelle que fût leur prudence, le complot fut découvert par Guillaume Hôschig, qui s'empressa d'en instruire son frère, amman du Gessenay. Celui-ci s'entendit avec le banneret Kapleser. Us convinrent de prendre cent cinquante hommes déterminés. Ces rudes et hardis montagnards, armés de piques en guise de bâtons, dont ils avaient caché le fer sous leur pourpoint, se rendirent à Ch4teaud'(£x. Lorsque le banneret de Gruyère arriva avec sa ironpr, il Tut terrassé par celui du Gessenay; une partie de ses gens fut faite prisonnière, le reste prit la fuite.

* « vicegubernator. » Voir page 418, note l.

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