CHAPITRE DOUZIÈME
teau de Tboune. Les Bernois, laissant bonne garde au fort dont ils venaient de s'emparer, descendirent le vallon sau-> vage d'Âblentschen , le long du torrent de la Jogne, vinrent assiéger le cbâteau du Vanel S en brisèrent les portes, et achevèrent leur expédition par la prise du château d'OEx. La garnison de ces forts et leurs chefs furent transférés , comme ceux de Bellegarde, au château de Tboune '. Les vainqueurs firent prêter au peuple le serment de fidélité à la ville de Berne *.
Les Bernois venaient de porter un coup sensible à la maison souveraine de Gruyère , et de provoquer la jalousie de son suzerain, le comte de Savoie. La guerre paraissait imminente : les Confédérés s^en émurent. Les voisins de la Gruyère furent les premiers & aviser aux moyens d'empêcher l'explosion dont on était menacé. L'évêque de Lausanne , le prieur de Payerne et le seigneur d'Âttalens offrirent leur médiation. Jaques de Glane, envoyé de Tévêque, proposa un congrès à Morat; mais Berne refusa d'y consentir *. Ce refus chagrina le conseil de Fribourg; il dépêcha son avoyer et quelques-uns de ses membres k ses confédérés de Bienne et de Soleure, pour obtenir la convocation des villes *.
La correspondance devint très active entre Berne , Fri-
^ de RougemoDt [Rothenhurg) , ont dit JasUnger et (d'après lui) Casteilaz. Voir k la p. 919, la note 5.
* Justinger, p. 265.
' Gesehichtforscher , Xill, p. 275. Ce fait ressort du traité de paix de
* < Petermann Velga et Henslt de Duens furent tramis ver le seigneur de Vauliffin Àttalens et ver monsieur levesque de Losine por contremandeir la joma non acceptée de Bemeis. » Girard, ibid.
' « Pop convoqueir les viles. » Id.
MÉM. ET DOCUH. X. ^^
bourg et le château de Lucens , résideuce de Tévéque de Lausanne ^ On convint enfin de prendre des arbitres de Bàle, de Fribourg, de Soleure et de Bienne '. Ces arbitres, à savoir Guillaume de Challant, évêque de Lausanne, Jaques de Hontmayeur ', prieur de Payerne , les députés de Bàle, de Fribourg, de Soleure et de Bienne pacifièrent la querelle de Berne et du comte de Gruyère, ou plutôt de Joinville son gouverneur ^. Leur sentence porta que Berne rendrait au comte de Gruyère les châteaux d*OEx et do Vanel, avec les seigneuries dépendantes de ces denx maisons fortes ", et toutes leurs appartenances; que les gens de ces deux seigneuries, ainsi que ceux de la seigneurie de Bellegarde, seraient déliés du serment qu'ils avaient prêté à la ville de Berne, à condition que le comte de Gruyère n'exercerait aucune vengeance sur eux; que Berne cancellerail les traités abolis par la sentence des arbitres, et rendrait la liberté aux prisonniers ®. Cet accommodement , fait à Morat le 5 mars 1407, ne fut ratifié qu*un an plus tard par Âmédée , comte de Savoie , duc du Cbablais et d'Aoste, marquis en Italie, et comte de Genevois '•
* Girard, ibid.
* « Il se passa bien six mois , » dit Justioger . « avant que les parties passent s* entendre au sujet d'une conférence. »
' « Jacobus de Montemaiori. »
* Une charte du 13 avril 1413 en rappelle une autre dal4/n juin 1407. dont l'auteur fût Louis de Joinville, alors vice - gouverneur (< vice-gubernator») du comte Antoine.
* C'est-à-dire les seigneuries de Cbàteau-d'OEx et de Gesseoaj.
* Cb. du 7 mars 1407. Saonen-Buch , 1. 1, p. 13.
^ Saanen'Buch, ibid. , p. 25. — Le comte de Savoie était aussi comte de Genevois depuis l'an 1401.